Les socialistes dans la nasse
Le PS abandonne l’idée d’une primaire ouverte. Il est donc seul avec Raphaël Glucksmann. Bon courage.
Nous l’évoquions dans la newsletter d’hier : même la direction du PS autour d’Olivier Faure lâche l’idée d’une primaire. Ce lâchage s’accompagne d’une clarification politique : le PS cherche non pas un candidat pour « toute la gauche » mais de « la gauche hors LFI ». Personne n’avait guère de doute que tel était le projet des socialistes mais, cette fois, c’est clair. Cela laisse totalement indifférent Jean-Luc Mélenchon, qui n’avait en aucune façon décidé de s’associer à un tel processus… Pour désigner le candidat de cet espace, le PS est désormais ouvert à toutes les autres idées : un conclave entre chefs de parti, une sorte de conférence citoyenne de gauche, un conseil des sages (les éléphants), un pacte présidentielle/législatives avec répartition des circonscriptions, examiner les sondages et arbitrer en janvier…
TOUS LES JOURS, RETROUVEZ L’ESSENTIEL DE L’ACTU POLITIQUE DANS NOTRE NEWSLETTER
Toutes ces ingénieuses propositions ont en commun de laisser sur le carreau les citoyens désireux de donner leur avis. Et donc de se priver de leur énergie. À l’évidence, tout le monde n’a pas vécu le même juin 2024 post-dissolution : nombreux ont vu la base du succès dans la mise en mouvement de toutes les gauches, bien au-delà des militants politiques. Le PS devait regarder ailleurs.
Un problème essentiel de cette idée qui domine parmi les socialistes est d’entretenir l’illusion qu’une de ces mécaniques pourrait se substituer à la primaire. À aucun moment il n’est crédible que les partenaires non sociaux-démocrates s’inscrivent dans l’un ou l’autre de ces processus. Marine Tondelier le dit et le répète partout et lors du conseil fédéral des Écologistes de cette semaine, pas une voix n’a dit le contraire : les écolos ne peuvent soutenir un candidat non-écologiste qu’issu d’une primaire. C’est la base de l’accord au sein du parti vert : il ne peut être remis en cause sans ouvrir une grave crise, si l’idée venait à germer. Toutes les promesses de circonscription n’y changeront rien. D’autant qu’on peut avoir des doutes sur la valeur de ces promesses en monnaie de singe… L’Après, le mouvement de Clémentine Autain et Alexis Corbière, le dit tout aussi nettement. Quant à François Ruffin, il a été des plus clairs : sans primaire, il sera candidat. Donc il est candidat.
Reste un tête-à-tête PS/Place publique. C’est de fait plus qu’une clarification sur l’exclusion de LFI : c’est un net repositionnement du PS. Toute proposition plus à gauche, plus hétérodoxe apparaît comme lunaire, irréaliste.
Reste un tête-à-tête PS/Place publique. C’est de fait plus qu’une clarification sur l’exclusion de LFI : c’est un net repositionnement du PS. Depuis 2018 et surtout depuis le grandiose score d’Anne Hidalgo en 2022 (1,75%), la direction du PS avait fait le choix de repositionner le PS dans la gauche. Choix d’extrême justesse : les militants socialistes étaient très partagés et la direction Faure ne tenait qu’à un fil. Mais ce choix n’a guère dépassé le positionnement tactique. Il ne s’est pas accompagné d’un remue-méninge d’ampleur et d’actes politiques significatifs pour redessiner le projet socialiste. Dès lors, quand vient l’élection qui doit acter les grandes orientations politiques, le discours du réalisme d’un parti de gouvernement s’impose assez facilement. Toute proposition plus à gauche, plus hétérodoxe apparaît comme lunaire, irréaliste.
Le PS devrait s’interroger sérieusement sur ce qui est attendu par les Français. Après une décennie de confusion, un mandat d’immobilisme et dans un monde qui bouge vite et fort, on attend de la présidentielle des propositions à la hauteur et sur un large spectre de sujets. Revenir avec des bouts de ficelles et du raccommodage ne suffira pas. Ce ne sera ni entendu, ni débattu. C’est bien cette recherche d’une autre politique qui séduit dans les discours de Jean-Luc Mélenchon d’une part et du RN d’autre part. Si le PS pense ressusciter de chez les politiquement-morts avec des idées et des candidats sans saveur, il n’aura que ce qu’il mérite. La seule façon pour le PS de revivre est de plonger dans le bain de la gauche, dans lequel il a une place mais plus la première. Se rassurer entre soi est de courte durée et de peu d’effet.
Franchement qu’attendre d’un PS qui exclut LFI de la gauche , tout en étant le sauveur du gouvernement Lecornu, un PS plus que frileux pour dénoncer le génocide à Gaza , un PS prêt à nous proposer Hollande , le père de la loi travail , responsable avec Cazeneuve de la répression du mouvement social avec Cazeneuve ministre de l’intérieur qui trouvait légitime de balancer des grenades explosives sur les manifestants , nous n’oublierons jamais Rémi Fraisse.
Le PS aurait donc trahi ses allié.es en les abandonnant en rase campagne après les avoir entrainé.es dans sa croisade anti-LFI?
Bienvenue au club, mais il sera impossible de dire que vous n’étiez pas prévenu.es
Donc, maintenant que la brebis galeuse la joue solo comme elle le fait au final à chaque fois, il serait peut être temps d’aller négocier avec LFI avant que d’y être contraint sous la pression des sondages et de l’évidence, non?
A gauche, les choses sont maintenant claires, qu’on le veuille ou non il ne peut y avoir de victoire hors LFI, le reste est du bavardage. Le plus tôt ce sera admis, le mieux cela sera.
Et puis quoi à la fin? Ils seraient capables de voter Macron au second tour pour s’éviter le Pen, mais se révèleraient incapable de voter au premier tour Mélenchon pour s’éviter un Philippe/Bardella au second et se fader le premier pendant 5 ans sous nos applaudissements?
Quelle est la ligne de Regards ? Catherine Tricot remarque avec justesse que le parti prétendument socialiste a renoncé à rassembler touteon la gauche et semble sous entendre que Faure, qui s’est fait élire sur une ligne de gauche, n’a plus la main. Dans le même temps, Pablo Pillaud-Vivien, lorsqu’il interroge Chloé Rindel, en charge d’élaborer le projet du PS, avale sans barguigner les déclarations d’intention de la dame, qui prétend faire des propositions très à gauche. On dirait que vous avez 2 fers au feu avec des attitudes très différentes concernant le parti dit socialiste.
On dirait que Catherine Tricot espère encore la résurrection du PS ! Ce qui est le plus frappant c’est que les dirigeants socialistes, après le séisme de 2022, n’ont tiré aucun enseignement de cette Bérézina. A l’approche de 2027, on reprend les mêmes chicailleries pour un résultat que l’on peut déjà anticiper. C’est pathétique, suicidaire et tellement prévisible. Un très mauvais exemple pour un parti qui se dit « responsable » et prêt à gouverner. Et dire qu’ils ne cessent d’accuser LFI d’enterrer la gauche.
« Le PS abandonne l’idée d’une primaire ouverte. » Il faudrait que Regards arrête de REVER ou de dire n’importe quoi !
Le PS n’a JAMAIS envisagé sérieusement de participer et encore moins de respecter le verdict d’une primaire quelconque.
Seul Faure, MINORITAIRE, a dit que le PS devait présenter le candidat FAURE à la primaire et encore s’il était sûr qu’il n’y avait pas LFI. Son but était strictement de manœuvrer à l’intérieur du PS.
Le PS n’est pas seul devant Gluckmann alias nobody.
le PS est seul face à lui-même et au vide de son bilan. Hollande voulait se présenter, seul lui ne savait pas qu’il ne serait plus jamais président !!!
Plus le temps passe, plus les opportunités de la goche s’estompent. Bientôt il ne restera plus au PS qu’a se rallier à Attal.
La gauche est radical ou ne sera plus !!!
La gauche ne peut plus être structurée autour du PS, car c’est un parti centriste!!!! Elle doit se reconstruire sans lui.. A bon entendeur, à ses électeurs d’assumer leur ligne pleinement et de savoir qui leurs principes les enjoins de soutenir aux élections importantes !
Vivement la rupture !
Eh oui la France à besoin d’un grand ménage, la nouvelle France comme l’appelle lui est riche en nouvelles cultures, les femmes ont une place de plus en plus importantes, l’ia a une place qui a besoin d’être définie comme internet et les réseaux sociaux, le droit international n’arrête pas d’être bafoué et sans justice sociale il ne peut y avoir de sérénité dans le pays. Tout est fait pour amener la violence dans ce pays, la violence du gouvernement par ses choix politiques, la violence dans le monde par la guerre, le génocide, la colonisation sans respect du droit internationale est un très mauvais exemple pour nos concitoyen.ne.s.
Sans oublier le dérèglement climatique et les substances chimiques qui maltraitent et détruisent l’environnement, la faune, la flore et l’humain.
Et l’ARGENT non pas roi mais Dieu, objet de convoitise indécente mais surtout d’inégalités abjectes
Tout cela n’intéresse guère le PS où chacun se bat pour la Place et non pas pour la France et le bien des Français,es.
Excusez le fouilli de ce texte mais il est vrai que devant le marasme que j’ai devant les yeux j’avais besoin de vous en faire part.
Merci pour cet article lucide et votre revue bienvenue. Mes moyens sont limités actuellement pour vous soutenir, je suis déjà abonné numérique à libe. Mais vos positions sont constructives et sans concessions, continuez
Lisez Chapoutot et vous comprendrez que le réformisme n’amène que du sang et des larmes puisqu’il finit toujours par s’allier avec la droite voire l’extrême droite. Cet historien reconnu confirme que la situation actuelle ressemble étrangement à celle de l’avant guerre faute de rupture avec le système économique, social et démocratique. En d’autres termes, c’est le fascisme y compris avec le PS ou un réel espoir d’en sortir, avec LFI