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Ce mardi 6 octobre, les lycéens et les étudiants se mobilisent avec une revendication devenue insurrectionnelle : pouvoir étudier et avoir un futur.

Un spectre hante le gouvernement, celui de la convergence des revendications, des luttes, des inquiétudes et des espoirs. Ce mardi, lycéens et étudiants se sont donnés rendez-vous pour dénoncer leurs situations concrètes, dire leur mal-être et leurs angoisses. Ils sont compris par leurs parents qui s’inquiètent, avec eux, du présent et du futur.


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Il y a dans ce mouvement de colère quelque chose de banal devenu extraordinaire. On parle de jeunes qui ne refusent pas l’école, mais qui demandent davantage d’école. Qui ne veulent pas sortir du système éducatif, mais y rester. Qui ne réclament pas moins de savoir, mais davantage. Ils veulent pouvoir s’instruire : voilà le sujet. Ils n’ont pour l’instant obtenu qu’une répression insensée : jamais, depuis la guerre d’Algérie, la police n’avait mis autant de monde en garde à vue en une seule journée. Et pourtant, depuis ces années, la France remuante en a vu d’autres, comme en 68…

Parcoursup cristallise les angoisses. Lycéens et étudiants demandent son abandon. Les algorithmes froids et absurdes sont mis en cause. Mais la raison profonde de cette machine infernale doit être comprise. La France a choisi de conduire une classe d’âge au bac et, en 2026, 79% des jeunes l’obtiennent. Elle valorise l’école depuis toujours. Mais elle n’a pas prévu les places à l’université et encore moins les boulots qui vont avec ces formations dispensées. La société n’est pas du tout faite pour cette population formée, davantage autonome et libre. Donc le malthusianisme devient politique. Il faut éliminer, décourager, rejeter.

Il faut revenir aux fondamentaux : s’instruire sert à comprendre le monde dans lequel on vit, pouvoir y agir et pas seulement y occuper une place. Les lycéens ne demandent pas une vie débarrassée de l’effort. Ils demandent qu’on donne du sens à ces efforts et qu’on leur en donne les moyens.

Faut-il considérer que l’ambition de notre société est de former le plus loin possible ? Il faut revenir aux fondamentaux : depuis quand l’université est-elle l’auxiliaire du marché du travail ? Certes le diplôme protège et ouvre davantage l’accès à l’emploi. Mais s’instruire ne sert pas seulement à devenir employable. Cela sert à quelque chose de moins comptabilisable : comprendre le monde dans lequel on vit, pouvoir y agir et pas seulement y occuper une place. Les lycéens ne demandent pas une vie débarrassée de l’effort. Ils demandent qu’on donne du sens à ces efforts et qu’on leur en donne les moyens.

C’est là que l’ambition portée par la jeunesse rencontre celle de toute la société. Un projet qui ne vise qu’à l’ascension sociale, à la conquête des postes, à la sélection des meilleurs et à de hauts revenus ne peut pas faire le compte. Nos enfants et nous-mêmes voulons davantage. Nous voulons être heureux et nous savons que quelque chose ne tourne pas rond dans ce monde étriqué et borné.

Les dirigeants actuels savent que ce qui est remis en cause dans ce mouvement est un ordre réduit à la compétitivité générale. Le seul projet qui vaille est celui d’un monde basé sur du sens et qui offre une place pour chacune et chacun. Les jeunes se lèvent. 

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