đź”´ TRIBUNE DU JOUR

Primaire de la gauche : les appareils contre l’évidence

Dans une tribune publiée dans Libération, un collectif de personnalités – parmi lesquelles Étienne Balibar, Thomas Piketty, Dominique Bourg, Roger Martelli ou encore Vanessa Springora – appelle à l’organisation d’une primaire pour éviter un nouveau naufrage face au RN. Le texte insiste sur le caractère existentiel de l’échéance de 2027, rappelant que l’extrême droite demeure une menace directe pour l’État de droit et les libertés publiques, et que les divisions électorales ont déjà coûté cher. S’appuyant sur l’expérience récente du NFP, les signataires défendent une unité programmatique minimale comme condition d’un débouché majoritaire, tout en pointant les résistances persistantes des partis. Une interpellation claire, qui place la responsabilité de l’échec ou du sursaut du côté des organisations politiques elles-mêmes. Le texte reste ouvert à signatures : https://tally.so/r/rjAgol.

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3 commentaires

  1. Martin LB le 27 mars 2026 Ă  15:39

    J m’interroge sur l’Ă©ffet dĂ©lĂ©tère des primaires. L’exemple de 2022 devrait rappeler qu’au lieu de sortir des candidats portants des valeurs communes, ces Ă©lections, au sein d’un groupe de personnes ayant partageant de valeurs communes, a plutĂ´t eu tendance Ă  mettre en valeur les personnalitĂ©s clivantes.
    A titre d’illustration caricaturale, prenons une cas fictif avec 7 candidats d’une famille politique partageant un ‘continuum’ de valeurs. Parmi ces 7, prenons 2 qui portent des positionnements « extrĂŞmes’ (extreme gauche/centre ou extreme droite/centre); et les 5 autres partagent les valeurs faisant consensus dans le groupe. Imaginons encore que chacun des 2 « extrĂŞmes » attire 15 Ă  20% des suffrages, et que les 5 autre se partagent les 60 Ă  70% des suffrages (de 12 Ă  14% pour chacun) . on se retrouve très facilement dans une situation ou le second tour va dĂ©partager les 2 extrĂŞmes, clivants, et non attractifs, mĂŞme pour leur propre classe politique. Illustration: Hammon /Valls et Pecresse / Ciotti..
    Même à titre individuel, les candidats ont intérêt à casser le socle de valeurs commune pour maximiser leurs chances de gagner.
    Pour une primaire, il serait Ă  mon avis plus vertueux d’adresser la questions diffĂ©remment:
    – parmi ces candidats: « pour lesquels seriez vous prĂŞt Ă  voter? », ou « qui represente a votre avis le plus de chances de passer? » (vote multiple autorisĂ©)
    – parmi ces candidats: « qui ne peut pas vous reprĂ©senter? ». un peu cruel: c’est le jeu de la chaise musicale
    – parmi cette shortlist de 2 candidats: « pour qui voteriez vous? » / opĂ©ration Ă  rĂ©pĂ©ter en mode championnat.

  2. Florent le 28 mars 2026 Ă  08:47

    DĂ©signer un « sauveur » sur une « unitĂ© programmatique minimale ». En voilĂ  une perspective qu’elle est belle. C’est ainsi que Macron a Ă©tĂ© Ă©lu en 2017 et en 2022.

  3. Berthelot Jacques le 28 mars 2026 Ă  16:27

    Ce passage est essentiel dans cette tribune :
    « Cette primaire devra, si elle veut être attractive, délimiter clairement une base politique commune qui engagera les candidat·es. Cette base existe déjà, même si elle doit évidemment être actualisée : c’est le programme du NFP, adopté par les gauches et les écologistes, et qui a permis de remporter les élections législatives. »
    Or jusqu’Ă  maintenant celles et ceux qui sont Ă  l’origine de ce projet de primaire ne parle de projet politique commun, chacune et chacun mijote son propre projet en cherchant Ă  se singulariser. On ne peut pas rassembler Ă  travers une guerre des egos.
    D’ailleurs si la base serait le programme du NFP imagine t-on Hollande ou un de ses disciples le soutenir alors que le PS a reniĂ© ce programme ?
    Ce n’est pas cela une gauche unie.

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