La banalité du petit écran
La newsletter du 2 décembre 📨
par Catherine Tricot
J’étais à la télé pour parler du RN. Chronique d’un moment banal où l’idéologie du parti d’extrême droite ne fait plus partie du débat. Quand la responsabilité des journalistes est interrogée.
Ce n’était pas un moment plus tendu qu’un autre. J’étais invitée sur un plateau TV pour parler de la charte que le RN met en place pour apporter son soutien aux candidats aux élections municipales. Dans la discussion, je souligne que le RN est le seul parti à devoir explorer en profondeur les écrits des candidats qu’il soutient parce que ce parti est structurellement pourvoyeur de militants racistes, antisémites et abrite des nostalgiques du IIIème Reich. On se souvient des vidéos révélés en juin 2024 ou l’on voyait des tatouages de croix celtiques, des bras tendus en salut nazi.
Présente sur le plateau, la rédactrice en chef de Valeurs actuelles contre-attaque et met en cause La France insoumise. Elle nomme Raphaël Arnaud, le député d’Avignon, ancien porte-parole du mouvement antifa Jeune garde. Elle insiste « Il est fiché S ». Je précise que de très nombreux militants de gauche sont « fichés S » : cela signifie que la police les a fichés, ce n’est nullement une preuve de « terrorisme ». Je ne savais pas, mais peut-être le savait-elle, que le mensuel d’extrême droite Frontières a mis en Une le même Raphaël Arnaud brandissant… un mégaphone. Le titre : « Antifa. La nouvelle menace terroriste ».
Revenons au plateau. Un autre éditorialiste invité, que j’apprécie bien souvent, prend alors la parole pour « rétablir la balance » : « Il y a des brebis galeuses dans tous les partis ». Ainsi un propos politique sur le fond idéologique du RN, ses militants et candidats est désamorcé, ramené à une évidence : bien sûr que sur un million de candidats aux élections municipales, il y a des délinquants, des fraudeurs, des sales types et sales typesses. Occulté que c’est au RN – et au RN seulement – que le sujet est structurel car lié à son histoire et sa pensée. La mise à égalité du RN et de LFI opérée par la rédactrice en chef de Valeurs actuelles n’a pas fait l’objet d’autres commentaires.
Pourquoi revenir sur ce moment si banal ? Je constate que, dans le flot quotidien des débats, combattre les idées de l’extrême droite ne fait plus partie du cahier des charges que les journalistes se donnent à eux-mêmes.
Je suis certaine que l’éditorialiste invité n’a pas de sympathie pour le RN. Mais sur les plateaux, on s’habitue et on débat de l’extrême droite et du RN comme des entomologistes discutent des différentes sortes de guêpes ou de mouches. En distance, avec détachement. Irresponsables au sens propre : qui n’a pas de responsabilité. Et parmi les banalités qui ne se discutent pas, le trait d’égalité entre LFI et RN, quand ce n’est pire. Eugène Ionesco a écrit une pièce définitive sur la victoire des idées vert-brun… par contamination, par séduction, par absence de vigilance : Rhinocéros.
🔴 LABEL DU JOUR
Macron contre les fake news, le retour

Emmanuel Macron, en croisade contre les dérives des réseaux sociaux depuis toujours – en 2018, il a fait adopter la loi contre la manipulation de l’information –, avance de nouvelles pistes : référés en urgence contre les « fausses informations », label pour distinguer infos et contenus commerciaux ou fake news. Aussitôt, il se voit accusé de « dérive liberticide » par la galaxie Bolloré et la droite, trop heureuse de rejouer le refrain du « ministère de la vérité ». Bruno Retailleau a même lancé une pétition ! Si l’extrême droite est dans son rôle, les réponses du président, elles, ne résoudront rien : on ne combat ni la défiance ni la toute-puissance des plateformes à coups d’injonctions et de labels. La contrainte ne permettra pas de construire, reconstruire la confiance. Mais ce n’est pas une mince affaire…
P.P.-V.
ON VOUS RECOMMANDE…

« Les nouveaux apôtres de l’extrême droite », la cartographie de Basta ! sur les associations soutenues par un milliardaire adoré des fachos, Pierre-Édouard Stérin. Cette carte interactive recense toutes les associations ayant fait l’objet d’enquêtes journalistiques. Elle les localise, détaille les financements privés issus de la « galaxie Stérin » ainsi que les fonds publics reçus. La Nuit du bien commun, fond de dotation du milliardaire, se tiendra aux Folies Bergères ce 4 décembre : à l’heure où la culture souffre des coupes budgétaires, Stérin mène sa bataille dans le champ culturel.
C’EST CADEAU 🎁🎁🎁
Où l’on découvre que les soirées drogues + sexe (le chemsex) font partie du quotidien au RN. Que dirait Freud ?
ÇA SE PASSE SUR REGARDS.FR
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On dirait que vous découvrez les endroits où vous servez de caution de gauche.
A quand une enquête de Regards sur les cautions de gauche dans les médias ?
Non à la airennite cette maladie contagieuse qui a contaminé les réseaux, les plateaux, les micros, les journaux, les casernes en tout genre, les hémicycles. L’´overdose du poison idéologique qui gangrène le pays est en réalité une espèce de « pot belge » comme disent les cyclistes dopés. Les effets sont immédiats, euphoriques sur le moment, toxiques voire mortels sur le moyen et long terme. Ce poison est constitué de plusieurs ingrédients principaux : une dose de xénophobie, une dè racisme, une d’islamophobie, une dè haine, et quelques autres ingrédients tout aussi dangereux. C’est une drogue qui agit sur les individus au profit de la caste des commanditaires et des dealers. Comme pour le narcotrafic, les têtes de réseau s’enrichissent, se gavent et la population se meure…La nécessité démocratique et vitale absolue est de lutter contre la contagion et de démanteler les têtes de réseaux.