TRIBUNE. Vivre libres : un appel à la résistance fraternelle et à l’émancipation démocratique face à l’extrême droite

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L’eurodéputé socialiste Christophe Clergeau appelle à reprendre le flambeau de la liberté, de l’égalité et de la démocratie pour contrer l’ascension du fascisme.

Depuis des années, les populistes prospèrent sur la dénonciation du « système » étatique qui priverait les citoyens de leurs droits et libertés, à coup de normes et de prélèvements fiscaux. Mais de quel système parlons-nous ? Le « système » le plus puissant n’est certainement pas celui des bureaucraties des États, mais celui de l’oligarchie, des milliardaires et des multinationales qui captent la richesse, dégradent les conditions de travail, organisent la pression à la baisse sur les salaires, poussent à la déshumanisation des services publics en imposant les outils numériques américains, asservissent les médias et de la culture, privatisent tous les espaces de libre expression, volent nos données pour les exploiter. 

L’extrême droite est aujourd’hui l’agent de ce nouveau système dominé par les ultra-riches. Elle est soumise à la finance internationale et passe ses journées à donner des gages au patronat désormais sans ancrage en Europe et sans considération pour les salariés ou pour l’intérêt général. Au Parlement européen, l’extrême droite défend les intérêts des GAFAM contre ceux des Européens, elle a même proposé de décerner à Elon Musk le prix Sakharov qui récompense les défenseurs de la liberté d’expression. En mettant en avant la liberté, les socialistes en appellent à une révolte émancipatrice pour se débarrasser de ce « système », libérer nos vies de ces chaînes et retrouver le contrôle de nos existences. Démarchandiser et réhumaniser le monde est notre nouvel horizon.

Face à la crise démocratique, l’extrême droite propose aux citoyens d’abandonner leur destin entre les mains d’un pouvoir vertical glissant, étape par étape vers l’illibéralisme autoritaire avec pour cibles les partis, les syndicats, les associations et la justice. Lorsque tous auront été privées de légitimité, l’individu n’aura plus de voix, il sera seul face à l’Etat tout puissant, privé de toute défense, dominé et soumis. 

Emmanuel Macron a ouvert la brèche, Jordan Bardella et Marine le Pen s’y engouffrent. Les Français sont-ils prêts à accepter cette domination ? Nous faisons le pari du contraire. De la résistance gauloise à la Révolution française, c’est bien l’attachement sans faille à la liberté qui est le cœur de notre identité collective. Nous sommes « la France libre ». Nous opposons à la verticalité mortifère promue par l’extrême droite le principe de coopération et appelons à la refondation d’une démocratie où les citoyens sont écoutés et entendus, à la pleine reconnaissance de toutes les voix collectives, à la valorisation de la société civile organisée, à la décentralisation qui permet de rapprocher les décisions des citoyens. Nous en appelons au renouveau des libertés françaises.

L’extrême droite est le parti de la peur, cette peur qui nourrit la méfiance, l’isolement, la solitude ; cette peur qui fait le lit d’une violence qui détruit la société. Dans cette société de la peur, chacun est enfermé, coupé et isolé. L’antidote de la peur est la fraternité, qui marche main dans la main avec la liberté. Dans une France fraternelle, chacun a le droit au respect garanti par la société, chacun doit à l’autre de l’attention et de la solidarité, et chacun est responsable du respect des règles collectives qui font la cohésion de la société. Voilà ce qu’est la fraternité : un humanisme qui combine la liberté individuelle et la responsabilité à l’égard du collectif. La fraternité est le chemin vers la liberté. 

Enfin, l’extrême droite est le parti de l’étranger, Jordan Bardella lui-même est un agent de l’étranger, un membre de la galaxie MAGA, qui ne critique Donald Trump que quand il devient trop impopulaire, un suppôt de Vladimir Poutine qui ne salue la résistance ukrainienne que pour mieux masquer son refus du soutien financier de l’UE à ce pays. En prétendant vouloir rétablir la souveraineté française, il ne fait qu’organiser notre faiblesse et préparer la soumission des pays européens aux empires russes, chinois ou américains. Maître chez soi mais sous le contrôle des puissances étrangères était déjà le choix de Pétain. Nous préférons à la soumission le choix de la révolte contre la perte de nos libertés face aux agressions extérieures. Le repli national sera le tombeau de nos libertés. Nous revendiquons la souveraineté européenne comme le seul chemin de liberté dans le monde d’aujourd’hui. Plus fort ensemble, libre ensemble, voilà le combat des socialistes.

Briser la domination des riches pour retrouver une vie digne, renouer avec la fraternité républicaine et une démocratie citoyenne, affirmer la souveraineté européenne, voici la voie que proposent les socialistes vers la liberté retrouvée.

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