PRÉTEXTE DU JOUR
À Berlin, le procès en antisémitisme de Die Linke
À Berlin, la victoire de Die Linke, parti de gauche radicale, pourrait ne pas déboucher sur la conquête de la mairie. Alors que des discussions sont engagées avec les Verts et le SPD pour former une majorité, le SPD agite désormais la question de l’antisémitisme pour mettre en cause une alliance avec la gauche radicale. Le prétexte ? La présence, lors de la soirée électorale de Die Linke, d’Ibrahim Ibrahim, un militant propalestinien qui avait rendu un hommage appuyé à un dirigeant du Hamas tué il y a un an. Une polémique qui permet de faire peser sur toute la formation les prises de position de certains de ses sympathisants, alors qu’Elif Eralp, la tête de liste die Linke, a elle-même pris positions à plusieurs reprises et de façon très claire et très ferme : « Le parti et moi-même défendons la vie juive tout comme nous défendons la vie palestinienne et musulmane », déclarait-elle pendant la campagne. Elle dénonce cette instrumentalisation. Reste une autre difficulté, peut-être la plus fondamentale : les désaccords programmatiques avec le SPD, notamment sur le logement. Die Linke s’est fait élire sur la promesse de la socialisation des grands groupes immobiliers, une mesure à laquelle les sociaux-démocrates sont farouchement opposés.