Présidentielle 2027 : « Fabien Roussel portera une parole communiste forte »
Au lendemain du vote des adhérents qui ont validé à 72% la candidature de Fabien Roussel pour la présidentielle 2027, Guillaume Roubaud-Quashie, membre de l’exécutif du Parti communiste français (PCF), est l’invité de #LaMidinale.
F Roussel fera 2 ou 3 %.
Si JLM est absent du deuxième tour il poussera un ouf de soulagement.
Il pourra en toute bonne conscience appeler à « faire barrage » contre le RN en votant Philippe par exemple.
Pour la retraite à 67 ans , contre la taxe Zucman , contre le migrants.
Chapeau l’artiste.
« Fabien Roussel portera une parole communiste forte ».
Je crois surtout que la parole du « communiste » préféré de la droite et de l’extrême droite serait tout à fait adaptée pour animer un banquet du canon français, où l’on sert paraît-il de la bonne viande.
Quand je pense que le PCF était autrefois un grand parti de gauche.
Ce mouvement stalinien, héritier du régime dictatorial soviétique, s’obstine à célébrer des figures autoritaires comme Castro (et ses 100.000 fusillés) via ses jeunesses, tout en servant d’allié objectif à Marine Le Pen. Roussel est un vieux stalinien à mettre à l’EPHAD dès l’été prochain… !
Vous pouvez ajouter Xi Jinping dont Roussel est un fidèle admirateur, au cours d’un voyage en Chine à la rencontre du PCC , « parti frère » il fit un discours vibrant où il déclara que ce nouveau grand timonier « renouvelait la pensée marxiste ».
Pas du tout intéressé par les problèmes de boutique du PC.
L’ Élection Présidentielle n’est pas un jeu pour politicard.
Ce type, que Regards invite complaisamment, finira à CNews, comme Dartigoles, ex porte-parole du parti stalinien français.
Chers lecteurs de Regards,
Je lis vos commentaires avec intérêt, mais je trouve dommage que nous réduisions ce débat à « Roussel fera 2 ou 3 % », « il finira à CNews », « stalinien », « allié objectif de Marine Le Pen » ou encore « préféré de la droite ».
On peut parfaitement contester la candidature de Fabien Roussel et sa stratégie. Mais encore faut-il discuter de politique.
Le 6 septembre 2026, les militants du PCF ont choisi à 72,06 % de présenter Fabien Roussel à la présidentielle. Cette décision lui confère un mandat militant. Elle peut vous déplaire, mais elle n’est ni clandestine ni imposée par je ne sais quelle « boutique » : elle résulte d’un processus politique et démocratique du PCF. Et la campagne annoncée porte notamment sur le pouvoir d’achat, le coût de l’énergie, la nationalisation de grandes entreprises, la lutte contre la fraude fiscale et une meilleure représentation des ouvriers et des employés dans les institutions. On peut discuter de ces propositions, les juger insuffisantes ou les combattre, mais ce sont elles qu’il faudrait discuter.
Quant à l’argument selon lequel Roussel serait « l’allié objectif » du RN parce qu’il présente une candidature communiste autonome, il mériterait au minimum d’être démontré.
Vos propos engendrent de la confusion et sont peu pertinent pour ceux qui soutiennent un social-démocrate. La multiplication des candidatures à gauche pose effectivement une question stratégique sérieuse. Mais transformer automatiquement un désaccord stratégique en complicité avec l’extrême droite ne permet pas de réfléchir à cette question.
Et surtout, j’aimerais comprendre ce que signifie concrètement « être de gauche » aujourd’hui.
Est-ce simplement être capable de se ranger derrière le candidat considéré comme le mieux placé ? Ou est-ce aussi construire une force populaire capable de modifier durablement le rapport de forces avec le capital ?
C’est là que se situe mon désaccord.
Je ne crois pas que l’avenir du communisme consiste à demander aux communistes de disparaître dans une majorité préexistante pour espérer peser ensuite.
Mais je ne crois pas davantage qu’une candidature communiste puisse se réduire à défendre une identité ou une « boutique ». Elle doit être un moyen de reconstruire une force sociale et politique, particulièrement dans les catégories populaires qui se sont éloignées de la gauche. C’est le projet courageux défendu par Fabien Roussel.
Quant au qualificatif de « stalinien », il devient franchement paresseux lorsqu’il sert à éviter toute discussion.
On peut parfaitement critiquer l’histoire du PCF. Mais alors faisons-le sérieusement, historiquement et politiquement, plutôt que de transformer toute divergence actuelle en diagnostic de stalinisme. D’ailleurs ceux qui emploie ce terme ne savent pas bien ce qu’il recouvre en réalité. Ils agitent une légende noire. Et ils pratiquent ce qu’ils dénoncent.
Enfin, concernant la droite et les médias : une idée ne devient pas mauvaise parce qu’un journaliste de droite lui accorde quelques secondes d’attention, pas plus qu’elle ne devient juste parce qu’un média de gauche la défend. Ce qui compte, ce sont les intérêts sociaux qu’elle sert, les rapports de forces qu’elle cherche à construire et les conséquences politiques qu’elle produit. C’est pourquoi je préfère discuter du contenu des propositions de Roussel plutôt que de savoir s’il est « préféré » de telle ou telle famille politique.
Et puisque certains annoncent déjà son score, je leur propose simplement d’attendre avant de transformer une hypothèse électorale en argument politique. Une campagne se juge aussi sur ce qu’elle permet de mettre dans le débat public et sur les forces sociales qu’elle contribue à organiser. Sinon, vous proclamez, dès à présent, Marien Le Pen présidente.
Bref : moins de procès d’intention, davantage de débat de fond.
Nous pouvons être en désaccord sur la stratégie présidentielle.
Mais si nous sommes tous réellement préoccupés par la progression de la droite et de l’extrême droite, alors essayons au moins de comprendre pourquoi une partie du monde du travail ne se reconnaît plus dans la gauche, plutôt que de nous contenter de nous expliquer mutuellement qui serait le plus « vrai » à gauche en justifiant la domination soc-dem.
Bien à vous,