Pigasse sur orbite présidentielle
Les socialistes ne manquent pas de prétendants mais aucun ne s’impose. Le flop du groupement Glucksmann/Jadot/Vallaud complique encore l’équation… alors que le temps presse. Un homme coche de nombreuses cases : le millionnaire Matthieu Pigasse. La fusée est sur le pas de tir.
Homme de médias, propriétaire d’évènements culturels, producteur de cinéma, banquier et ancien PDG de la banque d’affaires Lazard, Matthieu Pigasse a été entendu ces dernières semaines sur Les Grandes Gueules de RMC, France Culture et Quotidien. Les jeunes, les intellos, les classes populaires : auprès de chacun, le patron de gauche déroule, dans les mêmes termes, son diagnostic et sa vision. Extraits : « Le système capitaliste est à bout de souffle. Le chaos le plus grave est celui de l’explosion des inégalités. L’urgence absolue c’est le partage des richesses et la taxation des ultra-riches. Mon engagement est constant : refus de l’austérité et des inégalités. Conseiller de pays en détresse financière comme la Grèce, l’Argentine, l’Ukraine, j’ai voyagé partout dans le monde. J’ai vu les ravages de l’austérité. Il faut dégager des marges de manœuvre et refuser le fatalisme. Il faut une ambition, un souffle, un projet politique. L’équilibre budgétaire n’est ni un totem ni un tabou. Les politiques qui n’ont pas de compétence économique se soumettent au marché. Il est possible de changer les choses, rien n’est jamais figé. On peut gérer et réformer. On peut changer la vie, changer sa vie. Il faut apaiser, rassembler la société. »
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Ce discours résonne bien dans les oreilles de gauche et séduit le parti qui se dit de gouvernement. Serait-il une solution ? Ils sont plusieurs à la direction du PS à le croire.
Quand le journaliste de France culture, Guillaume Erner, lui pose la question attendue – « Vous voulez peser en politique ? » –, sa réponse est claire : « Absolument ». De fait, Matthieu Pigasse ne se contente pas d’intervenir sur les antennes. Fort opportunément, il était présent ce week-end au raout de la social-démocratie en Bretagne. Invité à la même table-ronde que Raphaël Glucksmann, qu’il qualifia aux Grandes gueules d’« homme de droite », il a pu faire valoir son offre de service, « Je suis disponible pour la gauche », et dessiner son périmètre, réunir toute la gauche – LFI comprise.
Comme souvent aimantée par la crédibilité des hommes du monde des affaires, de Bernard Tapie à Emmanuel Macron, la direction socialiste semble conquise par l’offre Matthieu Pigasse. Si celle-ci devait être la solution retenue, cela en dit long sur le niveau d’affaissement du PS.
L’homme est engagé de longues dates. Aujourd’hui comme hier, il veut « mener la bataille culturelle », contre le « chaos politique » qui menace avec le RN. Hier, il conseillait Dominique Strauss-Kahn et participait dès sa création, en 2007, aux Gracques, « groupe de réflexion et de pression » sur les politiques publiques. Composé de hauts fonctionnaires, le think tank défendait une rénovation social-libérale de la gauche française.
Matthieu Pigasse peut-il représenter une solution pour un camp en déshérence ? Celui qui se dit « à la disposition de la gauche et donc du pays » sera-t-il la bouée de sauvetage des socialistes ? Déjà, la solution permet à la direction du PS de retrouver davantage d’unité : elle n’est pas loin d’abandonner la primaire mais juge Raphaël Glucksmann définitivement trop à droite pour la gauche. Comme souvent aimantée par la crédibilité des hommes du monde des affaires, de Bernard Tapie à Emmanuel Macron, la direction socialiste semble conquise par l’offre Matthieu Pigasse. Si celle-ci devait être la solution retenue, cela en dit long sur le niveau d’affaissement du PS.
Mais peut-il représenter « le peuple de gauche » ? Être le propriétaire de Radio Nova et avoir ouvert l’antenne à Guillaume Meurice ne suffit pas plus que d’être maire de Paris et d’avoir fait des pistes cyclables. Les symboles ne font pas tout. À ce jour, le discours de Matthieu Pigasse est concis, formaté, sans fautes de carre et préservé de la confrontation. Attention à l’entrée dans l’atmosphère politique ! C’est souvent rude. Pendant ce temps, François Ruffin lance sa candidature au nom des « travailleurs essentiels » et Jean-Luc Mélenchon peaufine son offre de rupture.
Pigasse préfère les « noisettes » à LFI parce qu’elles restent comestibles pour le capital…
Après tout, cette gauche policée promet d’être plus propre, plus sociale, plus cultivée… mais encore gouvernable depuis les discrets salons feutrés où s’entremêlent argent et pouvoir!
C’est pourquoi Pigasse a misé sur eux… tout en constatant qu’il ferait mieux d’y aller lui même (Fidèle à la gauche caviar qui a toujours misé sur l’image de l’homme providentiel quand le « collectif » patinait), plutôt que sur LFI qui elle, même avec toutes ses contradictions, porte une conflictualité beaucoup plus inquiétante pour les propriétaires de la maison dont lui même fait partie!
Parce que quand on possède une partie de la maison, on préfère généralement repeindre les murs plutôt que discuter de l’acte de propriété…
Quitte à y mettre un poster de Che Guevara ou de P.E. Barré dans la chambre du petit…
Vivement la rupture !
Quelqu’un a parlé de « course des petits chevaux ».
C »est pitoyable ce nombre de prétendantes et de prétendants qui avancent simplement leur nom, leur individualité.
C’est grotesque .
La gauche ne sera crédible qu’avec un projet clair , précis , négocié . Il y avait ceux de la NUPES et du NFP jetés à la poubelle , notamment par le PS.
Ce n’est qu’après l’engagement de soutenir ce projet que l’on pourra se soucier de celle ou de celui qui le portera.
Quand on voit les partisanes et les partisans de la primaire à gauche passer leur temps à se singulariser les unes et les uns par rapport aux autres , sans évidemment se rassembler autour de ce projet commun on ne peut qu’être inquiets , ou alors ce projet c’est peut être » que le meilleur perde ».