Philippe 2027 : mode d’emploi pour ne pas être élu
Il y a des actes manqués pour ne pas être président. Édouard Philippe les multiplie. À croire qu’il n’a qu’un objectif : la défaite.
Mais à quoi joue Édouard Philippe ? Ces derniers temps, il parle, il propose, il bat la campagne et chacune de ses sorties publiques est empreinte de la même saveur : tout pour l’impopularité !
Dernier méfait en date : les eurodéputés Horizons ont validé l’infâme règlement « Retour », qui envisage de déporter les migrants sous OQTF. Sur le conflit diplomatique entre la France et l’Algérie – front ouvert par l’ex-ministre de l’intérieur Bruno Retailleau ? Édouard Philippe s’aligne : « Il est temps de remettre en cause l’accord franco-algérien de 1968 ». Dans les deux cas, l’extrême droite est à l’impulsion et la droite prend la balle au bond.
Sur le dossier des retraites ? Lorsqu’il était premier ministre, il prônait la « retraite à points » avec un âge pivot à 64 ans. Les oppositions, les syndicats, le covid ont eu raison de cette réforme et, depuis, il a changé de braquet. Édouard Philippe s’enfonce et persiste avec son âge de départ à 67 ans car « nous allons devoir travailler plus longtemps » et avec sa volonté d’instaurer une dose de capitalisation.
Sur l’écologie ? Édouard Philippe prend à bras le corps la loi Duplomb. Vilipendée dans le pays avec une pétition de historique signée par plus de 2 millions de personnes, censurée par le Conseil constitutionnel au nom de la charte de l’Environnement inscrite dans la Constitution, le candidat à l’Élysée propose… de modifier la Constitution pour amender cette charte et permettre aux agriculteurs d’utiliser les poisons interdits – en l’espèce les néonicotinoïdes.
Le narcotrafic ? Il veut créer un « état d’urgence narco ». Le budget de la France ? Il veut une « règle d’or » (RIP Sarko) qui étouffe pourtant les Allemands, leur économie et leurs services publics. Les propositions s’enchaînent, s’égrainent, toutes plus suffocantes les unes que les autres.
La culture fait aussi partie des cibles du « philippisme » : il y a un an et demi, la présidente Horizons des Pays de la Loire, Christelle Morançais, a sabré du jour au lendemain près de 80% des crédits régionaux consacrés à la culture.
Puis il y a le volet judiciaire. Édouard Philippe fait l’objet d’une enquête du Parquet national financier pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d’intérêts et concussion. Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ? Philippe, oui. Et il anticipe : « Aucune décision non définitive de justice ne m’empêchera d’être candidat à l’élection présidentielle ». Voilà la campagne promise : ni une mise en examen, ni une première condamnation ne viendront tordre la volonté de fer du candidat. Le temps joue en sa faveur : l’immunité est à portée de semaines !
Édouard Philippe se targue de siphonner LR – il a reçu les soutiens de Nathalie Kosciusko-Morizet et de Jean-François Copé. Il se dit même que Laurent Wauquiez l’aurait choisi. Édouard Philippe veut déborder Bruno Retailleau par sa droite.
De son passage à Matignon entre 2017-2020, Philippe a laissé l’image d’une droite qui se veut libérale, gestionnaire et raisonnable. Maire du Havre, il passe pour un bon juppéiste, moderne et bâtisseur. Au moment des législatives, alors que le NFP se confronte au RN dans sa propre ville, il n’hésite pas : il vote communiste ! Mais derrière ses boutons de manchette avec la faucille et le marteau, au-delà de ses petites blagues avec son « pote de gauche », il faut se rendre à l’évidence : Édouard Philippe est un homme de la droite dure. Et propose du sang et des larmes. À ce niveau d’auto-sabotage, on ne peut s’empêcher de penser une chose : Édouard Philippe ne veut pas être président de la République.