Avenir de la gauche : les promesses fumeuses de Glucksmann et Mélenchon

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La gauche continue de se diviser à l’approche du scrutin européen. Après s’être inscrit sur la liste de son mouvement aux élections européennes, afin de « pousser et donner de la force à cette liste », Jean-Luc Mélenchon a tenu à réaffirmer son intention d’unir la gauche.

« S’ils votent pour nous, il aura une union. S’ils ne votent pas pour nous, il n’y aura pas d’union. » Toujours aussi lapidaire, Mélenchon, entre promesse et chantage, cherche à susciter des réactions autant que des soutiens parmi les électeurs. « Si vous vous abstenez, vous votez Macron et Le Pen. » Et de rappeler, sommateur : « J’exige que vous vous engagiez ». Parce que, pour le fondateur de LFI, ces élections européennes « préparent l’élection présidentielle de 2027 ».

Pour le politologue Frédéric Sawicki, « au sens littéral, on peut y voir une sorte de quitte ou double : votez pour nous pour préparer la suite et, si tel n’est pas le cas, LFI considérera peut-être cela comme un désaveu et la preuve qu’il faudra changer le leadership à gauche ou au moins de stratégie ».

Une union épineuse mais attendue

La responsable des relations unitaires de Génération.s, Marie Luchi, estime quant à elle que « toutes ces déclarations sont un petit peu intéressées et ne traduisent pas la réalité de la situation de la gauche aujourd’hui » – une sorte de chantage au vote pour obtenir l’union en 2027. Pis, elle ne pense pas que cela soit susceptible de beaucoup faire avancer la machine de la gauche.

Pourtant cette union continue de représenter un espoir chez beaucoup, voire une nécessité, y compris pour que les électeurs aient envie de se dépasser : s’imaginer en position de gagner une élection est un formidable moteur d’engagement et de dynamique. Mais, nécessairement, il faut que cela s’appuie sur quelque chose de plus collectif que ce qui a pu être fait par le passé, « même si, évidemment, note Marie Luchi, il faut quelqu’un pour l’incarner. Je pense que la France insoumise a des qualités qui permettront à la gauche réunie de gagner, mais pas seule ».

Du côté de chez les Verts, on est sur la même longueur d’onde. Comme nous le rappelle la députée LFI Raquel Garrido : « Les écolos ont déjà adopté une résolution envisageant une candidature d’union en 2027 qui pourrait ne pas être issue de leurs rangs – et ce, indépendamment du score de chaque liste de gauche aux européennes ».

Déjà des divergences

« En 2027, je suis pour que la gauche se rassemble, mais elle ne se rassemblera pas sur la ligne de Jean-Luc Mélenchon », a asséné Raphaël Glucksmann ce week-end sur BFMTV.

Si tous à gauche disent vouloir unifier leur famille politique au sens large, ils assument aussi le « gouffre qui les sépare » (une expression assumée par le fondateur de Place Publique). « Cette campagne va permettre de trancher les lignes (sic) à gauche sur la question de la géopolitique de l’Europe, du rapport aux dictatures, du rapport aux droits humains, du rapport à la violence ». Ce gouffre, ce sont notamment les prises de positions des uns et des autres sur la situation à Gaza. « Raphaël Glucksmann déshumanise les Palestiniens. Il ne veut pas reprendre le mot ‘génocide’ pour parler de la situation à Gaza », souligne ainsi Jean-Luc Mélenchon. 

Mais Frédéric Sawicki continue d’y croire : « Je ne pense pas que ce soit irréversible… Ça affaiblit et décrédibilise l’union mais après les élections, il faudra passer à autre chose et, si les clivages risquent de perdurer, je pense que ça ne sera pas suffisant pour empêcher de renouer ». Mais aujourd’hui, force est de constater la violence des échanges entre les différentes formations : Raquel Garrido déplore des « attaques très dures » entre communistes et insoumis, qui semblent oublier que ces deux sensibilités siègent exactement dans le même groupe au Parlement européen : « Si Léon Deffontaines était député européen, il aurait Manon Aubry comme présidente ».

Et après, ça donnerait quoi ?

S’il n’y a pas très rapidement une discussion pour se mettre d’accord sur les modalités de l’élaboration d’un programme commun et d’une candidature commune pour 2027, il va se reproduire ce qu’il s’est passé en 2017 et 2022, « c’est-à-dire un risque d’élimination au premier tour et une non-présence de la gauche au second », craint Frédéric Sawicki. Las, la concurrence actuelle entre les différentes listes de gauche pendant la campagne des européennes contraint à mettre l’accent sur les différentes appréciations par rapport notamment aux enjeux internationaux.

L’attente principale de nombreux acteurs comme de militants ou de sympathisants demeure aujourd’hui une recomposition de ce qu’a été la NUPES – ou tout du moins un rééquilibrage. « On a encore le temps de construire quelque chose de bien pour 2027. Mais pour ça, il faut avoir le souhait de construire », alerte Marie Luchi. « Continuer à mettre en scène des gauches irréconciliables, ça ne répond pas aux attentes de la société française qui pourrait voter à gauche. » Et, surtout, est donnée à voir une perte de crédibilité non pas technique, mais humaine. À gauche, souvent, il y a une crainte permanente de la trahison sociale – seulement, si la gauche ne reprend jamais le pouvoir, elle auront beau être restée la plus pure de chez pur, elle n’aura fait avancer ni le débat, ni le combat.

22 commentaires

  1. Cyrano 78 le 23 mars 2024 à 22:40

    « aujourd’hui une recomposition de ce qu’a été la NUPES – ou tout du moins un rééquilibrage. »

    Dans les faits en 2017 et en 2022 l’équilibre a déjà été choisi dans les urnes !
    La démocratie, vous connaissez ?
    Vous acceptez le verdict des urnes ?
    Pas comme en 2005 ou après le verdict des urnes, les partis de goche avec l’oligarchie ont inversé le résultat !!!
    « Démocrate » et « ouvert au dialogue » comme Valls-Hollande en 2012 et niant le résultat des urnes aujourd’hui !
    Gluckmann ou MAcron : Bonnet blanc et blanc bonnet comme disait Duclos en 69 !!

    aujourd’hui c’est simple c’est la radicalité de la Nupés ou Macron-Bardella, il n’y a pas de troisième voie, Hollande nous l’a démontré.
    en attaquant continuellement LFI Regards sait très bien ou ça mène ! Chez BFM….

    • Antigone75 le 26 mars 2024 à 13:34

      Effectivement, la démocratie exige de respecter le verdict des urnes. Aux dernières élections présidentielles, Mélenchon/LFI, même en s’accaparant le vote utile, n’a pas réussi à accéder au second tour. Aux législatives, la Nupes a perdu, elle a même fait l’un des pires scores à gauche de la Vème république en rassemblant à peine 30% des suffrages exprimés. Voilà le verdict des urnes à l’égard de la « stratégie LFI ». Un peu d’humilité et d’autocritique ne ferait pas de mal. Par ailleurs, ce chantage permanent est usant, on peut critiquer Mélenchon ou LFI sans être un suppôt fasciste Macron-Bardella

      • Cyrano 78 le 26 mars 2024 à 18:16

        Ok et quand avez-vous fait quoi de mieux ?

      • Hervé le 30 mars 2024 à 21:14

        @Antigone75

        Vous n’y êtes pas du tout et vous raisonnez à l’envers :

        2017 – Élections législatives Gauche toutes tendances confondues = 64 député-é-s

        Aucun député EELV !

        2022 – Élections législatives Gauche / Accord politique de la NUPES = 155 député-e-s !

        23 député-e-s EELV !

        Commentaire du journal « Les échos  » :  » les Verts vont former le groupe parlementaire le plus important de leur histoire. Un résultat inespéré après une présidentielle ratée.  »

        Il faut réfléchir à l’état de la Gauche française depuis la faillite du gouvernement PS Hollande & Valls – ces deux chevaux de Troie à l’intérieur du Parti Socialiste et véritables hommes de droite – pour comprendre la nouvelle situation politique en France.

        Sans alliance politique, point de salut !

        La NUPES existe mais certains une fois élus ou réélus ont vite sortis les poignards dans le dos. C’est assez consternant, n’est-il pas ?

        Construire est difficile, certains visiblement n’ont que ça à faire, toujours reconstruire tout, de zéro !

        Le peuple apprend avec le temps, à se passer des félons car au vu de la réaction macronisto-lepéniste, les françaises et les français encore lucides, n’ont pas que ça à faire !

        Après, la critique que l’on peut vous faire – à vous comme à d’autres – , ce n’est pas que vous critiquiez M.Mélenchon, c’est bien votre droit le plus inaliénable, c’est que vous passiez votre temps à ne faire que ça ! Non seulement, cela prouve une certaine indigence intellectuelle dans les autres sphères de la Gauche mais c’est croire que la France Insoumise ne se résume qu’à une seule personne.

        Je vous mets le lien ici vers l’Assemblée nationale pour que vous puissiez voir des visages différents au nombre de 75 député-e-s : https://www2.assemblee-nationale.fr/16/les-groupes-politiques/la-france-insoumise-nouvelle-union-populaire-ecologique-et-sociale

        Sans compter toutes les autres femmes et hommes issus des autres forces politiques à Gauche, élu-e-s grâce à La France Insoumise, à son travail intellectuel, sensible et politique depuis plus de dix années et à l’accord signé par toutes et tous incarnant la NUPES !

        A bon entendeuse …

      • Leidet Gérard le 7 avril 2024 à 00:06

        Merci Antigone 75 pour votre lucidité qui manque terriblement dans beaucoup de commentaires sur ces pages, notamment ceux qui suivent la « série » politique de Catherine Tricot et Pablo Vivien. Voués aux gémonies alors qu’ils tentent des analyses souvent stimulantes et ne sont jamais critiqués sur le fond mais avec des procès d’intention.

    • lacquement le 29 mars 2024 à 11:31

      Je suis d’accord avec expression et je trouve que regards à une propension à de l’anti-melenchon primaires.
      Certains ont la mémoire courte après avoir engrangé des élus, tout a été bon démolir l’union

  2. Lucien Matron le 24 mars 2024 à 08:59

    La ligne de rupture à gauche se situe dans la conduite des politiques économiques, tout le reste peut se discuter et se négocier. Et dans la conduite des politiques économiques, la troisième voie n’existe pas : soit le personnel politique se laisse piloter et instrumentaliser par le monde de la finance et du CAC 40, soit le personnel politique décide des choix économiques stratégiques ( fiscalité, politiques publiques, priorités nationales, etc…). La sociale- démocratie qui se transforme progressivement en sociale- libéralisme se situe actuellement dans le « camp » de la finance malgré ses discours ( chacun se souvient de mot de Hollande «  l’ennemi c’est la finance » pendant sa dernière campagne présidentielle). Attention, il ne s’agit pas de construire une société étatisée, mais seulement de faire en sorte que l’économie se range à la volonté collective. L’autre gauche, celle qui pourrait être une vraie alternative serait celle de la citoyenneté économique ( de l’entreprise à la gestion des territoires et des ministères), de l’économie sociale et solidaire, de l’écologie pour tous, de l’intérêt général contre les intérêts particuliers. En lisant les programmes des uns et des autres, en analysant leurs discours, et si l’on accepte la vision de cette ligne de rupture, le choix devient beaucoup plus clair.

    • Cyrano 78 le 24 mars 2024 à 21:40

      « La ligne de rupture à gauche se situe dans la conduite des politiques économiques, tout le reste peut se discuter et se négocier. Et dans la conduite des politiques économiques, la troisième voie n’existe pas »

      Vous avez dit le principal !! C’est là !
      La personnalité des uns ou des autres est un GROS problème uniquement pour ceux qui n’en ont.

  3. Berthelot Jacques le 24 mars 2024 à 11:58

    « Aujourd’hui c’est simple c’est la radicalité de la Nupés ou Macron-Bardella, »
    Très juste.
    Celles et ceux qui consciencieusement ont démoli la NUPES et nous ont dit  » nous sommes trop différents pour nous unir » , devront un jour répondre des futures défaites qu’elles et ils programment .
    Leur plaisir de regarder passer sagement les trains de la Macronie et du R HAINE est désespérant.

  4. communard le 24 mars 2024 à 11:59

    La crainte de la trahison sociale à gauche est tout à fait fondée. Aurait-on déjà oublié la loi El Khomry sous Hollande/Valls/Cazeneuve ? Une loi qui a affaibli gravement les syndicats en acceptant que les accords de branche puissent être remis en cause dans les entreprises et en supprimant des instances d’hygiène etc…. Il faut donc partir de là et non le nier ou l’ignorer au faux prétexte de s’opposer à la pureté… Et s’il faudra un accord entre toutes les forces de la NUPES – on ne voit pas comment recréer un espoir, une perspective, un mouvement sans cet accord – l’accord ne pourra être un compromis en basse ligne ! La légère avancée qu’avait proposée la ligne Faure est actuellement menacée par la démagogie, soutenue à fond par les médias, de Glucksmann. L’Union est un combat ! Un combat, surtout sans polémique inutile et suicidaire, mais un combat qu’il nous faut mener pour arriver à un programme qui conduise au changement social et écologique profond.

  5. José le 24 mars 2024 à 13:46

    Unitaire dites vous? C’est comme au lit , certains tirent la couverture à soit, toute la couverture : voir les candidatures Nupés aux législatives. Le front de gauche date de 2009 avec notamment des dirigeants communiste plutôt conciliants (ça fait donc 15 ans ) En 72, après le fiasco de 69 qui a vu arriver Pompidou, le programme commun été signé , en 81 Mitterrand est élu soit 9 ans après. Pourquoi avec Mélenchon ce n’est pas possible? La réponse est dans la question. On peut discuter à l’infini, le bonhomme ne veut voir qu’une seule tête, la sienne.
    Un programme commun pour 2027? Avec des pro atlantistes façon Gluksman? (Avec Sackachvilli comme conseiller peut-être)
    Il n’a fallu que deux ans ( tournant de 83) à Mitterrand et un programme commun écrit, très élaboré et discuté, débattu pour tourner le dos à tous ses engagements (sauf la peine de mort) école publique/école privée etc.… avec Laurent Fabius et autres Et on s’étonne que La Gauche a du mal !!! Les Mélenchon d’aujourd’hui ressemblent furieusement à ceux que j’ai connus: Jospin par exemple.
    Bon courage.

    • Magnus le 24 mars 2024 à 20:46

      Le commentaire auquel je réponds me semble sous-estimer l’urgence. J’ai longtemps été critique vis-à-vis Mélenchon et sa verticalité, mais c’est quoi l’alternative ? Ben, l’alternative, c’est construire ici et maintenant d’en bas, dans la société, le début de la société autre voulue. Mais comment ? J’avoue, je ne vois pas du tout. Finalement je trouve donc Mélenchon assez pragmatique : les choses étant telles qu’elles sont, il faut un truc vertical qui sait faire la compétition avec l’extrême droite. L’extrême droite avance chez les jeunes, grâce à la méthode Mélenchon on a une possibilité de la contrer. D’accord, Mélenchon peut être maladroit au niveau personnel, mais voilà, il a compris l’importance de connecter avec les jeunes. Et pour cela, dans les conditions d’aujourd’hui, il faut savoir dire des choses fortes et trancher. Sinon on aura bientôt notre équivalent du président argentin ou Trump. Il faut savoir percer dans les réseaux sociaux. Il faut un bateau agile, réactif, donc de verticalité. Peut-être, si Mélenchon finit par accéder au pouvoir, il y aura l’occasion de procéder autrement, du temps sera gagné pour imaginer ce qui nécessite du temps etc., mais là l’urgence est simplement de être compétitif et se faire entendre vis-à-vis l’extrême droite. Force est à constater que la méthode PS, PCF et eelv n’est ni celle qu’il nous faut maintenant, ni dans un futur plus propice pour l’horizontal.

      • José le 25 mars 2024 à 21:42

        Pour répondre au commentaire de Magnus: J’ai fait le chemin inverse et voté Mélenchon depuis le début jusqu’à la dernière présidentielle. Maintenant c’est terminé, ce que vous appelez verticalité c’est le manque de démocratie, le manque de respect des partenaires qu’il invective dès qu’il le peut, les injonctions à faire comme lui ou comme il pense le matin ou il commence sa journée . Un coup je renverse la table, un coup il faut être populiste, on s’adresse aux GENS, un coup pas d’alliance électorale pour les municipale ou les législatives jusqu’à ce qu’il décide bin oui. Chaque journée qui commence il y a une nouvelle idée donc un nouveau positionnement et tout le monde doit suivre… « Un truc vertical qui sait faire la compétition avec l’extrême droite » dites-vous ??? Après les présidentielle on file dans le nord affronter Le Pen : ça fait pschitt. Très opportunément, la fois d’après on va se faire élire à Marseille Et ça marche! Ce n’est plus de la verticalité, c’est de la godille, un coup ici, un coup là. Quant à sous-estimer l’urgence, il y en a eu tellement depuis que je vote! et on s’est goinfré Chirac deux fois, on s’est goinfré Sarkozy (mon préféré) on s’est goinfré Hollande (et on le paye encore) on se goinfre Macron le rempart contre l’extrême droite. Permettez moi d’être désabusé! Mitterrand c’était DEUX ANS!!! pas davantage Et Mélenchon le porte aux nues (le vieux comme il dit , l’air enamouré ) La seule solution pour 2027 c’est de trouver autre chose.

        • Magnus le 27 mars 2024 à 19:04

          En effet, verticalité égale manque de démocratie. En effet, IDÉALEMENT on aurait eu les conditions nécessaires pour procéder idéalement.

          « La seule solution pour 2027 c’est de trouver autre chose. »

          Mais voilà, on n’a pas les conditions idéales. C’est ma divergence : à l’heure actuelle, à l’heure du paysage des réseaux sociaux qu’on a, à l’heure où la jeunesse (et pas qu’elle, strictement elle n’en est pour rien, c’est plutôt leur parents etc. qui portent cette responsabilité, mais voilà, si on croit – contrairement à l’extrême droite, Macron (avec ces gants de boxe), … – obtenir une société de gauche en faisant abstraction du quotidien contemporain de la jeunesse, on se trompe) passe X heures devant divers écrans, ben on ne peut pas faire semblant que cette réalité n’existe pas. C’est facile de dire : « ce n’est pas comme ça qu’il faut faire », mais force est à constater que la jeunesse d’aujourd’hui dans sa grande majorité ne va pas payer attention aux raisonnements « agir comme si dans un monde autre sans les réseaux sociaux d’aujourd’hui etc ».

          Moi aussi j’appartiens à une génération qui n’est pas connecté à la grande majorité de la jeunesse d’aujourd’hui, du coup moi aussi j’ai eu du mal avec la méthode Mélenchon et compagnie, MAIS là je vois bien que il n’y a pas d’alternative d’ici 2027. Ce n’est pas d’ici là qu’on va reconstruire un véritable mouvement populaire d’en bas. Non, à l’heure où l’extrême droite fait des ravages chez la jeunesse, on ne va pas faire un truc « écoutez, arrêtez d’écouter l’extrême droite sur les réseaux sociaux, quittez vos écrans et suivez nous pour commencer à construire un monde de parallèle qui finira par s’imposer d’ici 2027″. Bien sympa de s’imaginer, j’avoue, mais honnêtement : la grande majorité de la jeunesse serait insensible, désolé, mais c’est ainsi. Lisez »radical  » et « pollution  » de connan, ces deux livres m’ont aidé à comprendre l’urgence (suis pas d’accord avec l’auteur dans tout, MAIS pour comprendre la jeunesse d’aujourd’hui se sont des bons livres.

    • Gege le 31 mars 2024 à 14:10

      Vous avez une façon très simplificatrice de réécrire l’histoire , de lui tordre le cou afin de démontrer la véracité de vos affirmations. Et bien non, de 81 à 83 ( le virage à droite) il n’y pas eu que la peine de mort. Cinquième semaine de congés payés, augmentation substantielle de smic , allocations logements et familiales… , nouveaux droits pour salariés ( THSCT…) , nationalisation de tout le secteur bancaire et d’une dizaine de très grosses entreprises, etc , etc… Pourquoi je rappelle cela , tout simplement pour montrer qu’aujourd’hui faire de telles propositions paraîtraient totalement irréaliste , tout ça pour dire que le contexte historique de 81 et du programme commun n’est pas comparable avec celui que nous connaissons . Par conséquent les comparer n’a pas de sens (comparaison n’est pas raison) . Le PS et le PCF , leurs élus, leurs responsables sous l’effet du virage libéral de 1983 , n’ont plus grand chose de commun avec ceux que nous connaissons aujourd’hui, ils l’ont démontré par la suite. Pour une part grâce à eux le premier parti de France est l’abstention. Et aujourd’hui le seul mouvement de gauche crédible pour accéder au pouvoir face à la droite RN , c’est la FI , ses élus et ses responsables avec le programme commun de la NUPES et le seul moyen de parvenir au pouvoir, est un large soutien populaire bien au-delà des électeurs qui votent pour le PS , le PCF , ou EELV . Ceux qui se cachent derrière la prétendue personnalité de Mélenchon pour expliquer leurs désaccords , cachent en réalité leurs véritables désaccords , celui avec le programme et la ligne politique de la NUPES . Au premier tour des législatives, la NUPES est arrivée première, les faits sont têtus.

  6. gb26100 le 24 mars 2024 à 14:45

    José, tu fais un rappel pertinent et peu encourageant. La question de l’union ne doit pas effacer le contenu de l’union et la nécessité de l’engagement populaire. Sinon, l’échec est facile à envisager. Pas marrant mais un constant lucide.

    • Magnus le 24 mars 2024 à 21:10

      « La question de l’union ne doit pas effacer le contenu de l’union et la nécessité de l’engagement populaire »

      C’est bien pour ça que lfi en toute probabilité doit se débrouiller sans PCF, PS et eelv. Qui peut sérieusement croire que ces partis là vont être plébiscités par la jeunesse d’aujourd’hui ? Eelv dans les mains de l’UE, PS pareil, le PCF qui paraît ringard pour la très grande majorité de la jeunesse ? À l’heure où l’extrême droite avance à grands pas chez les jeunes, avec une renaissance des idées d’extrême droite notamment chez les jeunes issus des classes ouvrières, il faut déjà être compétitif avec l’extrême droite sur les réseaux sociaux. Et là, lfi se démarque.

      Après, moi j’aime bien l’engagement populaire »à l’ancienne « , voir j’aimerais bien qu’elle revienne dans une version améliorée, mais force est à constater qu’il faut déjà faire avec le paysage d’aujourd’hui. Et en l’état des choses la méthode lfi semble bien plus pertinente que celle PS -EELV-PCF.

      On peut bien sûr regretter les conditions d’aujourd’hui, mais il faut être pragmatique et faire avec si on veut espérer arriver à une phase qui donne l’espace et le temps pour un enracinement plus profond des choses, d’en bas, impliquant plus de monde et étant plus horizontal etc. Mais là on est proche de la catastrophe et le pouvoir et les conditions actuels nous donnent pas le luxe de s’organiser idéalement. Donc disons-le : on a plutôt de la chance qu’il y a Mélenchon et lfi. Il n’y en a pas partout, loin de là… Au moins ils semblent avoir compris un minimum le temps dans lequel on vit et la nécessité d’agir en cohérence avec cette compréhension pour être compétitif vis-à-vis l’extrême droite.

  7. Didier77 le 26 mars 2024 à 14:34

    Mélenchon divise en permanence mais demande l’union, ça fait un moment que Mélenchon n’est plus crédible aux yeux des Français, il dit vouloir s’effacer mais refuse de partir, il n’est plus à une contradiction près

    • Mackno le 27 mars 2024 à 08:35

      Merci d’éviter de commenter si c’est pour réciter les poncifs des plateaux média mainstream…

  8. Michel Davesnes le 27 mars 2024 à 21:58

    « Continuer à mettre en scène des gauches irréconciliables, ça ne répond pas aux attentes de la société française qui pourrait voter à gauche. »
    Ce n’est pas une mise en scène, c’est une réalité. L’union pour l’union, ça ne marche pas. Comment voulez vous rassembler une gauche de rupture avec les nostalgiques de la Hollandie (Valls, Cazeneuve et toute la clique, ça vous parle ?), celle qui a donné naissance à Macron et qui s’apprête à simplement remplacer Macron par son clone : Glucksman.

    • Jimbo le 8 avril 2024 à 18:53

      « L’union pour l’union, ça ne marche pas » : mais ça ne veut rien dire, l’union a toujours été une fin en soi et si « les » gauches n’étaient pas irréconciliables, il n’y aurait qu’un seul parti.
      Ce n’est qu’au moment d’additionner les voix que l’union a un sens, et ce sens est strictement comptable et rien d’autre. « Si tu permets à ma formation d’avoir un groupe à l’AN, je permets à la tienne d’avoir 50 députés de plus que si tu refusais le deal que je te propose » : c’est exactement comme ça que s’est faite la NUPES, tout comme les autres accords, avec une pseudo-discussion sur le fond pour faire joli et faire croire aux purs que le fond a un rapport avec l’union. On a beau jeu de parler de cohérence politique après ça. La NUPES était un coup électoral qui aurait dû disparaitre dès le lendemain du second tour. Les différents groupes NUPES n’ont aucun autre point commun que d’être à gauche et d’être issus de cette cuisine électorale.
      1er tour, on se compte, au 2nd tour, on se rassemble et chacun remporte plus qu’en partant seul. Et on ne perd pas de temps à faire semblant de discuter des propositions, qui de toutes façon devront repasser à la moulinette du débat politique une fois élus. Quel temps perdu en « gneugneugneu je fais pas l’union avec eux parce qu’ils sont pas d’accord avec certaines de nos propositions », au lieu de s’associer sur la base de la représentativité.

  9. Hervé le 30 mars 2024 à 21:34

    VIDEO :

     » Raphaël Glucksmann : non, il n’est pas un camarade  » :

    https://www.lemediatv.fr/emissions/2024/raphael-glucksmann-non-il-nest-pas-un-camarade-_f1qihGRQ9WNCWYrdzZSkw

    A voir !

    Le Stagirite, aussi, lui, il est remarquable : https://www.lemediatv.fr/emissions/2024/rodolphe-saade-et-son-empire-mediatique-un-bollore-macroniste-C1oEc7VPS-a7UP_7Gh1D7g

    Et Sébastien Fontenelle, époustouflant de rigueur intellectuelle et de sensibilité humaine :
    https://www.blast-info.fr/emissions/2024/le-massacre-social-qui-vient-dR99kh6jTQ2CG_B7KNEktQ

    Je me vois dans l’obligation de remercier le site  » Regard(s)  » qui me laisse librement m’exprimer, ici sur le site. C’est important pour tout le monde, pour ne pas vaciller ! Parlons-nous !

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