Profitez de l’été, le suivant est annulé !
La trêve estivale nous laisse avec un théâtre politique en apesanteur, où les candidatures flottent. Espérons qu’à la rentrée, chacun aura pris la mesure de la force de frappe qui menace à l’extrême droite.
La France va se mettre sur pause pour quelques semaines. On l’espère pour vous aussi, amies lectrices et amis lecteurs. C’est la dernière newsletter de la saison et on tenait à vous remercier d’avoir partagé et fait connaître cette missive quotidienne lancée à la mer – et de nous avoir soutenus financièrement ! Un dernier petit tour d’horizon pour la route ? On fera court pour garder le moral.
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La gauche s’enrichit d’une nouvelle proposition, une nouvelle candidature, celle de Bernard Cazeneuve. Mais si ! L’ancien ministre de l’intérieur et éphémère premier ministre de François Hollande croit en sa bonne étoile et se lance donc en dehors de tout cadre. Il l’a annoncé : il ne participera pas à la primaire des sociaux-démocrates et ira jusqu’au bout, dit-il. Il nous aura au moins fait sourire, une fois.
François Hollande aussi dit ne pas vouloir se plier à la primaire socialiste. Matois, il attend la probable désignation de Raphaël Glucksmann, anticipe son échec et se tient prêt. Il l’a redit ce mercredi devant ses amis rassemblés au Sénat. Parier sur l’échec des autres n’est pas brillant, mais l’ancien président n’est pas bégueule et prend ce qu’il y a. Et, pour le moment, il se regorge de ce sondage qui le donne au plus haut dans les personnalités préférées des Français : second derrière Michel-Édouard Leclerc. Comme Jacques Chirac, plus le souvenir de son quinquennat s’éloigne, plus il est aimé.
Mais la mémoire se ravive. Cette candidature encore non-officielle ne peut pas gagner. Pourquoi ? Parce qu’il est le papa politique d’Emmanuel Macron. Or le doute n’est pas permis : massivement, les Français ne croient plus dans les vertus de la politique de l’offre, dans la politique pro-business, pour sortir le pays et leur existence du ravin. Élections après élections, sondages après sondages, le bloc central s’étiole. Les macronistes estampillés en font les frais. Les porteurs de cette politique, peu ou prou ajustée, auront bien du mal face au bulldozer dégagiste de l’extrême droite. Édouard Philippe aussi va peiner à se dégager de cette filiation avec l’actuel président. Il insiste : « Mais, je suis vraiment de droite ! » Et précise son musée des horreurs. De ce fait, celui qui semble le plus en mesure de s’opposer à la candidate RN est aussi le plus fragile. Étrange paradoxe.
Malgré sa faiblesse, la gauche prise dans son entier est le premier pôle derrière l’extrême droite. On le concède, ça ne se voit guère. Pourtant, elle devrait en toute logique pouvoir incarner une alternative et à la Macronie et au RN. Elle en est loin.
L’autre paradoxe est que malgré sa faiblesse, la gauche prise dans son entier est le premier pôle derrière l’extrême droite. On le concède, ça ne se voit guère. Pourtant, elle devrait en toute logique pouvoir incarner une alternative et à la Macronie et au RN. Elle en est loin. Les poids lourds de la gauche, tout à leur affaire de conforter leur électorat de premier tour, bétonnent sans ménagement pour que les fossés entre les gauches soient infranchissables. Ils sont faiblement convaincants. Parce que l’expérience politique du NFP, les combats sur les retraites, les attentes sur l’écologie et le refus des idées racistes unissent la gauche. Le réel est plus fort que les consternantes attaques qui fusent en tous sens.
Les vacances commencent avec inquiétude et perplexité. L’automne sera-t-elle la saison de la raison et de l’imagination ? Prenant acte de la fin de la primaire, Clémentine Autain tente de maintenir ouverte la perspective d’un élan victorieux par une « gauche à gauche » et rassembleuse. Dans Libération elle dit : « Ce que nous devons étudier maintenant avec tous les unitaires, avec les Écologistes, Génération·s, Debout ! [le mouvement de François Ruffin, ndlr], les communistes qui ne sont pas d’accord avec une candidature de Fabien Roussel et les socialistes qui ne veulent pas du repli de leur parti, ce sont les solutions qui peuvent nous conduire à la victoire ». Si on ajoute à cette liste… nous tous… Cela peut encore s’inventer. On en rêvera au bord de la piscine.
Bel été à tous !
Quelle piscine ? Quelle gauche ? Personnellement je ne suis pas de gauche. Je suis communiste révolutionnaire et je soutiens Méluche.
Tricot n’est pas de gauche. C’est une soc-dem pur jus qui se fiche bien des problèmes des français, sa seule préoccupation c’est de faire tourner sa boutique maintenant qu’elle se rend compte qu’Autain, Ruffin, etc n’ont aucune chance.
La seule alternative, c’est Mélenchon et j’en veux bcp à Regards de tout faire pour faire perdre notre meilleur atout.
Regards à de bons articles et souvent de bonnes analyses de la situation sauf en ce qui concerne la gauche à défendre et à soutenir pour 2027, une gauche sans repère et très très faible sans LFI
Aucune perspective dans cet articulet. Pourtant il n’y a pas à tortiller du cul pour chier droit. La seule façon de battre l’extrême droite, c’est d’être au second tour. Et il n’y a qu’un candidat à gauche en mesure d’être au second tour : Jean-Luc Mélenchon. Mais ça écorcherait la bouche de Catherine Tricot de l’admettre.
La voie du salut pour la gauche est selon vous que le candidat d’extrême-gauche affronte au second tour le candidat d’extrême-droite. Pour la droite, la voie du salut est la même.
ON a de plus en plus l’impression de lire le gorafi ou de revoir un jour sans fin en lisant Catherine Tricot. Les partis dit de gauche (sauf PS et place public) doivent négocier avec le candidat le mieux placé (Mélenchon) afin de garantir la pluralité des représentations après son élection.
Je pense que la sagesse leur viendra avec la peur: Celle qu’ils auront préventivement devant ce qui les attend si jamais leurs candidatures faisaient le lit de l’extrême centre ou du RN, ce reviendrait au même d’ailleurs.
Très prosaïquement, ces personnes n’ont pas de protection rapprochée et ne circulent pas en convois officiels, ce qui les met à portée de n’importe qui voudrait leur manifester l’étendue de la rancœur suscitée par leur égoïsme/inconscience/compromission (au choix ou cumulatif) nous ayant conduit au pire.
Je n’évoque pas un souhait (ce genre de violence n’apporte strictement rien), mais une éventualité plus que probable. Ceci dit pour soigner la déconnexion d’avec le réel…
Bien dit !
Clémentine Autain en appelle clairement à voter LFI, sous condition de rabibochage!
Elle est la seule à prendre acte du rapport de force et de la nécessité de ne pas empêcher au nom d’une candidature de témoignage l’arrivée de la gauche au second tour. Les autres composantes devront en arriver au même point, logique et cohérent lorsque l’on tire l’alarme -à juste titre- face au péril de l’extrême droite, auquel je rajoute l’extrême centre fanatisé qui fait plus que flirter avec le RN.
Quant au PS, ce serait formidable que ce soit Hollande qui en porte les couleurs. Dix années après sa fuite honteuse et piteuse devant ses responsabilités et son bilan calamiteux, il est plus que temps qu’il reçoive l’humiliation qu’il mérite et l’expression du profond mépris qu’il suscite. A moins de 1,7%, ce serait idéal.
La position de. Clémentine Autain me semble pertinente , elle consiste à vouloir rassembler dans la même maison les électeurs de la gauche : insoumis, écologistes, communistes et socialistes. Il s’agit d’avancer dans cette voie, la seule possible pour gagner et changer de politique. La présidentielle étant une élection fortement incarnée, reste à trouver le candidat ou le candidat du rassemblement. Ce ne sera pas possible au 1er tour, sauf miracle auquel personne ne croit. Mais rien n’empêche les candidats du 1er tour à annoncer, dès la rentrée, qu’ils voteront pour le candidat ou la candidate arrivé en tête…
Lucien Matron, auriez-vous oublié qu’il n’y a que 2 candidats au second tour ? Votre raisonnement ne vaut que s’il n’y a pas trop de dispersion à gauche au 1er tour.
L’élection présidentielle est en réalité un plébiscite.