Motion de censure de la gauche : les socialistes toujours dans le flou
Gestion de la canicule : les insoumis et les communistes vont signer une motion de censure contre le gouvernement initiée par les écologistes. Et les socialistes ? Ils hésitent encore et toujours. À moins d’un an de la présidentielle, c’est un problème.
La canicule n’a pas seulement écrasé le pays. Elle a mis à nu des années d’impuissance, de discours sans suite sur la transition écologique, de plans climatiques aux ambitions rabotées. La politique gouvernementale apparaît pour ce qu’elle est : une gestion de crise sans stratégie, ni pour lutter contre le réchauffement climatique ni pour s’y adapter.
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Dans ce contexte, les écologistes ont déposé une motion de censure. La présidente du groupe à l’Assemblée nationale Cyrielle Chatelain souhaite qu’elle soit portée par toute la gauche. Une motion est un acte politique : elle dit où l’on se tient. Elle rappelle qu’il existe une opposition à Emmanuel Macron. Les insoumis vont la signer. Les communistes la voteront. Mais un groupe résiste encore et toujours : les socialistes. Ils hésitent.
Leurs arguments énoncés lors de leur réunion de groupe ce mercredi sont révélateurs. Pour les opposants à cette motion, il ne faut pas ajouter du désordre au désordre, provoquer une crise politique pendant une nouvelle vague de chaleur. Il ne faut pas non plus compromettre la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, ni celle sur l’encadrement des loyers, ni le prochain budget.
Un gouvernement devenu exécutant des administrations est-il à ce point indispensable ? Quelques négociations parlementaires suffisent-elles à éteindre toute opposition ? Cette prudence confine à une stratégie de l’effacement. Certains députés socialistes oublient que le principal enjeu n’est pas la prochaine commission mixte paritaire mais le prochain rendez-vous démocratique. C’est maintenant que les rapports de force se construisent, que les lignes de partage se clarifient, que les électeurs identifient les alternatives. Une opposition qui refuse de censurer un gouvernement dont elle prétend combattre la politique envoie un message limpide : l’alternance n’est plus une priorité.
L’épisode du vote lundi de la motion de censure ne sera pas anecdotique. Si la gauche n’est plus capable de dire qu’elle veut renverser un gouvernement dont elle condamne la politique climatique, sociale et démocratique, alors elle cesse d’être un projet.
La question dépasse le seul Parti socialiste. Elle renvoie à des approches différentes de ce que doit faire la gauche. D’une part améliorer les textes, arracher des compromis, peser dans les négociations. D’autre part, pourfendre un gouvernement qui conduit une politique jugée néfaste. Il n’y a pas de ligne de démarcation nette entre ces deux attitudes. Cela dépend des moments et des sujets. Le Nouveau Front populaire est né parce qu’une évidence s’était imposée : face à l’extrême droite et au macronisme, les forces de gauche avaient davantage à gagner ensemble que séparées. Depuis, chacun semble chercher la voie qui lui permettrait de se distinguer. Les socialistes parient sur leur capacité à apparaître comme les interlocuteurs raisonnables du pouvoir. Les écologistes et les communistes tentent de maintenir un cadre commun. Les insoumis assument une opposition frontale. Le risque est connu : à force de se distinguer les uns des autres, tous finissent par rendre invisible l’alternative qu’ils prétendent construire.
L’épisode du vote lundi de la motion de censure ne sera pas anecdotique. Il pose une question stratégique. Une coalition n’existe pas seulement parce qu’elle partage un programme ; elle existe parce qu’elle accepte de mener ensemble les batailles et de construire ensemble. Si la gauche n’est plus capable de dire qu’elle veut renverser un gouvernement dont elle condamne la politique climatique, sociale et démocratique, alors elle cesse d’être un projet. Il y a cinquante ans, François Mitterrand disait que « celui qui n’accepte pas cette rupture avec l’ordre établi, avec la société capitaliste, celui-là ne peut pas être adhérent du Parti socialiste ». Celui qui ne peut rompre avec le gouvernement macroniste peut-il être adhérent au Parti socialiste ?
Oui, les compromis parlementaires sont nécessaires et utiles. Ils ne peuvent tenir lieu de stratégie politique. À moins d’un an de la présidentielle, ce qui est en jeu n’est pas seulement le vote d’une motion. C’est la capacité de prouver qu’une alternance de gauche est possible.
« Si la gauche n’est plus capable de dire qu’elle veut renverser un gouvernement dont elle condamne la politique climatique, sociale et démocratique, alors elle cesse d’être un projet. »
Tout est dit : le PS a fait le choix de prolonger la durée de vie du gouvernement Lecornu , le PS se rapproche des macroniens , le maire de Saint Ouen met un signe égal entre le RN et LFI , sans être désavoué par la direction du PS.
Vu ses positions à l’assemblée nationale le PS ne doit plus être classé dans « l’opposition de gauche ».
» Quand c’est floue, c’est qu’il y a un loup, » disait Martine Aubry, une grande connaisseuse de la question.
« Une opposition qui refuse de censurer un gouvernement dont elle prétend combattre la politique envoie un message limpide : l’alternance n’est plus une priorité. »
Ceci tout le monde sauf Regards dont la priorité est la primaire non mélenchoniste, le SAIT très bien !!
Le « tout sauf LFI » se satisfait très bien de Macron !
Nous non, c’est pourquoi les merdias nous insultent et nous traitent de ‘Meute » donc de chiennes et de chiens !!!
La position du PS confirme l’article précédent de Catherine Tricot « les socialistes restent les socialistes ». Les socialistes sont dominés par leur peur originelle, celle de s’aliéner le monde économique dominé lui-même par les lois du marché et la bourse….Au bout du bout de toute crise, ils défendront toujours la pseudo « liberté économique » du monde de la finance, considérée par eux comme une liberté universelle alors que, sans contrôle démocratique et citoyen, elle n’est que la liberté du renard dans le poulailler. Lorsque François Hollande, dans sa campagne présidentielle déclare « mon ennemi c’est la finance » et qu’il met en œuvre une politique plus que complaisante avec la Bourse, il instrumentalise la volonté populaire et il en paye sévèrement les conséquences. Lorsque la député européenne PS, Chloé Ridel présente, il y a quelques semaines, son projet pour l’élection présidentielle, elle ne dit pas autre chose tout en maquillant le projet d’un vernis souverainiste européen et surtout pro-business. C’est une nouvelle illusion pour le pays !…Canicule ou inondation, Palestine ou Liban, IA confisquée ou émancipation pour tous, le capitalisme tue, il est dommage de tergiverser et de ne pas le combattre.
Vous connaissez je suppose le rasoir d’Ockham.
Retirez le PS de l’opposition en général et de la gauche en général, et tout devient cohérent autant que limpide.
En politique c’est comme en amour, seuls les actes comptent et depuis une année le PS est de fait un soutien du gouvernement.
Le PS sous l’impulsion de Hollande s’est mis dans une impasse aussi stratégique que politique. Espérons que cela ouvre un peu les yeux des caciques d’EELV et que l’on en finisse avec ces jaunes.
La gauche doit se retrouver, unie et avec Place Publique !…
Pour faire quoi, Place Publique n’est pas de gauche ?