Municipales : LFI et le RN tirent les marrons du feu — par Roger Martelli
Le premier tour des municipales ne bouleverse pas le paysage politique. Mais il en accentue certains traits et fait bouger les équilibres internes de la gauche et de la droite.
Roger Martelli nous livre ici ses premières impressions sur le premier tour des élections municipales. Nous publierons d’autres analyses plus détaillées, en fonction des grands enjeux qui se dessinent.
Ce premier tour des élections municipales, ce dimanche 15 mars, n’a pas contredit une tendance de long souffle : le poids de l’abstention. On pouvait croire que la faible participation de 2020 était due à la seule épidémie et, de fait, la participation est à la hausse cette année. Mais c’est la deuxième fois depuis 1959 qu’elle passe sous la barre des 60%. La crise de la représentation n’est pas derrière nous et il n’y a pas de vaccin pour la contenir.
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Un autre aspect s’est trouvé confirmé ce dimanche : après le choc des législatives de 2024, celui de l’éclatement du paysage politique, dont atteste le grand nombre de listes habilitées à accéder au second tour, dans la France urbaine des plus de 10 000 habitants. Il ne faut certes pas exagérer cette dimension : le PS et les LR continueront vraisemblablement de se partager un grand nombre des 7 à 8% des communes concernées. Mais les deux partis qui ont gouverné la France en alternance depuis 1981 devront compter sur le poids d’autres forces.
Le RN était ainsi annoncé une fois de plus comme le grand gagnant de la consultation. Et, de fait, sa présence s’est avérée massive dans de vastes portions du territoire métropolitain. Il a conforté ses bases antérieures, réélues dès le premier tour. En dehors des centres métropolitains, qui restent globalement rebelles à son emprise, il obtient des scores importants qui lui assureront des entrées notables dans de très nombreux conseils municipaux. Mais s’il a d’ores et déjà conquis des petites villes dans le Nord, l’Est et le Sud et s’il est en tête dans de nombreuses villes (Narbonne, Menton, Toulon, Castres, Douai ou Draguignan), il n’est pas parvenu à s’emparer de villes moyennes comme Avion, Lens, Charleville-Mézières, Narbonne ou Saint-Dizier.
L’extrême droite a progressé partout, elle a fait un pas vers cette union de toutes les droites qui doit être la base de sa future hégémonie, mais elle n’a pas encore éloigné cette méfiance qui ne joue pas dans les élections européennes, mais qui se manifeste encore quand il s’agit de passer de la simple influence à un pouvoir réel, local comme national.
Quand l’esprit de critique vire à l’anathème et à l’excommunication, c’est la gauche tout entière qui paie le prix. Il y avait sans nul doute des raisons d’être anticommuniste dans les périodes les moins ouvertes de l’histoire communiste. Mais l’anticommunisme de principe a toujours fini par anémier la République. Il en est de même de l’appel incessant à la mise au ban des insoumis.
Et si le RN n’est pas au bout de sa dédiabolisation, il devra tenir compte que la diabolisation corrélative de La France insoumise a connu son premier couac significatif. Comme le parti de Marine Le Pen, celui de Jean-Luc Mélenchon a décidé de faire de ces élections l’occasion d’inscrire le local dans ses bases d’implantation. Il a donc cherché opiniâtrement à politiser le scrutin, en faisant tourner « sa » vedette et ses figures de proue plus jeunes. Comme le RN, il a jeté nombre de ses députés dans la bataille municipale.
Cet effort a manifestement payé, en tout cas dans ses zones de force qu’il a labourées sans compter. La violence anti-LFI, notamment après la mort de Quentin Deranque à Lyon, n’a pas enrayé la mécanique insoumise. Elle l’a sans doute même confortée, comme ce fut le cas pour le PCF dans la rude période de « classe contre classe ». La hargne contre les insoumis et la mansuétude relative à l’égard du RN ont surmobilisé en faveur de LFI une large part de la gauche de gauche, notamment dans la jeunesse, racisée et éduquée.
La France insoumise a ainsi consolidé son ancrage au cœur de la France urbaine, dans la jeunesse et sans doute une part des catégories populaires. Ses bons résultats s’observent sans surprise dans les territoires où Jean-Luc Mélenchon a fait ses meilleurs scores, ainsi que la liste Aubry des européennes. En général, il est vrai que les résultats sont en dessous de ceux de 2022 et 2024, notamment à Paris et à Marseille qui font un peu figure de contre-performances. Mais ils égalent les résultats précédents (Lille) ou les dépassent sensiblement (Toulouse, Bordeaux ou Limoges).
Dans la plupart des cas de figure, le reste de la gauche doit enregistrer lucidement le phénomène, dans toute sa complexité. Au fond, il est difficile d’oublier que la poussée en longue durée des insoumis est l’envers des carences des autres composantes de la gauche. Si le vote Mélenchon de 2017 et 2022 n’a pas été qu’un vote insoumis, ceux de 2026, comme les réélections au premier tour de maires communistes, disent que la gauche de gauche n’a pas disparu de l’espace politique français. Force est alors de constater, comme à Nîmes ou au Havre, que lorsque cet espace est occupé par d’autres, le score des insoumis est nettement plus faible. Le PS gagnerait à ne pas l’oublier, pas seulement parce qu’il a conjoncturellement besoin de l’apport insoumis au second tour, mais parce qu’il en va de l’avenir de la gauche française.
Le message doit donc être entendu à gauche, dans toute la gauche. Les raisons ne manquent certes pas, politiques comme éthiques, pour critiquer La France insoumise et ses principaux responsables. Mais quand l’esprit de critique vire à l’anathème et à l’excommunication, c’est la gauche tout entière qui paie le prix. Il y avait sans nul doute des raisons d’être anticommuniste dans les périodes les moins ouvertes de l’histoire communiste. Mais l’anticommunisme de principe a toujours fini par anémier la République. Il en est de même de l’appel incessant à la mise au ban des insoumis.
Mieux vaut l’entendre aujourd’hui encore. La gauche peut débattre avec franchise, rudement s’il le faut. Elle ne doit pas oublier ce qui différencie ses composantes, mais sans jamais oublier qu’elle doit se retrouver pour faire majorité. Plutôt que d’osciller en permanence entre bordées d’insultes et embrassades contraintes, mieux vaut apprendre à être à la fois différents et unitaires.
Surtout quand le spectre de l’extrême droite continue de planer. Ce premier tour d’élections a montré, il est vrai, que les enfants du lepénisme n’ont pas encore partie gagnée. On y verra une bonne nouvelle. Mais pour qu’elle se confirme, puisque la droite déchirée est incapable de faire barrage, c’est la qualité de la gauche, sa rigueur et sa tranquillité qui sont la clé de nos lendemains.
Dans les jours qui viennent, toute la gauche devra s’en souvenir, pour ne pas décourager cette part de la France populaire qui continue de croire en elle et qui veut continuer une grande histoire, même s’il est impératif de la refonder.
Fautes corrigées.
Vous parlez de « la gauche tout entière ». Qu’entendez-vous exactement par « gauche » et d’autre part « tout entière » ? Il me semble que votre développement, aussi intéressant soit-il, gagnerait à préciser en premier lieu les partis composant cette « gauche » vôtre dont je ne suis pas certain qu’elle serait la mienne. Si vous incluez le PCF, les Ecologistes et le PS dans votre syntagme, je crois qu’il y a méprise sur les termes.
Quant à la « France populaire » que vous évoquez, elle n’est pas dépourvue de lucidité. Le spectacle donné par les représentants « de gauche », à votre façon, lors de ces dernières semaines ou mois, vitupérant la LFI en continu à l’aide d’arguments largement contestables ne lui a pas échappé. Nous verrons les résultats du second tour, mais d’ores et déjà, LFI a fait mieux que se bien comporter dans ces élections.
Les mots ne sont pas que des mots. Appelons un chat un chat. Ou redonnez-nous une définition claire de « la gauche tout entière »…
Plutôt d ‘accord avec votre article.
Concernant Paris. Shikirou a passé la plupart de son temps à critiquer le PS. On se souvient de son dernier meeting et des 2500 personnes en train de hurler « On deteste tous le PS »
Et maintenant elle attends le coup de fil du PS pour fusionner.
Je pense que le plus logique seait qu’elle enlève sa liste et laisse ses electeurs choisir leur vote.
Vous suggérez qu’elle se retire pour que « les électeurs puissent choisir leur vote »?
Curieuse conception du choix consistant en une seule variable disponible…
Ou tout simplement le PS devrait accéder aux demandes de Chikirou.
Faire fusion entre PS et LFI; accepter tout ce que demande Chikirou, lui laisser les pleins pouvoirs à la mairie. Obéir à tout ce qu’elle demande; SInon ce sera Dati qui ,elle à fait fusion avec Bournazel. Le PS n’ aucun chance de remporter la mairie sans le soutien electorale de Chikirou.
Prendre le pouvoir à gauche avec juste 11%, c ‘est effectivement de l’escroquerie. ‘Rien que vendre son programme pour 5 euros c ‘est déjà de l’escroquerie.
Mais je pense que le PS devrait ceder au chantage. Obéir et subir.
Par contre attention, beaucoup de gens qui ont votés PS ne reveteront pas à Gauche en cas de fusion avec LFi. Donc l’un dans l’autre la présence de Chikirou est néfaste pour la Gauche et favorable à la Droite. Franchement, elle devrait se retirer et laisser le choix à ses electeurs de voter à Gauche ou de laisser passer Dati.
En tout cas, ce qui est certain, c’est que si Rachida Dati passe, ce sera LFI qui en sera tenu responsable.
Vous pourrrez nous faire 14 pages de commentaires pour nous prouver le contraire, vous ne convaincrez que vous même.
Pauvre Bdpif, qui rêvait de voir la FI réaliser un score de groupuscule ! Il va falloir qu’il se précipite, avec ses amis du PS de Hollande/Valls, à rejoindre la Macronie, pour faire barrage à l’antisémitisme qui menace….
bonjour,
Merci pour cette analyse comme toujours très intéressante. La faible mobilisation, la progression de l’abstention ne sont-elles pas dues cette fois à la fin du panachage dans les petites communes. Enfin, concernant LFI, peut-être que les résultats relativement décevants à Paris et Marseille résultent d’une campagne trop outrancière. On peut être ferme avec le ps sans tomber dans des attaques humaines graves (sauf cas particuliers lorsqu’elle quelqu’un est corrompu…)
Ailleurs, à Toulouse, Roubaix ou ailleurs, lfi n’a pas été aussi outrancier, d’où peut-être des résultats meilleurs.
je regrette profondément que les gauches hors LFI à Paris et Marseille n’acceptent pas une fusion technique avec lfi contre la droite dure ou le RN
Unitaire convaincu des forces de gauche sans exclusive, le résultat du premier tour des élections municipales conforte l’idée que seule le rassemblement peut créer une dynamique populaire. L’analyse de Roger Martelli devrait se confirmer au second tour. Il est regrettable que depuis des mois, la juste et rude confrontation des idées se soit trop souvent transformée en brutalisation extrême , anathèmes voire insultes.. Dans la communication politique, La France Insoumise, le PS et Place Publique auraient été bien inspirées de ne pas aller au-delà d’une ligne rouge qui risque de ne pas être comprise des électeurs dans les alliances de second tour qui voient le jour aujourd’hui. Les forces adverses sont clairement identifiées : Le Pen, Bardella, Zemmour, Ciotti, Retailleau, Wauquiez et leurs soutiens. Ce sont ces forces réactionnaires, ultra conservatrices, racistes, soutenues par des médias complices, que la gauche doit ciblée en priorité. Et pour combattre cette hydre monstrueuse, les forces populaires, celles qui en sont les premières victimes, doivent se rassembler. Il s’agit d’une guerre idéologique et culturelle de premier plan et de longue haleine. Toutes les forces politiques, sociales, progressistes et émancipatrices doivent faire front uni. C’’est possible !
Partisan convaincu de l’union de toutes les forces de gauche vous ne sauriez condamner ceux qui agissent pour l’union de toutes les forces de droite : on ne peut interdire à autrui ce qu’on se permet à soi. Au passage apprenez que nous sommes en démocratie et que vos concitoyens qui ne partagent pas vos opinions ne sont pas des monstres, des racistes, bref des Untermenschen. Appliquez à vous-même ce que vous appelez de vos vœux, ne contribuez pas à la brutalisation du débat politique, cessez vos insultes et vos anathèmes.
On peut d’ores et déjà faire un double constat:
Les médias dominants (milliardaires et service public) viennent de subir une xième humiliation avec leur unanimisme anti-LFI qui ne fonctionne pas. Ces gens ne parlent qu’à eux-même et à ceux de leur classe et leurs anathèmes sont autant de pets foireux.
Le second (concomitant du premier) est le constat à mon sens définitif, de l’échec et de l’impasse que représente la stratégie de F Hollande pour le PS. Toute honte bue et la corde au cou, les hiérarques ps hier si farouchement et moralement opposés à ce parti « ouvertement antisémite » (je pense à Cuillandre à Brest) viennent à Canossa pour sauver leur peau. Spectacle assez pitoyable que les oppositions de droite ne manquent pas de moquer. Ce qui les classe ipso facto dans le camp des gens de peu de constance et de fiabilité, troquant leurs convictions contre leur intérêt (ce qui est une constante au PS). Il leur sera difficile demain de continuer à cracher sur LFI et jouer leur partition outragée (grand moment de rire en entendant Faure faire la distinction entre les responsables locaux et nationaux pour justifier les ralliements dont il n’était pas question d’entendre parler hier). Glucksman a pas mal de soucis à se faire et il ne serait pas très étonnant qu’au final il ne se révèle être que le favori des éditocrates.
Il semblerait bien en fin de compte qu’effectivement l’avenir soit à la confrontation entre RN et LFI, avec pas grand chose de significatif entre les deux.
Certains commentateurs s’interrogent doctement pour savoir si, avec ce que l’on voit durant cette campagne des élections municipales spécialement dans cette période d’entre-deux-tours, on peut dire ou pas que le PS s’effondre moralement ? Il faut dire que sur ce coup le PS (et le reste de la gauche) a mis la barre très haut. En fait tout cela ne fait que confirmer ce que je dis à chaque épisode de ce type : à certaines périodes l’observateur objectif apprend plus en quelques jours ou quelques heures qu’en plusieurs années. Et c’est bien le cas cette semaine. Mais le revirement du PS est-il un coup de tonnerre dans un ciel serein ou la triste répétition de situations du même type ? Ou si vous préférez, le PS a-t-il vendu son âme cette semaine ou a-t-il tout simplement répété ce à quoi nous avons assisté à tant d’occasions ? J’ai envie de répondre que pour perdre toute morale, il faudrait d’abord qu’il en eût une. Et ceux qui ont quelques connaissances et un peu de mémoire diront sans hésitation avec moi que les événements de cette semaine ne peuvent étonner que les naïfs, les incultes ou ceux qui n’ont pas de mémoire. Ou les trois ensemble.
Souvenons-nous. Il y a quand même eu quelques événements qui, s’ils avaient été regardés tels qu’ils le méritaient, auraient du marquer les mémoires. Sans remonter aux calendes grecques, prenons les cas des « heures sombres de notre histoire » (l’époque de Pétain). Ce sont les parlementaires majoritairement de gauche (le Parlement du Front populaire), réunis à Vichy, qui ont voté les pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 1940. Donc il faut le dire nettement : c’est la gauche qui a mis en place le régime de Vichy avec Pétain à sa tête. Et parmi ceux qui ont été les dirigeants de ce régime, il y avait un certain François Mitterrand qui demandera et obtiendra la francisque des mains de Pétain lui-même (la plus haute décoration). Un mois plus tôt, Charles De Gaulle lançait son appel, le 18 juin depuis Londres, entouré de personnalités dont de nombreuses étaient membres de l’Action Française (l’extrême droite comme on dit de nos jours). Résumons : De Gaulle appelle à la résistance en juin 40. Aucune personne de gauche n’est avec lui. La gauche répond en allant en juillet 40 à Vichy mettre en place le régime qu’aujourd’hui ils disent haïr. Et parmi les chefs de ce régime il y a celui qui deviendra l’icône de la gauche et le chef du PS : François Mitterrand. Jamais le PS ne lui fera reproche de ce passé honteux et sulfureux. Quant au PCF, c’est du même tonneau. Son secrétaire général Thorez déserte en septembre 1939 et court se réfugier en URSS où il restera jusqu’à la fin de la guerre. En France le PCF, dès la signature du pacte germano-soviétique le 23 août 1939 et jusqu’à l’invasion de l’URSS le 22 juin 1941 par les troupes nazies, s’opposa à toute résistance en France même lorsque la France fut envahie par les troupes allemandes. Le PCF alla même jusqu’à demander à la Kommandantur de Paris la reparution légale de son journal l’Humanité. Ce n’est qu’après l’invasion de l’URSS qu’il entra dans la résistance et que naquit la fable du « parti des 75.000 fusillés ». Et c’est ce même Mitterrand, pétainiste bon chic bon genre, qui en s’alliant avec les déserteurs et collabos du PCF prendra le pouvoir en 1981. Tout cela est-il bien moral ? Peut-on en déduire que le PS est un parti qui a de la morale ?
Autre point particulièrement grave, la position du PS vis-à-vis du communisme en général et du stalinisme en particulier. À ce sujet, il faut quand même savoir que le communisme a causé la mort d’environ 100 millions de personnes à travers le monde avec ses différents régimes (URSS, Chine, Vietnam, Cambodge, Cuba, etc). Le stalinisme proprement dit en ayant provoqué plus de 20 millions à lui seul. Si l’effroyable réalité du régime soviétique fut soigneusement cachée pendant de longues années, de plus en plus d’informations circulaient et la vérité éclata au grand jour lors du XXe Congrès du PCUS, le 24 février 1956, en URSS avec la présentation du rapport Khrouchtchev. En France, le PCF – qualifié de « parti le plus stalinien » par les Russes – nia cette réalité pendant plusieurs années, soutenu par des artistes et des intellectuels. Pendant des années, le PCF continua à défendre bec et ongles la patrie du socialisme attaquée par « l’impérialisme et ses valets ». De nombreuses campagnes d’opinions eurent pour objet d’obtenir la libération de prisonniers politiques d’URSS tels Léonid Pliouchtch (mathématicien) ou Alexandre Soljenitsyne – auteur de L’Archipel du Goulag (écrit dans la clandestinité entre 1958 et 1967) publié en 1973. Et qu’a fait le très moral PS devant ces vérités accablantes pour le communisme et son représentant français le PCF ? Il a mis la poussière sous le tapis. Il a fait alliance avec lui et a pris le pouvoir en 1981. Mais le PS ne brilla pas durant toutes ces années par ses mobilisations pour la défense des libertés « à l’est comme à l’ouest ». Se taire et camoufler toutes ces atrocités, juste pour ne pas froisser le PCF, et prendre le pouvoir avec lui. Tout cela est-il bien moral ?
Mitterrand ne se limita pas à sa période pétainiste ni à ses amours honteuses avec le PCF. Le PS brilla aussi par ses mensonges après la prise du pouvoir en 1981. Les mensonges ne tardèrent pas puisque dès 1983, avec le virage de la rigueur, Mitterrand mit en œuvre une politique exactement inverse de celle sur laquelle il s’était fait élire. Et pour détourner la légitime colère populaire, il inventa le machiavélique délire sur une prétendue menace fasciste en accusant le FN d’être le véritable problème. Depuis, ce monumental mensonge a fait florès et nous le payons chaque jour un peu plus puisque ses descendants ne cessent de le répéter malgré la déclaration de Jospin en 2007 qui indiqua que l’antifascisme depuis Mitterrand n’était que du théâtre car il n’y avait aucun danger fasciste. Mentir, déformer la réalité, tromper les gens, comme l’ont fait Mitterrand et le PS, tout cela est-il bien moral ?