Donald Trump est-il en train de gagner ou de perdre ?

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De l’Iran à l’Amérique latine en passant par l’Europe, le président américain tente d’imposer sa volonté à une partie du monde sans parvenir à transformer sa puissance en victoires politiques durables.

Donald Trump aime les images simples : guerres gagnées, ennemis humiliés, accords et contrats signés devant les caméras. Pourtant le président américain se trouve dans une situation paradoxale : jamais Washington n’a semblé aussi puissant, jamais les résultats obtenus n’ont paru aussi maigres.

L’Iran devait être une démonstration de force. Elle pourrait bien devenir le symbole des limites de ce second mandat. Un accord de paix extrêmement fragile est annoncé entre Washington et Téhéran. Donald Trump s’en félicite comme un succès historique. Mais au regard des objectifs de guerre, le constat est moins flatteur. Le régime des mollahs est toujours là. Rien ne permet même d’affirmer qu’il soit affaibli politiquement tandis que les ressources énergétiques iraniennes restent sous contrôle iranien. Les détails de l’accord demeurent flous. Les Européens parlent d’une désescalade plus que d’une paix durable. Après des mois de guerre, de destructions et de tensions internationales, le principal acquis semble être un retour progressif à la situation qui prévalait avant l’offensive américaine. Le détroit d’Ormuz doit encore être déminé et sécurisé, les échanges normalisés et les négociations poursuivies. Difficile d’y voir une victoire stratégique éclatante.

En Amérique du Sud, le tableau est différent. Trump peut revendiquer des résultats plus tangibles. L’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro en janvier a installé un gouvernement placé sous le contrôle direct de Washington. Les forces américaines interviennent désormais régulièrement sur le territoire vénézuélien. Le week-end dernier Donald Trump revendiquait une opération ayant conduit à la mort de Niño Guerrero, chef présumé d’un cartel lié au trafic de drogue. Les États-Unis commencent à récolter les fruits économiques de leur intervention. General Electric vient de signer un accord majeur pour la reconstruction du système électrique du Venezuela. Le pays n’est plus gouverné depuis Caracas mais sous l’œil attentif de Washington. 

Donald Trump a entrepris d’étendre son pouvoir à l’ensemble du continent latino-américain. Depuis son retour au pouvoir, Washington dicte leur conduite à ses voisins. Menaces de sanctions, retraits de visas, accords militaires imposés, soutien assumé aux candidats conservateurs les plus favorables aux intérêts américains. L’administration américaine promet son aide politique et financière aux candidats de droite qui lui conviennent. L’Argentine ou le Honduras ont déjà connu ce scénario. La Colombie pourrait être la prochaine cible. Les États-Unis interviennent désormais à visage découvert. L’ingérence est devenue une politique revendiquée ; la soumission, la feuille de route. En mars, 17 pays ont rejoint plus ou moins librement le « Bouclier des Amériques », coalition sécuritaire voulue par Trump.

Parmi les vassaux, l’Europe a toute sa place. L’accord commercial conclu entre l’Union européenne et les États-Unis à l’été dernier a été voté ce mardi au Parlement européen : il confirme l’établissement d’une relation profondément asymétrique. Donald Trump sera reçu ce mercredi avec les honneurs à Versailles, comme si les menaces contre les alliés historiques et les violations répétées du droit international n’étaient que des désagréments passagers. Dans un monde régi par les rapports de force, beaucoup de gouvernements préfèrent céder. 

Les États-Unis imposent leur volonté immédiate. Ils peuvent bombarder, menacer, sanctionner, faire pression. En revanche, ils peinent à transformer cette domination en succès politique. L’Iran n’est pas vaincu. Le Venezuela n’est pas stabilisé. L’Amérique latine obéit davantage qu’elle n’adhère.

Mais peut-être que cela leur suffit ? L’objectif n’est pas de construire un ordre stable mais de restaurer une hiérarchie, de rappeler au reste du monde qui commande. Sous cet angle, Trump est peut-être moins en échec qu’il n’y paraît. La diplomatie des accommodements, pas plus que la nostalgie du monde d’hier, ne sont en mesure de contester cette offensive. 

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