đź”´ MIROIR DU JOUR
Ce qui manque Ă Glucksmann
Au journal télévisé de TF1, Raphaël Glucksmann a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle. Ce n’était plus un secret pour personne. Il souhaite s’engager dans la primaire du Parti socialiste/Place publique en octobre prochain. Mais avec quel projet au juste ? Quel cadre d’analyse sur ce qui se passe en ce moment, l’état de notre monde et de notre société ? Le député européen a rappelé sa carrière faite d’engagements internationaux notamment, mais cela peut-il suffire ? Dire que le moment est historique et que l’on va faire la République écologique, réindustrialiser le pays, augmenter les salaires, c’est bien et peu original. On l’a si souvent entendu. Dans ces 10 minutes d’interview, il n’a identifié aucun des obstacles à surmonter, des intérêts à combattre. Il n’a donné aucune raison de le croire. Glucksmann était à la mesure de son discours.
Si c’est ça la gauche, en 2027, je reste chez moi.
Merci Pablo. Je crois qu’il faut effectivement aller au-delà des slogans de Glucksmann.
Le problème n’est pas seulement qu’il ne désigne pas les « intérêts à combattre » : c’est qu’il ne rompt pas avec le cadre idéologique qui nous a conduits à la situation actuelle.
Glucksmann est un social-libéral, profondément pro-européen, favorable au renforcement de l’OTAN et à l’escalade militaire en Ukraine.
Or comment prétendre réindustrialiser, augmenter les salaires et conduire la transition écologique sans interroger les choix européens, les contraintes financières et industrielles et le coût économique d’une fuite en avant militaire ?
Depuis 2012, c’est-à -dire sur la séquence Hollande-Macron — Macron ayant été conseiller économique de Hollande puis ministre de l’Économie avant de devenir président — le PIB réel français n’a progressé que d’environ 16,7 % en cumulé, tandis que le niveau général des prix a augmenté d’environ 22,8 %. La dette publique est passée parallèlement de 90 % à 116 % du PIB.
Après quinze années de social-libéralisme, il ne suffit donc plus de promettre une nouvelle réindustrialisation ou des hausses de salaires.
Il faut changer les rapports de forces : maîtrise du crédit et de l’énergie, politique industrielle, planification, pouvoir des travailleurs, souveraineté économique et politique indépendante au service de la paix. Glucksmann est le candidat de la bourgeoisie « de gauche », libertaire sur le sociétal. Fabien Roussel est nettement plus crédible avec le plan empreinte carbone 2050 et Mélenchon, c’est la démagogie énergétique etc. Un populisme personnaliste et le césarisme : qui peut croire, comme son maître Mitterrand, qu’il convoquera une constituante et laissera le premier ministre dirigé la politique de la Nation ?
Sans rupture réelle, Glucksmann risque surtout d’incarner une nouvelle version, plus européenne et plus atlantiste, d’un social-libéralisme dont nous connaissons déjà les résultats calamiteux.
Que tout change pour que rien ne change… Le duel MĂ©lenchon – Glucksmann doit ĂŞtre dĂ©passĂ© et ces deux personnages dĂ©gagĂ©s par le peuple de gauche, sauf Ă vouloir continuer Ă creuser…
Fraternellement.
Erreur: il a annoncĂ© rĂ©duire les cotisations sociale pour augmenter les salaires directs (selon quelles contraintes imposĂ©e aux patrons, d’ailleurs, dieu seul le sait). bref, il a commencĂ© en annonçant un programme de droite.
Il a par ailleurs clairement annoncé son projet: construire un république écologique avec Delga.
Il va se faire manger tout cru par les caciques du PS. Il n’a pas grand chose à proposer.