La radicalité plus forte à l’extrême droite qu’à l’extrême gauche – par Roger Martelli

zlekhf

Derrière les chiffres d’une enquête Ipsos-BVA, une tendance lourde se confirme : la radicalité progresse, mais surtout à droite. Fragmentée et sans stratégie majoritaire, la gauche regarde le rapport de force se dégrader sans parvenir à l’inverser.

Ipsos-BVA publie une vaste enquête électorale, quelques semaines après la séquence des élections municipales. On ne redira jamais assez qu’un sondage ne prédit rien et que la politique en général ne relève pas de la fatalité. Cela n’empêche pas que ce sondage-là, à côté de quelques autres, n’est pas particulièrement réjouissant.

Au lendemain des municipales, le RN apparaît comme le grand gagnant des élections : 74% des personnes interrogées estiment qu’il s’est renforcé, loin devant LFI (40%) et LR (38%). Le constat sans surprise s’inscrit dans un paysage politique à la fois éclaté et polarisé, où l’intérêt très fort pour la présidentielle à venir coexiste avec une tendance lourde à l’abstention.

Le dualisme de la droite et de la gauche persiste, bien sûr. Il est courant de se situer soi-même sur l’axe gauche-droite, et la position choisie influence significativement la direction des votes. Mais, depuis quelques décennies, la persistance s’accompagne d’un détachement très fort à l’égard des forces qui ont fait vivre le clivage des deux côtés. La polarité travaille désormais à l’intérieur des deux grandes familles. La tendance, nous redit le sondage, est à une radicalisation qui se révèle à nous par la combinaison de plusieurs indices1.

Le premier est celui du classique auto-positionnement sur l’axe gauche-droite : 21,5% des Français se diraient « très à gauche » ou « très à droite ». Le parallèle est d’emblée déséquilibré : 6% à l’extrémité gauche, 15,5% à l’extrémité droite, soit en tout 5 points de plus qu’en 2021. Dans Le Monde, Gilles Finchelstein complète le tableau par les déclarations de sympathie partisane. La France insoumise et le RN recueillent respectivement 7,5% et 22,5% de sympathies. Si on y ajoute les formations « extrêmes » des deux côtés (Finchelstein n’y adjoint pas le PCF), on obtient 9% pour la gauche « radicale » et 26,5% pour l’extrême droite. Total des « extrêmes » : 35,5%. C’est une minorité, mais c’est elle qui est en dynamique et celle-ci, pour l’instant, joue en faveur du côté droit.

La radicalité n’est pas seulement dans la position sur un axe idéologique ou partisan. Elle se repère directement dans un rapport aux notions structurantes. Par exemple celle de « radicalité » (y en a-t-il trop ou pas assez  ?) ou celle de « compromis » ou de « fidélité aux principes ». Qu’attend-on des personnalités qui concourent à l’élection ? Qu’elles acceptent de faire des compromis ou qu’elles restent fidèles à leurs principes ?

La radicalité – qui est associée à l’excès dans le vocabulaire courant – n’est approuvée qu’à 37%. Elle est minoritaire dans tous les espaces de sympathie partisane, sauf trois : tout juste majoritaire (51%) chez les proches de LFI, plus nettement du côté de Reconquête (59%) et du RN (56%). Il y a de la radicalité, mais qui s’exprime plus fortement à l’extrême droite que dans la gauche dite pourtant « radicale ».

Il en est de même pour l’opposition du « compromis » et de la « fidélité aux principes». Le premier terme est certes majoritaire (choisi par 55% des interrogés) ; mais, trop souvent associé à la « compromission » – il est en forte baisse sur une année (-9%). La fidélité aux principes attire plus que la radicalité, mais le compromis est majoritaire partout, y compris chez les sympathisants LFI (54%). Il n’y a que deux ensembles où il est minoritaire : chez les proches de Reconquête (21%) et du RN (38%), ni même chez ceux de LR (47%). La radicalité et le dédain du compromis sont plus marqués à droite qu’à gauche. Le RN se dédiabolise, mais ne perd pas de son tranchant et de son image d’alternative attractive ; LFI clive, mais n’annihile pas le besoin de consensus.

Enfin, le sondage pousse les feux sur le rapport à la société : faut-il la laisser en l’état, l’aménager à la marge, la changer en profondeur ou la changer radicalement ? Les réponses sont sans appel : une minuscule fraction ne veut rien changer, une plus grande (22%) veut changer radicalement, 27% préfèrent aménager et 50% demandent des changements profonds. Et, une fois de plus, les pourcentages les plus élevés du côté de la radicalité se repèrent chez les proches de Reconquête (54%), du RN (44%) et, loin derrière, de LFI (24%). On ne croit plus guère aux changements cosmétiques, mais la radicalité du changement se trouve plus chez les « très à droite » que chez les « très à gauche ».

Dès lors, comment s’étonner de la dispersion, non des votes eux-mêmes – ils ne sont pas testés – mais des probabilités de vote ? Le pourcentage des votes « plutôt et très probables » va de 36% pour le RN à 12% pour Renaissance. Quant à la gauche, elle plafonne à 19% pour le PS, 17% pour les écolos et 14% pour LFI.

Rebelote pour la satisfaction en cas d’accession à la présidence de la République… On se réjouirait de l’élection du tandem Bardella-Le Pen (36 et 33% de satisfaits), suivi d’Édouard Philippe (26%) et des autres ténors de la droite. On le serait moins de la gauche : Raphaël Glucksmann est le premier à gauche (16%) ; Fabien Roussel, Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure sont en queue de peloton. D’un côté, une extrême droite en tête, mais qui rebute une majorité de votants ; de l’autre, une gauche fragmentée qui ne séduit pas et qui suscite de l’hostilité, en particulier envers Jean-Luc Mélenchon (81% de mécontents s’il accédait au pouvoir).

Où en est-on au bout du compte ? La crise profonde que nous vivons interdit le choix de l’immobilité, les demi-mesures et les faux-semblants. Le mariage de la carpe et du lapin, celui du social et du libéralisme, a failli tuer la gauche au temps du quinquennat Hollande. Le « et de gauche, et de droite » du macronisme a épuisé le centre. La course derrière le RN est en train de faire exploser la droite. L’extrême droite tient donc la corde, parce qu’elle se repaît des désastres de la droite et de la gauche et parce qu’elle est dans l’air du temps. Elle n’a pas encore gagné la partie, mais elle menace.

Pendant ce temps-là, que fait la gauche ? Elle nous rejoue le grand air des gauches irréconciliables. Comme si une seule gauche pouvait occuper l’espace de toutes les gauches. Comme si c’était suffisant qu’une organisation ou une personnalité de gauche soit en tête pour qu’elle rallie ensuite tout le monde derrière elle. La gauche éparpillée et même la gauche dualisée laissent toute la gauche dans le maigre espace qui est le sien depuis 2017. Elle peut au mieux engranger des forces pour la suite ; elle n’a aucune chance de gagner.

La radicalité qui clive et qui exclut ne peut espérer atteindre la majorité, ni à court ni à long terme. Mais la gauche qui compose au nom du compromis ne crée pas de dynamique populaire et finit pas noyer le réalisme dans la compromission et les abandons. Une gauche dans cet état laisse le terrain à une droite qui présente le double visage d’être ultra-majoritaire et radicalisée vers son côté extrême. La France pourrait dès lors se trouver dans une situation à la hongroise : chez nous aussi, une droite conservatrice pourrait apparaître comme le recours ultime, face à cette négation démocratique que l’on nomme gentiment « illibéralisme ». Édouard Philippe en France, comme Péter Magyar en Hongrie ?

Si l’on ne veut pas de cette fausse solution, il n’y a pas aujourd’hui d’autre solution qu’une gauche rassemblée. Le sondage Ipsos confirme que la solution de l’union reste le vœu largement majoritaire du peuple de gauche. Le problème est que ce vœu peut se heurter à la conviction inverse que l’union n’est pas possible et qu’il faut se résoudre à la penser en excluant une de ses composantes. Exclure les insoumis ? Certes, ils sont clivants. Mais, avec Jean-Luc Mélenchon, ils ont redynamisé un pan important de la gauche entre 2012 et 2022 ; sans eux, la gauche ne peut pas gagner demain, ni au premier ni au second tour. Rassembler en excluant l’autre gauche, celle des renoncements tenus pour inéluctables ? Autant dire qu’on préfère la victoire du pire, pour éviter celle de la social-démocratie détestée. Or, nous ne sommes plus au temps des controverses à gauche du passé. La droite qui menace de gagner demain n’est pas la droite en général, mais la droite phagocytée par son extrême. Cela mérite d’y réfléchir à deux fois.

Le peuple de gauche veut l’union, mais les forces organisées qui la composent n’en veulent pas et chacune a l’illusion de penser qu’elle va finir par mettre toutes les autres à la raison. La déraison qui en résulte rend pessimiste dans l’immédiat. Mais qui pouvait croire, au printemps de 1934, que la France du Front populaire allait éclore à l’été ? Il n’est jamais trop tard… jusqu’au moment où l’on ne peut plus rien y faire.

  1. Le sondage présenté sur le site d’Ipsos-BVA ne donne pas tous les détails. Ils sont fournis par les commentaires de chercheurs publiés l’édition du Monde de ce 13 mars. ↩︎

Partager cet article

Abonnez-vous
à notre NEWSLETTER
quotidienne et gratuite

18 commentaires

  1. Piboudy le 14 avril 2026 à 20:49

    Bonjour,

    Ne trouvez-vous pas ennuyeux que l’historien que vous êtes (Ancien membre éminent du PCF ! Marxiste ?) se base sur un sondage pour faire une analyse politique ?

    Le peuple de gauche veut l’union ? Mais sur quelle base, derrière quel programme : a-t-on posé ces questions ?

    Quel programme commun voulez-vous pour une gauche « unie » ? Pensez vous réellement qu’on peut trouver un programme qui convienne à toute la gauche et – surtout – à tous les électeurs de gauche ?
    Tout le monde dit que le programme LFI est beaucoup moins « radical » que celui de Mitterrand en 1981.
    Et vous voulez encore l’édulcorer pour qu’il plaise au PS d’aujourd’hui ? Barre à droite toute !

    Le PS n’a-t-il pas trop de fois démontré qu’il finit toujours par faire une politique de droite ?

    Vous faites référence au Front Populaire : si la base ne s’était pas mis en mouvement, y aurait-il eu le FP, le gouvernement Blum aurait-il fait toutes ses réformes ?
    Pensez-vous qu’aujourd’hui, les travailleurs soient assez forts pour forcer un gouvernement à mener une vraie politique de gauche ?
    Ne pensez-vous pas que la SFIO de 1936 était tout de même mille fois plus à gauche que le PS d’aujourd’hui ?

    Vous dites « Autant dire qu’on préfère la victoire du pire, pour éviter celle de la social-démocratie détestée. »
    En Allemagne, dans les années 20, c’est le SPD qui menait les affaires et finalement avec qui s’est-il allié, la droite de von Papen !
    Le moins pire, c’est quand même dans le champ du pire.
    La social-démocratie est détestée parce que lorsque le capitalisme est en crise elle préfère le camp du capitalisme, de l’impérialisme et mène au fascisme.
    Elle est détestée car la social-démocratie mène toujours au pire !

    Pourriez-vous, au lieu de ne faire que souhaiter l’union de la gauche, nous donnez enfin des arguments sérieux pour cette union ? (ça vous pour tous les articles concernés)

    Cordialement.

    J’espère que vous avez remarqué que je posais beaucoup de questions. J’espère que vous fournirez un jour les réponses car ça ne sert à rien de faire des commentaires si les auteurs* n’y répondent pas. Certes on peut discuter entre lecteurs* mais les idées énoncés dans les articles, les arguments avancés, sont ceux des auteurs* pas des lecteurs* même si ceux-ci sont d’accord avec l’auteur*.

    * et au féminin aussi, bien sûr.

    • carlos_H le 15 avril 2026 à 14:41

      Après, si on considère que le PS n’est pas de gauche… y’a moyen de trouver un programme commun avec ceux qui s’en revendiquent… 😉

      • Piboudy le 16 avril 2026 à 08:07

        Le PS à gauche c’est 1,5 an en 1936 (parce qu’on lui a tordu le bras) et 2 ans en 1981.
        Le PS a parfois un discours de gauche mais quand il gouverne, c’est toujours à droite : les 35 heures et le mariage pour tous n’excusent pas tout le reste.
        Ceux qui disent que le PS est à gauche ne connaissent pas l’histoire ou sont des manipulateurs de l’opinion.

        Le PCF a suivi LFI en 2012 et 2017 mais plus après car ils ne sont pas contents du nombre de députés (Roussel l’a dit : on en veut plus).
        Il va encore faire cavalier seul parce qu’il est trop content de passer à la télé.
        Les autres sont insignifiants et ne servent à rien.
        Je parle des partis, bien entendu. Pas des militants sincères que je plains d’être si sensibles aux sirènes de l’union.

        • Bdpif le 18 avril 2026 à 15:09

          Le Parti Socialiste est le seul parti dit de Gauche de Gouvernement. Miterrand, Jospin Hollande, etc ….

          Le PCF est une Gauche de Mairie;
          Le NPA, LFO, etc sont des gauches d’opposition, complémémentaire aux autres partis de Gauche.

          LFI n’est pas un parti de Gauche, mais un parti d’oppostion à la Gauche et à la droite Gauche Caviar Populiste pro Russe.

          Donc mes voisins m’ont demandés, je voudrais voter à Gauche mais je ne sais qui choisir ! Là je leur ai dis, les partis de Gauche sont le PS, le PCF, le NPA, etc ,,, Et là, ils m’ont dis: Mais Melenchon est de Gauche !!! Et là, j’ai fait comme fait LFI,J e leur ai dis » NON, LFI c ‘est la Goche, la gauche caviar Pro Russe, ils sont plus à droite qu’à Gauche. La seule fois qu’une gauche radical à pris le pouvoir c ‘était en grece, et ils ont faillite ! » Là mes voisins ont compris qu’il fallait voter pour le gauche PS ou PCF et non pas LFI. Voilà, nous aussi à Gauche on prends les gens pour des imbéciles en mettant des etiquettes sur des partis.



        • carlos_H le 19 avril 2026 à 08:15

          yep… d’où l’intérêt de discuter avec tous les autres partenaires de gauche et d’exclure le PS des discussions… de toute façon, y’aura plus grand monde! 😉



        • carlos_H le 21 avril 2026 à 07:33

          bdpif, bdpif, bdpif…
          à répéter 3 fois votre pseudo par lassitude, je viens de me rendre compte que je jetais peut être une nouvelle malédiction ici bas.

          Franchement mon pauvre ami, votre commentaire est un petit bijou de ridicule content de lui-même.

          Vous prétendez dénoncer les étiquettes, puis vous passez tout le monde à la plastifieuse : « gauche de gouvernement », « gauche de mairie », « gauche caviar pro-russe plus à droite qu’à gauche »… Ce n’est pas une analyse politique, c’est un rayon promo dans un bazar pour le coup sans nom!

          Et votre sketch avec les voisins… quel chef-d’œuvre. « Ils m’ont demandé », « je leur ai dit », « ils ont compris ». Donc en gros, vous vous inventez un public, vous lui servez vos simplismes, puis vous vous décernez la palme de la pédagogie… C’est du ventriloquisme politique pour auto-satisfaction rapide.

          Sur le fond, c’est tout aussi pauvre: votre « vraie gauche », c’est celle qui exerce le pouvoir à la manière de la droite, au service des mêmes intérêts, puis demande qu’on applaudisse son inconsistance travestie en « responsabilité »… Comme dirait l’autre: « quelle indignité! »

          Oh, j’oubliais le passage sur la Grèce! D’une paresse presque touchante… Résumer une séquence historique écrasée par la BCE, la Commission et le FMI à « la gauche radicale a pris le pouvoir et ils ont faillite », c’est le degré zéro de l’honnêteté intellectuelle!! On n’est même plus dans le raccourci insupportable mais dans un accident vasculaire cérébrale!

          Le plus cocasse, c’est la chute : « nous aussi à gauche on prend les gens pour des imbéciles »… Là, pour une fois, vous approchez quelque chose de vrai! Sauf que le « nous » est de trop : ici, celui qui prend les autres pour des imbéciles, c’est surtout vous avec votre géopolitique de comptoir et votre petit théâtre des voisins supposément éclairés par votre génie!

          En somme, votre commentaire réussit un exploit : vouloir moquer la caricature en étant lui-même encore plus caricatural! Je vous decernerais bien un prix mais au vu de la performance, je ne sais définitivement pas trop lequel…



        • Piboudy le 23 avril 2026 à 14:01

          @Bdpif
          Vous qualifier de gauche un parti qui mène une politique de droite ou vote pour elle : le PS.
          LFI ne s’oppose pas à la gauche mais aux politiques de droites, qu’elles soient menées par l’extrême droite, la droite ou le PS.
          Le combat de LFI à gauche est un problème d’hégémonie, comme le combat entre le PCF et le PS à la fin du 20ème siècle.
          Concernant la Grèce : vous devriez savoir que le pays était en faillite avant l’arrivé de Tsipras au pouvoir grâce aux banques américaines qui l’avaient forcée à faire des emprunts sans avoir la capacité de les rembourser. Tsipras n’a fait que subir les foudres de l’UE et du FMI.



    • Lionel Mutzenberg le 15 avril 2026 à 17:09

      Bien dit ! Si la base ne s’était pas pas mise en grève à l’appelle de leurs syndicats, nous n’aurions jamais obtenu les résultats qui ont été ceux du Front Populaire, résultats bien supérieurs au programme de la SFIO, le patronat, et ses courroies de transmissions, ayant pris peur de la colère populaire.
      Bon, dans le même temps ils préparaient leur revanche, le nazisme aidant, en France, comme ailleurs, à mater ces idées de gauche visant leurs privilèges.
      C’est une autre histoire, quoi que….
      Faire de quelqu’un un spécialiste, alors qu’il a participé à l’effondrement du PC, 22 à 2 % de l’électorat, je n’aurais pas la cruauté de rappeler les taux du PC juste après la guerre, me semble tout de même un peu gonflé, si j’ose dire !
      Nous avons perdu nos militants, nos adhérents, nos électeurs; j’ai quitté le PC en 1987, votant toujours communiste, puis ai rejoint le vote Mélenchon depuis 2012.
      Sans jamais oublier que l’histoire du PC est lié, à vie, aux luttes de la classe ouvrière et à ses conquêtes du progrès social, a la résistance au nazisme, et au capitalisme sans frontière.
      Rien à voir avec son dirigeant actuel, dont on se demande quel est son but final ?

  2. Lionel Mutzenberg le 15 avril 2026 à 11:19

    Depuis quand les élections de nos élites communales nous disent ce que les français voteront lors de l’élection présidentielle ? Trop d’abstentions, trop de clanisme, d’adoration du Maire, dont l’on a besoin pour résoudre ses problèmes personnelles au niveau de la commune dans laquelle l’on vit. Et puis, il existe aussi la composition sociologiques dans nos communes, l’abstention des classes populaires, et moyennes, qui privilégie la droite et l’extrème droite.
    Si un Maire remplit correctement son mandat, pourquoi faudrait il en changer ?
    L’impuissance de la gauche ! De quelle gauche parlez vous ? De cette fausse Gauche Jospin/Hollande qui a trahit son électorat, après avoir abandonné les classes populaires et moyennes ?
    Cette fausse gauche, qui mise sur le retour au bercail des ses « socialistes » qui ont rejoint le macronisme en 2017, responsables du bilan catastrophique de leur souverain, dont il faudra bien, un jour, révéler les conséquences pour la France, et les Français ?
    La gauche n’est pas impuissante, elle renait depuis 2012, lentement, difficilement, n’ayant pas encore digéré toutes ces années perdues par la faute de politiciens sans scrupules qui ont investi sur « la gauche, » transformé en label pour se faire élire et réélire.
    L’élection présidentielle de 2027 est entre les mains de l’électorat, ce sont eux qui choisiront si on continue avec les mêmes, et leurs mêmes politiques, qui n’ont pas voulu donner un emploi à tous, des salaires décents, des moyens pour nos services publics, dont l’hôpital est le dramatique symbole, un coût de l’énergie, des loyers, de la vie… compatibles avec les revenus de chacun.
    La question sociale est posée, les solutions et les moyens, sont posées dans un seul programme : Celui de LFI ! et partagé bien au delà de la gauche, ce qui se traduit par cette peur destructrice de notre bourgeoise, qui dilapide des milliards pour faire disparaitre un idéal, préférant la misère, quelle peut encadrer, maitriser, au bonheur, qui lui serait fatale…en conscience.
    La gauche c’est un idéal que chacun est capable de mesurer au cours de sa vie personnelle, loin des discours de tous celles et ceux qui en parlent sans jamais en comprendre la véritable réalité.

  3. Toto le 15 avril 2026 à 14:12

    Roger Martelli part généralement du principe que les sondages sont corrects.
    Roger Martelli est-il au courant qu’Hamon a fait 16% dans les sondages en 2017?
    Roger Martelli est-il au courant que l’avant-veille des présidentielles de 2022 , cluster 17 s’est fait tancer pour manque de sérieux pour avoir mis Mélenchon à 18%?
    Roger Martelli est-il courant que Jospin a fait 30% dans les sondages en 2001 ?

    Roger Martelli est-il au courant que les instituts de sondages appartiennent à des gents qui sont farouchement CONTRE la redistribution des richesses?
    Bref ceci n’est pas SERIEUX !!!

    Au fait Roger Martelli est-il au courant qu’en début 2017 Catherine Tricot avait pronostiqué un score inférieur à 2012 pour un nommé Jean-Luc Mélenchon ?
    Ah bon, il s’agirait de la ligne du média….

  4. carlos_H le 15 avril 2026 à 14:50

    M. Martelli, à votre grande déception sans doute, ce commentaire ira dans le sens des deux premiers… De quelle gauche parlez-vous exactement ? Car c’est bien là le nœud!!!

    On ne peut pas invoquer à longueur d’articles « l’union de la gauche » sans jamais clarifier ce qui justifie encore d’y ranger le PS. Et c’est précisément ce flou qui nourrit la confusion politique! Parce que TOUT programme de gauche visant la rupture avec la politique libérale actuelle revêtira une radicalité inadmissible pour le PS !!! Si un média comme Regards veut vraiment éclairer le débat, il faudrait peut-être commencer par cesser de traiter comme allant de soi ce qui est justement en question: Pourquoi le PS serait il encore de gauche ????

  5. Lucien Matron le 15 avril 2026 à 16:38

    La question du changement de cap politique est essentielle pour l’élection présidentielle de2027, : celle qui donne le ton pour toutes les autres élections, celle qui est l’élection majeure dans le cadre de la constitution actuelle. Les municipales constituent une image particulière à un instant donné, avec des considérations très locales, très personnelles. Cette année, avec les modifications apportées pour la constitution des listes, l’obligation de parité, l’interdiction du panachage, nous avons assisté à un phénomène non négligeable : dans une très grande majorité de communes ( près de 80%!) de mon département majoritairement rural, une seule liste présente, le plus souvent sans étiquette affirmée, ce qui fait que tous les maires ( tête de liste) ont été élus au premier tour et que l’abstention a progressé,

    Sur la question de changement politique, il y a une aspiration profonde pour changer de cap : Macron et ses soutiens sont totalement déconsidérés ( Cf les réactions virulentes après la proposition de Gabriel Attal de supprimer le 1er mai ). A gauche hors LFI, dans les directions politiques, c’est la course à l’investiture avec les coups bas, la fureur des égos, etc…En bref, la machine à perdre se construit jour après jour. Au centre et à droite, hors RN, même critères de division.. Ce que reflète bien, l’étude de Roger Martelli, est que deux pôles radicaux sont en place, de façon très structurée, LFI et RN, avec un avantage dynamique pour le RN, poussé par des médias serviles…et qui ne représente plus la figure de l’épouvantail pour certaines classes sociales.
    Pour changer de cap politique , c’est à dire pour gagner la présidentielle, il faut une majorité d’électeurs et d’électrices mobilisés. Les urgences sont de plusieurs natures :: 1- lutter dès ä présent contre la tentation du dégoût de la politique qui se traduit par l’abstention. 2)- avoir un programme qui emporte l’adhésion du plus grand nombre ( le seul vrai programme qui pourrait servir de base de discussion est objectivement celui de LFI). 3- les accords au sommet ( sur une primaire, sur un programme, sur un candidat) étant dans l’impasse et durablement, seule la mobilisation massive de la société civile peut imposer des choix.
    Cette société civile est constituée des forces sociales, syndicales, associatives, mutualistes, culturelles, humanitaires, etc…L’intervention récente du Directeur Général de la MAIF ( mutuelle militante) est significative de ce qui est possible. C’’est une voie possible pour redonner de l’espoir.

  6. Siddi Aldo le 15 avril 2026 à 18:49

    La « radicalité de gauche » n’est pas entendue et majoritairement écoutée parce qu’elle bascule de plus en plus vers les poncifs portés par la droite …
    Osons dire ce qu’est la  » radicalité  » prônée notamment par LFI et par une minorité de communistes :
    C’est le basculement
    * du communisme vers le communautarisme
    *de l’universalisme vers le racialisme
    *de la laïcité vers le confessionnalisme
    * de la lutte pour l’égalité homme/femme vers le « respect des traditions » (donc de l’asservissement des femmes …)
    * de la citoyenneté vers le sujet religieux
    Bref une régression totale, aux antipodes des combats des lumières pour l’émancipation et la démocratie !
    Est ce cela être de gauche ….
    Tout cela rejoint le substrat idéologique de l’extrême droite qu’on prétend combattre !!
    Le débat ne fait que commencer malgré l’injonction politicienne de choisir le candidat à la présidentielle et occulter ces questions premières

    • carlos_H le 19 avril 2026 à 08:53

      Vous repostez ce texte comme d’autres distribuent des tracts fatigués : avec l’espoir que la répétition remplace la preuve.

      Le plus savoureux, c’est que vous accusez la gauche de rupture de trahir l’émancipation, alors que votre prose défend surtout une vieille gauche d’ordre, bourgeoise et conservatrice, nostalgique des hiérarchies d’hier, d’un « universalisme » qui exige surtout le silence des minorités, femmes et racisés en tête, et qui SURTOUT à tout fait pour faire grimper dans l’opinion son epouventail préféré, le Front National, devenu le Rassemblement National, contre lequel elle s’est voulue comme la seule alternative!

      Quand on passe son temps à trahir un idéal, c’est bien là, le seul moyen de forcer le vote des électeurs à son bénéfice! Il est bien temps de passer à autre chose…

      Vivement la rupture!

      • Siddi Aldo le 21 avril 2026 à 10:19

        Je maintiens chacune de mes assertions n’étant nullement un soutien de la gauche « atlantiste » et des fossoyeurs du PS ( Hollande, Cambadélis, ou maintenant Gluckmann et d’autres ) …oui racialisme, communautarisme , confessionnalisme constituent une régression qui rapproche du substrat de l’extrême droite …
        à l’opposé de la Citoyenneté sans considération d’origine, de l’égalité homme/femme (lutte pour sortir des « traditions  » qui asservissent la femme ) …
        La gauche doit mettre à jour son logiciel « valeurs » pour faire « Monde » et  » Humanité » sans les poncifs portés et par l’extrême droite et par le Mollahs (de tous ordres…)….là serait la vraie Rupture !

        J’ajoute un autre point relatif à la démocratie , peut on promettre une VI République quasi autogestionnaire …et avoir un mouvement gazeux qui fonctionne avec des « fasci » (groupe d’appui de 12 personnes sans expression politique interne ni horizontale , ni verticale ….) et gouverné par Tweets par un seul homme…

        Selon la vieille formule , sans doute espérons nous le même « monde meilleur » et « radicalement » différend, mais force est de constater que nous n’avons pas le même point de vue sur les valeurs qui doivent tendre cette exigence de radicalité et d’EMANCIPATION (sans la vision des communautés à l’Anglo-saxonne qui ne sont que racisme et freins au progrès social ….).
        C’est ainsi, et le débat (de fond, sans le réduire à dix mots de tweet, ce qui est la norme de l’ultra libéralisme ) ne fait que commencer ….à chacun d’interroger ses propres certitudes ! je vous rassure je m’y attelle !

        • carlos_H le 22 avril 2026 à 15:52

          Bon ben… caricatures et analogies morales ne constituent pas des arguments. Mais vos 2 phrases de fin sont finalement très encourageantes.



  7. lemasseur le 16 avril 2026 à 10:26

    Je commence à en avoir ras le bol des lamentos éditorialisant ad nauseam sur « la gauche irresponsable », marre des questionnements larmoyants du type « Pendant ce temps-là, que fait la gauche ? » mettant dans le même sac tout et son contraire pour pouvoir en tirer le constat désolé du sage las sur son Aventin, lassant également les appels à l’Unité (comme si l’unité faisait un programme) que l’on entend régulièrement sans que soit précisé au nom de quoi cette unité existerait. Épuisant ce ton employé pour ce faire qui sent si fort la sacristie et les sermons dominicaux.

    Au bas mot, cela fait trente ans que l’on entend ce chœur éploré, chantant sans se lasser cet air qu’il répète sans rien en changer, et sans que rien ne change… Quand allez-vous cesser une bonne fois pour toute de mettre la responsabilité du foutoir sur une entité fumeuse (« la gauche ») à l’existence controversée plutôt que de la mettre sur le système démocratique (ou ce disant tel) chargé d’organiser la discussion et la partage du pouvoir?

    Vous n’en avez pas marre de butter sans cesse comme des abeilles aveugles sur une vitre en vous demandant pourquoi ça ne passe pas à travers?

    Les institutions sont des institutions DE DROITE, faites pour la droite, taillées sur mesure sur son corpus idéologique et sa morale politique, où la gauche humaniste est handicapée par nature: Comment voulez-vous que ces institutions bonapartistes puissent produire du commun, de la décision collective et de la démocratie horizontale alors qu’elles sont faites pour désigner un Guide ne rendant de compte à personne? Vous ne voyez pas le hiatus?
    Incidemment, comment voulez-vous que des partis faits pour ces institutions a-démocratiques et autoritaires fonctionnent eux-même sur des principes démocratiques? Lorsque tout concourt vers « la rencontre d’un homme (sic) et d’un peuple », l’organisation ne peut être que verticale. On ne s’organise pas démocratiquement pour désigner un candidat dictateur.

    En ce moment, la « gauche » qui était un magma informe, une bouillasse épaisse rendue illisible par les contradictions de ceux qui s’en réclament se clarifie. Cela se fait dans la douleur et pas forcément au bon moment, mais ce passage obligé arrive enfin.
    Loin d’en pleurer, il convient au contraire de s’en réjouir. L’ordre ancien est écroulé et le nouveau nait sous nos yeux.

  8. DUBANT Gilbert le 18 avril 2026 à 10:59

    Il est en effet dommage que Roger Martelli gâche son talent pour commenter un sondage dont le manque de précision, évidemment volontaire vu les questions, saute aux yeux. Ce genre de commentaire est un film qui commence au milieu, sans avoir défini programmes et stratégies. Le programme AEC (L’Avenir En Commun) de LFI peut-il être considéré comme « radical » économiquement ? À mon avis, non. C’est un programme social-démocrate au sens originel du terme, où capital et prolétariat se confrontent pacifiquement au sein d’un marché régulé par un gouvernement issu d’élections législatives, dans un système de 6e République redéfinissant le rôle du président et la séparation des pouvoirs. Cette proposition est actuellement la seule sur le « marché de gauche », le PS n’ayant aucun projet quantifiable, les Écologistes développant des propositions parfois intéressantes, mais fractionnelles et socialement contradictoires, le PCF ayant oublié depuis longtemps ce qu’est une analyse marxiste économique et sociale dépassant les idées générales. Il faut donc « dédiaboliser’ l’AEC en expliquant ce qu’il est, c’est à dire de gauche social-démocrate qui n’atteint nullement le droit à la propriété ou l’initiative individuelle, mais introduit une fiscalité plus juste et une relance de type keynésien (de 1935) soutenue par des fonds publics.

Laissez un commentaire