Marine Le Pen est dangereusement forte
Pour son discours de rentrée, la candidate du RN a parlé du logement. S’ancrant dans le quotidien des Français, elle déroule une vision d’extrême droite du social. Redoutable.
Ce dimanche, à Hénin-Beaumont, Marine Le Pen a livré son premier discours de candidate. Comme il y a cinq ans à Fréjus, une seule thématique : le social. Elle parlait alors du pouvoir d’achat, notamment celui des automobilistes (autoroutes, essence…). Cette année, sur 45 minutes, elle en consacre près de 40 au logement. Ce thème lui permet non seulement de préempter ce sujet central de la vie des gens, de repositionner sa stratégie politique et d’affirmer son idéologie.
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Se voulant une candidate du quotidien, elle part du concret pour développer un projet global. Elle commence par rappeler que « le logement n’est pas un dossier parmi d’autres. Il est au cœur de la vie personnelle des Français et de la vie économique du pays […] il représente, avec l’énergie pour le chauffer, 1/3 du budget des ménages ». Elle liste les difficultés, dont celle rencontrée par 30% des jeunes qui doivent renoncer à un emploi faute de logement.
Dès lors, elle enchaîne : « Nous nous devons donc plus que jamais de mener la bataille sociale. Aucune féodalité, aucune intimidation ne nous empêchera de la mener ; c’est là une exigence morale. C’est une des conditions de l’unité nationale. Il ne peut y avoir un peuple à deux vitesses. J’entends déjà des critiques de cet engagement social pourtant partie insécable de notre identité nationale. D’un côté une droite sans cœur qui confond social et socialisme, de l’autre une gauche remplie d’une inaltérable haine sociale qui me reprochera de ne pas détester ceux qui réussissent. » Les sourires et chansons pour « Jordan de Monaco » qui fêtait son 31ème anniversaire ne masquent pas la nette réorientation de la campagne.
En un discours ramassé, solide et glaçant, Marine Le Pen défend une vision d’extrême droite du social. D’emblée, elle fonde sa proposition sur la préférence nationale : « Avec nous, les Français, quelle que soit leur couleur de peau, leur origine ou leur religion, seront prioritaires chez eux ». Elle n’hésite pas à alimenter les fausses informations. Contrairement à ce qu’elle énonce, et selon l’Insee, à revenus et tailles comparables, l’occupation des logements sociaux est équivalente entre Français et immigrés. La question est donc : faut-il discriminer une famille étrangère ? D’ailleurs elle propose de réserver les APL aux Français. Le débat est autre : la politique sociale du logement doit-elle constituer, avec l’école, une politique d’intégration ? Marine Le Pen s’appuie sur la grave crise du logement pour attiser les mauvais sentiments du « chacun pour soi » et « moi d’abord ».
En un discours ramassé, solide et glaçant, Marine Le Pen défend une vision d’extrême droite du social. Logements sociaux, APL… La question est : faut-il discriminer une famille étrangère ? Marine Le Pen s’appuie sur la grave crise du logement pour attiser les mauvais sentiments du « chacun pour soi » et « moi d’abord ».
La partie de son discours la plus applaudie – et de loin – fut celle qui s’attaquait au squat. Marine Le Pen monte en épingle un sujet qui, selon le ministère de l’intérieur, concerne entre 6000 et 7000 logements chaque année sur près de 40 millions de logements. La candidate alimente la peur et un faux diagnostic.
Plus essentiel, Marine Le Pen entend remettre en cause la loi SRU qui, depuis les années 2000, contraint les villes à réserver une part de logements sociaux – entre 20 et 25%. Celle qui se fait la chantre du combat contre les ghettos veut défaire une loi qui vise un certain équilibre territorial, en particulier pour que les salariés puissent se loger près de leur lieu de travail. À l’inverse, elle propose que chacun puisse acheter son logement social. Celle qui clame vouloir défendre les HLM, auxquels 70% des familles sont éligibles, les fragilise de plusieurs manières.
Les exigences environnementales étaient au cœur de ses attaques que ce soit en matière de construction ou de non-artificialisation des sols. Elle fait de ces impératifs écologiques les causes principales de la pénurie de logements. Elle veut la remise en cause de toutes les réglementations et, par exemple, demande que les passoires thermiques puissent continuer à être louées. À l’évidence, elle ne défend pas ici les Français les plus précaires mais les loueurs indélicats. Parmi eux, une part des retraités qui s’assurent ainsi un complément de revenus. Marine Le Pen drague cet électorat en proposant des mesures sans souci du futur.
Son diagnostic sur le manque de logements est singulièrement faible. À raison, elle parle des complexités administratives, des bureaux vides qui pourraient être transformés en logements mais ne dit rien de la spéculation foncière et de la hausse spectaculaire du coût des logements (+30% en 10 ans) ni de la baisse drastique des moyens des bailleurs sociaux.
Pour finir, Marine Le Pen se fait porteuse d’un droit au « beau ». Elle endosse cette souffrance d’un cadre de vie vécu comme dégradé, en particulier dans les centres-villes abandonnés et les quartiers relégués. Sa réponse convoque une idée surannée du beau, basée sur l’éternelle beauté dont elle et ses amis seraient les arbitres. Comme lorsque le RN pourfend la création culturelle, Marine Le Pen fait du fascisme à l’état pur.
Avec le logement, Marine Le Pen s’installe sur un sujet accessible à tous et développe en tout point une vision régressive et ségrégative.
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Bonjour,
Le problème avec Marine Le Pen, c’est que quoi que vous disiez, la fiction (ce qu’elle raconte) est plus forte que la réalité (la réalité du logement social, la réalité de l’immigration dans la société française).
Si vous essayez d’expliquer rationnellement quelque chose à quelqu’un, on vous sortira toujours la même réponse : Oui, mais moi, je connais quelqu’un qui..,je connais une famille qui…
Les fantasmes ont toujours plus raison que la raison.
Et puis, on vous sortira toujours un chiffre (sorti d’on ne sait d’où) pour vous prouver que…
J’ai vécu très concrètement ce problème dans une ville dirigée par la gauche : les immigrés avaient tous les droits, les « bons français », aucun.
Très difficile à démonter comme argument.
Pourquoi » dangereusement » l’extrême centre a TOUT raté depuis 50 ans ,et l’extrême gauche est indigéniste, ca ne peut pas être pire
Bonjour Philippe Renard,
Il faut quand même préciser les termes. « L’extrême gauche est indigéniste » est un raccourci très confus qui mélange des courants très différents.
Qu’est-ce que l’indigénisme ?
En France, le terme renvoie notamment au courant issu de l’Appel des Indigènes de la République de 2005 et du PIR, qui développe une lecture décoloniale des rapports sociaux : la racialisation, l’héritage colonial et les rapports de domination entre groupes y occupent une place centrale. Le PIR a d’ailleurs revendiqué une organisation politique autonome des populations qu’il désigne comme « indigènes ». Ce n’est donc pas simplement l’antiracisme ou la défense des quartiers populaires.
Peut-on pour autant dire que LFI est « indigéniste » ce qui est votre sous-entendu ?
Je ne le pense pas. LFI est traversée par différentes traditions et certaines de ses positions ou de certains de ses militants ont effectivement été influencés par les approches décoloniales. On peut parfaitement discuter et critiquer cette influence. C’est une nuance entre LFI qui est populiste et basiste avec le PCF qui défend une approche universaliste républicaine et le matérialisme de classe. Vous faîtes un amalgame de ce courant le PIR avec LFI. La participation à certaines manifestations contre le racisme ne veut pas dire que Daniele Obono est d’accord avec toutes les idées développées par le PIR. On peut parfaitement discuter et critiquer cette influence. Mais influence, proximité sur certaines questions et identité politique sont trois choses différentes. Philippe Renard, il faudrait quand même revenir aux faits plutôt qu’aux procès d’intention contre LFI. Être présent à une manifestation ne signifie pas approuver indistinctement les positions de tous ceux qui y participent, comme le PIR. Que des députés LFI aient participé à des mobilisations où étaient présents des groupes ou des slogans parfaitement discutables ne permet pas de conclure qu’ils approuvaient chacun de ces groupes ou chacun de ces slogans. Et heureusement : la présence dans une manifestation n’est pas une profession de foi collective. Des débats sociaux et économiques sont préférables à des polémiques sociétales.
Et surtout, « extrême gauche » n’est pas une catégorie suffisamment précise : entre trotskistes, marxistes-léninistes, anarchistes, autonomes, décoloniaux et gauche populiste, les conceptions de la classe, de la République, de la nation, du racisme ou de la stratégie politique peuvent être très différentes.
Vous devriez être prudent avec les formules globales. On peut critiquer LFI sur des positions précises, tout comme on peut critiquer l’extrême centre sur son bilan, ou encore la droite y compris républicaine et celle dite nationale, mais les étiquettes ne remplacent pas l’analyse concrète des forces politiques, de leurs programmes et de leurs pratiques.
Bien à vous,
Le FN et le RN c’est l’extrème droite : Le papa ne voulait pas le pouvoir, ce qui lui permettait d’avoir un programme politique fidèle à son idéologie; sa fille veut le pouvoir, et est contrainte d’avoir un programme moins réac si elle veut élargir son électorat.
La déculottée en 2002 de Jean Marie Le Pen face à Jacques Chirac fut une leçon bien comprise. Reste que Marine Le Pen n’a pas changé, comme elle le démontre involontairement dans ses discours.
Elle a utilisé Zemour, puis aujourd’hui, Bardella, pour alimenter sa prétendue dédiabolisation, avec la pas désintéressé aide de nos médias de milliardaires, et autres castes bien nourries. Grosse ficelle de politicarde !
Reste que le vote RN se fortifie aussi de la débâcle de la gauche socialiste, dont nous avons été un peu complices, et du désastre économique, sociale, morale, aggravé par dix années de macronisme, qui ajoute désastre politique, aux désatres précédemment cités. Le Programme du RN est un programme de droite, mais qu’importe, Le RN ne veut que le pouvoir que pour le pouvoir, une fois élue, elle nous fera du François Hollande: Un immense bras d’honneur valable cinq ans, et pourquoi pas, renouvelable.
Mais bon, une candidate condamnée par la justice à de la prison ferme, par deux fois, élue Présidente de la République Française, peut être, mais pas du tout certain…malgré les sondages.
» Ta France fous le camp ! » avait valu à Louis XVI de perdre la tête, nous n’en demandons pas tant, mais…
Merci beaucoup Madame pour cet article: vous exprimez clairement ce que j’ai ressenti en lisant cette proposition de M.L.P.
À gauche, les uns organisent une primaire… montrant par là leur incapacité à fonctionner dans un groupe solide et puissant !
Un autre fait une proposition pour non pas effacer mais diminuer la dette: politiquement c’est plus honnête que de commencer par des promesses dont il sait qu’il n’aura pas le budget, mais le mécanisme proposé est difficile à comprendre et il est surtout difficile aux personnes qui souffrent socialement d’accepter que cela soit posé en préalable !
De l’autre côté, des promesses fusent, alors que les moyens n’y seront pas et qu’ayant participé de loin ou de près aux gouvernements ces dernières années, ils n’ont pas même entamé ce qu’ils promettent.
Et de tous côtés ils expriment des positions sur les différents conflits qui agitent le monde ( importants certes, avec des conséquences sur la vie des citoyens) mais cela leur semble « bien loin » des préoccupations quotidiennes…
Une seule frappe directement les électeurs en abordant un sujet qui les touche tous douloureusement : le logement, et comme vous l’écrivez justement, elle le fait à sa façon d’extrême droite, « la préférence nationale », et cela risque en effet d’être terriblement et très dangereusement « efficace » politiquement (en terme d’intentions de vote)…
On me dit ici ou là que la campagne électorale n’a pas « commencé », manifestement elle a commencé pour le R.N !
Alors la gauche, à vos propositions pertinentes, raisonnables, plausibles et compréhensibles S.V.P., c’est URGENT!!!
Bonjour Dominique Mas,
Vous avez raison sur un point : face au RN, la gauche doit mettre sur la table des propositions concrètes, compréhensibles et immédiatement reliées à la vie quotidienne.
Mais elles existent déjà. C’est même l’un des intérêts de la démarche de Fabien Roussel et du PCF : partir des besoins populaires plutôt que de commencer par expliquer aux gens ce qu’ils devraient accepter comme sacrifices. Fabien Roussel avec VIVRE! défendra les orientations du PCF approuvées au 40ème Congrès de juillet 2026.
Sur le logement, Fabien propose 200 000 logements sociaux construits chaque année, un plafonnement de la quittance à 20 % des revenus du foyer et 10 milliards d’euros par an pour rénover 700 000 logements. Il propose aussi un véritable « plan Marshall » de 20 milliards par an pour la rénovation des bâtiments, dont 12 milliards pour l’habitat privé.
Sur le pouvoir d’achat, Fabien demande dès maintenant un SMIC à 1 700 € net et une hausse de 5 % de tous les salaires. Il propose également d’agir sur les prix de l’énergie plutôt que de demander aux ménages de consommer toujours moins : le PCF porte le doublement de la production d’énergie décarbonée d’ici 2050 et la division par deux des tarifs.
Sur l’industrie, il ne s’agit pas de distribuer des chèques sans transformer la production. Le PCF donc propose un fonds d’investissement de 100 milliards d’euros consacré à la production nationale et fixe l’objectif de porter la part de l’industrie à 12 % du PIB, puis 15 %. Selon les chiffres avancés par Fabien, cela représenterait respectivement 900 000 puis 1,9 million d’emplois supplémentaires. C’est transformer le plan climat en plan quinquennal 2027-2032 pour la bifurcation écologique : https://ecologie.pcf.fr/plan-climat/
Sur la transition écologique, le choix est également concret : rénover 700 000 logements par an, développer massivement le rail et les transports collectifs, produire davantage d’électricité décarbonée, développer le nucléaire et les renouvelables sous maîtrise publique, transformer l’agriculture et garantir aux agriculteurs un travail rémunérateur.
Et sur la dette, justement, notre approche est différente d’une politique d’austérité : il faut regarder ce que produit la dépense. Investir dans le logement, l’industrie, l’énergie, les transports, la santé ou l’éducation n’est pas une dépense improductive lorsqu’elle permet de produire davantage, de réduire les importations, de créer des emplois et donc des cotisations et des recettes fiscales. Fabien propose d’ailleurs de mobiliser la Caisse des dépôts et un fonds d’investissement de 100 milliards pour cette transformation.
Concrètement, sur la dette, la proposition des économistes du PCF ne consiste pas à dire que « la dette n’existe pas » ou qu’il suffirait de l’effacer (cf. LFI et le débat avec la BCE). Elle consiste à sortir progressivement les dépenses utiles de l’emprise des marchés financiers. Le PCF propose ainsi de créer, via le pôle public bancaire — Caisse des dépôts, Banque publique d’investissement, Banque postale — un fonds d’avance pour les services publics, de 100 milliards d’euros dès la première année et 500 milliards sur cinq ans, à taux nul, refinancé auprès de la BCE (ça c’est possible : la BCE devant approvisionner les banques en liquidité et par l’Etat directement comme le propose LFI par l’effacement). L’idée est fondamentale : financer à très bas taux les investissements et même les dépenses humaines qui créent des capacités nouvelles — enseignants, soignants, transports, recherche, rénovation, industrie — plutôt que d’emprunter sur les marchés à des taux déterminés par la rentabilité financière. Pour Fabien, l’enjeu n’est donc pas simplement de réduire le stock de dette, mais de transformer son usage : une dette qui finance des intérêts versés aux créanciers n’a pas le même effet qu’une avance publique qui finance de l’emploi, des salaires, des services publics et des investissements productifs, lesquels génèrent ensuite cotisations, recettes fiscales et richesses nouvelles. C’est également pourquoi le PCF propose de mobiliser la création monétaire de la BCE pour financer sélectivement le développement social, écologique et productif, plutôt que de laisser cette création monétaire alimenter prioritairement les marchés financiers. Et là c’est un plan A qui crée un rapport de force et n’exclut pas un plan B comme la LFI désormais le fait.
Fabien avec VIVRE ! porte la Sécurité d’emploi ou de formation (SEF) de Paul et Frédéric Boccara, économistes du PCF. Il ne s’agit pas simplement de garantir une allocation aux chômeurs, mais de construire progressivement un droit pour chacun à un emploi ou à une formation rémunérée, avec mobilité choisie, qualification et sécurité de revenu, en supprimant la précarité comme variable d’ajustement du marché du travail. Cela suppose de transformer les critères de gestion des entreprises : au lieu de chercher prioritairement la rentabilité financière maximale, il faut mesurer l’efficacité par le développement de l’emploi et des qualifications, l’efficacité économique et les résultats sociaux et écologiques. Il s’agit donc de faire baisser le coût du capital — dividendes, intérêts, rentes — plutôt que le coût du travail, et de donner aux salariés, aux citoyens et aux usagers de nouveaux pouvoirs sur l’utilisation de l’argent et les décisions de gestion. C’est dans cette même perspective que s’inscrit le projet communiste pour l’économie sociale et solidaire : l’ESS n’est pas conçue comme un petit secteur sympathique laissé à côté du capitalisme, mais comme l’un des terrains permettant de développer la valeur d’usage, la démocratie économique et la propriété collective. Le plan du PCF prévoit notamment de renforcer son financement par un fonds associant Caisse des dépôts, Bpifrance et réseaux bancaires mutualistes, de soutenir les SCOP issues des luttes, de développer les SCIC et de créer 100 000 emplois d’utilité citoyenne ; il propose également un droit de préemption des salariés lors de la vente d’une entreprise. La cohérence est donc bien révolutionnaire : il ne s’agit pas seulement de mieux redistribuer les richesses produites par le capital, mais de modifier progressivement qui décide, comment l’argent est utilisé, selon quels critères on produit et finalement quels rapports de propriété organisent l’économie.
Enfin, vous dites très justement que les questions internationales peuvent sembler éloignées des préoccupations quotidiennes. Mais justement, l’indépendance énergétique, la réindustrialisation, les salaires, le logement et la maîtrise de nos ressources sont aussi des questions de souveraineté.
La différence avec le RN est fondamentale : le RN transforme les difficultés sociales en opposition entre Français et étrangers. Nous proposons de transformer les conditions matérielles qui produisent ces difficultés : reprendre le pouvoir sur les prix, les salaires, le logement, l’énergie, l’industrie et la finance.
Et c’est peut-être là que la gauche doit faire sa démonstration : ne pas seulement dire « il faut faire barrage au RN », mais montrer très concrètement ce que nous voulons produire, construire, nationaliser, financer et redistribuer, et avec quel pouvoir pour les travailleurs.
C’est cela, une alternative populaire. Et elle ne nécessite pas de demander aux classes populaires de patienter : elle peut commencer dès maintenant. En 2027 ! VIVRE !
Le PC de Fabien Roussel n’est pas une alternative, c’est une fausse solution qui ne repose sur rien, du fait qu’elle n’est plus un choix pour la rupture, mais la possible condamnation de toute chance de rupture en 2027.
Des militants qui pensent à gauche, oui bien évidemment, mais qui ont fait trop confiance à leurs élites dépassées par leurs bavardages révolutionnaires d’un autre siècle, celui des théoriciens qui ont abandonné la pratique des réalités du temps souverain.
La nouvelle France c’est la France du macronisme, de l »échec de la fausse gauche, et des difficultées, sociales, économiques, de chaque jour, pour celles et ceux qui ont cru aux beaux discours.
Cher Lionel Mutzenberg, Cher militant social-démocrate,
Votre raisonnement repose précisément sur ce qu’il faudrait démontrer : vous affirmez que Fabien Roussel serait une « fausse solution » parce qu’il ne permettrait pas la rupture, mais tu ne compares pas réellement les contenus des différents projets.
Regardons donc les choses concrètement.
Vous dites qu’il est à 2,28%. Vous passez votre temps comme social-démocrate à lutter contre le PCF, donc contre le socialisme. Vous voulez qu’il fasse 0%. Pourquoi ? Car il a un discours qui place bien votre champion à sa droite. Il faut donc le faire taire. Et donc les propos violents contre lui sont gratuits. Vous êtes le dominant.
Vous devez par votre champion être au deuxième tour. Vous avez besoin que le candidat social-libéral (du PS ou de PP) vous soutienne et comme le candidat social-conservateur (Edouard Philippe etc. Vous avez déjà prévu un front commun avec eux. Il faut faire taire tout débat d’idée. Dire saucisse, pinard etc.
Pour votre gouverne, les caricaturistes de droite déjà insultaient Jean Jaurès comme vous le faîtes pour Fabien Roussel. Jean Jaurès avait une bouteille dans sa poche. Il avait une saucisse en foulard. Le gauchisme est un opportunisme de droite… Vous ne changez pas. Vous sautez comme des cabris RUPTURE ! RUPTURE! RUPUTRE ! Laquelle ?
Avec le peuple ? Oui
Avec le prolétariat ? Oui, oui et oui !
À la Fête de l’Humanité, Roussel n’a pas seulement parlé de redistribution ou de dépenses sociales. Il a placé au centre la question de la production et de la propriété : nationalisation d’une grande banque, réappropriation de l’outil de production, parité entre représentants des salariés et des actionnaires dans les conseils d’administration, pouvoir des travailleurs sur les choix de production, la répartition des richesses et l’utilisation des bénéfices. Il a également articulé cela à la nationalisation-sanction de Total et à la confiscation de ses profits. Ce sont des propositions discutables, que l’on peut combattre ou défendre, mais elles constituent bien une tentative de poser la question du pouvoir économique et pas seulement celle de la redistribution après production.
Or c’est justement là que votre raisonnement cher Lionel Mutzenberg devient problématique : vous définissez la « rupture » sans examiner le rapport de propriété et les rapports de classe qui permettraient de la réaliser.
Mélenchon propose une planification écologique par la sobriété des classes populaires, la renationalisation d’EDF et d’Engie, un pôle public de l’énergie pour fermer les centrales nucléaires, la nationalisation des autoroutes et de certaines industries comme en 1981 pour accompagner la décroissance. Il faut donc discuter concrètement de ces choix et de leur articulation avec la production industrielle, l’emploi, l’énergie et la souveraineté, plutôt que décréter que l’un serait par définition la « rupture » et l’autre son contraire.
Et surtout, il existe des convergences beaucoup plus importantes entre Mélenchon, Marine Tondelier et Olivier Faure qu’entre chacun de ces projets et une conception communiste défendue par Fabien Roussel, candidat pour VIVRE! soutenu par le PCF, fondée sur la conquête du pouvoir économique par le monde du travail : planification écologique, intervention accrue de l’État, redistribution, défense de la protection sociale, transformation écologique de l’économie et recherche d’un rassemblement électoral de la gauche.
Marine Tondelier défend ainsi une planification écologique, la sortie du nucléaire et une réforme des retraites comme celle de Mélenchon s’inscrivant dans la continuité de Rocard ; Olivier Faure propose notamment de conditionner le versement de dividendes à la transformation écologique des entreprises et inscrit cette orientation dans une stratégie de rassemblement de la gauche. Mélenchon travaille lui aussi à une transformation écologique principalement organisée autour de la puissance publique.
Cela ne signifie évidemment pas que Mélenchon, Tondelier et Faure soient identiques. Ils ont des divergences réelles. Mais si l’on veut employer les mots « rupture » et « social-démocratie », il faut les définir à partir du rapport au capital, à la propriété, à l’État et au pouvoir des travailleurs, pas simplement à partir du degré de radicalité du vocabulaire.
La question communiste n’est donc pas : qui parle le plus fort de rupture ?
Elle est : qui cherche à modifier les rapports sociaux qui reproduisent la domination du capital, avec quelle classe sociale, quelle organisation, quelles institutions, quel pouvoir sur la production et quelle stratégie pour transformer effectivement ces rapports ?
C’est justement ce débat que votre commentaire anti communiste primaire évite.
Et lorsque vous parlez des « théoriciens qui ont abandonné la pratique des réalités du temps souverain », vous faites finalement l’inverse de ce que vous prétendez défendre : vous opposes la théorie à la pratique au lieu de chercher leur unité. La tradition marxiste ne dit pas de choisir entre les « réalités du temps » et la théorie. Elle dit précisément qu’une pratique sans compréhension des rapports sociaux risque de rester prisonnière de l’immédiateté, tandis qu’une théorie sans pratique devient une abstraction.
La vraie question n’est donc pas de savoir qui possède le monopole du mot « rupture ». Pour vous, le cabris Mélenchon ! Mais n’était il pas plutôt une tortue ?
Elle est de savoir quelle transformation de la société est réellement proposée, quelle classe doit la porter et comment on passe du programme à l’organisation, puis de l’organisation au rapport de force et du rapport de force à la transformation des rapports de propriété.
C’est sur ce terrain-là que la comparaison Roussel-Mélenchon mérite d’être menée.
Camarade Lafleur, un peu de modestie et de lucidité. Votre puritanisme dogmatique vous confine à l’absurde. La posture professorale que vous adoptez à l’occasion de vos commentaires devient lassante. Vos lancinantes incantations Roussel, Vivre 2027! ressemblent plus à un cri du désespoir qu’à une analyse claivoyante de la situation actuelle.
Insoumis Trintignac,
Je veux bien entendre la critique, mais encore faudrait-il qu’elle porte sur ce que j’écris plutôt que sur une caricature de ma position. « puritanisme dogmatique », « posture professorale », « cri du désespoir » : cela qualifie mon intervention, mais cela ne réfute aucun de mes arguments.
La droite a toujours été méprisante et pleine de morgue avec la gauche. Oui, Roussel est la vraie gauche. Mélenchon un leurre pour garantir la domination du capital et les alliances de la social-démocratie avec les secteurs de la droite libérale : Garbriel Attal et même Edouard Philippe dont vous appellerez les électeurs à vous soutenir contre le RN.
La question posée est pourtant assez concrète : que faisons-nous de la contradiction entre une accumulation considérable de richesses et de profits d’un côté, et la dégradation des conditions de vie et de travail de l’autre ?
Si l’analyse de classe est devenue une « incantation », il faut alors expliquer en quoi elle serait devenue obsolète et par quelle analyse on entend la remplacer.
C’est pour cela que le vote Mélenchon n’exprime pas une conscience de classe. Il exprime un choix électoraliste assez infantile les roses verdâtres faces aux bleus marines. Moins Roussel fera de voix, plus le racisme, la mysoginie sexiste et violente et l’homophobie populiste autoritaire comme véhicule d’une gauche culturaliste méprisant le socialisme.
Quant à Roussel et à « Vivre ! », il ne suffit pas d’en répéter le nom pour en faire une incantation. Nous pouvons en discuter concrètement de ses propositions : salaires, retraites, services publics, réindustrialisation, énergie, nationalisation, droits nouveaux des salariés, maîtrise de la production et intervention des travailleurs dans les décisions économiques. Vous pouvez les critiquer, bien entendu. Mais encore faut-il les discuter. Et ne pas dire : Roussel = Doriot, Roussel = Dubosc, Roussel = saucisse pinard !
Les attaques contre Fabien Roussel sont les mêmes que subissaient Jean Jaurès de la part des droitards.
Pour ma part, je ne vois rien de « dogmatique » à partir d’une question aussi élémentaire : qui produit les richesses, qui décide de leur utilisation et qui en reçoit l’essentiel des fruits ?
Et c’est précisément là que le débat communiste devrait se situer. Prendre le parti du travail ne signifie pas seulement mieux redistribuer les richesses produites ; cela signifie aussi donner aux travailleurs un pouvoir réel sur la production, l’investissement, l’entreprise et les choix économiques. Autrement dit, passer de la seule question de la répartition à celle du pouvoir.
Si tu contestes cette orientation, discutons-en politiquement et théoriquement. Mais remplacer l’argumentation par des qualificatifs sur ceux avec lesquels on débat ne fait pas avancer notre réflexion collective.
Par exemple, Mélenchon concentre sa proposition sur la neutralisation d’une partie de la dette déjà détenue par la BCE ; le PCF raisonne davantage en termes de transformation du système de financement de l’économie et de contrôle démocratique de la création monétaire. Chez Mélenchon, la dette apparaît surtout comme une contrainte financière qu’il faut desserrer. Il ne remet pas en cause le système d’un iota. La BCE ne va pas « désobéir » aux traités pour la France. Nos partenaires n’entendent pas plus y déroger. Le plan de LFI est mort-né. Dans le cadre juridique actuel, elle est précisément conçue pour être indépendante des gouvernements nationaux, et l’article 123 du TFUE interdit le financement monétaire direct des États. La BCE et les banques centrales nationales ne peuvent donc pas simplement recevoir l’instruction d’effacer la dette française détenue par l’Eurosystème. Mélenchon fait du populisme. De la démagogie. C’est évident, comme le RN, pour capter l’électorat sur des illusions de rupture. La BCE dit actuellement, en substance : nous sommes indépendants et nous appliquons les traités. Et juridiquement, c’est cohérent avec l’architecture actuelle. La Banque de France vient encore de rappeler en septembre 2026 qu’elle agit dans le cadre des décisions du Conseil des gouverneurs de la BCE et dans le respect de son indépendance. Donc le problème n’est pas de reprocher à la BCE de « ne pas obéir ». Elle obéit aux règles institutionnelles qui ont été établies et défendues avec fougues à l’époque par Mélenchon par le OUI à Maastricht.
La position du PCF est plus ambitieuse et réaliste que celle de LFI (et bien évidemment que celle du RN) : même si les journalistes et les éditorialistes aiment le sujet LFI/RN. En effet, la question politique sérieuse est donc celle-ci : voulons-nous simplement demander à la BCE une exception pour desserrer la contrainte de la dette, ou voulons-nous transformer les règles de l’Union monétaire afin que la création monétaire, le crédit et l’investissement puissent être orientés démocratiquement vers les besoins sociaux, industriels et écologiques ? Dans le premier cas, on demande une faveur au système ; dans le second, on s’attaque à son architecture. La position communiste défendue par Fabien Roussel pour le PCF est donc beaucoup plus ambitieuse que la seule proposition de « mettre la dette au frigo » : non pas seulement neutraliser une partie du passé, mais changer le circuit de création et d’allocation de l’argent pour empêcher que la même contrainte se reproduise. Dans le cadre des contraintes juridiques actuelles, le raisonnement économique développé actuellement par le PCF, notamment par Denis Durand, consiste à utiliser les institutions financières publiques — par exemple la Caisse des dépôts — pour financer un vaste fonds de développement des services publics, avec un refinancement auprès de la BCE ; ce qui est là possible. Fabien Roussel ajoute à cela un pôle bancaire public, avec la nationalisation d’au moins une grande banque (BNP et/ou Société Générale), afin de financer les investissements, l’industrie, l’agriculture, les transports, les services publics et la transition écologique à des conditions privilégiées. Voilà une confrontation concrète et factuelle de deux programmes sur un sujet de fond et sans procès d’intention.
Fraternellement
Social démocrate ? Mais le principal allié de la sociale démocratie a été le PC après 1983, alors que le parti de la rose avait capitulé devant le néolibéralisme qui s’annonçait !
Nos unions, lors des élections intermédiaires pour conserver des postes, et des places, ont conforté le PS dans son rôle de premier parti de gauche de France, dont nous rabattaient les oreilles nos médias chaque jour.
Le PC ne veut pas entrer dans le gouvernemnt Fabius, il aurait été préférable de rester, et de se faire écarter du gouvernement, la base aurait mieux compris ce qui nous séparait des socialistes, mais ce pas de deux, pour raisons électoralistes, personne ni comprenait plus rien, sous le sourire moqueurs de nos adversaires de droite.
Puis vint l’effondrement de l’URSS, la chute du mur de Berlin, dans l’ombre d’ un gouvernemnt de gauche, que nous combattions chaque jour dans nos entreprises., nous opposant à la CFDT qui soutenait le pouvoir socialiste..qui était des nôtres !
Le PS était la sociale démocratie des années trente, que nous n’avons pas assez tôt dénoncer, alors que les mémoires de nos anciens étaient toujours présentes.
Le PC devenait minoritaire, et, dans nos entreprises, nos syndicats CGT perdaient leur influences, sous les discours de nos petits intellectuels qui nous abreuvaient de discours marxistes léninistes comme le tien.
Pour moi, la cause est entendue, les partis politiques qui ne feront pas tout ce qu’il faut pour que la gauche soit au second tour de l’élection présidentielle de 2027, ne sont pas de gauche.
Être de gauche, c’est s’opposer au macronisme, au RN, au patronat qui ne se cache plus ses préférences politiques, pas seulement avec des mots; quand à la finance de François Hollande, nous avons payé très cher pour connaitre sa véritable nature.
Depuis des décennies, des mots, des phrases, des discours, des gesticulations, il est temps de passer aux actes !
Dans nos entreprises des militants ont bravé leurs maîtres, qui bénéficiaient d’un pouvoir absolu, celui de l’argent, même sous les gouvernements de gauche, il serait temps que nos détenteurs de mandants électifs prennent eux aussi le risque de leurs convictions.
Cher Lionel Mutzenberg, Cher militant insoumis,
Votre rappel historique est intéressant, mais il conduit à une conclusion assez différente de la tienne. Vous faites une vraie critique historique du PCF, qui est intéressante, mais elle aboutit justement à une conclusion qui, de mon point de vue, reproduit précisément le problème qu’elle dénonce.
Oui, la participation du PCF aux gouvernements de 1981-1984 a créé une contradiction réelle : après le tournant de la rigueur de 1983, le Parti se retrouvait à participer à un gouvernement dont il combattait certaines orientations. Cette contradiction a aboutit à la sortie des ministres communistes en juillet 1984.
Mais, si vous tirez de cette histoire la conclusion qu’il faut aujourd’hui tout faire pour que « la gauche soit au second tour », vous remplacez la question du contenu de classe et de l’indépendance politique par une question essentiellement électorale. Or, c’est déjà le vote utile qui a conduit à privilégier le bulletin Mitterrand à celui de Georges Marchais.
Vous reprochez au PCF ses unions avec le PS pour conserver des élus et des positions. Mais aujourd’hui, vous nous demandez finalement d’accepter la même logique au nom du « vote utile » : se rassembler d’abord, discuter du contenu ensuite. C’est précisément ce que nous contestons.
Et quand vous écrivez que « les partis qui ne feront pas tout ce qu’il faut pour que la gauche soit au second tour ne sont pas de gauche », vous transformez le résultat d’une élection en critère de définition de la gauche. C’est une conception bien curieuse de l’autonomie politique et surtout de notre intérêt comme classe sociale.
D’autant que vous dites vous-même avoir connu les conséquences de cette logique : le PS, dont un jeune adjoint au maire de Massy, conseiller général et sénateur du nom de Mélenchon, au pouvoir, la rigueur, puis la conversion progressive au néolibéralisme, pendant que la CGT perdait du terrain dans les entreprises. L’expérience devrait donc nous conduire à poser une autre question : avec quelle classe sociale, avec quel programme, avec quelles forces organisées et pour quel rapport de forces voulons-nous gouverner ?
C’est là que je ne vous suis pas.
L’autonomie du PCF à l’égard du PS et de la social-démocratie (élargie de LFI à PP en passant par les écologistes) n’est pas un refus de l’unité. C’est la condition pour que l’unité ne signifie pas une nouvelle fois l’effacement du Parti communiste derrière une force plus puissante électoralement. C’est pourquoi l’enjeu est un front de classe autour de VIVRE!
Et c’est exactement le même problème avec LFI : après avoir dénoncé pendant des années la logique du PS, on ne peut pas simplement remplacer le « pôle de gauche » dominé par le PS par un « pôle large » dominé par LFI, puis appeler cela une rupture. Vous écrivez qu’il faut passer des paroles aux actes. Je suis d’accord. Mais alors commençons par regarder les actes : qui organise les travailleurs, qui reconstruit des forces dans les entreprises, qui défend les services publics, qui porte une stratégie industrielle, énergétique et sociale, et qui construit durablement un rapport de forces avec le capital ? Une élection ne crée pas à elle seule ce rapport de forces. Elle peut en être un débouché. Elle ne peut pas en tenir lieu. C’est précisément ce que j’appelle, pour ma part, un communisme de conquête, soit l’orientation du 40ème Congrès prenant le parti du Travail : ne plus demander au PCF de se fondre dans le rassemblement existant, mais reconstruire une force populaire capable de transformer le rapport de forces et, ensuite, de conquérir le pouvoir.
L’autonomie communiste n’est donc ni sectarisme ni nostalgie. C’est tirer les leçons de notre propre histoire.
L’autonomie communiste ce n’est pas d’ouvrir grande la porte au RN, ou au bloc des droites, pour le second tour.
Marre de jouer le barrage au détriment des mes droits., bercer par des discours marxistes-léninistes, qui nous ont conduit là ou nous sommes.
Le PS a tué la gauche; l’idéal de gauche n’est pas mort, mais ce n’est grâce au parti communist, qui a sombré, comme d’autres partis communistes, comme le démontre le résultat de l’élection de 2022. La gauche elle est ailleurs, elle a un candidat, un programme, une équipe, ce qui vous est inaccessible aujourd’hui.
La classe ouvrière, au sens large de celles et ceux qui vivent de leur travail, vote RN, s’abstient, une petite minorité vote à droite, là est le problème que vous n’avez pas résolu.
Et ce n’est pas en écoutant la messe de Fabien Roussel que cela va changer.
Ou la gauche est au second tour, et la victoire est possible, ou elle ni est pas, et le vote est terminé; la rupture, ce sera pour une autre fois, comme nous disaient nos petites élites, qui pouvaient se permettre d’attendre.
Celles et ceux, qui en paieront les conséquences renforçant, l’abstention et vote au RN.
Un jeu à la c… qui a encore des partisans !
Bon je sais, 2022, et 2024, ont changé la donne, mais ce n’est pas grâce à votre positionnent de classe, en toute conscience… là je sais plus très bien. C’était quoi la prise de conscience de classe du prolétariat, à laquelle nous devions adhérer ?
@lionel Mutzenberg. Le suffrage universel est mortel en lui-même pour les partis communistes. Le problème que le droit de vote pose est insoluble pour les partis communistes. Aucun n’ose militer pour sa suppression, or c’est ce qui serait nécessaire pour permettre à l’idéal communiste d’être atteint.
Cher citoyen Renaud Bernard,
Je vous réponds, mais je pense qu’il faut effectivement reprendre un peu d’histoire et de théorie, parce que votre invocation de la « démocratie » comme d’une réalité abstraite et intemporelle pose toujours problème.
Je vous conseillerais notamment de lire ou relire Albert Einstein, « Pourquoi le socialisme ? ». Ce texte de 1949 est intéressant précisément parce qu’Einstein ne réduit pas la démocratie au seul droit de vote : il analyse le pouvoir économique, la concentration du capital et leur influence sur les institutions politiques. Il défend une économie socialiste planifiée, tout en posant explicitement la nécessité de garanties démocratiques contre la bureaucratisation. Cela vous aidera peut-être enfin à saisir certaines distinctions de base.
La situation des gilets jaune réprimés devrait vous faire aussi réfléchir. Je vous invite à voir ou à revoir bien sûr le documentaire : un pays qui se tient sage réalisé par David Dufresne.
Et en 1987, le gouvernement a réprimé durement une manifestation à Amiens par exemple. Les cheminots demandaient l’arrivée du TGV. Il y arrivera en 2027. Mais en 1987, le régime parlementaire a réprimé et a tué Lucien Barbier, cheminot CGT et membre du PCF.
Je n’ose vous rappeler que du régime parlementaire a réprimé fortement les mineurs du pas de calais en 1947, 1948 et 1952. Il faudra attendre 2014, soit 66 ans après les faits, pour que la République reconnaisse officiellement le caractère « discriminatoire et abusif » des licenciements pour faits de grève de 1948 et 1952 ainsi que divers très graves atteintes aux droits fondamentaux des mineurs.
Albert Enstein y développe une démarche beaucoup plus matérialiste que l’idée d’un « citoyen » abstrait qui exercerait librement ses choix indépendamment des rapports sociaux dans lesquels il vit. Le suffrage est une conquête démocratique essentielle, mais il ne suffit pas à abolir les rapports de classe.
Et l’histoire française nous oblige à regarder cette démocratie réellement, dans ses contradictions. Les communistes n’ont évidemment pas inventé à eux seuls le suffrage universel, et je ne prétends pas que nous aurions « donné » le droit de vote aux Français. Mais c’est par l’amendement du député communiste Fernand Grenier que le suffrage a été étendu aux femmes lors par l’assemblée provisoire de la république française en 1944. Les principales parlementaires femmes à siéger à l’assemblée nationale étaient au PCF. Il est historiquement difficile de raconter la démocratie française contemporaine sans rappeler la contribution décisive des communistes à la Résistance, à la Libération et aux conquêtes démocratiques et sociales qui ont suivi. Dès 1940, le PCF organise des comités populaires ; l’Organisation spéciale est créée en octobre 1940 ; les Bataillons de la jeunesse et l’OS participent ensuite à la constitution des FTP, tandis que la MOI joue un rôle majeur dans la Résistance et les FTP-MOI. Les mineurs du Nord-Pas-de-Calais ont également mené en avril-mai 1941 une grève qui fut l’un des grands mouvements sociaux de la Résistance. Ce n’est pas une légende destinée à justifier aujourd’hui une position politique : ce sont des faits historiques documentés.
Et après la Libération, les communistes ont contribué à construire la Sécurité sociale, les nationalisations, le statut de la fonction publique et de nouveaux droits sociaux et politiques. Mais surtout, ne transformons pas le parlementarisme en régime historiquement innocent. L’Italie fasciste et l’Allemagne nazie ne sont évidemment pas des produits mécaniques du suffrage ou du parlementarisme, et il faut être précis : Mussolini fut nommé président du Conseil par le roi en 1922, tandis que Hitler fut nommé chancelier par Hindenburg en 1933. Mais ces deux expériences montrent justement qu’une démocratie libérale et ses institutions ne constituent pas, à elles seules, une garantie absolue contre la destruction des libertés et l’arrivée au pouvoir de forces fascistes.
Et regardons notre propre histoire récente. La République parlementaire française n’a pas empêché les guerres d’Indochine 1946-1954, de Madagascar 1947 ou d’Algérie 1954-1962, ni les violences et la torture. Henri Alleg en est un symbole particulièrement terrible : arrêté en 1957, torturé par des militaires français, il raconta son expérience dans La Question, tandis que les communistes, notamment Jacques Duclos, portèrent l’affaire des libertés publiques devant l’Assemblée nationale.
C’est justement cela, pour moi, une approche matérialiste et dialectique : ne pas opposer abstraitement « démocratie » et « communisme », mais regarder comment les droits politiques sont conquis, par qui, dans quels rapports de forces, et comment ils peuvent être élargis ou au contraire vidés de leur contenu par les rapports économiques et sociaux.
La conscience de classe, c’est la compréhension concrète que celles et ceux qui vivent de leur travail ont des intérêts communs, qu’ils peuvent s’organiser pour les défendre et qu’ils ont besoin d’une représentation politique indépendante du capital. C’est aussi pourquoi je ne confonds pas autonomie communiste et indifférence au danger de l’extrême droite. La question est de savoir comment reconstruire une force populaire capable à la fois de défendre les libertés existantes, d’en conquérir de nouvelles et de transformer les rapports sociaux qui limitent aujourd’hui leur portée.
Vous pouvez aussi regarder le Népal depuis 2015 : sa Constitution en fait explicitement une République fédérale démocratique, multipartite et « orientée vers le socialisme », avec une souveraineté appartenant au peuple. Cela montre bien que les formes démocratiques sont historiquement diverses. Et il faut sortir d’une conception selon laquelle il n’existerait qu’une seule forme légitime de démocratie, celle des démocraties libérales occidentales. La Chine, Cuba, le Vietnam, la République populaire démocratique de Corée et le Laos se définissent comme des États socialistes reposant sur des institutions de représentation populaire, avec des assemblées élues et des formes spécifiques de participation et de consultation populaires. En Chine, par exemple, la Constitution établit le système des assemblées populaires comme système de pouvoir d’État et prévoit l’élection démocratique des assemblées aux différents niveaux. Cela ne signifie évidemment pas que leurs institutions soient identiques ni qu’il faille nier leurs différences et leurs contradictions : cela signifie simplement que démocratie et parlementarisme ne peuvent pas être réduits à un modèle institutionnel unique.
Le fascisme, soit le risque de dictature terroriste du capital est l’adversaire de tout régime démocratique d’où les célébrations des 8 et 9 mai 1945 et le 3 septembre 1945 en Asie. Seul le mode de production et d’échange capitaliste à son stade impérialiste ayant recours à la dictature terroriste aboli toute démocratie en établissant le fascisme.
Salut républicain à vous cher citoyen Renaud!
Je vous réponds fraternellement, Lionel, parce que je comprends votre inquiétude et que je ne prends absolument pas à la légère le danger de l’extrême droite. Mais je pense que nous ne pouvons pas réduire la stratégie communiste à la question de savoir qui appeler à soutenir au second tour.
Vous les sociaux-démocrates, vous devez être en mesure de peser. Régler vos divisions entre Debout! L’Apres LFI et le PS ainsi que les écologistes. Arrêtez vos discours d’hégémonie!
Vous avez aimez Mitterrand et vous voulez la lutte finale pour ouvrir la porte au RN au 2eme tour. Mélenchon devrait y être battu selon votre logique sondagiere et donc électoraliste : opportuniste.
L’autonomie communiste ne signifie évidemment pas « ouvrir la porte au RN ». Elle signifie que le PCF entend reconstruire une force politique capable de défendre elle-même les intérêts du monde du travail, au lieu de demander périodiquement à celui-ci de choisir entre plusieurs configurations électorales dont il ne maîtrise ni le contenu ni les rapports de forces.
Vous évoquez 2022. Le résultat de Fabien Roussel fut effectivement faible : 2,28 %. Le PCF l’a lui-même reconnu et analysé lucidement. Mais transformer ce résultat en démonstration de l’échec de toute « position de classe » me paraît aller un peu vite, venant d’un social-démocrate.
Faites le bilan de Mitterand, de Jospin déjà un ancien lambertiste devenu social-démocrate etc.
Car votre question sur la classe ouvrière est justement la bonne : qu’est-elle devenue et comment la reconquérir politiquement ? Les données de l’Insee montrent surtout une réalité plus complexe que « les ouvriers votent RN » : en 2022, les ouvriers étaient fortement touchés par l’abstention, particulièrement les ouvriers non qualifiés. Le problème communiste est donc aussi celui de la désaffiliation politique, syndicale et partisane d’une partie du monde du travail.
C’est pour cela que je défends la démarche actuelle du PCF. Après le 40e Congrès, les communistes ont confirmé démocratiquement leur choix d’une candidature communiste, puis Fabien Roussel a été désigné par 72,06 % des suffrages exprimés lors de la consultation de septembre. Cette candidature n’est pas un blanc-seing ni un refus de toute alliance : elle vise à reconstruire un rapport de forces communiste et populaire avant de déterminer les convergences nécessaires.
Et surtout, ce que nous proposons ne se résume pas à « écouter la messe de Fabien Roussel ». Il s’agit de parler de travail, de salaires, d’industrie, de services publics, d’énergie, de planification, de réindustrialisation, de souveraineté populaire et de pouvoir des salariés. Bref, de reconstruire concrètement une conscience de classe à partir des réalités vécues. Je ne prétends pas que cette stratégie garantisse à elle seule une victoire électorale. Personne ne peut honnêtement le garantir. Mais je pense qu’il faut distinguer deux choses : empêcher ponctuellement l’extrême droite d’accéder au pouvoir (ce qui devient un triste car depuis 2002 et l’élimination de votre Jospin…) et reconstruire durablement une alternative politique permettant au monde du travail de ne plus être enfermé dans le choix entre abstention, vote RN ou vote de barrage.
Et c’est là que notre désaccord est peut-être le plus intéressant : pour moi, la conscience de classe n’est pas l’adhésion à un candidat ou à une consigne électorale. C’est la capacité des travailleurs à identifier leurs intérêts communs, à s’organiser, à agir collectivement et à construire leur propre représentation politique.
C’est cette autonomie-là que je défends. Le vrai barrage au fascisme sera construit à partir du vote VIVRE ! en faveur de Fabien Roussel donc du PCF.
Fraternellement.
Ce n’est pas le suffrage universel qui est mortel, c’est le système d’élection qualifié par De Gaulle lui même, de système de voleurs !
Puis nos politicards sans conviction ont fait le reste.
Si.
Cher Lionel Mutzenberg, Cher militant insoumis,
Il y a bien un problème avec notre système institutionnel et avec la manière dont le suffrage est organisé et capté par les institutions de la Ve République. Et c’est justement là que le parcours de Mélenchon est intéressant. Il est passé de l’OCI lambertiste au Parti socialiste, puis au gouvernement, avant de construire le Parti de gauche, participer au Front de gauche et LFI autour d’une stratégie essentiellement électorale et présidentielle. Aujourd’hui encore, il présente sa candidature de 2027 comme celle de l’homme ayant l’expérience nécessaire par ses fonctions depuis 50 ans pour exercer le pouvoir présidentiel.
Le 21 avril 2002, Mélenchon a pleuré à l’élimination de Jospin. Il n’a pas compris la trahison de la gauche plurielle. Nous en payons les fruits pourris : soutien à l’Union européenne et ouverture à la concurrence. À la fête de l’Humanite, il était drôle d’entendre Mélenchon oublier qu’il avait voté et défendu le traité de Maastricht ainsi que les gouvernements du PS social-démocrate, comme sénateur de l’Essonne depuis 1986.
Il a bien appris de Mitterrand et mérite que tous les réformistes le soutiennent. Et nous verrons le rapport de force et donc les possibilités d’un changement ou pas donc d’une vraie rupture.
D’ailleurs, le problème posé par Marx est : qui possède, qui produit, qui décide et quels rapports de classe déterminent réellement les choix de l’État ? Une nouvelle Constitution peut modifier les règles institutionnelles, mais elle ne supprime pas par elle-même le pouvoir économique du capital. C’est d’ailleurs une contradiction intéressante chez Mélenchon : son programme parle de planification, de nationalisations, de pôles publics et de transformation de la production — donc il reconnaît bien que l’économie ne peut pas être abandonnée au marché. Mais son débouché politique reste essentiellement celui d’une conquête électorale et institutionnelle du pouvoir.
C’est le digne héritier de Francois Mitterrand..
Pour moi, la question communiste du PCF est autre. Elle doit aller plus loin : comment transformer durablement les rapports de production, donner du pouvoir aux travailleurs dans l’entreprise et dans la cité, reconstruire une organisation collective du monde du travail et faire de l’État un instrument de cette transformation ? C’est le sens de Vivre ! en 2027.
Le suffrage universel n’est pas « mortel ». Il devient insuffisant lorsqu’on lui demande de résoudre à lui seul des rapports de domination qui sont économiques, sociaux, idéologiques et institutionnels. Et c’est précisément pourquoi je ne réduirais pas 2027 au choix d’un homme ou à un simple mécanisme de vote contraint au 1er tour. Le débat devrait porter sur le projet de société et sur les forces sociales capables de le faire vivre.
Bien à vous,
Non !
Écoute, on s’en fout de tes discours, ce qu’il faut impérativement c’est que la vraie gauche soit présente au second de l’élection présidentielle de 2027. Ce qui ce trame dans notre dos, ces bruits de coup d’état anticipés par Macron, et sa clique de godillots, sous prétexte de risque guerre, u d’application de l’article 16 de notre constitution, ils en fabriquent la cause avec les manifestations de nos étudiants, la répression sans mesure devrait vous réveillez, quand on a élu domicile place du Colonel Fabien, le comportement des élus RN dans nos communes, leurs propos anti républicains, largement diffusés par nos médias, nous invitent à la plus grande vigilance.
Si nous ratons notre rendez vous avec la rupture en 2027, le prix sera dramatique pour celles et ceux qui devront régler la note, en premier lieu, par notre électorat.
Le peuple gronde, ça bouge de tous les côtés, et le PC ne pense qu’à sa propre boutique !
La bourgeoisie est capable de tout, elle l’a déjà prouvé dans son histoire, et vous élites communistes, vous n’avez qu’un seul objectif, comme Raphaël Glucksmann : Dézinguer Jean Luc Mélenchon, et affaiblir LFI, qui ne serait pas assez à gauche !
Ben, je vais te dire franchement : Je préfère un programme moins à gauche qui sera appliqué, qu’un programme très à gauche qui n’a duré que deux petites années, pour sombrer pendant plus trente ans dans la sociale démocratie qui vous a réduit, en toute conscience, la science c’est vous, le reste c’est nous, à ce que vous êtes aujourd’hui, et qui a fait fuir des militants comme moi.
Dit, pourquoi Fabien Roussel veut à tout prix détruire le parti communiste français ?
Cher Lionel Mutzenberg,
L’opportunisme social-démocrate t’égare.
Je partage néanmoins avec vous la vigilance face à la répression, au RN et à toute tentation de restriction des libertés publiques. Mais je pense qu’il faut justement éviter de transformer cette vigilance en raisonnement à sens unique.
Souvenez vous l’excellent papier de Jean-Luc sur le diable de confort du système.
Vous me demandez pourquoi Fabien Roussel voudrait « détruire le PCF ». Mais c’est Jean-Luc Mélenchon qui a mis fin au Front de gauche. C’est Melenchon qui s’est opposé à l’existence d’un groupe communiste a l’assemblée nationale.
C’est Melenchon qui a préféré un sénateur RN a une sénatrice communiste dans le Gard.
C’est Melenchon qui a accepté la présence de LFI contre Bouherara et Marie-George Buffet en 2024.
C’est Melenchon qui insulte et a tordu le bras à Pierre Laurent puis il a fait de même à Olivier Faure.
C’est Melenchon qui insulte en disant OK a un message de sa chérie : Roussel = Doriot
C’est Melenchon qui a décidé de draguer Tondelier et Voynet en ayant une politique énergétique sans nucléaire et de désindustrialisation par la sobriété.
Que te dire … réveille toi ! La sordide opération de sauvetage de Macron, organisée essentiellement par Jean-Luc Mélenchon, a débouché sur une « congélation » du système et infligé trois ans de cauchemar supplémentaire à la France. Ce qui fait que la situation existant au printemps 2024 s’est encore aggravée, et la perspective de la prochaine élection présidentielle impose de reprendre l’analyse et de dresser, à l’aide de l’approche marxiste, les perspectives politiques qui se dessinent pour cette échéance.
De plus. si l’on reprend ta logique, il faudrait surtout demander pourquoi l’existence autonome du PCF serait nécessairement un obstacle à la présence d’une « vraie gauche » au second tour. Et surtout : pourquoi cette présence devrait-elle passer par le ralliement du PCF à Mélenchon ?
Melenchon est un produit de la fausse gauche. Le naturel reviendra vite au galop comme son autoritarisme revient toujours naturellement.
Le problème est plus concret. Une candidature présidentielle ne crée pas à elle seule un rapport de forces populaire. Il faut une organisation, des militants, des organisations de la société civile, , des élus, des entreprises, des quartiers, des capacités d’action et surtout une base sociale consciente et organisée. C’est précisément ce que l’histoire du mouvement ouvrier nous apprend.
Vous dites préférer « un programme moins à gauche qui sera appliqué » à un programme plus radical qui ne durerait que deux ans. Mais pourquoi opposer ainsi programme et rapport de forces ? La question marxiste est justement de savoir quelles forces sociales peuvent imposer durablement des mesures et transformer les rapports de production. Sinon, même un programme excellent reste dépendant du rapport de forces institutionnel et économique.
De plus, Melenchon comme Hollande ne tiendra pas un été. En septembre ce sera fini. Il fera du sociétal, point. Il profitera comme Tonton de l’Elysée etc. Sur la BCE tout le vide est déjà là !
Il est parfaitement légitime d’analyser les effets objectifs de la stratégie de LFI : depuis plusieurs années, elle cherche à constituer un espace politique où le PCF devient une composante subordonnée plutôt qu’une force organisée disposant de son propre projet, de ses militants et de sa stratégie. On peut le constater sans transformer cela en procès d’intention.
Et c’est justement là que je ne te suis pas : défendre l’autonomie du PCF ne signifie pas « faire sa boutique ». Cela peut au contraire signifier vouloir reconstruire un rapport de forces populaire qui ne repose pas uniquement sur une élection présidentielle ou sur la popularité d’un dirigeant.
Enfin, sur 2027, je ne pense pas que le choix soit entre « Mélenchon au second tour » et « le PCF dans sa boutique ». La vraie question est : quelle stratégie permet de faire entrer durablement le monde du travail dans le champ politique, de reprendre le pouvoir sur le capital, de réindustrialiser, de planifier, de renforcer les services publics et de transformer les institutions ?
C’est sur cette base qu’on pourra discuter fraternellement de Roussel, de Mélenchon et des alliances. Mais si l’on commence par considérer que l’existence même du PCF est le problème, on ne construit pas l’unité populaire : on demande simplement au PCF de disparaître.
Tu veux par opportunisme electoraliste un projet compatible avec le capitalisme comme Jospin, le copain lambertiste de Melenchon, a fait de 1997
A 2002. Tu veux à nouveau un quinquennat comme celui de Hollande. Tu es social-démocrate donc oui. Nous non. LFI est une force petite bourgeoise.
Souhaitant que tes camarades du PS et Marine Tondelier soutiennent ton chef !
Je ne compte pas sur mes camarades du PS, pendant plus de trente ils nous ont trompé, et encore moins sur les élites de ces partis dits, de gauche.
Ce sont nos compatriotes qui feront le vote en fonction de leurs besoins, des solutions proposées à leurs problèmes, et des moyens mis en face pour y répondre.
Votre brillante stratégie de 2022, qui restera dans les annales de l’histoire de la gauche, nous a fait supporter ces années de Macron, et ses gouvernements de godillots, qui produit ce que nous voyons aujourd’hui, cette dégringolade de la France, et ces colères généralisées qui bouillonnes, avant d’éclater.
Est social démocrate toutes celles, et tous ceux, qui ne récitent pas la messe du PC, tu n’a rien inventé.Pas une grande nouveauté.
J’espère que nos compatriotes auront oublié votre sens de la révolution de 2022, que la sociale démocratie, la réelle, a bien apprécié.
Mais dis moi, j’entends que le PC n’est plus communiste, au sens de communiste du siècle dernier, ! Mais alors vous êtes quoi au juste ?
La droite, et les médias, qui font votre éloge, Georges Marchais, et le comité central, doivent se retourner dans leurs tombes !
Revenez sur terre, cesser de lire les théoriciens d’hier, vivez avec les français d’aujourd’hui.
Bon, allez, tu ne représente pas le parti, mais Fabien Roussel, tu es donc minoritaire, si j’ai bien lu; alors les vrais communistes voteront Jean Luc Mélenchon, tout en restant ce qu’ils sont, avec leurs différences, leurs divergences, qu’ils défendront dans la nouvelle majorité.
Nos adversaires, c’est le bloc des droites, y compris le RN, eux, savent s’unir sur un projet commun.
Cher Lionel Mutzenberg,
Je vais vous répondre simplement, parce que derrière vos piques — que j’accepte volontiers dans le débat — il y a finalement une vraie question : qu’est-ce qu’être communiste aujourd’hui et quelle stratégie pour transformer réellement le pays ?
Sur un point, nous pouvons nous retrouver : je ne compte pas davantage sur les élites du PS pour construire une rupture avec le libéralisme.
Et je ne crois pas davantage que les Français doivent être enfermés dans des consignes de vote venues d’en haut. Ce sont bien les besoins populaires, les rapports de forces sociaux et la crédibilité des solutions proposées qui doivent être au cœur de la politique.
Mais c’est justement là que je diverge de vous.
Vous dites que « nos compatriotes feront le vote en fonction de leurs besoins ». Mais alors il faut se demander pourquoi une partie croissante des catégories populaires se détourne de la gauche, pourquoi le RN réussit à capter une partie de la colère sociale et pourquoi une autre partie ne croit plus aux promesses successives d’union de la gauche.
Dire simplement « les vrais communistes voteront Mélenchon » ne répond pas à cette question. Cela la contourne.
Vous êtes d’ailleurs un peu bizarre. Vous imaginez dire que les vrais communistes et vous refusez le marxisme-léninisme. Cela devrait éclairer ceux de Jeunesse du monde, de l’URC ou encore du PRCF qui devraient rejoindre le front de classe proposé par le PCF et non se vautrer dans l’électoralisme avec des anti-marxiste-léniniste et des gauchistes (POI, NPA etc.) Le rassemblement du mouvement LFI est orienté vers le réformisme social-démocrate et l’entrisme plus ou moins à drapeau déployé ne changera pas cette orientation.
Et permettez-moi également de sourire lorsque vous m’expliquez que je devrais cesser de lire les théoriciens d’hier pour « vivre avec les Français d’aujourd’hui ». Je vis avec les français d’aujourd’hui. Théorie et action sont liées. Justement : Marx, Lénine ou aussi Dimitrov ne m’empêchent nullement de regarder la France de 2026. Ils m’aident à essayer de comprendre ce que sont devenus le capitalisme, le salariat, les classes populaires, le rapport au travail, la mondialisation et les formes contemporaines de domination.
Les lire ne signifie évidemment pas réciter leurs réponses. Cela signifie se servir de leurs outils, les discuter, les critiquer et parfois les dépasser.
Vous me demandez ensuite : « Le PC n’est plus communiste, alors vous êtes quoi ? »
Si toujours, communiste. Sur quoi vous basez vous pour votre affirmation péremptoire ? Pour moi, être communiste aujourd’hui ne consiste pas à reproduire le PCF du siècle dernier, pas plus qu’à abandonner le mot communisme pour devenir une composante indistincte d’une « gauche » dont on ne saurait plus très bien ce qu’elle veut transformer.
Être communiste, c’est continuer à penser que la société est traversée par des rapports de classes, que le capital exerce une domination économique et politique, que le travail doit reprendre du pouvoir sur le capital et que la démocratie doit s’étendre jusque dans l’entreprise et dans les choix économiques.
Mais cela suppose précisément de penser ces questions avec les réalités de 2026, et non avec celles de 1920, 1945 ou 1976. Et depuis 2018, un bilan s’opère de la phase de mutation opérée à partir de 1994. Il faut toujours tout recontextualiser. Le PCF entretient avec de nombreux autres partis communistes des échanges et des débats.
Nous sommes communiste. Par exemple, nous soutenons l’OLP, dont les communistes du PPP. Vous avez le droit de militer dans un parti social-démocrate nationaliste ; sans parti frère et de vous appuyer sur le FPLP lié au Hamas contre les accords d’Oslo pour défendre votre position et votre distinction avec le PS qui soutient les travaillistes d’Israël.
Quant à 2022, c’est la présence d’Anne Hidalgo qui vous a privé du second tour.
Le PCF a fait des choix stratégiques qui peuvent et doivent être discutés. Mais réduire toute notre situation actuelle à la stratégie présidentielle de 2022 me paraît un peu court et haineux. Macron n’a pas été rendu possible par une seule décision du PCF : il est aussi le produit de décennies de transformations économiques, sociales et politiques, de l’effacement progressif de la social-démocratie comme alternative au libéralisme, de l’affaiblissement du mouvement ouvrier organisé et de la crise de représentation politique.
Enfin, je ne suis pas certain que votre opposition entre « vrais communistes » et les autres soit très communiste. Les communistes peuvent être en désaccord entre eux sur la stratégie, sur les alliances et même sur le bilan historique du mouvement communiste. Cela ne fait pas des uns les « vrais » et des autres les faux.
Et surtout, je ne crois pas que l’enjeu soit de choisir éternellement entre Mélenchon et le PS. Le congrès du PS de 2008 à ciel ouvert doit se terminer.
La question que je pose est différente : comment reconstruire une force populaire capable de rassembler les ouvriers, employés, techniciens, ingénieurs, agriculteurs, artisans et petits producteurs autour d’un projet de transformation sociale, économique et démocratique ?
Si nous trouvons cette réponse, alors nous pourrons discuter utilement des alliances.
Sinon, nous continuerons à demander aux mêmes catégories populaires de choisir, à chaque élection, entre plusieurs variantes de ce qui leur paraît être une gauche qui ne leur appartient plus. C’est précisément pour éviter cela que je défends une démarche communiste de conquête, et non une simple place du PCF dans une future majorité.
Nous sommes donc en désaccord sur la stratégie.
Mais je préfère que nous ayons ce débat franchement et fraternellement plutôt que de nous distribuer des certificats de « vrais » ou de « faux » communistes ; surtout de la part d’un social-démocrate de gauche récitant la ligne populiste d’un tribun qui serait l’unique sauveur suprême par la seule voie électoraliste.
En tout cas, je suis heureux que des révisos comme toi vous soyez loin du PCF. Vous lui avez fait du mal et vous continuez par votre haine. Pauvre LFI !
Et sur ce point, je suis certain que Georges Marchais aurait eu quelques mots à ajouter ! 😉
Où était JLM durant ces 30 années de tromperie du PS ?