Ce qui manque à Mélenchon
Le candidat à la présidentielle a fait sa rentrée, ce dimanche 23 août, avec un discours solide. « La victoire est possible », a-t-il affirmé. La force de l’organisation et la cohérence du discours peuvent pourtant avoir un effet paradoxal : les autres, ceux qui ne sont pas insoumis, ont-ils une place ?
« Ce qui compte, ce n’est pas le nombre de candidats mais le nombre d’électeurs » : la formule est de Jean-Luc Mélenchon. Lâchée hier lors de son discours aux universités d’été de LFI, elle renvoie les uns et les autres aux souvenirs de leurs minuscules scores précédents et vise à clore le débat sur l’union des gauches. Elle appelle surtout les militants insoumis à aller chercher ces électeurs. Bref, la formule a beaucoup d’avantages. Mais elle n’efface pas la question : la candidature insoumise peut-elle, seule, l’emporter ? Non pas sur le reste de la gauche mais gagner l’angoissante élection de 2027.
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Incontestablement, la candidature de Jean-Luc Mélenchon a de la force. Pas seulement celle de l’expérience de son candidat ; pas seulement celle de militants mobilisés en nombre. Elle a d’abord la force de la cohérence. On peut croire Jean-Luc Mélenchon quand il dit vouloir fonder « l’État écologique ». Ce dimanche, il a su en 45 minutes relier la lutte contre la menace vitale du dérèglement climatique à l’objectif de reconstruire un État du 21ème siècle. Comme Villepin, il rappelle, qu’en France, la nation puis la République et l’État sont des constructions liées depuis des siècles : « L’État a toujours été un projet politique ». Le discours n’est donc pas, cette fois encore, technique mais pleinement politique. Il n’hésite pas à asséner : « Pour s’adapter au changement climatique, il est vital de tout changer, dans la manière de vivre, de produire et d’échanger » ; « Chaque conscience devra dire quel principe d’action va la porter. Chacun pour soi ou tous ensemble ? Le suprématisme ou le collectivisme ? »
Mais Jean-Luc Mélenchon sait aussi qu’il fait peur. Cette inquiétude est profonde. Les Français ne sont pas des enfants apeurés par la personnalité éruptive du candidat. Si on croit le candidat insoumis – et on le peut –, « il faut tout changer », alors il y a de quoi avoir peur. Évidemment. Jean-Luc Mélenchon voit juste quand il dit que l’ampleur des bouleversements est perçue par des pans entiers de la société et dans de nombreux courants de pensée : « Des millions de gens savent que tout un monde est en train de prendre fin, celui du néolibéralisme et de l’irresponsabilité écologique ». Son diagnostic, solide et complet, est un élément de conviction face à ce grand saut qu’il veut enclencher.
Hier donc, Mélenchon a envoyé une fin de non-recevoir à tous ceux qui, à gauche, demandent discussions et même négociations sur le programme. Quand Sandrine Rousseau dit vouloir être « une alliée, pas une ralliée », elle exprime plus que sa propre famille de pensée. Elle demande en fait une attitude ouverte à davantage de complexité et d’altérité.
Mais il doit aussi rassurer sur la souplesse du processus. Non, LFI ne sait pas tout par avance. Oui, il doit y avoir place pour la contradiction, l’expérimentation, pour tenter, échouer et recommencer. La démocratie, ce régime qui reconnaît la légitimité des autres points de vue, est une chance dans un moment de bascule. Les insoumis assurent qu’ils feront ce qu’ils disent et qu’ils sont prêts à gouverner. Ils aiment à dire : « C’est carré : une force, un programme, un candidat ». Leurs convictions sont bien une force d’entraînement… quand elle ne se referme pas. Car le carré n’est pas une forme assez ronde.
Hier donc, selon le théorème « Ce qui compte ce n’est pas le nombre de candidats mais le nombre d’électeurs », Jean-Luc Mélenchon a envoyé une fin de non-recevoir à tous ceux qui, à gauche, demandent discussions et même négociations sur le programme. Quand Sandrine Rousseau dit vouloir être « une alliée, pas une ralliée », quand elle demande des discussions avec LFI sur des sujets qu’elle liste au fil de ses interviews – productivisme, antisémitisme, Europe, Chine, féminisme, IA, etc. –, elle exprime plus que sa propre famille de pensée. Elle demande en fait une attitude ouverte à davantage de complexité et d’altérité. C’est cette dialectique de la cohérence et de l’ouverture qui manque. Pas seulement dans le discours de rentrée du candidat mais dans la rudesse quotidienne et ancienne des rapports de LFI avec toute la gauche, politique et sociale. La capacité à s’ouvrir, à élargir et rassembler n’est plus une question arithmétique ; elle devient un élément de la conviction.
La position de JLM sur la Chine serait « un sujet de discussion »
Ce qui est étonnant est que le soutien de Roussel au PCC n’est jamais évoqué.
Au cours d’un voyage en Chine il est allé à la rencontre du parti frère et a tressé des louanges à Xi Jinping en nous expliquant qu’il renouvelait la pensée marxiste.
Aucune trace de cette idolatrie dans les commentaires à gauche.
Fraternellement, parler d’« idolâtrie » parce que Fabien Roussel rencontre le PCC et reconnaît certains apports de l’expérience chinoise au renouvellement de la pensée marxiste, c’est un peu court. Roussel n’est ni gauchiste, ni populiste : il ne passe pas son temps à chercher un maître à penser auquel il faudrait jurer fidélité. Il fait ce qu’un communiste devrait faire : observer, confronter les expériences, chercher ce qui fonctionne et ce qui peut être utile à notre propre stratégie. Reconnaître les résultats de la Chine en matière de développement, de planification, de maîtrise industrielle ou de transformation des forces productives ne signifie pas approuver chaque choix du PCC ou de Xi Jinping. Le marxisme n’est pas un catéchisme : ni l’adoration d’un dirigeant, ni le culte de Trotski, ni celui de Mélenchon. C’est l’analyse concrète des situations concrètes. Alors discutons sérieusement de la Chine, de ses contradictions et de ses limites. Mais évitons les procès d’intention : entre l’idolâtrie supposée et le dénigrement systématique, il existe une voie communiste beaucoup plus exigeante : apprendre de l’expérience des autres sans renoncer à notre propre jugement de classe.
On peut esperer qu’il ne cède pas trop aux . C’est ce qui a perdu Jospin . En particulier qu’il reste lucide et pragmatique sur ses positions intenationales (les écolos me semblant un peu trop va,-t–en guerre en ,Ukraine et irres par rapport a la Chine ) et surtout qu’il ne renoncera pas au nucléaire et à la recherche en ce domaine et se rapprochera plutôt du programme énergie écologie du PCF et écoutera Jancovici . Mais là je crains que des relents d’opportunisme electoral l’emportent.
Mélenchon est pour renoncer au nucléaire :
https://melenchon2027.fr/livrets-2022/energie/
Sur l’International, je t’invite Gramsci à lire le communiqué des Sahraoui : https://www.spsrasd.info/fr/depeche/laarasd-denonce-les-declarations-de-jean-luc-melenchon-en-faveur-de-loccupation-marocaine.
Pour l’hégémonie culturelle, seul le PCF proposé une solution par Communisme de conquête car il faut que la Présidentielle soit une étape de la bataille pour la conscience de classe. Mélenchon a choisi le populisme. Il ne cherche pas à renforcer la conscience de classe. Il joue Le Pen et d’être son opposant pour la suite. Nous pensons qu’il faut éviter à tout prix l’extrême droite. Si les insoumis votaient tous communistes et sortaient du saucisse pinard, nous pouvons gagner le 2ème tour et ne pas le perdre. Voulez vous l’avenir en commun plus l’électricité et le socialisme ? Ce sera avec le bulletin Fabien Roussel qui est clair sur l’international, l’énergie et la laïcité avec tout le travail fait par le sénateur Ouzoulias. Et cela sera un vrai soutien à la cause de la Palestine et de l’autorité palestinienne ; l’OLP œuvre avec le PCF.
Enfin, LFI et le PCF peuvent certes s’accorder sur la nécessité de nationaliser la sidérurgie, mais ils poursuivent des objectifs opposés. LFI envisage, dans le cadre de sa planification écologique, de diviser par deux la production française d’acier, en prévoyant notamment moins de constructions de logements et moins de véhicules automobiles. C’est sa logique de sobriété pour avoir le ralliement de Rousseau etc. alors que le PCF, au contraire, défend la construction de davantage de logements et de moyens de transport, ainsi que la réindustrialisation du pays grâce à un mix nucléaire-renouvelables, ce qui suppose de maintenir des capacités importantes de production d’acier. Le véritable débat porte donc sur la finalité de la nationalisation : réduire les capacités de production ou les mettre au service des besoins du pays.
Il faut confronter clairement ces deux choix afin que les sidérurgistes et les citoyens puissent décider en toute connaissance de cause.
Pour l’Ukraine, comme le RN, il a donné des gages. Il a depuis de bons sondages. Pour rappel et mémoire, le 5 août 2026, à propos de l’opération attribuée à des réseaux prorusses visant Gabriel Attal, il a écrit : « Gabriel Attal est visé par une ingérence russe. […] Je renouvelle ma proposition d’un Front commun des candidats contre les ingérences déstabilisant la campagne présidentielle. » Il ne s’oppose pas aux plans de sanctions qui pénalise notre économie. Au contraire, il ne veut juste pas envoyer les boys en Ukraine. Il a proposé un front commun avec les macronistes. Rien sur l’annulation de l’élection en Roumanie. Cela devrait révolter les insoumis .
Sur l’air de « Cadet-Roussel » …
« Fabien Roussel fit 2 %
« Fabien Roussel fut bien content,
« Mais avec lui il y eut un hic
« Il n’a pas eu de sixième République
« Ah ah oui vraiment, Fabien Roussel
« fut bien content.
Si ce type là, je parle du Fabien Roussel qui semble vouloir se la péter encore une fois, le débile, avait joint ses quelques voix au NFP, C’EST MÉLANCHON QUI AURAIT ÉTÉ AU SECOND TOUR …..
Cher Jean-René B.2 L,
le problème est que ton raisonnement réécrit 2022 : la campagne de Fabien Roussel n’a pas seulement été confrontée à son résultat de 2,28 %, elle a aussi été sabotée de l’intérieur par des élus et notables communistes qui ont choisi Mélenchon pour préserver leurs positions, plutôt que de jouer collectif — Sébastien Jumel en est un exemple devenu depuis ruffiniste. L’objectif n’est pas de cannibaliser la gauche derrière une personnalité ; c’est mobiliser les abstentionnistes sur un projet de classe.
Présenter ensuite ces quelques pourcents comme des voix qui auraient « dû » être données à Jean-Luc Mélenchon, c’est oublier que soutenir Mélenchon, pour certains, relevait déjà davantage de la lutte des places que de la construction d’une stratégie collective. Ta chanson est aussi contreproductive à une dynamique de second tour.
Le vrai débat pour 2027 est de savoir comment reconstruire le Parti tout en organisant l’unité d’action nécessaire pour battre l’extrême droite. C’est autrement plus exigeant que de refaire les comptes de 2022 et de se satisfaire de l’alliance de classe très Terra Nova que propose LFI tourné vers une politique social-démocrate sur l’énergie par exemple car plus compatible avec les écologistes qu’avec les communistes qui veulent une réindustrialisation réelle et une coopération hors OTAN.
Les très longs et approfondis entretiens avec Cyrielle Chatelain, Matthieu Pigasse et pas mal d’autres vont bien dans ce sens, n’est-ce pas Madame Tricot ?
On ne va tout de même pas « négocier » avec les droitiers néolibéraux Glucksmann, Cazeneuve, Hollande &co….
Matthieu Pigasse est un représentant du capital financier, pas un compagnon de route du mouvement ouvrier. Il appartient à cette bourgeoisie financière qui intervient dans les restructurations de dettes souveraines — il est aujourd’hui mandaté, via Centerview, sur la dette vénézuélienne après avoir notamment travaillé sur la Grèce. Cela mérite au minimum d’interroger les convergences affichées avec Mélenchon.
Quant à l’idée que les titres de dette publique française détenus par l’Eurosystème pourraient être simplement « effacés », elle ne règle évidemment ni le déficit courant ni la question du financement de l’État. L’article 123 du TFUE interdit par ailleurs à la BCE et aux banques centrales nationales de financer directement les États. On ne peut donc pas transformer une opération comptable en solution magique au problème structurel d’un État qui dépense durablement davantage qu’il ne perçoit.
Et c’est peut-être là que se trouve le vrai débat : derrière les discours très radicaux, quelles ruptures réelles avec le capital financier, quelles institutions pour les imposer et quelle stratégie face aux contraintes européennes ? C’est sur ces critères que je préfère juger une orientation politique plutôt que sur le volume sonore des discours.
En même temps comme disait l’autre, quand une partie de la gauche se définie prioritairement comme « non mélenchoniste », avant même d’être antifasciste, avouez que l’union est mal partie. Au passage, cette demande d’union de la part du centre gauche n’a jamais été aussi urgemment réclamée que depuis qu’elle n’est plus hégémonique, un hasard du calendrier certainement.
La gauche non socialiste, si elle veut peser doit se rallier urgemment et négocier d’autant plus durement qu’elle le fera rapidement. Arriver au secours de la victoire ne paye pas plus que de l’empêcher. L’équation politique est limpide de simplicité, n’attendez pas qu’on vous envoie un bristol, allez-y.
Le PS ayant visiblement choisi le suicide collectif façon Ordre solaire, de toute façon vous n’avez plus le choix.
Fraternellement, personne ne conteste l’urgence de combattre l’extrême droite ni la nécessité de construire un rassemblement populaire.
Mais l’unité d’action ne peut pas être confondue avec le ralliement à la force qui se proclame elle-même hégémonique. Sinon, on ne construit pas un rassemblement : on organise une reddition politique. Du PS au PG à LFI, c’est son unique tactique et il ne cesse ainsi de conforter le RN.
La vraie question est donc : unir qui, sur quel programme, pour quelles conquêtes et avec quelle stratégie de transformation sociale ?
Les communistes ont vocation à élargir le rassemblement populaire, pas à « arriver au secours de la victoire » d’un candidat social-démocrate populiste qui demanderait aux autres composantes de se ranger derrière lui. Il dira que le score est le sien pour les législatives : il imposera ses proches et des opportunistes dans les meilleurs circonscriptions : il luttera contre ses anciens fidèles et tentera une fois encore de faire disparaître le PCF de l’assemblée nationale.
L’antifascisme ne dispense pas de la lutte de classe, pas plus que l’unité ne dispense de débattre de l’OTAN, de l’énergie, de l’industrie, de la paix, du travail et du pouvoir du capital. L’unité serait d’autant plus solide qu’elle serait construite sur une stratégie partagée, et non sur un rapport de forces liés à des sondages. Il mène la tactique qu’il dénonçait en 2012 : utilisation des sondages pour discipliner et recours au « diable de confort ».
Jean Luc Melenchon c est Moïse. On ne discute pas les propos du prophète monté parler avec le tout puissant pour nous ramener les commandements de l ère du peuple.
« Quand Sandrine Rousseau dit vouloir être « une alliée, pas une ralliée », quand elle demande des discussions avec LFI sur des sujets qu’elle liste au fil de ses interviews – productivisme, antisémitisme, Europe, Chine, féminisme, IA, etc. –, elle exprime plus que sa propre famille de pensée. »
Justement ce serait intéressant de connaître les divergences précises entre LFI et les Verts (et le PS et le PC) sur ces points, et sur d’autres aussi peut-être. Je ne les connais pas.
Le plus souvent les critiques adressées à Mélenchon (et par ricochet LFI) sont du genre « Il est pro-Poutine » ou « il n’a rien compris aux relations internationales » ou « il a dit Epstein » (oui je caricature un peu mais très souvent on en reste à des jugements très généraux, très vagues et non démontrés). Des arguments concrets sur des points précis seraient enrichissants pour tout le monde.
Je suis assez d’accord avec toi, LEPRETRE, sur un point essentiel : le débat gagnerait beaucoup à sortir des formules générales du type « Mélenchon est pro-Poutine » ou « il ne comprend rien à l’international ». Il faut confronter des positions précises, sur des textes et des faits.
Quelques divergences concrètes existent pourtant par exemple entre LFI et le PCF, les voici :
Sur l’énergie, Mélenchon et LFI défendent la sortie du nucléaire, tandis que le PCF défend un mix fondé sur le nucléaire et les renouvelables. Pour nous, la question est décisive : peut-on réindustrialiser le pays, développer les transports collectifs, construire et rénover davantage de logements sans une production électrique abondante et décarbonée ?
Sur l’industrie, la divergence est également très concrète. LFI et le PCF peuvent s’accorder sur la nécessité de nationaliser la sidérurgie, mais pour quoi faire ? Une note de l’Institut La Boétie envisage de diviser par deux la production française d’acier, en cohérence avec une réduction de certaines productions, notamment de logements et de véhicules. Le PCF par son Plan Climat Empreinte 2050 part au contraire des besoins : davantage de logements, de transports, de réindustrialisation. Et pour cela, il faut de l’acier. Le désaccord porte donc sur la finalité même de la nationalisation : réduire les capacités productives ou les mettre au service des besoins sociaux et écologiques.
Sur l’international, il y aurait également matière à examiner précisément les positions respectives, par exemple sur le Sahara occidental, la Chine, l’Europe, l’Ukraine ou la Palestine, plutôt que de se contenter d’étiquettes. À titre d’exemple, les autorités sahraouies ont publiquement dénoncé certaines déclarations de Jean-Luc Mélenchon sur le Sahara occidental. Pas de com’, l’OLP et le PCF travaillent ensemble pour soutenir l’Autorité Palestinienne et agir concrètement pour garantir la souveraineté de la Palestine.
Sur l’Ukraine, il faut aussi reconnaître les évolutions et les nuances : le 5 août, Mélenchon a explicitement dénoncé une ingérence russe visant Gabriel Attal et proposé un « Front commun des candidats contre les ingérences déstabilisant la campagne présidentielle ». Cela mérite d’être pris en compte, comme doivent l’être les autres positions de LFI sur la guerre, les sanctions et la sécurité européenne. Mélenchon est comme le RN : beaucoup l’imagine pro russe et anti système ; alors qu’il veut un front commun avec la macronie.
Enfin, il y a, à mes yeux, une divergence plus stratégique : quelle bataille politique mener pour transformer la société ? Le PCF entend faire de la présidentielle une étape d’une bataille plus longue pour reconstruire une conscience de classe et organiser le monde du travail pour s’opposer à la fascisation de la société française et aller vers le socialisme démocratique. LFI a fait le choix d’une stratégie populiste de construction d’un nouveau « peuple ». C’est un débat légitime, qui mérite mieux que des anathèmes de part et d’autre.
Il ne s’agit plus des rapports de LFI avec la gauche . Analyse en retard d’un an au moins . LFI est la gauche .
Fraternellement, c’est justement là que je ne suis pas d’accord. Dire que « LFI est la gauche » ne constitue pas une analyse, mais une définition auto-proclamée de l’espace politique. Une force peut être aujourd’hui la mieux organisée ou la plus visible électoralement sans incarner à elle seule toute la gauche, encore moins l’ensemble du mouvement populaire et du monde du travail.
La question posée par Catherine Tricot reste donc pleinement actuelle, et même plus large : LFI cherche-t-elle à construire ensemble une hégémonie permettant d’élargir durablement le rassemblement populaire, ou juste à obtenir le ralliement des autres composantes derrière sa candidature et son programme recentré ?
Ce n’est pas la même stratégie.
Pour nous communistes, l’enjeu n’est d’ailleurs pas être de savoir quelle boutique peut s’approprier le mot « gauche », mais quelle force est capable de reconstruire une conscience de classe, de rassembler les travailleurs et de leur rendre une capacité collective d’action. C’est sur ce terrain, et pas seulement sur celui des scores électoraux et d’un signifiant, que le débat devrait porter.
Manipulatrice tricot est de retour. IL n’aura échappé à personne que les verts n’ont pas pris de décision et que Sandrine Rousseau ne représente pas son parti. En tout cas, je ne conseillerai pas à la FI de considérer l’équipe de Regards comme des interlocuteurs mais comme le vers dans le fruit.
La politique politicienne, ça commence à bien faire…la question est de savoir ce qu’on a comme programme pour le bien commun. En ce qui concerne LFI, c’est fait. Le reste n’est que bla-bla…
Fraternellement, si le programme est vraiment le critère, alors comparons-les sur une question décisive : l’énergie. Les différences avec LFI sont loin d’être secondaires, vu l’enjeu climatique.
L’orientation du PCF me paraît beaucoup plus solide, notamment à travers le plan Empreinte 2050. Elle est difficilement compatible avec celle de LFI. Dès 2012 et 2017, les accords reposaient sur l’idée d’un référendum sur le nucléaire. Mais la conception du référendum populaire constitue elle aussi un point de désaccord. Mélenchon s’est montré favorable à un référendum consultatif sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, avant de contester la décision prise à la suite du vote. Pour nous, le suffrage populaire ne peut être respecté seulement lorsqu’il confirme une position déjà arrêtée. Ce sujet constituait déjà un casus belli en 2022 : les programmes peuvent être proches sur de très nombreux points, mais cette divergence programmatique et institutionnelle reste irréconciliable. Mélenchon a été clair en 2022 en refusant des circonscriptions au PCF et en privilégiant un accord avec les écologistes (EELV).
Cette question énergétique permet de mesurer très concrètement la différence entre l’orientation de LFI et celle du PCF, sans recourir aux attaques inutiles. Mélenchon fait le choix de sortir du nucléaire et de parvenir à une production électrique reposant à 100 % sur les renouvelables. Cela implique de miser davantage sur la sobriété et sur une transformation de la demande. Mais, dans une société déjà confrontée à la précarité énergétique, que signifie concrètement cette sobriété si l’offre pilotable reste insuffisante ? Elle risque d’entraîner des contraintes sur les usages, des investissements considérables et une électricité potentiellement plus chère, alors même que nous importons toujours davantage de GNL après avoir refusé le gaz de schiste chez nous.
Le PCF part d’un autre raisonnement : répondre aux besoins tout en décarbonant, en s’appuyant sur le nucléaire, les renouvelables et la maîtrise publique de l’énergie. L’Allemagne a abandonné le nucléaire et reste fortement dépendante du gaz, du charbon et des importations : ce n’est pas le modèle que nous voulons. Une production électrique abondante, pilotable et décarbonée permet au contraire de mieux maîtriser les prix, de sécuriser les approvisionnements et de réindustrialiser le pays. La réindustrialisation crée ensuite les recettes et les emplois nécessaires pour retrouver progressivement l’équilibre des comptes publics.
Le plan Empreinte 2050 du PCF propose ainsi de produire davantage d’électricité décarbonée, de prolonger le parc existant, de construire 20 EPR2 et 12 SMR, de développer les réseaux et de sortir des énergies fossiles. Avec un objectif d’environ 970 TWh d’électricité en 2050, il ne s’agit pas de demander aux travailleurs de consommer toujours moins, mais de donner au pays les moyens de produire autrement. Cette production doit surtout être maîtrisée publiquement : le PCF propose de sortir du marché européen de l’énergie, de retrouver la maîtrise des tarifs et de diviser par deux les factures des ménages, des entreprises et des collectivités.
C’est donc bien deux conceptions politiques qui s’opposent : adapter la consommation à une énergie devenue plus rare et plus chère, ou développer une énergie maîtrisée pour répondre aux besoins, produire et transformer la société. Une politique fondée principalement sur la sobriété risque de transformer la contrainte énergétique en sobriété subie, tandis que le choix communiste consiste à développer les forces productives nécessaires pour garantir à chacun une énergie abondante, décarbonée et accessible. La véritable écologie populaire, ce n’est pas organiser la pénurie : c’est maîtriser collectivement les moyens de sortir de la pénurie et des énergies fossiles.
C’est pourquoi je préfère une écologie matérialiste et planifiée, qui part des forces productives et des besoins sociaux, à une transition principalement conçue comme un changement de mix énergétique sur le papier. Là encore, le débat ne devrait pas être de savoir qui est « le plus à gauche », mais quelle orientation peut réellement transformer la production et améliorer la vie quotidienne.
Si les électeurs de LFI prennent le temps d’y réfléchir, ils peuvent avoir intérêt à construire l’avenir en commun et d’électrifier nos usages et besoins avec le PCF. Ils auraient donc tout intérêt à ce que Fabien Roussel soit au second tour, pour le bien-être général.
Fraternellement, LO ou le PCF, certes pour vous LFI a tort. Mais comment expliquez-vous que vous avez toujours raison mais que LFI fait au moins 10 fois plus?
Car croire « Ils auraient donc tout intérêt à ce que Fabien Roussel soit au second tour, » soit crédible, c’est moins sure que les voix de Jeanne d’Arc!!
Fraternellement.
Fraternellement, Toto, je ne crois pas avoir dit que le PCF « a toujours raison » et que LFI « a toujours tort ». Si c’était le cas, ce serait effectivement assez commode ! J’apprécie le programme du PCF et je le compare à celui de Jean-Luc Mélenchon. C’est LFI qui dit avoir toujours raison et les autres torts.
Mais l’argument inverse ne me paraît pas davantage convaincant : LFI fait aujourd’hui davantage de voix du moins aux derniers scrutins comparable, soit les européennes de 2024. Cela ne veut pas dire que LFI a raison. J’ai d’ailleurs rappelé que le PCF travaille avec l’OLP. Il ne fait pas que de la com’ électoraliste.
Avoir plus de voix ne signifie pas avoir raison. Selon votre logique le RN aurait raison et LFI tort. C’est un peu court. Si le nombre de voix suffisait à trancher tous les débats politiques, nous devrions considérer que les forces aujourd’hui dominantes ont toujours raison et que les minorités ont toujours tort. Il faudrait donc depuis 1978 dire que le PCF a tort à gauche et que le PS a depuis eu raison puis la LFI depuis. L’histoire politique est un peu plus compliquée.
La vraie question est plutôt : pourquoi LFI est-elle aujourd’hui beaucoup plus forte électoralement que le PCF, et cette force permet-elle de construire durablement une majorité populaire capable de transformer la société ? C’est un débat parfaitement légitime. Je comprends qu’il vous dérange.
Il vous dérange surtout quand nous mettons les deux programmes en analyse sur la situation du peuple Sahraoui, la stratégie énergétique, la finalité de la nationalisation d’Arcelor etc. Mais sur de nombreux sujets les socialistes qui ont quitté le PS pour le PG ont adopté un programme issu des comités anti libéraux de 2005-2007. Par conséquent, le PCF de Marie-Georges Buffet ayant été moteur de cette démarche, les programmes ont des points communs.
LFI ou plutôt Jean-Luc Mélenchon a incontestablement réussi là où le PCF a échoué ces dernières années, mais grâce à l’appui de ce dernier de 2005 à 2017 : elle a su capter une colère sociale, construire une force électorale importante et imposer Jean-Luc Mélenchon comme une figure centrale à gauche. Il faut le reconnaître. Mais cela ne signifie pas que toutes ses orientations — sur l’énergie, la production, l’industrie, l’Europe, l’international, la stratégie ou l’organisation politique — doivent être soustraites à la discussion.
De notre côté, nous avons aussi une question à nous poser : pourquoi avons-nous perdu autant de forces, d’implantations et de voix ? Répondre à cela en disant seulement « les électeurs ne nous ont pas compris » serait absurde. Le PCF doit faire son bilan, se transformer et reconquérir le monde du travail. Depuis 2018, il le fait. Contrairement à Jean-Luc Mélenchon qui bénéficie de réseau dans la grande presse notamment par Sophia Chikirou, nous sommes isolés et nous défendons une stratégie de rupture sur l’énergie contrairement à LFI qui court derrière le PS et les écologistes. Fabien Roussel est courageux.
Mais je ne crois pas que la conclusion doive être : puisque LFI est aujourd’hui plus forte, le PCF doit renoncer à son analyse et s’aligner. Au contraire, la gauche a besoin de débats réels sur les stratégies et les projets. Quant à Fabien Roussel au second tour, je n’ai jamais dit que cela serait garanti, pas plus que je ne prétends savoir aujourd’hui ce que feront les électeurs en 2027. Je dis simplement qu’il est légitime de poser une double question : qui peut atteindre le second tour, mais aussi qui peut le gagner et rassembler au-delà de son propre camp ? Avec votre raisonnement, penser que Mélenchon l’emporte c’est moins sur que les voix de Jeanne d’Arc !!
Et c’est justement aux électeurs, non aux sondages ni à nous-mêmes, d’en décider.
Merci Catherine pour cette analyse, qui pointe une difficulté réelle de la stratégie mélenchoniste.
Je serais toutefois plus réservé sur l’idée d’une « cohérence » idéologique et programmatique de Mélenchon. Sa force est incontestable : c’est un tacticien remarquable, capable d’adapter son discours, ses alliances et son organisation au rapport de forces. Mais c’est précisément ce qui pose la question de sa stratégie à long terme. Depuis 2008, ses positions ont évolué sur plusieurs sujets et, de L’Avenir en commun à la NUPES puis au NFP, le contenu programmatique s’est lui aussi adapté aux alliances recherchées. En cela, il a petit à petit modéré ses perspectives.
Le problème n’est donc pas seulement qu’il devrait « s’ouvrir » aux autres. Sa stratégie tend à construire un pôle hégémonique autour de sa candidature et à faire de la concentration électorale le substitut d’un véritable rassemblement populaire. Sa phraséologie : « Ce qui compte, ce n’est pas le nombre de candidats mais le nombre d’électeurs » est habile électoralement, mais une masse électorale ne constitue pas encore une force sociale organisée.
Il faut aussi confronter le discours au réel : « tout changer » suppose de répondre à la dette, à la procédure de déficit excessif, aux contraintes européennes, aux rapports de forces économiques, mais aussi aux questions de paix et de politique internationale. Et surtout à la question énergétique, qui conditionne notre industrie, notre pouvoir d’achat et notre souveraineté. La sortie du nucléaire défendue par Mélenchon mérite d’être confrontée à l’expérience de la crise énergétique européenne : pourquoi remplacer une dépendance par une autre, en abandonnant des capacités pilotables et en nous exposant davantage aux marchés mondiaux du gaz et du GNL ? La transition écologique ne peut pas être pensée indépendamment de la sécurité énergétique et de la production. Il faut au contraire maîtriser l’énergie, investir dans les réseaux, développer un mix décarboné et nôtre autonomie et planifier démocratiquement la production énergétique en fonction des besoins sociaux et écologiques.
Le choix européen de remplacer progressivement le gaz acheminé par gazoduc par du GNL nous expose désormais davantage aux marchés mondiaux et à leur volatilité : entre 2021 et 2025, la part du GNL dans les importations européennes de gaz est passée de 20 % à 45 %. Mélenchon avait d’abord fixé 2030 comme objectif de sortie du nucléaire, avant de repousser le calendrier vers 2045. Son programme de 2022 restait fondé sur la sortie du nucléaire et le 100 % renouvelable à l’horizon 2050. Or la crise énergétique européenne devrait nous conduire à interroger sérieusement cette orientation. À l’inverse, le plan climat Empreinte 2050 élaboré par la commission Écologie du PCF sous la responsabilité d’Amar Bellal part d’une logique de planification et d’autonomie de nos capacités énergétiques : neutralité carbone en 2050, sortie des énergies fossiles, réindustrialisation et électrification massive, avec un mix décarboné associant nucléaire et renouvelables. Il assume la prolongation du parc nucléaire, la construction de nouveaux réacteurs et le développement massif des renouvelables, en cohérence avec les besoins de l’industrie et de la société, en développement constant. C’est une différence stratégique majeure : ne pas opposer nucléaire et renouvelables, mais planifier leur complémentarité pour garantir à la fois décarbonation, sécurité énergétique, capacités de production industrielle et justice sociale.
Melenchon fait l’impasse sur l’empreinte carbone. Il est prêt à nationaliser Arcelor Mittal pour diviser par deux les capacités productives. Son projet rappel les fermetures des années 80. Sa sobriété morale est punitive pour les classes laborieuses. Elle peut plaire à Sandrine Rousseau, voire à Jadot ou à Barbut. Mais cela n’est pas la bonne voie.
Mélenchon est sans doute un excellent tacticien. Mais la tactique électorale n’est pas une stratégie de transformation sociale. C’est un leurre.
La véritable alternative n’est donc ni de demander à Mélenchon d’absorber toute la gauche, ni de juxtaposer les candidatures. C’est de reconstruire une force populaire et de classe capable de transformer durablement le rapport de forces. C’est le sens du communisme de conquête adopté par le 40e Congrès du PCF. Pour notre temps, je crois que nous pouvons le résumer en trois choix : prendre le parti de la paix, du travail et de la fraternité.
La paix face à l’escalade militaire et à sa ruineuse fuite en avant. Le travail, avec la Sécurité Emploi-Formation, pour produire localement, écologiquement et planifier démocratiquement la production face au capital financier et à la rente. La fraternité, enfin, pour refaire ensemble société à partir de la Sécurité sociale, notamment avec des piliers à créer pour l’autonomie et l’alimentation.
Ce triptyque peut devenir la matrice d’un nouveau rassemblement populaire contre la fascisation: non pas une addition de candidatures, mais une alliance de celles et ceux qui veulent reprendre collectivement la maîtrise de leur avenir.
C’est pour permettre de franchir une étape décisive que nous devons reconstruire une force du monde du travail capable de conquérir des pouvoirs nouveaux et de transformer les rapports sociaux. La paix, le travail, la fraternité : une perspective pour rassembler et pour conquérir.
Fraternellement.
Ce qui manque à Mélenchon : une stratégie de classe assumée
Catherine Tricot pose une question juste : la cohérence de La France insoumise peut-elle devenir une clôture ? Le parti, le programme, le candidat : la formule a sa force. Dans un paysage politique fait de reniements, de petites écuries présidentielles et de compromis sans principes, elle dit la préparation, la continuité et la volonté de gouverner.
Mais le problème n’est pas d’abord que le carré insoumis ne serait « pas assez rond », ni même que Jean-Luc Mélenchon manquerait d’ouverture aux autres formations de gauche. Le problème est plus profond : quelle force sociale veut-on organiser pour gagner, gouverner et transformer réellement le pays ?
Car l’élection présidentielle n’est pas seulement la rencontre d’un programme et d’électeurs individuels. C’est une bataille entre des intérêts sociaux antagonistes. D’un côté, le capital financier, les grandes fortunes, les multinationales, les appareils médiatiques qui leur appartiennent et l’État tel qu’il a été méthodiquement façonné par quarante ans de néolibéralisme. De l’autre, le salariat dans toute sa diversité, les classes populaires, la jeunesse, les retraités modestes, les travailleurs indépendants dominés par les plateformes et les donneurs d’ordre, les habitants des quartiers populaires et des territoires abandonnés.
C’est cette majorité sociale qu’il faut rendre consciente de sa propre force.
Mélenchon a raison lorsqu’il dit que le nombre d’électeurs compte davantage que celui des candidats. Mais les électeurs ne sont pas une matière électorale disponible, qu’il suffirait de convaincre à coups de meetings et de clips bien produits. Ils sont des travailleurs, des précaires, des agents publics, des soignants, des enseignants, des ouvriers, des employés, des paysans ; ils vivent quotidiennement les effets de l’exploitation, de la dégradation des services publics et de la dépossession démocratique.
La question n’est donc pas seulement : comment ajouter des voix à une candidature ? Elle est : comment faire de ces millions de personnes les acteurs organisés de leur propre émancipation ?
L’union ne peut être seulement électorale
Il serait absurde de mépriser la nécessité d’un rassemblement à gauche. Dans le scrutin présidentiel, et plus encore face au danger de l’extrême droite, chaque division peut coûter cher. Mais l’union des appareils ne suffit pas. Elle a même souvent servi, dans l’histoire récente, à subordonner les exigences populaires à la recherche du plus petit dénominateur commun.
L’expérience est connue : on rassemble pour battre la droite, puis on gouverne en rassurant les marchés ; on promet la rupture, puis on invoque la contrainte européenne, la dette, la compétitivité ou les agences de notation. La désillusion nourrit alors l’abstention, le cynisme et, finalement, le vote d’extrême droite.
Une union utile devrait donc partir non des places, ni des étiquettes, ni des susceptibilités de dirigeants, mais des conflits réels : salaires, logement, école, hôpital, retraites, agriculture, industrie, eau, transports, égalité femmes-hommes, lutte contre le racisme et les discriminations. Elle devrait se construire avec le mouvement syndical, les associations, les collectifs de lutte et les citoyens non encartés.
Non pas une addition de logos, mais un front populaire vivant.
Gouverner suppose d’affronter les puissances économiques
Le projet d’un État écologique est nécessaire. Mais un État ne change pas de nature parce qu’un gouvernement le décide. L’appareil administratif, les groupes privés sous contrat public, les marchés financiers, les directives européennes libérales et les concentrations médiatiques opposeront une résistance massive à toute politique de redistribution et de planification écologique.
L’expérience grecque de [2015] devrait rester présente dans tous les esprits : un gouvernement élu avec un mandat de rupture peut être étranglé s’il n’a ni stratégie de confrontation, ni appui populaire organisé, ni capacité à élargir le conflit au-delà de ses institutions.
La transition écologique ne sera pas une simple modernisation verte du capitalisme. Elle impose de reprendre le contrôle sur les secteurs essentiels : énergie, transports, eau, banques, logement, médicament, alimentation, industrie stratégique. Elle suppose la planification démocratique, donc la propriété publique ou sociale des grands moyens de production, et le pouvoir réel des travailleurs et des citoyens sur les choix économiques.
C’est là que se situe la ligne de partage décisive : non entre ceux qui se rallient et ceux qui s’allient, mais entre ceux qui acceptent les limites imposées par le capital et ceux qui veulent organiser les moyens de les dépasser.
De la candidature au mouvement populaire
La force de LFI est d’avoir maintenu une ambition de rupture là où tant d’autres se sont résignés à gérer l’ordre existant. Sa faiblesse potentielle serait de croire qu’une bonne campagne, un bon candidat et un bon programme suffisent à emporter l’obstacle.
Ils ne suffiront pas.
Il faut des comités populaires durables dans les villes, les villages, les quartiers et les lieux de travail. Il faut faire vivre des assemblées capables de débattre, de décider et de contrôler. Il faut donner aux militants syndicaux, associatifs et politiques les moyens de mener des campagnes communes. Il faut préparer la mobilisation sociale qui sera indispensable dès le lendemain d’une éventuelle victoire électorale.
La démocratie n’est pas seulement l’acceptation abstraite de l’altérité. Elle est l’organisation matérielle du pouvoir du plus grand nombre. Elle est ce qui permet à un peuple de ne pas déléguer entièrement son destin à un président, fût-il le plus déterminé.
Le défi de [2027] n’est donc pas seulement de faire élire Jean-Luc Mélenchon, ni seulement de réunir la gauche. Il est de reconstruire un bloc populaire majoritaire, conscient de ses intérêts et capable d’imposer une rupture avec l’ordre capitaliste, raciste et productiviste.
La force ne naîtra pas d’un carré plus souple. Elle naîtra d’un peuple organisé, qui ne demande plus à être représenté de loin, mais se prépare à gouverner lui-même.
Voilà qui est bien dit. Mais commençons par le commencement : Redonner à la gauche la confiance de celles et ceux qui vont aller voter.
Le socialisme du PS a fait plus de mal à notre idéal que toutes nos oligarchies réunies.
L’Avenir en Commun n’est qu’un point de départ pour aller vers un autre système économique plus élaboré, et ce n’est qu’en faisant la preuve de son efficacité, dans la vie de tous les jours, de nos compatriotes, qui ne croyaient en plus rien, après toutes ces années de désillusions sociales, que nous réussirons à convaincre durablement une majorité pour gouverner au nom de l’intérêt général.
Première décision : La VIe République, une autre constitution que celle qui permet à un seul homme, au service d’un système pourrie jusqu’à la racine, de disposer de tous les pouvoirs de nos institutions.
Une constitition qui redonne au peuple la souveraineté qu’il n’a jamais eu.
Les milliards de milliards donnés à nos milliardaires, et multi millionnaires, sont aujourd’hui la cause du blocage de notre société, des masses d’argent énorme qui ne servent pas l’investissement sans lequel aucune activité pour l’humain est possible.
La liberté d’entreprendre pour son seul profit nous a conduit là ou nous sommes, assis sur une bombe aux multiples facettes, dont on ne sait quand elle explosera.
Alors, 2027, la bonne décision, sinon..
Monsieur Mutzenberg, je pense que nous avons en réalité beaucoup de points d’accord:
Oui, il faut redonner confiance à celles et ceux qui ne croient plus aux promesses de la gauche.
Oui, le bilan du social-libéralisme a profondément contribué à cette défiance.
Oui, la concentration des richesses et l’utilisation de masses considérables d’argent au service de la spéculation plutôt que de l’investissement sont au cœur de la crise. Et oui, il faut en finir avec le pouvoir personnel et redonner la parole au peuple.
Là où je m’interroge davantage, c’est sur le « commençons par le commencement » : la VIe République suffit-elle à rendre au peuple une souveraineté réelle ?
Changer les institutions est nécessaire. Mais si les décisions essentielles continuent d’être prises par les marchés financiers, les multinationales, les grands actionnaires et des institutions sur lesquelles le peuple n’a pas prise, que pourra réellement décider une nouvelle Constitution ?
Pour nous, communistes, la souveraineté populaire doit donc être aussi matérielle. Le 40ème Congrès a approuvé l’orientation communisme de conquête amendé dans le cadre d’un processus militant démocratique. Elle suppose de reconquérir des pouvoirs sur l’économie : sur le crédit, l’investissement, l’énergie, l’industrie, les grandes infrastructures et les secteurs stratégiques. Car le peuple peut voter souverainement, mais encore faut-il qu’il ait les moyens de mettre en œuvre ses choix.
C’est aussi pourquoi le débat sur L’Avenir en commun ne peut pas être seulement institutionnel. Tu dis avec raison qu’il doit être un point de départ vers un autre système économique. Très bien : discutons alors précisément du chemin, des objectifs et des moyens. Quelle politique industrielle ? Quelle énergie ? Quelle place pour le nucléaire ? Quelle production voulons-nous développer ou réduire ? Quel pouvoir sur les banques et le crédit ? Quelle politique internationale ?
Sur tous ces sujets, il existe des convergences, mais aussi de vraies divergences entre LFI, le PCF, les écologistes et le PS. Les masquer ne renforcerait pas la confiance populaire. Cela crée de la confusion et engendre de l’abstention massive chez les ouvriers, les employés et tous ceux qui contribuent à la production réelle. Les mettre franchement sur la table, sans anathèmes et dans le respect mutuel, me paraît au contraire la meilleure façon de permettre aux citoyens de choisir.
La démocratie politique est indispensable, comme le pluralisme.
Mais elle ne devient pleinement effective que si elle s’accompagne d’une conquête de pouvoirs réels sur l’économie. C’est, à mes yeux, tout l’enjeu de 2027 : non seulement changer ceux qui gouvernent ou les institutions, mais donner durablement au peuple les moyens de décider de son avenir.
Bonjour!
D’accord avec vous globalement. Au-delà des tactiques politiciennes, car elles existent de fait : LFI est un appareil politique redoutable, mais il a ses travers quand on fouille un peu sur le fonctionnement interne. Une partie des électeurs de « gauche » et sympathisants LFi, ne sont pas tous lobotomisés par la cabale médiatique contre LFI qui est réelle, mais sont pour certains et à juste titre tout simplement « critiques » et sur le fond (le programme de LFI est un programme qui reste productiviste, et là-dessus, j’appuie fortement au regard des contraintes physiques de la Terre), et sur la forme. Je n’ai pas de problème avec la colère, quand elle exprime une indignation. Par contre, il est parfois nécessaire de tourner sa langue 7 fois dans sa bouche, quand on communique publiquement notamment sur les réseaux sociaux. LFI est aussi un mouvement prisonnier du bruit médiatique (et victime également cela va sans dire), mais la manière d’y répondre laisse parfois à désirer. J’attends pour ma part, plus d’introspection si je puis m’exprimer ainsi, de la part de toute la gauche, un retour sur soi nécessaire, un ménage réel en ce qui concerne les fonctionnements internes, un message de remise en question qui existe bien peu, voire pas du tout. Et de la même manière que Mélenchon (dixit Bompart aux AMFIS) parie sur un report de voix in fine, les électeurs une fois de plus, devront faire avec ça ou rien, si l’on veut éviter à tout prix une bascule vers l’extrême-droite. Mais vous pointez à juste titre la vision de société, la contrainte et le virage nécessaire pour faire face aux défis écologiques, et vous avez raison. Il s’agira sans nul doute de « contraindre » : reste à savoir comment LFI pourra convaincre et ramener d’autres électeurs à cette nécessité. Complexe…
Bonjour,
Et merci pour ce commentaire nuancé. Je pense en outre que nous gagnerions tous à sortir de l’idée selon laquelle toute critique de LFI relèverait nécessairement de la « cabale médiatique ». Celle-ci existe, bien sûr, et il serait absurde de la nier. Mais cela ne dispense aucun mouvement politique, pas plus LFI que le PCF, les écologistes ou le PS, d’examiner ses propres fonctionnements, ses erreurs et ses contradictions. La diabolisation morale du RN ne l’empêche d’être vu comme un recours électoral.
Je vous rejoins également sur un point essentiel : la forme et le fond sont liés.
La colère peut être légitime et même nécessaire lorsqu’elle exprime une indignation face à l’injustice. Mais une force politique qui ambitionne de gouverner doit aussi savoir créer les conditions de la confiance, du débat et du rassemblement. Cela suppose parfois, comme tu le dis, de « tourner sa langue sept fois dans sa bouche », mais surtout de savoir entendre les critiques sans considérer automatiquement qu’elles procèdent de l’hostilité. Dans ma région, la députée insoumis d’Amiens ne respecte pas le non cumul proclamé. Elle continue de siéger, cumuler, avec la Région. C’est le cas ailleurs. Nous avons aussi connu le député Quatennens tenir des positions maximalistes sur les violences sexistes et sexuelles ; puis, car il était le dauphin, bénéficier, par Chikirou qui a ses entrées à BFM, d’une interview complaisante de Bruce Toussaint laissant perplexe car il n’était plus du tout maximaliste, étant sur la sellette et s’imaginant même victime d’une cabale de Darmanin.
Sur l’écologie, c’est effectivement là que le débat de fond devient passionnant. Je ne suis pas certain, pour ma part, que le programme de LFI soit simplement « productiviste ». Il est pour la sobriété. Il faut le reconnaître et donc décroissant. Pour nous au PCF, c’est hypocrite. Pourquoi ? Nous pourrions produire en France dans des conditions sociales et environnementales bien meilleures qu’en important, ce qui sera la conséquence de la politique anti productiviste de LFI, et donc sous de belles déclarations de sobriété interne avoir une empreinte carbone plus mauvaise pour la planète et un fonctionnement néocolonialiste de production de nos biens d’équipement. Vu la précarité énergétique dans notre pays, je doute aussi que Mélenchon puisse éviter que la sobriété soit une nouvelle austérité populaire. Je pense qu’il faut donc poser clairement la question en 2027 : quelles productions voulons-nous développer, lesquelles voulons-nous réduire et à partir de quels besoins ?
Il faudra évidemment transformer profondément nos modes de production et de consommation, réduire le gaspillage des ressources et des matières premières, les émissions et les activités socialement inutiles ou nuisibles. Mais doit-on en conclure qu’il faut produire moins de tout ? Je ne le pense pas. Il faudra peut-être au contraire produire davantage de logements de qualité, de transports collectifs, d’infrastructures ferroviaires, d’équipements publics, d’énergie décarbonée et de biens durables. C’est pourquoi je préfère partir des besoins sociaux et écologiques, à partir du plan climat du PCF, puis déterminer démocratiquement par la planification ce qu’il faut produire et comment le produire, plutôt que fixer d’abord un objectif général de décroissance ou de réduction et adapter ensuite les besoins à cet objectif.
Quant à la « contrainte », tu poses une question décisive : qui contraint, comment et au bénéfice de qui ? Si la transition écologique est vécue comme une série d’interdictions imposées principalement aux classes populaires et aux travailleurs, alors elle échouera politiquement et socialement. Elle nourrira durablement le populisme de droite et le maintiendra au pouvoir. L’Italie est un exemple concret. En revanche, si elle s’accompagne d’investissements, de services publics, de nouveaux droits, de logements mieux isolés, de transports accessibles et de pouvoirs réels donnés aux citoyens et aux salariés, elle peut devenir un projet de progrès collectif.
Et je partage enfin votre inquiétude sur une gauche qui ferait implicitement le pari : « au second tour, les électeurs se reporteront bien sur nous pour empêcher l’extrême droite ». Rien ne garantit cela. On ne peut pas demander éternellement aux électeurs de choisir par défaut. Il faut reconstruire, dès le premier tour, les conditions positives de leur confiance pour créer une dynamique de second tour, par la gauche. Sinon, comme Ruffin en 2024, il a dû tracter son soutien par Bayrou et François Hollande pour repasser… dire qu’il professait un tonitruant plus jamais PS en 2017 en allant siéger à l’Assemblée au sein du groupe de la France Insoumise.
C’est sans doute là que nous avons tous besoin d’introspection, de débats réels et de davantage de clarté sur les projets de société que nous proposons.
Méchant Mélenchon! Bouh qu’il est vilain et pas prêt à discuter avec le reste de la » gauche » ! ( même si Cyrielle Chatelain, Olivier Besancenot, des représentant du monde syndical CGT, CFDT, SUD, Le porte-parole d’Attac, etc … ont pu participer aux débats ).
Quand vous écrivez » le carré n’est pas une forme assez ronde « , on sent quand même que vous commencez à être à court d’arguments. Mais pas d’infox SVP.
Quelle aveuglément ou mauvaise foi. C’est la « gauche Glucksmann » qui refuse toute alliance avec LFI. Idem pour ce qui reste du PCF. Quant à Sandrine Rousseau elle s’exprime pour que son parti accepte de discuter avec LFI, pas l’inverse.
Ivan, je comprends l’argument, mais il réduit un débat stratégique à la seule question de savoir qui veut ou non l’union. Pour nous, l’unité d’action n’a de sens que si elle permet de construire une orientation politique réellement transformatrice.
Il y a d’abord l’énergie : entre la sortie du nucléaire et la priorité donnée à la sobriété chez LFI, et le choix du PCF d’une production abondante, décarbonée, nucléaire et renouvelable, sous maîtrise publique, il y a une divergence majeure. Elle touche directement au pouvoir d’achat, à la réindustrialisation et à notre souveraineté.
Il y a aussi la question du droit des peuples et du décolonialisme : soutien à la cause sahraouie alors que Melenchon soutient Rabat, mais aussi conception de la souveraineté française sur les territoires ultramarins, notamment les îles Éparses ou la Polynésie. Là encore, il faut confronter les principes aux choix politiques concrets.
Et surtout, quelle transformation du pouvoir économique ? Le PCF ne propose pas seulement de changer de gouvernement : il défend le socialisme comme alternative institutionnelle, avec nationalisations, maîtrise des secteurs stratégiques et planification démocratique. L’exemple d’Arcelor montre d’ailleurs que la question n’est pas seulement de nationaliser, mais de savoir ce que l’on fait de la propriété publique, avec quels objectifs industriels et sous quel contrôle des travailleurs et de la Nation.
Enfin, il y a une divergence institutionnelle fondamentale. Nous ne savons pas si Mélenchon, une fois au pouvoir, accepterait réellement de dessaisir l’exécutif au profit d’une Assemblée constituante, de laisser le Premier ministre gouverner et d’abandonner les prérogatives présidentielles considérables dont il disposerait. Ce n’est pas une question de confiance personnelle : c’est une question de garanties institutionnelles.
Voilà pourquoi je ne crois pas que l’alternative soit simplement « Mélenchon ou la division ». Le véritable enjeu est de construire un rassemblement populaire sur des bases discutées, avec un programme de transformation sociale, écologique, industrielle et institutionnelle. C’est précisément ce que le PCF entend porter avec le socialisme, la planification démocratique et le renforcement de la souveraineté populaire.
Entre Mélenchon, LFI, leur programme, la constance dans les propos, et la fausse gauche, il ni a pas photo. Même un crétin comme moi l’a compris.
La mission de Glucksmann c »est de faire perdre la vraie gauche, dont il n’a jamais été, voir son CV, si j’ai bien lu, afin d’avoir au second tour en 2027 un candidat des droites réunies, opposé au RN, afin d’appeler à la résistance contre l’extrème droite, coup gagnant sans risque du fait que les droites ont la même idéologie économique, ces dix années de Macron et godillots, en témoignent.
Bon, cela a déjà très bien fonctionné, pas certain que ça fonctionne à nouveau en 2027, trop de misère, trop de pauvres, trop d’injustices, trop d’abus de nos milliardaires, millionnaires, et autres élites accapareuses du travail des autres…
Les consciences se réveillent, trop occupés à survivre à ce néolibéralisme destructeur; et même si le PS, et sa courroie de transmission, la CFDT, ont détruit l’idéal de gauche, il me semble, que cet idéal, n’est pas près de disparaitre.
La course à la peur, comme l’on organisé nos médias, pourrait très bien se retourner contre leurs mandants, les payeurs en dernier ressort.
Il ne manque rien à JL Mélenchon, la FI tend la main il y a eux que ça intéresse
et il y a les contre. JL Mélenchon reste ouvert aux alliances honnêtes au PROGRAMME de
la FI.
Marine, fraternellement, nous avons nous aussi un programme, et l’unité d’action ne peut pas signifier que chacun doit se rallier à celui de LFI. Nous ne sommes pas « contre l’union » : nous sommes pour une union construite sur la confrontation des projets et sur la souveraineté populaire.
Le PCF porte une autre orientation : le socialisme comme alternative institutionnelle, la planification démocratique, la maîtrise publique des secteurs stratégiques, une politique énergétique permettant à la fois de répondre aux besoins et de réindustrialiser, et une transformation démocratique des institutions. Nous ne pouvons donc pas nous rallier à un projet que nous considérons comme populiste, même lorsqu’il reprend certaines de nos revendications.
La vraie question n’est pas : « qui se rallie à qui ? » C’est : quel projet voulons-nous construire ensemble, et qui décide ? Si le débat est réellement ouvert, nous sommes disponibles.
Et nous sommes tolérants. La fête de L’Huma aura lieu grâce au travail des bâtisseurs. Elle existe par l’engagement du PCF. LFI sera présente et aura un stand. Mélenchon y fera un meeting le 12/09. Mais cela n’abolit pas nos antagonismes sur l’énergie et notre plan empreinte 2050, notre dialectique face à l’UE, nos propositions de sécurité emploi-formation, sur la finalité de la nationalisation d’Arcelor Mittal, notre internationalisme sur la question Sahraoui, l’armement de l’Ukraine, notre soutien à l’OLP et au PPP ainsi qu’au Maki/Hadash ou encore la politique de coloniale française en Polynésie ou pour les îles éparses etc.
Mélenchon propose un projet social démocrate avec une phraséologie populiste tonitruante.
Pour rompre avec le système vous aurez à votre disposition le bulletin proposé par le PCF ; pour continuer le mythe de la voie sociale démocrate vous aurez LFI, comme avant le PS et avant lui la SFIO. Le risque est de ne pas etre en mesure de rassembler un front populaire au second tour avec Mélenchon et de livrer le pays au chaos et au RN.
Je me souviens de Mélenchon qui attaquait le vote utile, qui disait que Le Pen était un diable de confort, qu’il accepterait un referendum sur la politique énergétique – nous avons perdu 15 ans et le dérèglement climatique est déjà là, comme notre dépendance énergétique et notre désindustrialisation grandissante, une balance commerciale grevée par le GNL etc.
Il a le soutient des médias comme Pigasse et de certains secteurs gouvernementaux comme Barbut. Nous avons comme communiste un projet de socialisme démocratique réel. Mélenchon considéra que toutes les voix sont rien que pour son programme, en fait lui, en cas de ralliement. Il continuera l’œuvre de Mitterrand de liquidation du PCF donc des classes populaires et laborieuses.
S’il s’agit de demander aux autres de rejoindre un programme déjà ficelé, ce n’est pas une alliance : c’est un ralliement.
Tu as, comme tes petits camarades, participé à la liquidation du PCF, j’y étais, trop proche du PS avec les élections intermédiaires, la base ne vous comprenais plus, ajoute à cela le désastre socialiste, qui faisait l’inverse, dans notre dos, de ce qu’il disait dans nos médias, et le RN n’a eu qu’à récolter ce que vous aviez semé.
Résultat, la CFDT, devient le premier syndicat de France. Avant, le Medef privilégiait FO pour combattre la CGT dans nos entreprises, dans celle ou je militais les cadres étaient à FO, j’ai appris que FO avait été remplacé par la CFDT, il est la le malaise.
Nous pourrions nous entendre, je ne suis pas opposé à tout ce que tu dis, mais si vous ne vous mobilisez pas au premier tour pour faire arriver la gauche au second tour en 2027, votre prochain congrès vous pourrez le faire dans une cabine téléphonique.
Toute l’histoire du mouvement ouvrier balayé par le caprice d’un boutiquier.
Il ni a pas d’homme providentiel, mais quand un programme va dan le bon sens, quand les militants qui l’anime sont constants dans les engagements qu’ils ont pris devant leur électeurs, et électrices, quand un homme est le seul capable de battre les droites, le marxisme -léninisme doit se mettre en pause et se soumettre au principe du marxisme de Marx, » Les conditions de ce mouvement résulte de données préalables telles qu’elles existent présentement »
L’avenir en commun est le premier pas vers une alternative que nous devons prouver.
Tiens, pour rire, le PS et sa courroie de transmission viennent d’ enterrer l’abrogation de la loi Macron/Medef sur les retraites. Une erreur peut être, ben non : Candidat du PS Glucksmann – refus de censurer le gouvernement Macron 4 – vote par abstention des budgets de la macronie – Principal adversaire de l’ancien PS, Mélenchon et LFI…
Il vous faut quoi de plus pour réagir comme des communistes ?
Cher Mutzenberg,
Je vais te répondre fraternellement, mais aussi fermement, parce que je pense que notre désaccord mérite mieux que des procès en responsabilité ou des injonctions à « réagir comme des communistes ».
D’abord, une précision qui n’est pas anodine : je n’ai pas participé à la « liquidation du PCF » que tu évoques. J’ai adhéré au Parti en 2024, après le congrès de 2023. Je n’ai donc participé ni aux choix qui ont conduit aux orientations antérieures, ni à la « mutation » dont tu parles. Cela ne m’empêche évidemment pas d’en discuter le bilan, y compris de manière critique. Mais faisons-le historiquement et politiquement, plutôt que d’attribuer aux militants d’aujourd’hui les responsabilités des périodes auxquelles ils n’ont pas participé.
Sur le fond, je pense surtout qu’il faut prendre au sérieux le matérialisme que tu invoques. Tu cites Marx : « Les conditions de ce mouvement résultent de données préalables telles qu’elles existent présentement. » Mais cette phrase ne signifie absolument pas que les communistes devraient prendre le rapport de forces électoral du moment comme une donnée naturelle et s’y soumettre. Marx expose ici une méthode d’analyse du mouvement historique à partir des conditions matérielles et des rapports sociaux existants. Partir du réel ne signifie pas renoncer à le transformer.
C’est même l’inverse : le matérialisme consiste à analyser les conditions objectives, leurs contradictions et les forces sociales qui peuvent les modifier.
C’est pourquoi je trouve particulièrement fragile d’utiliser cette citation pour justifier une « mise en pause » du marxisme-léninisme à l’approche de 2027. Lénine n’a pas opposé une prétendue méthode de Marx à une doctrine différente : il a cherché à prolonger le matérialisme marxiste dans les conditions historiques nouvelles de l’impérialisme et de la lutte politique. Lorsqu’il affirme que « l’analyse concrète d’une situation concrète constitue l’essence, l’âme vivante du marxisme », il dit précisément que les principes ne dispensent jamais d’analyser la réalité concrète.
Alors analysons-la.
Oui, il faut battre les droites et empêcher l’extrême droite d’accéder au pouvoir. Mais cela ne signifie pas que l’élection présidentielle doit devenir le centre et la mesure de toute notre stratégie politique. La question matérialiste n’est pas seulement de savoir quel candidat peut atteindre le second tour. Elle est de savoir quelles forces sociales cette stratégie construit, quelle organisation elle donne au monde du travail, quelle conscience de ses intérêts elle fait émerger et quel rapport de forces elle produit entre le capital et le travail.
Et c’est ici que mon désaccord avec toi sur Mélenchon et LFI est profond.
LFI n’est pas issue du communisme et ne constitue pas une forme contemporaine du mouvement communiste. Elle vient d’une autre histoire politique, notamment de la gauche socialiste, républicaine et social-démocrate, à laquelle s’est ajoutée une stratégie populiste de gauche. Mélenchon n’est pas léniniste. Ce constat n’est ni une insulte ni un procès : c’est une caractérisation politique.
Cela ne signifie pas que nous devons rejeter toutes les propositions de LFI. Certaines sont évidemment compatibles avec des revendications communistes et peuvent justifier des combats communs. Mais nous devons analyser un programme et une stratégie tels qu’ils sont, et non tels que nous souhaiterions qu’ils soient.
Et si nous raisonnons réellement en termes de rapport de forces, il faut également regarder les résultats produits par cette tactique. En 2022, la NUPES a permis à la gauche de retrouver une force parlementaire significative, mais elle a aussi permis au PS de se maintenir alors qu’il sortait profondément affaibli de la présidentielle. En 2024, le phénomène est encore plus manifeste : au sein du NFP, LFI obtient 74 députés et le groupe socialiste 59. La stratégie qui devait marginaliser définitivement l’ancien PS a donc également contribué à sa reconstruction comme force parlementaire majeure de la gauche.
Cela mérite d’être analysé plutôt que de considérer que LFI serait mécaniquement le débouché naturel de la gauche.
Il y a d’ailleurs une contradiction dans ton propre raisonnement. Tu écris : « Il n’y a pas d’homme providentiel », puis tu affirmes qu’un homme serait « le seul capable de battre les droites ». Si personne n’est providentiel, aucun responsable politique ne devrait devenir à ce point indispensable à notre stratégie collective.
Je ne crois pas davantage qu’on puisse demander aux communistes de suspendre leur autonomie politique au nom d’une échéance présidentielle, surtout lorsque cette même force politique a fait du PCF et de Fabien Roussel des cibles privilégiées de ses attaques. Les désaccords politiques sont parfaitement légitimes, mais l’unité suppose au minimum de regarder lucidement les rapports réels entre organisations.
Je ne suis donc pas opposé au rassemblement. Au contraire : je pense qu’il faut construire le rassemblement le plus large possible du monde du travail et des forces populaires. Mais il faut distinguer rassemblement et subordination. Une alliance n’exige pas que les communistes abandonnent leur propre stratégie, leur propre organisation et leur capacité à défendre leurs propres objectifs.
C’est d’ailleurs une vieille question du mouvement ouvrier. Marx et Engels ont constamment insisté sur la nécessité pour les travailleurs de constituer une force politique indépendante. Engels parle d’un parti ouvrier « indépendant, absolument distinct » des partis issus des différentes fractions de la classe dominante. Et la Critique du programme de Gotha montre précisément les dangers des compromis qui, au nom de l’unification, conduisent le mouvement ouvrier à abandonner la clarté de ses propres objectifs.
La question n’est donc pas : faut-il être capable de s’allier ? Bien sûr que oui.
La présidentielle imposera un second tour et un vote pour plus qu’un énième vote contre et donc un rassemblement populaire
La question est : sur quelle base, avec quelle stratégie, pour quel objectif et avec quelle autonomie ?
Enfin, je crois que nous devons surtout penser à ce qui se passerait après une éventuelle victoire électorale.
Parce que si nous mettons notre conception de la lutte de classes « en pause » pour gagner une élection, que se passera-t-il une fois au pouvoir ? Si la gauche gouverne sans transformer profondément le rapport entre capital et travail, sans reprendre la maîtrise des secteurs stratégiques, sans réindustrialisation planifiée, sans démocratisation de l’entreprise, sans reconstruction de la puissance publique et sans réorganisation du monde du travail comme force collective, nous risquons de reproduire ce que nous avons déjà connu : une gauche qui améliore à la marge les conséquences sociales du capitalisme tout en laissant largement intactes ses structures. Autrement dit, nous pourrions gagner une élection sans gagner de pouvoir réel sur les rapports sociaux.
C’est précisément cette gauche d’accompagnement que je veux éviter.
Je ne veux donc ni d’un communisme enfermé dans une logique de témoignage, ni d’un communisme dissous dans une coalition électorale. Je veux une force communiste capable de partir des conditions réelles, de faire des alliances lorsque celles-ci sont utiles au monde du travail, mais aussi de construire dans la durée son autonomie, son organisation et sa capacité à transformer le rapport de forces.
C’est pour cela que je ne mets pas le marxisme en pause.
Et c’est précisément parce que je prends Marx au sérieux que je refuse de confondre le fait de gagner une élection avec celui de transformer la société.
Notre désaccord porte donc moins sur la nécessité de battre les droites que sur la manière d’y parvenir et surtout sur ce que nous voulons construire après.
Pour moi, la question communiste reste entière : comment faire du monde du travail non pas seulement un électorat à mobiliser, mais une force sociale organisée, consciente de ses intérêts et capable d’exercer réellement le pouvoir ?
C’est à cette question que nous devrions consacrer notre énergie.
Fraternellement
Vous avez un programme à gauche, bien évidemment, mais aucune chance d’être au second tour.
C’est celle là, la réalité qui qui est de votre seule responsabilité.
Vous êtes au niveau ou vous vous êtes dissipés, englués dans vos analyses marxiste léniniste, qui vous a fait raté la vie réel des français, les désordres du néolibéralisme, qui a créé une autre société que celle du siècle dernier.
Fabien Roussel a complètement faussé l’image du PC, plus personne ni comprend rien.
Et ce n’est un petit discours d’un quart d’heure de gauche, comme la fait Marine Tondelier hier devant le Medef, et ses affidés, qui va changer des mois de discours contradictoires qui nous ont fait regarder vers LFI, qui ne cesse de progresser depuis 2012, malgré le barrage de toutes les belles consciences de nos détracteurs en mal de carrières, qui changera mon vote.
Et j’ai bien peur de ne pas être seul.
Un seul objectif : être au second tour, le reste c’est du baratin à faire le jeu des droites au second tour, ou du RN, le patronat n’étant pas trop regardant sur cette solution, c’est le parti qui m’a guidé vers notre histoire.
Depuis des années vous nous dites que le danger c’est le RN, ça pourrait faire rire, mais ça ne fait plus rire.
Cher alire,
J’ai bien compris que vous ne comprenez rien. Ma crainte est que vous refusez de comprendre. Mélenchon longtemps membre du parti socialiste est bien évidemment comptable : Tournant de la rigueur, Maastricht, Ministre de Lionel Jospin, … il a insulté Pierre Laurent. Il a récolté ce qu’il a semé. Il a insulté Faure et n’a obtenu que le renforcement de l’aile droite du Parti socialiste via ses coups tactiques : NUPES et NFP. Oui, Mélenchon a insulté Fabien Roussel en laissant sa concubine à qui il a laissé par le fait du prince une circonscription en or traité par exemple Roussel de Doriot. Il veut le soutien de Doriot ?
LFI et Mélenchon joue sur les confusions. C’est regrettable. Je vous rassure Marine Tondelier n’est pas marxiste-léniniste, comme Jean-Luc Mélenchon. Ce sont des réformistes. Mélenchon a même fait élire Voynet en 2024 qui a contribué au désordre énergétique actuelle comme ministre de Lionel Jospin…
Le premier tour doit être celui du front de classe des producteurs, avec le PCF et son programme : lisez, comparez et votez. Ne suivons pas les injonctions médiatiques et le sempiternel « vote utile » au profit de celui que les sondages donnent momentanément en tête.
Et pour le second tour, souhaitons précisément qu’il permette au meilleur programme — celui que nous défendons, celui du PCF — d’être en tête de la gauche. Nous ne pouvons pas demander aux travailleurs de renoncer avant même d’avoir débattu et choisi.
Il est d’ailleurs utile de rappeler ce que disait Mélenchon lui-même en 2010, à propos des injonctions au « vote utile » : « Pas besoin de programme, pas besoin de débats […] juste de la trouille et de l’injonction culpabilisante. » La critique vaut toujours. Comme la dénonciation de la dictature des sondages afin de créer un consentement forcé au choix d’un moindre mal. Ces coups tactiques n’ont jamais permis d’affaiblir le FN/RN, bien au contraire.
Aux législatives, la situation sera différente : il sera alors possible de construire un rassemblement populaire démocratique, associant la classe ouvrière organisée et mobilisée autour du vote communiste aux secteurs progressistes des classes intermédiaires et de la petite bourgeoisie réformiste, dont l’aile radicale de LFI, mais aussi le PS et les écologistes. Le PCF a d’ores et déjà fait cette proposition à l’ensemble des partis du champs de la gauche politique.
Mais appeler dès maintenant les classes populaires à voter pour un candidat réformiste au seul motif qu’il serait mieux placé, c’est inverser la logique : on demande au monde du travail de se ranger derrière les classes intermédiaires au lieu de construire son propre rapport de forces. Et imaginons la scène : vous appelez à voter Mélenchon au second tour au nom du « rassemblement », et vous vous retrouvez avec Bayrou, Barnier, Darmanin, Borne ou Le Maire venus faire barrage à l’extrême droite derrière lui, avec la Commission européenne en arrière-plan. Quel rapport de forces de classe aurons-nous construit ?
Le communisme de conquêtes ne consiste ni à s’enfermer dans une candidature identitaire, ni à disparaître derrière le candidat réformiste le mieux placé. Premier tour : affirmation et organisation du front de classe des producteurs. Second tour : rassemblement pour battre la droite et l’extrême droite, sans renoncer à notre projet. Législatives : construction d’un rassemblement populaire démocratique capable de gouverner et de transformer.
C’est cette stratégie que je défends, plutôt que de demander aux communistes de se coucher avant même que le combat ait commencé.
Ce qui compte se sont les électeurs, bien évidemment il s’agira de respecter le verdict des urnes. À ce jour, il ne fait aucun doute qu’il y aura un candidat de l’extrême droite au 2nd tour, tous les sondages font ce constat. On pourra toujours discuté de la multiplication des sondages, de leur côté manipulateur, etc…Globalemenr, les sondages sont fiables et il faudrait un tsunami politique pour que Le Pen ou Bardella ne soit pas au second tour. La question est donc de savoir qui sera le second qualifié et là rien n’est fait. Aujourd’hui, JLM tient la corde…la lutte est donc féroce avec les autres candidats. Il appartiendra très rapidement aux électeurs d’exiger de leur candidat , de se positionner pour le deuxième tour, qu’il s’agisse des électeurs socialistes, communistes, démocrates , écologistes et même mélenchonistes….Une majoritè d’électeurs de gauche souhaitent une politique de rupture, ils rejetteront toute politique dite de gauche qui ferait le lit d’un candidat ou d’une candidate macrocompatible, pro-business sans contrepartie, sous tutelle de la commission européenne ou d’une puissance étrangère, antisociale, soumise aux lobbies de toute sorte, et sourde aux attentes et besoins des populations.
Lucien Matron, fraternellement, justement, il faut regarder l’ensemble du problème.
Si l’on accorde du crédit aux sondages pour affirmer aujourd’hui que Jean-Luc Mélenchon serait le mieux placé à gauche, il faut aussi tenir compte de ce qu’ils indiquent sur sa capacité à gagner le second tour. Or, la qualification ne suffit pas : encore faut-il pouvoir rassembler une majorité face au RN. C’est là que le profil de Fabien Roussel me paraît mériter d’être sérieusement considéré. Il bénéficie d’une image positive bien au-delà du seul électorat communiste et peut potentiellement rassembler des électeurs de gauche, mais aussi une partie de ceux qui, sans partager toutes nos positions, refuseraient l’extrême droite au titre d’un front républicain. Autrement dit, il peut disposer d’une capacité de rassemblement, sans faire de concession, que Jean-Luc Mélenchon, en raison notamment de son niveau de rejet, aurait beaucoup plus de difficultés à atteindre. L’exemple de la candidature d’André Chassaigne à la présidence de l’Assemblée nationale est également intéressante. Il a recueilli 207 voix, au-delà des seules forces qui le soutenaient initialement. Cela montre qu’un candidat communiste respecté peut obtenir des soutiens beaucoup plus larges lorsque son profil permet de dépasser les frontières partisanes. À l’inverse, peut-on sérieusement penser qu’un candidat insoumis aurait, dans les mêmes conditions, obtenu un tel rassemblement, y compris auprès de députés socialistes ou d’autres groupes ? La question mérite d’être posée. Et c’est précisément pourquoi je ne pense pas qu’il faille considérer comme réglée la compétition du premier tour sous prétexte que Mélenchon serait aujourd’hui devant dans certains sondages. La bonne question n’est pas seulement : qui peut arriver au second tour ? C’est aussi : qui peut le gagner ?
Enfin, je reste réservé devant l’idée d’un « front commun » avec les candidats du bloc central contre les ingérences étrangères sans clarification beaucoup plus précise de ce qu’il recouvre. Jean-Luc Mélenchon a récemment dénoncé une ingérence russe visant Gabriel Attal et proposé une telle démarche commune. Très bien, toute ingérence étrangère doit être combattue. Mais la cohérence impose aussi de défendre sans distinction la souveraineté démocratique partout où elle est mise en cause et de ne pas réduire ce sujet à la seule menace russe ou aux seuls intérêts des candidats macronistes en mal de publicité. Ainsi, nous subissons de vraies ingérences par la Commission contraires à nos intérêts.
Pour battre le RN, il faudra surtout un candidat capable de parler au pays réel, au monde du travail, aux classes populaires et aux électeurs de gauche, sans susciter un niveau de rejet tel qu’il rende impossible le rassemblement majoritaire du second tour et pouvant s’appuyer sur un report de voix de gauche. À mes yeux, Fabien Roussel a précisément cette possibilité. Ce n’est pas une victoire acquise d’avance, naturellement. Mais c’est une hypothèse politique qu’il serait bien imprudent d’écarter avant même que les électeurs aient pu en débattre et décider. Sinon, plus besoin de débats électoraux sur les programmes, d’élection même : un sondage le dimanche prévu par le vote et les résultats sont déclarés.
Des alliances honnêtes sur un programme, pas plus difficile que çà ! Nous sommes d’accord.
Reste que la NUPES, et le Nouveau Front Populaire, à la sauce de nos alliés le temps d’une élection, est bien mal digéré par l’électorat de notre gauche.
Vous me direz, Le Front Populaire trahi par les socialistes, n’est pas une nouveauté dans notre histoire. De là à en déduire que, Radical, n’est pas une garantie suffisante d’un véritable engagement à gauche…
Mais bon, il y a des honnêtes gens dans tous nos partis, alors, confiance !
Cher Lionel Mutzenberg,
Tout à fait : des alliances honnêtes sur un programme, et surtout sur des engagements vérifiables. Et le programme, sur l’énergie, de Jean Luc Mélenchon pour 2027 n’est pas ce qu’il faut pour la France. Si tu veux l’AEC plus l’électricité, ce sera avec le PCF et son plan climat. Si tous les mélenchonistes votent PCF, nous pourrons vaincre la droite et son extrême. Ne pas oublier qu’il y aura aussi des législatives. Des dynamiques électorales sont nécessaires pour vaincre la droite et son extrême et pour cela la gauche doit se renforcer.
Notre expérience récente montre justement que la confiance ne peut pas remplacer le rapport de forces et les garanties collectives. L’unité ne doit être ni une soumission, ni un simple accord électoral : elle doit permettre à chaque force de peser et d’engager ses militants. C’est à cette condition que nous pourrons construire durablement.
Que manque-t-il à LFI ?
Des journalistes pour lui cirer les pompes, mêmes pas, ça viendra !!
Désolé, franchement désolé, LFI marche bien. Certes LFI n’a pas les résultats formidables de l’Aprés et surtout de la FORMIDABLE PRIMAIRE.
Mais c’est sans doute cela que reproche Regard.
Tant pis, ce n’est pas gagné mais on y travaille.
Au fait vous avez des nouvelles de vos copains Ruffin, Autain etc..
Sont-ils toujours vivants ?
« Des journalistes pour lui cirer les pompes, mêmes pas, ça viendra !! » Tout est dit. Aucune rupture à attendre donc.
La vraie question après toutes ces années de faux socialisme serait plutôt : Ce qui manque à la fausse gauche pour être réellement de gauche !
Des journalistes pour cirer les pompes des puissants, rien de bien nouveau, rien d’utile dans un sens comme de l’autre, et demain nous aurons besoin de vrais journalistes, une espèce en voie de disparition.
Dire les faits, pas autre chose, informer, le reste est de notre propre compréhension, cette compréhension qui alimente nos convictions, même si cela ne fait pas plaisir.
L’éloquence est un piège pour ceux qui n’ont pas de convictions.
Oui, le faux socialisme du PS qui est public depuis 1983… Oui, si les médais cirent les pompes de Mélenchon …. Tout est dit.
Ce parti socialiste s’est juste métamorphosé et s’est divisé depuis 2008 entre son aile sociale-libérale au gouvernement (dont Panifous, élu par Mélenchon en Ariège alors que partisan de Madame Delga et qui avant d’être au gouvernement était inscrit au groupe LIOT : une dissidence LFI aurait été plus pertinente que dans la circonscription du PCF dont Marie-George Buffet était la suppléante en Seine-Saint-Denis par exemple), son aile sociale-démocrate avec le Pôle Socialiste, sauvé par Mélenchon en 2022 et renforcé par lui en 2024, et son aile sociale radicale. Nous connaissons les discours de Mitterrand qui disait que pour être au PS il fallait être pour la rupture avec le capitalisme. Le projet économique de LFI est très keynésien et n’envisage aucune transformation sociale.
Mais enfin Madame Trico, de quelle gauche parlez vous, ou à qui parlez vous ?
De cette gauche qui a laissé entrer le néolibéralisme, et dominer nos sociétés,en 1983, pour finir par oublier celles et ceux qui l’avaient élu aux places, et aux postes, ou il fait bon vivre ?
Le PS avec son candidat commun lors des élections européennes, Raphaêl Glucksmann, qui n’a jamais été de gauche, enfin de la vraie gauche, la gauche de conviction, d’idéal, ou l’inverse. En 2024 personne ne savait qui était Glucksmann, d’où il venait, aujourd’hui nous savons qui il est, et ce qu’il a fait : Pas un gramme de gauche dans son parcours, juste l’exploitation d’un fond de commerce sur le déclin ! Le PS n’est peut être plus ce qu’il a prétendu être pendant plus de trois décennies.
Vous parlez à qui ? Vous nous prenez pour des imbéciles ? Nous avons des années de vie derrière nous, et notre mémoire n’a pas, encore, flanché.
Ce qui manque à Glucksmann c’est l’essentiel : Des convictions.
Les droites ont peur de Mélenchon, de son programme, de LFI, de son organisation, qui repose sur la compétence de femmes et d’hommes, d’un discours qui ne varie pas aux gré d’intérêts partisans.
Allumez votre télévision, votre radio, et prenez conscience de là ou nous en sommes, la peur, pour des millions de français, elle est là, si demain le système né du mitterrandisme est reconduit en 2027.
1983, le virage qui a sacrifié l’avenir de millions de femmes et d’hommes.
Le vote RN repose sur l’immigration coupable de tout..et de rien; il semblerait aussi, si j’ai bien lu et entendu, que la colère sociale ne soit pas absente du vote RN.
Les colères s’additionnent, reste à savoir dans quel ordre elles s’exprimeront ?
Je comprends votre colère contre le tournant de 1983 et contre le bilan du social-libéralisme. Mais précisément, il me semble difficile d’en faire aujourd’hui un argument permettant d’opposer une gauche « pure », incarnée par Mélenchon, à tous les autres.
Jean-Luc Mélenchon était lui-même membre du PS en 1983. Il a été sénateur socialiste, a soutenu François Mitterrand, puis ministre dans le gouvernement de Lionel Jospin pendant la Gauche plurielle. Il a également voté Maastricht. Chacun peut évoluer politiquement, naturellement, mais on ne peut pas faire comme si Mélenchon était extérieur à cette histoire socialiste dont vous dénoncez aujourd’hui le bilan. Le PCF, lui, a payé très cher, dès 1981, la logique du « vote utile » : une partie de son électorat s’est reportée sur Mitterrand, au détriment de Georges Marchais, présenté comme moins bien placé pour battre la droite. Nous savons ce que l’effacement progressif d’une force communiste autonome a produit dans le rapport de forces à gauche. Aujourd’hui, je ne crois donc pas davantage qu’il faille choisir entre Glucksmann et Mélenchon.
Il existe une autre voie : reconstruire une force communiste autonome, ancrée dans le monde du travail, capable de porter une rupture avec le capitalisme fondée sur la reconquête de pouvoirs réels sur l’économie, l’industrie, l’énergie, le crédit et l’investissement. Et je ne suis pas certain non plus que les « colères s’additionnent ». La convergence des luttes n’est jamais automatique. Dans une société marquée par la fragmentation sociale, l’affaiblissement des organisations collectives et une forme d’anomie, les colères peuvent se disperser, s’opposer ou se cristalliser autour d’une fausse alternative. C’est précisément, à mes yeux, une part de la force du RN : il peut apparaître comme l’alternative au macronisme tout en défendant, derrière son discours social et national, des politiques qui ne remettent pas fondamentalement en cause le pouvoir du capital. La colère sociale n’est pas spontanément progressiste. Sans organisation, conscience de classe et perspective politique, elle peut parfaitement être captée par l’extrême droite.
C’est là que se situe mon désaccord avec la stratégie de Mélenchon. Je ne crois pas qu’il suffise d’agréger un « peuple » indifférencié contre une oligarchie. Notre société est traversée par des classes aux intérêts contradictoires. Il faut donc partir du monde du travail, de ses conditions d’existence, de son organisation et de sa capacité à défendre ses propres intérêts. Or le choix stratégique de LFI me semble privilégier la construction d’un « peuple » contre les élites plutôt que le renforcement d’une conscience de classe.
La question du travail et du développement des capacités productives me paraît ainsi insuffisamment centrale. La sobriété devient parfois un horizon politique là où il faudrait, selon moi, distinguer clairement ce qui doit décroître de ce qui doit au contraire être développé. Car la réponse à la crise écologique ne peut être ni de produire toujours plus sans limite, ni de produire moins par principe. Elle doit partir des besoins : quels logements construire ? Quels transports développer ? Quelle industrie reconstruire ? Quelle énergie produire ? Quels services publics renforcer ? Ensuite, il faut planifier démocratiquement les capacités productives nécessaires, en réduisant simultanément le gaspillage, l’obsolescence et les productions inutiles ou nuisibles. C’est là que le PCF a une orientation propre : le développement des forces productives au service des besoins humains, sous contrainte écologique et sous maîtrise publique et sociale. Il ne s’agit pas de revenir au productivisme capitaliste d’antan ou prolonger celui d’aujourd’hui, mais de reconquérir les moyens de produire pour décider collectivement de ce qui doit être produit, comment et pour qui. Cela passe par la planification socialiste, donc des institutions nouvelles de transformation de transition répondant aux besoins d’équipement et aussi aux besoins stratégique de la Nation pour garantir les capacités effectives de notre souveraineté.
J’ajoute enfin une interrogation historique. Mélenchon a participé à la Gauche plurielle et a vécu de l’intérieur son échec, notamment celui de 2002. Pourtant, sa stratégie a ensuite consisté à reconstruire de grands cartels électoraux de gauche : NUPES, puis NFP. L’unité électorale peut être nécessaire, naturellement. Mais elle ne dispense pas de tirer le bilan des échecs précédents : pourquoi une partie des classes populaires a-t-elle cessé de faire confiance à ces majorités ? Pourquoi le monde du travail s’est-il progressivement désorganisé politiquement ? Et pourquoi le RN est-il devenu, pour beaucoup, la principale expression de la colère contre le système ?
Le problème n’est donc pas seulement de savoir si un tribun est le plus efficace tactiquement. Mélenchon est sans doute un tacticien redoutable. La vraie question est de savoir quelle force sociale et quelle conscience politique sa stratégie permet de construire durablement. Une campagne peut cristalliser une colère. Mais si elle ne reconstruit pas en même temps l’organisation collective, la conscience de classe et la capacité du monde du travail à agir pour ses propres intérêts, cette colère peut être récupérée, retomber ou se retourner vers une autre force. La convergence des luttes n’est pas une conséquence automatique de l’accumulation des colères : c’est une conquête politique et organisationnelle. Et c’est précisément pourquoi nous avons besoin d’un Parti communiste fort, autonome, organisé et capable de faire de chaque bataille électorale une étape dans la reconstruction durable d’une conscience et d’une force de classe. Cela est la condition à un rassemblement populaire de deuxième tour efficace assurant le rapport de forces.
Fraternellement
« reconstruire une force communiste autonome, »
En 1973 le PCF se battait pour un million de militants.
Pourquoi il faudrait reconstruire aujourd’hui le PCF?
Qui est responsable de ce gâchis ?
Vous connaissez Sisyphe ? Cela vous semble une bonne stratégie.?
Depuis les années 50 quel est le bilan du PCF?
L’histoire est passée et ne réservera pas les plats.
Perso je ne pense pas que Roussel empêchera LFI d’atteindre le 2 tour. Même si RIEN n’est joué !
Fraternellement, Toto, ta question est légitime : pourquoi reconstruire le PCF après son long déclin ? Qui est responsable de ce gâchis ? Et pourquoi croire que nous ne serions pas condamnés à jouer éternellement à Sisyphe ?
La première réponse est qu’il ne s’agit justement pas de recommencer.
L’histoire ne repasse pas les plats, tu as raison. Il ne s’agit ni de retrouver le PCF de 1945, ni celui de 1973, ni de prétendre que le Parti n’a pas commis d’erreurs. Le PCF porte sa part de responsabilité dans son affaiblissement et nous devons en tirer toutes les conséquences.
Certains estiment que le soutien à François Mélenchon au nom du programme commun a été une cause. D’autres rappellent que sans le PCF, pas de Jean-Luc Mélenchon sur les estrades et les spots de 2005, pas de parapluie du PCF lors de sa sortie du PS pour créer le PG, pas de Front de gauche en 2009 et 2012 etc. Pierre Laurent a soutenu Jean-Luc Mélenchon en 2017 empêchant une candidature propre portée par André Chassaigne. Pour quel résultat ? La LFI crée en 2016 passe sont temps à se recentrer en fonction des gains électoraux sur l’électorat social-démocrate (PS et EELV). Cet électorat n’est pas radicalisé vu le score de Raphael Glucksmann devant la LFI lors des élections européennes. LFI parait de plus en plus comme SYRIZA. Heureusement, en Grèce existe le KKE.
Mais il faut aussi voir qu’une rupture a été engagée par le PCF tirant de son expérience en 2018. Le 38ᵉ Congrès a été un moment de remise en cause profonde : face au risque d’effacement du Parti, les communistes ont décidé de renouer avec une ambition communiste assumée et de réorienter leur travail. Le 39ᵉ a poursuivi ce renouvellement du projet et l’élaboration du Plan Climat notamment. Et le 40ᵉ s’inscrit explicitement dans cette continuité avec une orientation de « communisme de conquêtes », centrée sur la conquête de pouvoirs par le monde du travail, la reconstruction de la conscience de classe et la réimplantation d’une force communiste dans la société.
C’est donc précisément parce que nous avons fait le bilan de notre affaiblissement qu’il faut reconstruire. Mais reconstruire autrement.
Et c’est là qu’existe aussi une divergence avec LFI. Je ne nie absolument pas sa force électorale actuelle, ni la capacité de Mélenchon à capter une colère et à imposer des thèmes dans le débat., comme les populistes du RN. Mais une force électorale plus importante ne dispense pas de discuter du contenu de sa stratégie. Pour nous, la classe et le monde du travail doivent être au cœur de la bataille politique. Cela ne signifie pas ignorer la nécessité de rassembler largement le peuple de France. Mais le peuple n’est pas une abstraction socialement homogène : il est traversé par des intérêts de classe contradictoires.
Face à la puissance du capital, il faut donc organiser et unir celles et ceux qui vivent de leur travail, faire progresser leur conscience de leurs intérêts communs et conquérir des pouvoirs réels dans l’entreprise comme dans la société.
C’est là que je ne partage pas la stratégie populiste qui consiste principalement à opposer un « peuple » indifférencié à une oligarchie. La colère ne suffit pas à produire une conscience de classe, et la convergence des colères n’est pas automatique. Nous le voyons d’ailleurs avec l’extrême droite, qui peut capter une partie considérable de la colère sociale tout en défendant des politiques favorables au capital.
Il y a aussi des divergences très concrètes sur le projet économique et écologique. J’en ai cité plusieurs ici.
Sur la sidérurgie, par exemple, nous pouvons être d’accord avec LFI sur la nécessité de nationaliser ArcelorMittal (ou LFI avec nous, pour être réaliste sur la proposition première), mais pas nécessairement sur la finalité de cette nationalisation. Si l’on part de l’idée qu’il faut diviser fortement la production d’acier parce qu’il faudrait construire moins de logements et produire moins de véhicules, on ne poursuit pas le même projet que celui qui consiste à partir des besoins : logements, transports collectifs, infrastructures, réindustrialisation et transition écologique, puis à déterminer les capacités productives nécessaires.
De même sur l’énergie : nous ne partageons pas l’idée d’organiser la sobriété énergétique comme horizon principal. La sobriété et la lutte contre le gaspillage sont nécessaires, bien sûr. Mais la transition écologique exige aussi davantage d’électricité décarbonée, davantage de transports collectifs, davantage de rénovation, davantage d’industrie utile et de recherche. Nous défendons donc le développement durable des forces productives, sur la base d’un mix associant nucléaire et renouvelables, et non la réduction de la production comme principe vu les besoins sociaux restant encore à satisfaire.
Voilà pourquoi je ne pense pas que le choix soit : « LFI est aujourd’hui dix fois plus forte, donc à quoi bon le PCF ? » La question est plutôt : quelle force voulons-nous reconstruire, pour quel projet et avec quelle stratégie ?
Le PCF ne cherche pas à reproduire le passé. Il cherche, depuis la rupture engagée au 38ᵉ Congrès et approfondie depuis, à redevenir une force communiste de son temps : une force organisée, implantée, ancrée dans le monde du travail, capable de reconstruire la conscience de classe et de faire de chaque bataille électorale une étape dans la conquête de pouvoirs réels sur l’économie, l’industrie, l’énergie, le crédit et l’investissement.
LFI a sa stratégie et elle a obtenu des résultats considérables. Il faut le reconnaître. Mais cela ne rend pas inutiles les divergences que nous avons sur le travail, la classe, la production, l’énergie, la planification ou la stratégie politique ou encore la laïcité.
Le débat n’est donc pas : « le PCF a-t-il toujours eu raison ? » Évidemment non. Le débat est : avons-nous tiré les leçons de nos défaites et avons-nous aujourd’hui une stratégie différente à proposer ? Pour ma part, je pense que oui. Et c’est précisément aux électeurs et aux travailleurs d’en juger.
Le danger pour le capital et la bourgeoisie ne viendra pas du PS, des écologistes ou de la LFI. Aujourd’hui, il vient du PCF.
Très beau discours, seulement voilà: pour changer de système économique, pour une rupture engageant un véritable processus de transformation de notre société, il faut que le candidat de gauche soit présent au second tour.
Et pour être au second tour, l’électorat de gauche doit se mobiliser au premier tour, du fait qu’aujourd’hui la gauche, les droites, le RN, ne divisent plus les élections en deux partis, mais en trois partis.
Ce qui gui fait la force du RN, c’est qu’il ne se dispute pas les places et les postes avant de les avoirs gagné, puis, de la complicité des médias sous influences politiciennes qui ne parlent jamais du programme du RN, de son bilan dans les assemblées ou ils sont élus, et enfin, du soutien de la bourgeoisie française qui préférera toujours Hitler au Front Populaire.
Nous avons tous un passé, si je vous suit bien nous ne pourrons plus voté pour le PC de Fabien Roussel du fait de son « erreur » monumentale de 2022, avoirs perdu la guerre avant quelle ne soit commencée.
Je suis un vieux militant, j’ai voté Pompidou face à Poher, puis, à gauche toujours au second tour pour le candidat désigné par le suffrage universel, pour Maastricht, pour Chirac contre Le Pen, jamais pour Emmanuel Macron.
Si je vous suis bien, je ne suis plus digne de voter pour la gauche.
LFI et Mélenchon, n’ont pas volé l’électorat du PC, c’est le PC, par son inconsistance, qui l’a perdu, et selon mon humble avis, n’est pas près de le retrouver.
Tiens, la dernière : j’ai lu qu’un rapprochement entre Roussel et Ruffin, se dessinait.
Mais pourquoi veulent ils à tout prix faire perdre la gauche, nos révolutionnaires de la vingt-cinquième heure ?
Sans LFI, il ni a plus de gauche capable de prendre le pouvoir en 2027.
Même un crétin comme moi l’a compris, trop simple pour nos bac plus dix ? Trop simple, ou trop bien, installé ?
Fraternellement, je pense qu’il y a un malentendu. Je n’ai évidemment jamais voulu dire qu’un électeur serait « indigne » de voter à gauche parce qu’il a voté Maastricht, Chirac contre Le Pen ou fait, au cours de sa vie, des choix différents. Chacun vote selon sa conscience, son expérience et les circonstances.
En revanche, je fais une distinction lorsqu’il s’agit d’un dirigeant politique qui sollicite la confiance des électeurs pour devenir président de la République. Là, son parcours compte, non pour lui demander un certificat de pureté, mais parce qu’il permet d’apprécier ses choix, ses expériences, les bilans qu’il en tire et la cohérence de la stratégie qu’il propose. Le RN est catégorisé par Jean-Luc Mélenchon comme fasciste car il a été fondé par des anciens collaborateurs et des partisans de l’Algérie française. Les incohérences de Marine Le Pen sont ainsi relevées. Il peut donc en être de même pour les autres candidats, dont Jean-Luc Mélenchon. Ne soyez, s’il vous plaît, pas manichéen pour votre si cher candidat!
C’est pourquoi personnellement je ne peux pas faire comme si Jean-Luc Mélenchon était extérieur à l’histoire du PS et de la social-démocratie française.
Il en a été longtemps un acteur : militant et dirigeant socialiste, sénateur, ministre de la Gauche plurielle, soutien de Mitterrand et de Jospin. Il a notamment participé à la campagne pour Maastricht. On peut changer, naturellement. Toutefois, c’est un tacticien retord et assez plastique. Mais lorsqu’on demande aujourd’hui aux électeurs de considérer son projet comme une rupture radicale, il est légitime de demander quel bilan il tire précisément de cette trajectoire et des échecs auxquels elle a participé.
Je pense d’ailleurs que la question électorale doit être regardée sur le temps long. LFI n’a pas « volé » l’électorat communiste. Oui, le PCF s’est largement coupé de sa base historique, qui s’abstient aujourd’hui massivement. C’est une réalité dont nous devons assumer la responsabilité et tirer les conséquences pour une majorité sociale de rupture.
Mais il me semble également que LFI joue, dans le système politique actuel, un rôle qui rappelle par certains aspects celui joué auparavant par le PS : celui d’une force cherchant à devenir hégémonique à gauche en agrégeant autour d’elle les autres composantes et en présentant régulièrement son candidat comme le seul vote « utile », puis le seul vote « efficace » pour discipliner les consciences. Jean-Luc Mélenchon dénonçait les sondages et le diable de confort du système. Il en joue maintenant. L’analogie avec ce qui s’est produit ailleurs mérite d’être discutée : comme SYRIZA a largement remplacé le PASOK dans l’espace électoral grec, LFI tend à remplacer le PS comme principale force de la gauche institutionnelle, davantage qu’elle ne reconstruit nécessairement une force politique nouvelle fondée sur une autre base sociale et une autre conception de l’organisation.
C’est pourquoi j’ai parfois l’impression que l’on assiste à une sorte de congrès permanent de la social-démocratie française : les anciens courants et traditions du PS se recomposent successivement dans de nouvelles structures — PS, Parti de gauche, Generation.s puis LFI — sans que soit toujours tranchée la question fondamentale du rapport au monde du travail, à la classe et à l’organisation de la transformation sociale. A travers le peuple, LFI s’appuie comme le PS sur un socle à partir des classes intermédiaires et de leurs aspirations libertaires et gauchistes mettant en avant le sociétal, comme la lutte contre le patriarcat et la transphobie, en lieu et place de la lutte des classes.
Le problème est que cette stratégie hégémonique n’a pas permis, jusqu’à présent, de répondre suffisamment à la crise politique des classes populaires. Une part importante de la base historique de la gauche communiste s’abstient. Mélenchon a principalement les votes des bases sociales identifiées par la stratégie Terra Nova, sociale-libérale. Et cette situation ne peut pas être résolue simplement en demandant, à chaque élection présidentielle, un vote utile ou efficace en faveur du candidat présenté comme le mieux placé.
En 1981 déjà, beaucoup expliquaient qu’il fallait privilégier Mitterrand parce qu’il était mieux placé pour battre la droite. Nous savons que cette bascule durable du rapport de forces entre le PCF et le PS a été suivie, dès 1983, par le tournant de la rigueur. Le PS qui pouvait encore se présenter comme anticapitaliste à la fin des années 1970 est progressivement devenu le principal vecteur du social-libéralisme français et d’adaptation au néo libéralisme jusqu’à produire, au terme d’une longue évolution, le macronisme.
Je ne dis pas que l’histoire se répète mécaniquement ni que LFI est identique au PS de 1981. Mais précisément, nous avons le devoir de tirer les leçons de cette histoire plutôt que de nous interdire toute comparaison. Car LFI elle-même a connu une évolution politique. La stratégie de la NUPES en 2022, puis celle du NFP en 2024, ont conduit à rechercher des compromis programmatiques avec l’ensemble de la gauche, y compris avec des forces sociales-libérales. Aujourd’hui encore, LFI se réclame largement du programme du NFP. Cela relève de choix politiques tactiques discutables ou défendables, mais il est difficile simultanément de présenter LFI comme une force totalement extérieure à la tradition des alliances et compromis de la gauche parlementaire. C’est aussi pourquoi je ne partage pas l’idée selon laquelle le seul horizon serait de choisir le candidat social-démocrate le mieux placé et de demander ensuite aux autres de s’effacer. Nous avons déjà expérimenté cette logique. Pour ma part, je pense qu’il faut reconstruire une gauche à partir de ce qu’elle a perdu : sa capacité à organiser les classes populaires et le monde du travail, à faire progresser la conscience de classe et à donner un débouché politique à leurs intérêts propres. Le « peuple » est nécessairement large, mais il n’est pas socialement homogène. Il existe des intérêts contradictoires entre ceux qui vivent de leur travail et ceux qui disposent de la propriété et du pouvoir sur les moyens de production et d’investissement. C’est pourquoi nous mettons la classe au cœur de notre stratégie, là où le populisme tend à opposer globalement un peuple aux élites. Cette différence a aussi des conséquences très concrètes. J’ai cité, dans notre échange, la sidérurgie et l’énergie. Nous pouvons partager avec LFI la nécessité de nationaliser ArcelorMittal, tout en divergeant sur la finalité : réduire les capacités productives au nom d’une conception générale de la sobriété, ou partir des besoins sociaux et écologiques — logements, transports, industrie, infrastructures — pour développer les capacités nécessaires, en supprimant le gaspillage et les productions inutiles, tout en réindustrialisant, pour éviter le néo colonialisme économique financé par le déficit budgétaire, afin de produire le nécessaire à notre indépendance.
De même, le PCF défend le développement des forces productives sous contrainte écologique et sous maîtrise publique et sociale, avec notamment un mix énergétique associant nucléaire et renouvelables. Cela diffère d’une stratégie faisant de la sobriété et de la réduction de la production un horizon politique central. Je le dis et je le répète.
Quant à François Ruffin, son parcours est également intéressant pour comprendre ce débat. Il a été apparenté au groupe LFI de 2017 à 2024. Mais son implantation en Picardie s’inscrit aussi dans une histoire sociale et électorale particulière, celle d’un territoire industriel où la tradition communiste a longtemps été forte. Pour reprendre une idée bourdieusienne, aucun capital politique ne se construit dans le vide : il existe aussi des héritages sociaux, militants et électoraux. Certains sont des coucous prétendus radicaux.
Nous nous souvenons tous du « Plus jamais PS! » de François Ruffin, ni le soutien de Jean-Luc Mélenchon à François Ruffin dans sa cuisine à Amiens à rigoler et à se flatter tous les deux en 2020. C’était les municipales, François Ruffin, député du groupe LFI, faisait alliance avec le PS via Amiens C’est L’Tien contre la liste Amiens Insoumise.. Les deux parlaient en meeting à Amiens de leur discussions littéraires du mardi matin. Pour quelques insoumis d’Amiens, cela n’a pas laissé de bons souvenirs ces accords ayant jeté du discrédit.
Je ne dis donc pas que Fabien Roussel ou François Ruffin « doivent » empêcher Mélenchon d’être au second tour. Je dis simplement que rien ne justifie de leur demander de disparaître au nom d’un second tour hypothétique, avant que les électeurs aient pu comparer les projets. Aujourd’hui, factuellement, Mélenchon empêche la campagne du PCF en laissant ses soutiens dire des absurdités alors que les programmes sont proches et que les vrais différences ne sont jamais mises en avant par LFI et bien évidemment les médias.
Car la question n’est pas seulement : qui est le mieux placé aujourd’hui selon les sondages ? C’est aussi : quelle stratégie permet de reconstruire durablement une majorité populaire, de relever la conscience de classe et d’empêcher que la colère sociale ne soit captée par l’abstention ou l’extrême droite ?
Le plus dur n’est pas de gagner une élection. Mais d’exercer le pouvoir alors que le système capitaliste demeure en place. En cela, si le PCF défend toujours l’idée dialectique d’un plan A/plan B concernant l’Union européenne ; Jean-Luc Mélenchon a violemment rompu avec ceux qui prônaient cela Charlotte Girard ou François Coq. Il est de plus en plus ambigu, comme le RN. L’ambiguïté lui sert car il peut paraître anti système. Mais, sur ce point, je pense que ses électeurs s’il était à l’Elysée seraient très vite déçus et dégoutés.
Depuis 1981, la gauche a de moins en moins réussi à représenter électoralement une majorité populaire durable. Cela devrait précisément nous conduire à sortir du réflexe selon lequel il suffirait de trouver, à chaque élection, le candidat le plus « efficace ».
L’efficacité électorale immédiate est nécessaire, mais elle ne peut pas être toute la stratégie. La preuve avec Hollande en 2012. Sans reconstruction de l’organisation collective et de la conscience de classe, on peut gagner une élection sans transformer durablement le rapport de forces — et parfois même perdre, à terme, ce que l’on croyait avoir conquis.
C’est long, ça me rappelle ma jeunesse ! des discours, et puis, rien !
Une dégringolade que vous n’avez pas su arrêtez, il faut dire que les militants de base n’étaient pas écoutés, non qu’ils avaient toutes les solutions, bien évidemment, mais ce désamour nous le ressentions dans nos entreprises.
Les analyses marxistes c’est chouette, mais comprendre les réalités de tous les jours, c’est plus de classe, tout simplement.
Jean Luc Mélenchon est votre adversaire, comme celui des droites et de nos oligarchies, le prolo qui écoute cela, tu pense vraiment qu’il comprend ?
Nous avons tous un passé, et si notre passé nous empêche d’agir aujourd’hui, alors, laissons la clique Macron, en place; et restons chez nous.
En 2012 j’attendais le PC et son réveil, rien !
C’est Jean Luc Mélenchon qui est arrivé, le pro Mitterrand, qui s’oppose au candidat du PS, François Hollande, et à ses godillots.
Proche encore du PS Mélenchon, ben oui, comme moi qui vote Mélenchon depuis 2012, je suis resté communiste par idéal, octobre 1917 restera toujours octobre 1917, une autre alternative au capitalisme est possible.
Cher Mutzenberg,
Promis, je fais court cette fois.
Je partage ton souci de partir des réalités quotidiennes. Mais opposer celles-ci aux analyses marxistes n’a pas beaucoup de sens : le matérialisme consiste justement à partir du vécu concret pour comprendre les rapports sociaux qui le produisent. Comprendre pourquoi le travail se précarise, pourquoi les syndicats reculent, pourquoi le monde ouvrier s’est éloigné de la gauche, c’est précisément faire de la politique concrète.
En 2012, le PCF a soutenu Melenchon car c’était le Front de gauche initié en 2009. Cela a débouché sur la lutte de Melenchon contre Pierre Laurent fin 2013 pour l’influence et le contrôle du PGE. Cela a causé de nombreux problèmes en 2014.
Nous devons tirer les enseignements. En 2016, Melenchon est parti sur le populisme a abandonné le PG et a créé la LFI qui comprend que 3 ou 4 membres et un mouvement cassant la forme démocratique : le Parti. Il n’a pas apprécié devoir passer devant le PG pour l’investiture de 2017. Il a été aussi haineux et méprisant pour Pierre Laurent qui a privé en 2017 d’une candidature autonome du PCF. C’est la politique du pire avec son principal partenaire qui l’a protégé lors de sa sortie du PS qu’il a attaqué et méprisé. Cela en dit long sur la personne et son éthique.
Le réel est complexe. Le réduire à « Mélenchon est le seul capable de battre les droites » n’est pas une analyse matérialiste : c’est une hypothèse électorale. D’autant que Mélenchon et LFI ne sont ni communistes ni léninistes. Il revendique le populisme. On peut avoir des convergences et construire des alliances sans abandonner notre autonomie. En 1936, le Front populaire ou rassemblement populaire etait des désistements dynamiques de second tour: les radicaux « frontières », le PRS, la SFIO, le PUP et le PCF pouvaient avoir des candidats au premier tour en concurrence pour mobiliser le plus de leur base électorale.
Tu invoques Marx et Octobre 1917. Justement : pourquoi faudrait-il mettre le marxisme-léninisme en pause au moment où nous avons besoin d’une analyse concrète des rapports de forces ?
Octobre n’a pas été produit par un homme providentiel, mais par une organisation le parti bolchévique puis le PC, une stratégie et un mouvement populaire capables de transformer une situation historique.
Enfin, je fais confiance aux « prolos » : suffisamment pour penser qu’ils peuvent comprendre la complexité du monde si on la leur explique clairement. Notre rôle n’est pas de simplifier le réel pour eux, mais de rendre le réel intelligible. Je suis triste de lire tes propos. Un partisan du RN tenait le même discours en défendant Marine Le Pen qui seraient anti système. Je pense comme Melenchon que c’est un diable de confort du système et que malheureusement tout est fait pour priver le peuple de liberté, d’alternative et d’émancipation sociale.
En principe, le vécu doit produire de la conscience ; la conscience doit produire de l’organisation ; et l’organisation doit produire du pouvoir populaire. Sinon, nous ne faisons que transformer une élection en horizon politique et puis gérer le système.
Désolé si tu me trouves encore trop long.
Bien à toi malgré tout,
Fraternellement
Fraternellement :
« Il en a été longtemps un acteur : militant et dirigeant socialiste, sénateur, ministre de la Gauche plurielle, soutien de Mitterrand et de Jospin. Il a notamment participé à la campagne pour Maastricht. On peut changer, naturellement. »
JLM a changé, il s’est fait connaitre en 2005 par la campagne sur le référendum du traité européen.
Mais le PCF n’a pas changé :
C’est lui qui nous vendu l’abandon de l’échelle mobile des salaires de la fonction publique organisé par Anicet le Pors comme une grande victoire de la goche !!
Avant 1983, évidement.
De même Gayssot le ministre communiste, ministre des transports de Jospin, a réformé la SNCF pour la casser suivant les directives européennes!!
C’est ce même gouvernement qui a commencé la privatisation de nos autoroutes avec le même ministre COMMUNISTE des transports !!
Allo Lafleur, pourquoi tu tousses ?
Tu penses comme Marchais?, « il faut des ministres COMMUNISTES » !!
Toto, je crois justement qu’il faut remettre les faits dans leur contexte et distinguer les responsabilités.
Mélenchon a changé, notamment sur l’Europe. Mais rappelons qu’en 2005, lorsqu’il s’est fait connaître nationalement dans la campagne contre le traité constitutionnel européen, il bénéficiait du PCF, qui disposait alors d’un groupe parlementaire, de moyens militants et d’un temps de parole permettant cette campagne. C’est Marie-Georges Buffet qui lui a ouvert les tribunes pour détacher des électeurs socialistes pour le NON. Après 2017, son orientation a progressivement évolué et les courants plus souverainistes de son mouvement ont été écartés. On peut donc discuter de son évolution sans nier celle-ci.
Le PCF, lui aussi, a évolué. Le PCF de 1983 et celui de la Gauche plurielle ne sont pas celui d’aujourd’hui. Sur l’échelle mobile des salaires, il faut rappeler que le gouvernement était dirigé par le PS, que Mitterrand était président et que le PS disposait seul de la majorité absolue à l’Assemblée. On peut discuter le choix d’Anicet Le Pors et la solidarité gouvernementale, mais attribuer cette orientation au PCF est historiquement réducteur et bien mal honnête de ta part.
Même chose pour la SNCF et les autoroutes : Jean-Claude Gayssot était ministre, mais Jean-Luc Mélenchon était lui aussi membre du gouvernement Jospin. Il a toujours été fier de ce gouvernement et n’a pas compris sur le coup l’élimination de son cher Jospin dont le projet n’était pas socialiste. Il en a fait une dépression. Il est donc assez curieux d’utiliser ces décisions contre le PCF tout en présentant Mélenchon comme celui qui aurait rompu avec ce passé. Fabien Roussel, lui, n’était pas au gouvernement. Mais ces orientations étaient soutenues par Jean-Luc Mélenchon, élu PS de Massy et puis sénateur et ministre.
La question que nous devons tirer de cette histoire est précisément celle de l’autonomie stratégique du PCF à l’égard des dirigeants réformistes.
Participer à un gouvernement n’est pas en soi une conquête si le rapport de forces ne permet pas d’imposer les objectifs du monde du travail. C’est pourquoi je ne crois plus à la formule « il faut des ministres communistes » comme stratégie en soi. Et c’est aussi pourquoi je ne partage pas l’idée selon laquelle le PCF devrait aujourd’hui se ranger derrière Mélenchon au nom du « vote utile ». LFI reste, à mes yeux, une force réformiste sociale radicale, qui privilégie une logique populiste et l’alliance avec les secteurs réformistes plutôt que la reconstruction d’un rapport de forces organisé à partir de la classe ouvrière.
Notre autonomie ne signifie pas refuser l’unité : elle signifie défendre nos objectifs, soutenir ce qui va dans le bon sens et combattre ce qui les contredit. C’est précisément le sens du communisme de conquêtes. La leçon de 1936 n’est pas « il faut des ministres communistes ». C’est : construire un rapport de forces populaire, participer aux conquêtes lorsqu’elles sont possibles, mais conserver son autonomie politique et organisationnelle pour continuer le combat.
C’est ce que je pensais, mais n’osais l’écrire, ça fait mal pour un communiste de cracher sur ce qu’il a été en parti complice malgré lui.
Notre camarade Lafleur n’a rien compris à ce qui s’est passé ces trente dernières années, il pense, comme tous nos petits intellectuels; ils nous ont fait du mal ces camarades qui pensaient pour nous, il ne suffit pas de bien écrire, de bien parler, pour que les réalités de l’histoire disparaissent.
Nous étions des milliers de militants, ils sont passé ou ? Plus dans nos communes, plus dans nos entreprises, plus lors des élections, alors ils sont ou, et surtout, pour quelles raisons ?
Nous nous moquions de la petite bourgeoisie, mais avons nous, tous, évité le piège d’une vie qui s’améliore, certes, par nos luttes de militants là ou bous étions, mais qui à aussi pesé lourd malgré notre conscience de classe.
Tiens, le chômage est l’arme du patronat pour asservir les salariés; qui parle encore du chômage comme stratégie pour nous écrabouiller, nous opposer à nos collègues, à nos voisins, à nos proches, à faire baisser nos salaires, nos avantages, nos acquis, en les redistribuant subtilement aux castres du nouvel ordre économique ?
Le PC a fauté, et ce n’est pas en combattant la vraie gauche qu’il va renaitre, mais bon, les droites apprécient, leurs courroies de transmissions aussi.
La gauche doit être au second tour en 2027, point ! Le reste c’est du baratin.
Même si il se trame dans notre dos une autre solution qui permettra de repousser l’élection Présidentielle, si j’ai bien lu ?
Surarmer l’Allemagne, qui vient d’accuser le Russie d’avoir bombardé un membre de l’OTAN? J’ai déjà lu ça quelque par, sur le fond, sur la forme, je ne sais plus très bien.
Pendant nos chamailleries, la bourgeoisie française cherche des solutions, et trouve toujours la même.
Bon, pas grave, après nous pleurerons ensemble, enfin, peut être.
.
Certes,les grandes données planétaires changent, et donc, le social, le sociétal, les politi ciens/ tiques évoluent et donc leur programmes : plus ou moins pertinents, radicaux, démagos, réactionnaires,fachisants.
Pour l’énergie nucléaire:
qu’en est-il des déchets ?
N’y a-t-il point des rapports accablants sur leur enfouissement, leur immersion ?
Que faire disait l’autre ?!
Cricrie, Bonsoir,
Votre question sur les déchets est légitime : ils constituent une contrainte scientifique et politique majeure du nucléaire. Mais il faut distinguer les différentes catégories et regarder l’ensemble du cycle.
D’abord, sortir du nucléaire ne fait évidemment pas disparaître les déchets déjà produits. Il faut continuer à gérer les combustibles usés, les déchets issus du démantèlement et les déchets historiques. L’Inventaire national comptabilise ainsi 1,89 million de m³ de déchets radioactifs en France fin 2024, toutes catégories confondues.
Ensuite, parler de « déchets nucléaires » comme si tout le combustible usé était un déchet est trompeur.
Après utilisation, un combustible usé contient encore environ 96 % de matières valorisables : 95 % d’uranium et environ 1 % de plutonium, contre environ 4 % de déchets ultimes. La France en récupère déjà une partie : le plutonium est notamment recyclé sous forme de MOX.
Et il existe une possibilité supplémentaire : les réacteurs à neutrons rapides pourraient permettre de multirecycler le plutonium et d’utiliser beaucoup plus largement l’uranium 238. Le CEA estime également que ces réacteurs produiraient environ quatre fois moins d’actinides mineurs que les réacteurs actuels et pourraient transmuter certains d’entre eux en produits de fission à vie beaucoup plus courte. Dans certains scénarios, cela pourrait ramener l’horizon de radiotoxicité de plusieurs dizaines de milliers d’années à environ trois siècles pour atteindre un niveau comparable à celui du minerai d’uranium naturel. A ce propos, les chinois continuent de développement ces technologiques de pointe pour 2030.
Mais il faut être rigoureux : la transmutation ne supprime pas tous les déchets et ne dispense pas d’un stockage géologique pour les déchets ultimes. C’est une possibilité de réduction de la quantité et de la radiotoxicité à long terme, pas une solution magique.
Il existe plusieurs catégories de déchets radioactifs, avec des niveaux d’activité et des durées de vie très différents. On ne peut donc pas parler « des déchets nucléaires » comme d’un ensemble homogène. Pour les déchets HA et MA-VL, la France a retenu le stockage géologique profond comme solution de référence. Scientifiquement, le stockage géologique n’est pas une « disparition » des déchets : il s’agit de les isoler de la biosphère pendant les périodes où ils présentent un danger, grâce à plusieurs barrières successives. L’ASNR considère aujourd’hui que les recherches menées à Bure ont démontré la faisabilité du stockage géologique profond, tout en poursuivant l’instruction de Cigéo sur sa sûreté. Quant à l’immersion en mer, c’est autre chose. Des déchets radioactifs ont effectivement été immergés dans l’Atlantique Nord-Est entre les années 1950 et 1990 ; une mission scientifique française récente étudie actuellement l’impact de ces anciennes décharges. C’est précisément une pratique historique qu’il ne faut pas confondre avec la stratégie actuelle de gestion des déchets. Et c’est précisément là que le choix politique entre LFI et le PCF devient intéressant ainsi que le retour critique de la gauche plurielle.
LFI/Mélenchon fait le choix de la sortie du nucléaire : il faudra donc gérer les déchets existants sans pouvoir compter sur le développement futur de cette filière pour valoriser davantage les matières ou transmuter certains éléments. Le PCF, avec son plan climat, fait par conséquent le choix stratégique inverse : maintenir et transformer une filière nucléaire sous maîtrise publique, développer les renouvelables, investir dans la recherche et travailler à la fermeture progressive du cycle du combustible.
La question ne devrait donc pas être « nucléaire ou déchets ? », mais : quelle société est capable de maîtriser collectivement toute la chaîne énergétique, de la production jusqu’au retraitement, au recyclage, au démantèlement et au stockage des déchets ultimes ? Autrement dit, tu écris : Que faire ?. Nous sommes d’accord : Que faire ? et aussi j’ajouterai Comment faire ? En effet, la vraie question est comment une société industrialisée satisfait-elle ses besoins énergétiques tout en maîtrisant matériellement les conséquences de sa production ? Or, depuis le ministère de Dominique Voynet et la gauche plurielle, la France a pris du retard. Suivre les écologistes est une erreur ; la production électrique est liée à des gaz de schistes et donc à du GNL en provenance des Etats-Unis ou du Canada principalement pour satisfaire nos besoins énergétiques. Nous avons besoin d’énergie pour réindustrialiser et pour répondre à nos besoins d’équipements et aux besoins sociaux comme la climatisation des hôpitaux ou des EPHAD ainsi que des crèches etc.
Nous devons lutter contre la précarité énergétique. Nous ne devons pas prôner dogmatiquement la sobriété que subissent déjà fortement les classes populaires. Nous devons maîtriser pour avoir la main sur les prix et pour décarboner notre économique tout en redéveloppant nos forces productives et nos capacités d’autonomie énergétique.
Le paradoxe de l’époque de la gauche plurielle doit être étudié. Ce paradoxe de cette période est réel : le gouvernement de la gauche plurielle, avec les Verts au gouvernement ainsi que Jean-Luc Mélenchon (PS), a simultanément fermé Superphénix et poursuivi le programme de recherche sur le stockage géologique des déchets. La fermeture de Superphénix a évidemment une importance particulière puisque le réacteur à neutrons rapides était associé à des perspectives de transmutation et de valorisation des matières nucléaires. le gouvernement Jospin a bien confirmé l’orientation vers le stockage géologique : en 1998, il autorise la création du laboratoire souterrain de recherche à Bure.
Le programme porté par Mélenchon/LFI reste fondé sur 100 % d’énergies renouvelables et la sortie du nucléaire. Il prévoit l’abandon des nouveaux EPR et de Cigéo. Il veut passer un accord avec les écologistes pour capter leurs électeurs. Le PCF prend exactement le chemin inverse : son plan climat Empreinte 2050 considère qu’une forte électrification des usages nécessite un mix associant nucléaire, hydraulique et renouvelables. Le PCF défend désormais explicitement une « filière nucléaire durable », avec prolongation du parc existant et développement de nouveaux EPR, tout en travaillant sur la recherche, la sûreté et les générations futures de réacteurs. Cela produit une différence politique majeure : le PCF ne traite pas le nucléaire uniquement comme un problème à sortir, mais comme une filière industrielle, scientifique et énergétique à maîtriser collectivement.
C’est ici que le projet du PCF prend tout son sens : partir des contraintes physiques réelles, mais utiliser la puissance scientifique, industrielle et collective pour les maîtriser. Sortir d’une technologie ne supprime ni les besoins énergétiques ni les problèmes matériels ; les conquêtes consistent à donner à la collectivité les moyens de les maîtriser.
Bravo et merci à tous pour ce débat respectueux et constructif
Cher Lafleur,
Un monde nous sépare, la théorie, et la pratique.
La théorie est bien plus intelligente, bien plus diplômé, mais trop souvent éloigné de la réalité.
La pratique c’est de faire vivre une théorie, le marxisme, dans une vie militante de tous les jours, en prenant compte de la réalité.
Et toutes ces années a milité pour arriver à 1983, le retournement de vestes de nos socialistes et autres radicaux de gauche, en appelant les prolos à voter pour des personnes qui nous mentaient effrontément, que nous dénoncions, entre les élections intermédiaires sont devenu mission impossible, seul le respect pour les militants de la base restait une réalité qui nous empêchait de nous enfuir.
Nous n’avons pas pu éviter la catastrophe Jospin, la trahison de Hollande, et le foutage de gueule de la NUPES, et du NFP, que j’ai moi même accepté.
Alors vos c… , vous vous les gardez, notre vote nous appartient, et nous nous préocuperont que de nos propres intérêt en 2027, vous laissant à ceux de vos boutiques.
Fraternellement, et invariablement, de gauche.
Cher Lionel Mutzenberg,
Je vous réponds aux deux messages ensemble du 2 septembre 2026, parce que je crois que derrière votre ton parfois très vif et provocateur, nous partageons plusieurs constats :
-l’affaiblissement du PCF,
-la disparition de milliers de militants des cellules d’entreprises et au sein de sections communales,
-les renoncements de 1983-1984,
-les déceptions des quinquennats Jospin et Hollande,
-et les limites des expériences NUPES et NFP
Je comprends aussi votre refus de voir les militants et sympathisants s’identifiant à la gauche une nouvelle fois utilisés puis déçus.
Mais c’est justement là que je pense que nous pouvons et même devons pousser l’analyse plus loin. Vous opposez fermement la théorie et la pratique. Or le marxisme nous apprend précisément à les unir : la pratique nous donne les faits, la théorie nous permet d’en comprendre les causes pour transformer la réalité. Sinon, on risque de transformer nos défaites passées en nouvelles recettes tactiques. Et les mêmes causes engendrant les mêmes conséquences après : Mollet, Mitterrand, Jospin/Hollande… Mélenchon.
Tu demandes où sont passés nos milliers de militants. C’est une vraie question. Mais si, face à cet affaiblissement, notre réponse consiste à demander à chaque fois au monde du travail de se ranger derrière la force de gauche la mieux placée électoralement, d’obédience gauchiste en verbe mais social-démocrate (voire sociale-libérale) en pratique, comment reconstruisons nous une force autonome dans les entreprises, les quartiers et les communes ? A quelle occasion, car la NUPES et le NFP n’ont pas pu le permettre ?
C’est là que je ne te suis pas dans le « la gauche doit être au second tour, point ». Bien sûr qu’il faut battre le RN. En réalité, nous devons battre le capital. La fascisation actuelle s’opère car le capital a besoin de pousser à la guerre notamment en vue de sa dictature terroriste. Mais, nous ne pouvons donc pas partager le front commun proposé Jean-Luc Mélenchon à Gabriel Attal contre ces méchants russes qui ont créé l’URSS en 1922. En effet, le second tour est un objectif électoral, pas une stratégie de transformation sociale.
1981-1983, 1997-2002 ou 2012-2017 nous montrent justement qu’une victoire électorale, même accompagnée de réformes importantes, ne suffit pas lorsque le rapport de forces capital/travail n’est pas suffisamment transformé. L’union peut permettre de gagner une élection ; elle ne garantit pas que le capital acceptera les conquêtes ni que nous aurons la force sociale de les défendre. Et c’est même là que ton inquiétude sur l’extrême droite rejoint mon raisonnement. Si nous réduisons la politique à la recherche du « mieux placé » par les sondages se revendiquant de gauche pour le second tour, nous pouvons gagner une bataille électorale tout en continuant à perdre la bataille de l’organisation du monde du travail. Or le vide social et politique ne reste jamais vide : le RN peut continuer à récupérer les colères que nous ne transformons pas en conscience de classe et en puissance collective. Sincèrement, je ne pense donc pas que le problème soit de « cracher sur ce que nous avons été », ni de choisir entre le PCF d’hier et LFI d’aujourd’hui. Il est de tirer les leçons de notre histoire pour reconstruire une force capable de modifier le rapport de forces lui-même.
Notre vote nous appartient, bien sûr. Mais précisément : faisons en un vote qui serve nos intérêts de classe à court, moyen et long terme, pas seulement une équation électorale. C’est pour cela que je défends une candidature communiste pour 2027 afin d’avoir un point d’appui, un front de classe ayant un programme clair et opérationnel pour le prolétariat : non contre le rassemblement, mais pour reconstruire la force sociale à partir de laquelle un rassemblement populaire pourra réellement changer la société.
Désolé de te le dire, mais Jean-Luc Mélenchon ne comble pas l’affaiblissement du PCF. Il agrège surtout aujourd’hui des classes intermédiaires intellectuelles qui aurait été PS avant la scission de 2008. La tripartition du parti socialiste en sociaux libéraux, en sociaux démocrates et en sociaux radicaux ne tire pas le bilan des échecs réformistes du PS.
Fraternellement et invariablement révolutionnaire et de la classe ouvrière du XXIème siècle !
Les vrais révolutionnaires, ils sont à coté de LFI, et font voter Mélenchon, à part LO qui est toujours à coté de ses pompes
Élections Présidentielles 1er tour :
Laguiller 2002 – 1 630 118 – Laguiller 2007 487 857 – Arthaud 2012 202 548 – 2017 232 384 – 2022 197 094 –
Besancenot 2002 1 210 562 – 2007 1 498 581 – Poutou 2012 411 160 – 2017 394 505 – 2022 268 904 –
Plus à gauche que moi ça ne marche pas ! et pourtant ces camarades sont de la vraie gauche, ce que le PC n’est plus depuis 2022 !
Ou la gauche est au second tour, ou nous n’avons plus à nous déplacer.
Jean Luc Mélenchon n’est pas un révolutionnaire, il est de cette nouvelle France qui ne suit plus aveuglément ce que dit son parti, mais tiens compte du mouvement…telle qu’il existe présentement, si j’ose, moi, le bac moins dix.
L’Avenir En Commun, première pierre d’une alternative, économique, politique, sociale, qui rencontre l’adhésion de millions de nos concitoyens, une alternative qui n’existait pas !
Pas suffisant ce programme ? Et bien, l’on vient en débattre pour l »améliorer, sans prétendre imposer ses propres solutions, au nom d’un passé malheureusement révolu, au lieu de faire le jeu des droites, et de la fausse gauche, et on laisse de coté les élections intermédiaires qui ont provoqué ce désamour du PC !
Les classes intellectuels intermédiaires ne vous ont pas réussi non plus., quand à la classe ouvrière…