🔴 CHENILLE QUI REDÉMARRE DU JOUR

Roussel Ă  l’heure de l’apĂ©ro

À l’évidence, Fabien Roussel avait envie de tout sauf de faire le discours de clôture des universités d’été de son parti, ce dimanche à Toulouse. Ses premiers mots furent : « Bon allez, après c’est l’apéro ». Pourtant, c’était bien là le lancement de sa campagne présidentielle. Mais de cette heure de discours, on ne retient rien. Le secrétaire national s’ennuyait à mourir et il a très bien su nous le communiquer. Franchement, nous comptions vous rendre compte de cette intervention, mais jugez par vous-même. Certes, il n’y eut pas de sortie de route, de dingueries à polémique. Il a dit sa « So-so-so… Solidarité ! » avec les Palestiniens. Ses arguments sur le budget étaient à l’emporte-pièce : « On va le régler avec nos faucilles et nos marteaux ». Mais il n’y eut pas un mot de politique : l’extrême droite absente des radars et aucun argument en faveur de sa candidature. Son dernier mot : « Vous avez droit à une bonne bière ». On peut penser qu’il y a une place pour un candidat communiste. Mais pour cela, il faut un candidat et un communiste.

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7 commentaires

  1. Berthelot Jacques le 25 août 2026 à 13:23

    Toutes les occasions sont bonnes pour nous dire que la position de JLM sur la Chine serait « un sujet de discussion »
    Ce qui est étonnant est que le soutien inconditionnel de Roussel au PCC , parti frère n’est jamais évoqué.
    Au cours d’un voyage en Chine il est allé à la rencontre du parti frère et a tressé des louanges à Xi Jinping en nous expliquant qu’il renouvelait la pensée marxiste.
    Aucune trace de cette idolâtrie dans les commentaires à gauche.
    Ce qui montre que si Roussel est épargné sur ce sujet , tout est bon pour trouver des sujets de démolition de JLM

    • Lafleur le 26 aoĂ»t 2026 Ă  00:00

      Cher Jacques,

      Votre commentaire révèle surtout une politisation très personnalisée du débat : il défend moins une thèse sur la Chine qu’il ne demande pourquoi Roussel n’est pas soumis au même traitement que Mélenchon. C’est une question recevable, mais elle ne suffit absolument pas à établir que les critiques adressées à Mélenchon seraient infondées.

      Je pense surtout qu’il faut employer les mêmes exigences d’analyse pour tous. Parler d’« idolâtrie » à propos de Fabien Roussel me paraît excessif. Considérer le PCC comme un parti frère et vouloir étudier sérieusement l’expérience chinoise ne signifie ni l’approuver sans réserve ni renoncer à l’esprit critique. La Chine est un état socialiste. Fabien Roussel défend cette perpective. Mélenchon : non. Même s’il porte des cols Mao et est appelé par certains le Timonier. Une approche logique consiste précisément à partir du réel, de ses contradictions et des résultats observables.

      Votre mot « idolâtrie » est cependant révélateur : au lieu de discuter de ce que Fabien Roussel dit réellement de la Chine, vous transformez une appréciation politique positive en attitude quasi religieuse. C’est une manière de disqualifier avant même d’examiner. Enfin, vous exprimez une logique de victimisation de Mélenchon à partir de
      votre propre ressenti d’asymétrie de traitement.

      Mais la Chine soulève d’ailleurs des questions que les communistes français ne peuvent esquiver : comment articuler propriété publique, marché, planification, développement des forces productives, souveraineté industrielle et pouvoir politique ? Les « nouvelles forces productives » et la planification chinoise ne sont évidemment pas un modèle à transposer mécaniquement, mais ce sont des réalités qu’il faut connaître et analyser. C’est aussi ce qui peut nourrir notre propre réflexion sur le communisme de conquête.

      Fabien Roussel est communiste : il peut reconnaître ce qui lui paraît intéressant dans l’expérience chinoise sans pour autant s’en remettre à un modèle ou à un dirigeant. C’est justement cette liberté de jugement que nous devrions revendiquer. Enfin, je vous rassure Mélenchon n’a rien à voir avec le mouvement communiste international. Mélenchon est un populiste républicain de gauche dont la stratégie de conquête du pouvoir présente des traits davantage blanquistes que léninistes : centralité du dirigeant, mouvement organisé autour de la conquête de l’État et mobilisation d’un bloc populaire par la « révolution citoyenne » plutôt que construction d’un parti de classe fondé sur l’analyse marxiste des rapports de production. En effet, il manque chez Mélenchon ce qui constitue le cœur léniniste : l’analyse de classe systématique, le rôle politique autonome du prolétariat, le parti comme organisation de classe et la transformation des rapports de production. Il tend donc plutôt à chercher une alliance avec les sociaux démocrates du PS et des Écologistes que du PCF qu’il cherche à liquider durablement. Clairement, Mélenchon tend davantage à substituer le « peuple » à la classe et le mouvement citoyen au parti de classe. Il a évacué le socialisme et n’évoque un « programme de transition » que comme clin d’œil aux gauchistes issus du trotskisme. Son programme est très modéré économiquement et très en deçà de celui du PCF qui a lui renoué avec le projet du socialisme. C’est une différence théorique majeure.

  2. Longet le 25 août 2026 à 17:45

    Chère Catherine Tricot,
    L’apĂ©ro Ă©tait peut-ĂŞtre proche, mais le contenu, lui, n’a pas manquĂ©. RĂ©duire ce discours Ă  « Vous avez droit Ă  une bonne bière » relève plus de l’effet de style que du compte rendu.
    Sur le fond, Roussel a Ă©tĂ© prĂ©cis : Smic Ă  1 700 euros net, hausse gĂ©nĂ©rale des salaires de 5%, revalorisation de 30% du point d’indice des fonctionnaires, deux millions de pompes Ă  chaleur par an, un million de vĂ©hicules Ă©lectriques low-cost made in France, tout cela financĂ© par la taxation des plus riches et un emprunt de 500 milliards d’euros. On peut trouver ce programme discutable, mais pas absent.
    Sur la « politique », il a aussi Ă©tĂ© clair en appelant la gauche Ă  se dĂ©barrasser d’Emmanuel Macron « et de sa politique », de la droite Ă  l’extrĂŞme droite comprise. Ce n’est pas rien pour un discours que vous dites vide de toute ligne.
    Reste la question, lĂ©gitime, de la candidature elle-mĂŞme : Roussel a parlĂ© au conditionnel, renvoyant la dĂ©cision formelle au vote des adhĂ©rents du 3 au 6 septembre. On peut donc discuter de la soliditĂ© de cette candidature « virtuelle », mais pas dire qu’il n’y avait aucun argument en sa faveur : « Nous voulons prendre le pouvoir, tout simplement » n’est pas franchement une esquive.
    Enfin, sur l’extrĂŞme droite « absente des radars » : c’est inexact, elle Ă©tait explicitement visĂ©e dans l’appel Ă  s’en dĂ©barrasser, au mĂŞme titre que Macron.
    Bref, l’ambiance dĂ©tendue ne doit pas faire oublier qu’il y avait, ce jour-lĂ , un candidat et un programme. Reste Ă  savoir s’il y a une majoritĂ© pour les porter — mais ça, c’est un autre dĂ©bat.

  3. Nadia le 25 août 2026 à 19:21

    Quelle mauvaise foi ! Nous Ă©tions très nombreux Ă  Ă©couter son discours, mais nous on ne retient pas les petites phrases qui vous permettent de prĂ©tendre Ă©crire qq chose sur le PCF et dĂ©nigrer F.Roussel. votre oreille sĂ©lective, Ă  l’affĂ»t du mot qui vous permettra ce billet ne fait pas de vous une journaliste juste une analyse de comptoir

  4. Maingault le 25 août 2026 à 21:31

    Jml est démoli parce que dangereux, il prête cependant assez régulièrement le flanc à des attaques contre lui. Roussel ne présente aucun danger pour le capital. Malheureusement

    • Lafleur le 27 aoĂ»t 2026 Ă  00:34

      Le programme de MĂ©lenchon ne prĂ©sente aucun danger pour le capital. Le banquier d’affaire, reprĂ©sentant du capital financier, Pigasse, qui tient une partie de la presse en France, approuve MĂ©lenchon et lui a mĂŞme fait une offre de service. Le populisme ne s’appuie pas sur une analyse de classe et MĂ©lenchon ne cherche pas l’hĂ©gĂ©monie au sens de Gramsci.

      De plus en plus, je pense que MĂ©lenchon est un leurre, comme le rassemblement national. Il est l’union populiste du gauchisme et de la social-dĂ©mocratie qui ne veut pas mourir.

      Il devrait appeler Ă  voter pour Fabien Roussel et donc se retirer, vu les enjeux et son rejet massif dans l’opinion publique, Ă  son profit afin d’avoir un candidat au 2ème tour et gagner. Pourquoi ne choisit il pas de se mettre au service du peuple derrière Fabien Roussel pour l’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral et un programme conforme Ă  l’Avenir en commun plus l’Ă©lectricitĂ© ?

  5. Lafleur le 25 août 2026 à 23:01

    Cher Catherine,

    Je crois que ton commentaire mérite d’être nuancé. D’abord, Fabien Roussel n’est pas encore officiellement candidat : le processus de consultation des militants communistes se poursuit et c’est le vote dont le résultat sera proclamé le 6 septembre qui doit conclure la séquence. Toulouse était donc une étape politique importante, comme université d’été du PCF, mais pas encore le lancement formel d’une candidature.

    Son discours à la fête de L’Huma mi-septembre aura donc un autre ton dès lors qu’il sera investi.

    Ensuite, dire qu’il n’y eut « pas un mot de politique » me paraît difficile à soutenir. Roussel a placé cette rentrée sous le signe de « l’urgence à sortir du capitalisme », de la paix, de la coopération entre les peuples et de la volonté de « révolutionner la France et l’Europe ». Il défend aussi la production en France, la reconquête de notre souveraineté industrielle et le travail contre les décennies de délocalisation et de concurrence libre et non faussée. Des articles factuels existent.

    Et surtout, il faut regarder le fil politique plutôt que quelques minutes de discours. Au 40e Congrès, le PCF a choisi le communisme de conquête. Roussel porte désormais une candidature communiste qui doit être soumise au choix des communistes, avec l’ambition de faire du socialisme une alternative institutionnelle, fondée sur la production, la planification, la maîtrise publique, la paix et la transformation écologique. Ce n’est pas rien. Et c’est cela qu’il faudrait discuter : la stratégie, pas seulement la qualité oratoire.

    Sur la Palestine, ce n’est d’ailleurs pas une dĂ©couverte de Toulouse. Le 24 aoĂ»t 2019, comme secrĂ©taire national du Parti communiste, Fabien Roussel a inscrit dĂ©jĂ  la question palestinienne dans une politique internationale fondĂ©e sur la paix, le droit des peuples et la lutte contre la loi du plus fort. Après le 7 octobre 2023, il condamne les massacres du Hamas tout en affirmant les droits nationaux du peuple palestinien et en dĂ©nonçant l’occupation et les massacres Ă  Gaza. Il conduit notamment une dĂ©lĂ©gation en IsraĂ«l, en Palestine et dans les camps de rĂ©fugiĂ©s pour rencontrer Ă  la fois l’AutoritĂ© palestinienne et les forces progressistes israĂ©liennes, dont le Parti communiste israĂ©lien. Une confĂ©rence internationale est tenue Ă  Paris le 16 mai 2024. Le 8 avril 2025 au meeting de VĂ©nissieux, il fait de la reconnaissance de l’État palestinien une bataille politique centrale et engage le PCF dans une campagne europĂ©enne avec l’OLP. Le 4 juin 2025, Ă  Colonel Fabien est tenu lors de la confĂ©rence organisĂ©e avec l’OLP, il rappelle que la relation PCF-OLP remonte Ă  1975, et dĂ©fend explicitement l’OLP comme reprĂ©sentation lĂ©gitime du peuple palestinien. Au 40e Congrès cet Ă©tĂ©, il a encore appelĂ© Ă  « soutenir l’OLP » et Ă  libĂ©rer la Palestine. Voici ses mots : «  Et je voudrais faire un serment avec vous, le serment du 40ᵉ Congrès. Comme beaucoup d’entre vous, je pense, je suis de la gĂ©nĂ©ration, nous sommes de la gĂ©nĂ©ration Mandela. Moi, j’ai adhĂ©rĂ© au Parti communiste pour mener ce combat contre l’apartheid, pour libĂ©rer Nelson Mandela. A l’Ă©poque, j’Ă©tais JC. C’Ă©tait dur. On n’Ă©tait pas nombreux Ă  mener ce combat, pas nombreux.

    Et puis ça a grossi et nous avons gagnĂ©. Eh bien, cette gĂ©nĂ©ration qui a dans son cĹ“ur la fiertĂ© d’avoir menĂ© cette bataille et la fiertĂ© d’avoir gagnĂ© avec eux, je vous propose que nous fassions le mĂŞme serment avec nos amis palestiniens, celui de gagner aussi ce combat contre le rĂ©gime d’apartheid imposĂ© par l’extrĂŞme droite israĂ©lienne, celui de libĂ©rer le peuple palestinien pour qu’il rĂ©cupère toutes ses terres occupĂ©es aujourd’hui par la colonisation.

    Celui de soutenir l’OLP et l’autoritĂ© politique et dĂ©mocratique qui gouvernera demain la Palestine, celui de libĂ©rer enfin Marwan, enfermĂ© dans les geĂ´les israĂ©liennes, celui de libĂ©rer la Palestine.

    Vive la Palestine libre, démocratique et laïque, vivante en paix aux côtés du peuple israélien, Free Palestine !

    J’ai la conviction profonde que nous pouvons gagner. Et je l’ai redit Ă  la dĂ©lĂ©gation de l’OLP que j’ai revue hier après-midi. Cette campagne de l’Ă©lection prĂ©sidentielle va ĂŞtre l’occasion pour nous de mettre les pieds dans le plat sur ce sujet. On ne se fera pas bousculer, on sera aussi les porte parole de l’OLP.

    Dans cette campagne, on se battra pour qu’il y ait des sanctions contre l’Etat d’IsraĂ«l. On se battra pour que l’Union europĂ©enne cesse toutes ses relations commerciales. On se battra pour qu’il y ait des sanctions contre les soldats qui ont la double nationalitĂ© franco israĂ©lienne et qui commettent des crimes contre l’humanitĂ©. Et on dira ce que nous, on fera Ă  la tĂŞte du pays. »

    Ce discours est communiste, comme son soutien aux communistes israéliens qui luttent là-bas. C’est déjà le discours d’un candidat et d’un communiste.

    On peut donc critiquer Roussel, son style ou l’efficacité de son discours (c’est même nécessaire) mais prétendre qu’il n’y avait pas de politique me semble passer à côté de ce qui est précisément en train de se jouer à l’initiative des militants communistes : quelle candidature, pour quel projet, et pour quelle stratégie de transformation sociale ? Le 6 septembre permettra justement aux communistes de trancher.

    Souhaitons qu’ensuite les Ă©lus PCF respectent les statuts : « À chaque niveau de responsabilitĂ©, seules les dĂ©cisions prises Ă  la majoritĂ©, dans le cadre des orientations nationales du PCF, engagent le Parti. Les instances Ă©lues crĂ©ent les conditions de leur mise en Ĺ“uvre et de leur respect, tant dans l’espace public, dans les relations avec les partenaires et autres organisations, qu’auprès des communistes. »

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