DÉRIVE DU JOUR
Au tribunal pour mineurs, les enfants victimes passent après
Dans sa circulaire, le ministre de la justice Gérald Darmanin a fait passer des consignes de fermeté et de rapidité face à la violence lycéenne. Pour que les magistrats se concentrent sur cette priorité gouvernementale, d’autres cas passent au second plan. C’est ce que racontait Aurélien Martini, procureur de la République adjoint de Meaux et secrétaire général adjoint de l’Union syndicale des magistrats : « Une priorité chasse l’autre. On a mis en stand by toute une série d’autres procédures ». Et d’évoquer les violences, notamment sexuelles, sur mineurs. Qui aurait pu prédire qu’en procédant à l’arrestation record de plus de 6877 jeunes en quelques jours (dont 86% de mineurs), les tribunaux se retrouvent confrontés face à ce choix dingo : mettre en sourdine les dossiers où des enfants sont victimes pour réprimer une jeunesse en pleine rébellion. On savait déjà que l’arrestation et la garde à vue étaient devenues des outils de répression aveugle : les deux tiers de ces « GAV » ne font l’objet d’aucune poursuite judiciaire. On découvre que ces affaires sont plus importantes que la protection des enfants. Comme un jour de plus en Macronie.