Retailleau président !

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Un an après avoir été élu par 70 000 adhérents des LR, Bruno Retailleau trace sa route et est désigné candidat à l’élection présidentielle par 30 000 militants. Dans le maintien de ce noyau de soutiens comme dans son étiolement, ce sont les dilemmes de la droite qui se lisent.

Cette consultation interne n’a pas fait grand bruit. Au soir des résultats, aucun triomphe au siège des LR. Avec ce maigre résultat, Bruno Retailleau ne parviendra pas à casser son isolement. Tous les barons du parti peinent à soutenir ce pari d’un candidat LR. De Jean-François Copé à Xavier Bertrand, de Valérie Pécresse à Michel Barnier, tous sont pour trouver un chemin qui conduit à la désignation d’un seul candidat de la droite et du centre (alias les macronistes). Ils disent redouter une élimination de leur camp en 2027, au bénéfice de Jean-Luc Mélenchon. De tout côté, l’insoumis sert d’épouvantail pour forcer les récalcitrants à se ranger.


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Chez LR, seul Laurent Wauquiez se démarque et prône une alliance « de Gérald Darmanin à Sarah Knafo » (Knafo, le nom « sympa » pour ne pas dire Zemmour). Il a pour lui la cohérence de n’avoir jamais frayé avec les macronistes. Au fond, les deux meilleurs ennemis font le même pari : celui de la rupture avec la Macronie et de la radicalité droitière des propos et des propositions. Ils peuvent arguer des sondages qui disent tous que les Français attendent beaucoup de 2027 et qu’ils veulent des choix clairs après ces quinquennats de rien. Laurent Wauquiez comme Bruno Retailleau sont confortés dans leurs analyses par la progression ininterrompue du vote RN jusque parmi leurs électeurs, leurs élus. Ils peuvent, l’un et l’autre, faire valoir qu’en matière d’ultra-droitisation, ils ont cotisé très tôt, l’un au côté de Philippe de Villiers, l’autre alors ministre sarkozyste, initiant une rupture avec les idéaux républicains en parlant de « cancer de l’assistanat ». Ni égalité, ni fraternité.

Quand on veut de la radicalité à droite, on est déjà servi : ça s’appelle le RN. Sur ce chemin, LR est en voie d’absorption. Éric Ciotti a été mangé ; les militants désertent. La seule ligne qui convient pour LR est de tenir une digue infranchissable. Ils sont peu nombreux à le faire.

Mais ils ont deux cailloux dans leurs chaussures. Le premier est que, même à droite, la demande de protection et de réconciliation n’a pas disparu. Toute la droite n’est pas radicalisée. Et au-delà, dans les enquêtes, une bonne part des Français le disent aussi. Comme un ras-le-bol des clivages et des divisions qui ne font pas sens. Les coups de menton de Bruno Retailleau contre l’Algérie et aujourd’hui contre l’Espagne font souvent pitié. Son dénigrement de l’écologie et des immigrés peut repousser par ses outrances. Sa course de vitesse contre les protections sociales et les droits sociaux lui vaudront de l’hostilité. Bruno Retailleau devrait se souvenir ; il était au première loge pour mesurer l’effet sur son mentor d’alors, François Fillon, quand il proposa de dérembourser les maladies courantes. Bing, décrochage dans les sondages. L’heure n’est vraiment pas au libéralisme débridé.

L’autre caillou, qui est de la taille d’un rocher, est l’installation du RN. Ils ont beau raconter que le RN est socialiste et Marine Le Pen communiste, chacun sait bien que le RN est d’extrême droite. Donc quand on veut de la radicalité à droite, on est déjà servi. Sur ce chemin, LR est en voie d’absorption. Éric Ciotti a été mangé ; les militants désertent. La seule ligne qui convient pour LR est de tenir une digue infranchissable. Ils sont peu nombreux à le faire.

Évidemment, rien n’est figé chez LR, même après ce vote. Chacun sait que nous en sommes encore au tour de chauffe. On ne sait nullement qui sera sur la ligne de départ en janvier ou février 2027, le moment des décisions ultimes. D’ici là, le monde politique s’agite. Mais rares sont ceux qui utilisent ce temps intermédiaire pour déployer une proposition politique. Tout le monde se jauge, s’ausculte. Même le chouchou des sondages du printemps 2026, Édouard Philippe, a décidé de reporter son entrée en campagne et l’exposition de ses grandes lignes politiques.

Après la destruction des partis et des repères politiques, 2027 se prépare dans un capharnaüm sans nom.

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1 commentaire

  1. Marc le 21 avril 2026 à 11:47

    Bonjour,
    Là, je suis d’accord avec Catherine.
    Les présidentielles se présentent dans un capharnaüm sans nom, à droite (je suppose mais comme je ne suis pas à droite et que je ne vote pas à droite – sauf, très exceptionnellement, cette fois ci, Dominique de Villepin, je m’en fous) et à gauche.
    Au fait : merci la gauche !
    Sans votre bordel, je n’y aurais même pas pensé, à voter de Villepin.
    Vous êtes tous, et toutes, en dessous de tout.

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