Palestine : la complicité passive de la France
Durcissement de la répression en Cisjordanie et introduction de la peine de mort contre les Palestiniens, humiliations et tortures contre les prisonniers et les militants des droits humains : la politique israélienne franchit de nouveaux seuils. La France réagit a minima.
Il y a des moments où le silence d’un État ne relève plus de la prudence diplomatique mais d’une faute d’une grande gravité. Face au désastre à Gaza, en Cisjordanie et même en Israël, depuis trop longtemps, la France regarde ailleurs tandis que certains gouvernements européens bougent. L’Espagne de Pedro Sánchez hausse le ton. Même l’Italie de Giorgia Meloni est plus ferme que la France face aux violations des droits des militants de la flottille pour Gaza. Après la diffusion d’une vidéo montrant les humiliations de ces militants, c’est la présidente du conseil italien qui s’exprime quand la France se contente d’un timide tweet du ministre des affaires étrangères. Il faut mesurer ce que cela signifie. Il faut entendre ce que cela dit de l’effacement de la France et de la rupture avec son histoire.
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Les actes qui placent Israël au ban des nations s’accumulent. L’État hébreu avait voté en mars une loi instaurant la peine de mort pour les Palestiniens. En Cisjordanie, le commandement militaire israélien vient de franchir un seuil supplémentaire : il promulgue un décret qui, selon les ONG locales, « instaure un régime de peine de mort plus étendu, plus arbitraire et plus extrême que la loi elle-même ». La peine capitale devient un outil politique. Elle terrorise pour écraser toute forme de contestation.
La vidéo diffusée par le ministre de la sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, est de même nature. Terroriser et faire taire. Dans cette vidéo, on voit des militants de la flottille pour Gaza agenouillés, mains liées dans le dos. Le pouvoir exhibe sa domination et transforme l’humiliation et la violence en message politique. Alice Jill Edwards, rapporteuse spéciale des Nations unies sur la torture, dénonçait mardi « la torture, les morts potentiellement illégales, la détention au secret et les conditions dégradantes » des Palestiniens dans les geôles israéliennes. Cela confirme les propos de Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits humains dans les territoires palestiniens occupés. Elle parlait de « permis de torturer les Palestiniens » en mars dernier.
Que fait la France ? Elle refuse de nommer clairement mais, surtout, d’agir à la hauteur de ce qui se déroule sous nos yeux. Ce refus porte un nom : la complicité passive.
Les flottilles pour Gaza permettent de remettre la question palestinienne à l’agenda politico-médiatique des sociétés occidentales. Elles rappellent que les bombardements sur Gaza continuent, qu’Israël empêche toujours les journalistes d’accéder à Gaza, que l’aide humanitaire rentre toujours au compte-gouttes, bien deçà des besoins, qu’aucun plan international de reconstruction de Gaza ne s’échafaude, qu’aucune solution politique pour les Palestiniens ne se construit.
Que fait la France ? Elle proteste à mots comptés, convoque son ambassadeur et retourne à sa prudence. Elle refuse de nommer clairement mais, surtout, d’agir à la hauteur de ce qui se déroule sous nos yeux. Ce refus porte un nom : la complicité passive.
En France, certains tentent de faire vivre une autre voix. Des citoyens manifestent, déterminés. Ils font des tweets et des posts sur Instagram. Ils interpellent et montent des cagnottes. Ils brandissent des drapeaux palestiniens, portent des keffiehs, organisent des rassemblements, votent des symboles comme cette reconnaissance du peuple palestinien comme citoyen d’honneur de la Ville de Paris. Ils cherchent des prises, des leviers, des brèches… Et se heurtent à un mur. Rien, pour l’instant, n’a permis d’infléchir la position du gouvernement français. Rien n’a contraint l’exécutif à réagir à la mesure des atrocités commises. Les réseaux sociaux bruissent, mais le pouvoir reste sourd.
Et pourtant, tous ces gestes comptent : ils disent qu’une partie de la société refuse d’oublier et de s’habituer. Cela ne change pas encore le cours des choses. Cela ne protège pas les Palestiniens. Cela ne contraint pas la France à sortir de son inertie. Mais cela trace une ligne. Et, dans les moments où tout vacille, il reste cela : la certitude fragile et têtue d’être « du bon côté de l’Histoire » pour reprendre les mots de Pedro Sánchez…
Bonjour,
Pas d’accord avec Pablo.
La question de ce que fait ou ne fait pas la France est plus complexe que.
Cela s’appelle la diplomatie.
Vous devriez savoir qu’il y a ce que l’on voit et ce que l’on ne voit.
Tout dépend de qui fait quoi, comment, et en direction de qui ?
Toute l’action d’un gouvernement n’est pas forcément visible.
Donc, je ne pense pas qu’on puisse dire : complicité passive.
En fait, vous, et on, n’en sait rien.
La diplomatie certes… mais le silence non! Quand des millions de civils sont chassés de chez eux, tués parfois grâce à des drones qui ont quelque chose de chez nous dans leurs composants, quand des pacifistes sont arraisonnés dans les eaux internationales, on ne peut se contenter de diplomatie discrète. sauf à vouloir conserver des intérêts financiers énormes ou d’autres, aussi discrets que la diplomatie sans doute!!! !!! Tous ces gens persécutés ne sont pas des terroristes, ils sont des hommes et des femmes qui ont des droits, tout simplement, les mêmes que nous à avoir un toit, un accès à de l’alimentation, à des soins, à lapais ! Ne pas le dire, ne pas le clamer pour un état comme la France, soit disant si attaché aux droits de l’Homme est pour moi au minimum incompréhensible, et en tous cas inadmissible ….
Là où je vous suis, c’est sur la « passivité » de la complicité de ce gouvernement vis à vis des agissements criminels d’Israël.
Effectivement, la complicité est active et nous en avons plus que des signes:
– Absence totale de toute sanction
– Absence totale de mis en cause de soldats israélo-français complices du génocide et des crimes de guerre.
– Guerre incessante menée contre les soutiens de la Palestine en France, interdiction de meeting, procédures baillons.
– Volonté de criminaliser la critique d’Israël.
– Survol du territoire national par des accusés de génocide en dépit du mandat émis par la CPI
– Condamnation du BDS et de ses promoteurs
– Non accueil des réfugiés palestiniens y compris pour raisons médicales.
– Interdiction d’entrée du territoire pour des militants de la cause palestinienne.
– Autorisation des meetings de soutiens d’Israël avec collecte de fonds pour son armée criminelle.
Le gouvernement français a fait tout ce qui était en son pouvoir….. pour ne rien empêcher du génocide en cours, ce qui constitue un soutien actif et qui fait de ses membres, Macron en tête, des personnes susceptibles d’être poursuivies pour complicité de génocide.
Cette ignominie doit cesser… vivement la rupture!
La diplomatie française, Marc, est à l’image du Président Macron et du gouvernement : totalement déconsidérée. Le massacre du 7 octobre est un massacre terroriste c’est à dire lâche avec des victimes innocentes. Mais le traitement réservé aux Palestiniens est purement scandaleux depuis des années : oppression, colonisation, torture des prisonniers, non respect des droits et des résolutions de l’ONU, refus de reconnaissance etc…Israël a abandonné, délibérément et depuis longtemps , les valeurs humanistes et démocratiques qui pouvaient séduire la communauté juive mondiale, l’ONU et les pays occidentaux. La France s’est progressivement laissée abusée et enfermée dans une ligne pro-israélienne sans considération pour les dérives bellicistes et expansionnistes des gouvernements de plus en plus néo-fascisants de Netanyahu. C’est un immense suicide des valeurs républicaines à la française : l’absence de soutien au peuple meurtri de Gaza est hélas significatif des politiques macronistes.
Pablo Pillaud-Vivien mois aussi je peux être comme vos confrères interrogeant LFI après le 07/10…
Pablo Pillaud-Vivien est-ce que vous condamné le genocide du peuple palestinien par Israel ?
Sinon pourquoi, une fois de plus, vous « oubliez » d’utiliser le mot de GENOCIDE ?
Bonjour,
A propos de la réaction, que l’on dit « passive » du gouvernement, j’invite à lire l’article du Monde d’aujourd’hui : le gouvernement va saisir la justice sur ce qu’il s’est passé lors de l’intervention de l’armée Israëlienne contre la flottille pour Gaza :
https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/26/flottille-pour-gaza-la-france-envisage-de-saisir-la-justice-pour-des-actes-odieux-infliges-par-les-forces-israeliennes-a-des-militants_6693933_3210.html?lmd_medium=al&lmd_campaign=envoye-par-appli&lmd_creation=android&lmd_source=default