Mouvement lycéen : au fond, le gouvernement ne peut rien
Le gouvernement promet enfin des profs. Mais la mobilisation des lycéens révèle davantage : elle dit les attentes d’un autre monde. Il faut trouver le chemin.
Jeudi soir, le ministre de l’éducation nationale, Édouard Geffray, a dégainé ses mesures pour répondre à la colère des lycéens : mobiliser 3000 professeurs remplaçants. Voilà donc un gouvernement qui découvre soudainement qu’il manque des professeurs dans les classes. Pourquoi n’a-t-on rien demandé à ces 3000 remplaçants depuis la rentrée ? Fallait-il attendre que les lycéens bloquent leurs établissements pour les envoyer devant des élèves ? On savait déjà que le budget 2026 avait acté la suppression de 4018 postes d’enseignants. On se souvient que depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron, près de 10 000 postes de profs ont été supprimés. Et le budget 2027 envisage 1500 nouvelles suppressions de postes. Pourquoi se gêner ?
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Le gouvernement se heurte à un premier obstacle : il ne suffit plus de promettre pour être cru. La défiance envers les responsables politiques est profonde, chez les adultes comme chez les jeunes. Selon une enquête Ipsos-BVA, 64% des jeunes ne font pas confiance aux candidats à la présidentielle pour prendre en compte leurs préoccupations et 78% estiment que les responsables politiques préparent mal leur avenir. Les jeunes contestent un ordre politique qui les oublie.
Ayant répondu aux premiers blocages par la répression policière sans « consigne de retenue », le pouvoir cherche désormais une sortie. La colère des lycéens l’oblige à agir. Après avoir renoncé aux droits d’inscriptions en BTS et en classes préparatoires, les annonces d’Édouard Geffray sont un nouvel aveu : il a fallu que la jeunesse se révolte pour que l’État utilise des moyens dont il dispose. Mais que peut faire un gouvernement pour traiter dans l’urgence une crise structurelle ?
On peut dire « Supprimons Parcoursup », mais cela supposerait de décorréler la question de l’éducation, celle de la formation professionnelle et celle de l’emploi. Cela nécessiterait un accord sur l’importance première d’être tous instruits. À rebours d’une politique qui entend préparer les jeunes à ce marché du travail-ci.
La droite au pouvoir raisonne en enveloppes, en économies et en dépenses à contenir. Garante de la perpétuation de l’organisation sociale, elle refuse tout changement de perspective. Pourtant, c’est bien cela qui est en cause au travers, par exemple, de la revendication de suppression de Parcoursup, cette plateforme algorithmique qui organise le tri pour l’accès à l’enseignement supérieur. Or en France tout particulièrement, la qualité des études et des diplômes détermine l’emploi et impacte lourdement toute la vie.
Près de 80% d’une classe d’âge obtient le baccalauréat, officiellement premier diplôme universitaire. Tous ces jeunes peuvent donc prétendre accéder à l’enseignement supérieur. Mais le manque de places, ou plutôt l’inadéquation entre les places et les souhaits des futurs étudiants, créent une énorme frustration. On peut dire « Supprimons Parcoursup et ouvrons davantage de places ». Mais cela supposerait de décorréler la question de l’éducation, celle de la formation professionnelle et celle de l’emploi. Cela nécessiterait un accord sur l’importance première d’être tous le plus instruit possible, comme on en parlait ici. À rebours d’une politique qui entend préparer les jeunes à ce marché du travail-ci.
Il faut tout repenser. Dans les manifs, on entend « A-A-A-A… Anticapitaliste ! » C’est le fond. Mais pour que cela ne reste pas une incantation, il faut trouver les chemins. Exiger une bonne école et sa démocratisation, refuser Parcoursup et envisager une instruction pour tous en sont des jalons. La prochaine journée de mobilisation, mardi 13 octobre, sera une nouvelle étape de ce vaste programme.
J’ai lu cette affirmation éclairante et inspirante » l’IA sait tout mais ne comprend rien » !
Je trouve qu’elle va parfaitement à Macron, en particulier , et ses gouvernements successifs, sur le dossier des lycéens comme sur tous les autres, depuis dix ans.