đź”´ CONNERIE DU JOUR
Mélenchon : la provocation, le soupçon et l’impasse
Jeudi à Lyon, lors d’un meeting, Jean-Luc Mélenchon a cru bon de plaisanter : « L’affaire Epstein ? Ah je voulais dire Epstine pardon, cela fait plus russe ». Rire général dans la salle. Tollé immédiat en dehors : antisémitisme. Mélenchon se plaît à mettre de l’huile sur un feu. Que cherche-t-il ? Provoquer pour mieux se poser en victime d’un procès permanent, devenir son propre exégète ex post pour démontrer qu’il n’est pas antisémite pendant que la meute l’accuse ? Cette dramaturgie du malentendu permanent, dont il se délecte, finit par épuiser tout le monde. Disons-le simplement : à gauche, comme dans toute la République, on n’ironise pas sur la prononciation des noms à consonance étrangère, encore moins en y accolant une connotation qui pue.
« Disons-le simplement : à gauche, comme dans toute la République, on n’ironise pas sur la prononciation des noms à consonance étrangère… »
Ah bon ?
L’histoire abonde en sens inverse.
Georges Marchais, par exemple.
En prononçant le nom de Michel Poniatowski avec une emphase particulière sur le « -ski », Marchais le renvoyait à son image de « noble étranger » dominant le peuple français.
Dans ses interventions tĂ©lĂ©visĂ©es cultes (comme Ă L’Heure de VĂ©ritĂ©), il utilisait le patronyme de StolĂ©ru pour l’opposer aux « Liliane » et aux « Marcel », les prĂ©noms qu’il utilisait pour symboliser la base ouvrière.
Personnellement, quand je lis « Epstein », ma prononciation spontanée se termine comme celle de « Frankenstein » ou « Einstein ».
C’est quoi cette coquetterie germanopratine de prononcer « Epstine » ?
Pourquoi les journalistes, a contrario, prononcent-ils « PALAVI » à propos du fils de feu le Shah quand ils/elles devraient prononcer « PARLAVI » ?
Vous hurlez avec les loups, Pablo, quand il ne faut voir lĂ qu’un effet oratoire de tribun destinĂ© Ă s’accommoder l’auditoire.
« Surtout pas vagues » est-il votre MO ?
Ça devient effectivement pénible. Le programme « L’avenir en commun » proposé par JLM et LFI pour la dernière élection présidentielle et dont les principaux éléments ont été repris pour constituer le Nouveau Front Populaire, reste sans aucun doute le programme le plus pertinent pour changer de cap politique dans ce pays. LFI devrait d’ailleurs n’utiliser que cette orientation dans les débats actuels. Jean Luc Mélenchon est un des hommes politiques français les plus intéressants par sa culture générale, par ses connaissances et son expérience politique, par son éloquence …mais pourquoi faut -Il sans cesse qu’il joue la provocation, la suffisance intellectuelle, la violence verbale ? Signe de fatigue ? Signe de difficulté politique ? Peur de gagner ? Les questions sur son comportement actuel sont légitimes.
Que veut jlm? Veut il vraiment gagner en 2027? Je finis par en douter…
« Merde à la fin. Ras-le-bol de se retrouver, quand on est à gauche, quand on défend les droits du peuple palestinien, obligé de se défendre d’antisémitisme ».
Espèce de gros malin. Il n’y a pas besoin de faire des jeux de mots vaseux et inutiles comme MĂ©lenchon vient de le faire pour se faire traiter d’antisĂ©mite. Suffit de dĂ©fendre les Palestiniens ou de dĂ©noncer les exactions du gouvernement israĂ©lien. Vous ne voyez pas de qui vous faites le jeu en hurlant systĂ©matiquement avec les loups ?
“Ras-le-bol”, Pablo ? On comprend qu’il vise Mélenchon. Très bien. Mais vous décrivez vous-même un climat saturé de soupçons, une accusation quasi automatique, une dramaturgie permanente.
Alors clarifions… Si vous ne pensez pas qu’il y ait antisĂ©mitisme, l’accusation est infondĂ©e. Elle mĂ©rite d’être rejetĂ©e explicitement. Dans ce cas, votre “ras-le-bol” devrait d’abord viser le mĂ©canisme d’emballement qui transforme chaque ambiguĂŻtĂ© en procès moral.
Si, au contraire, vous estimez qu’il existe un problème moral réel, il faut en mesurer la portée. Une accusation d’antisémitisme ne vise jamais un simple trait d’humour isolé : elle engage un climat, une culture politique, un environnement militant. Elle dépasse nécessairement l’intention individuelle.
Il existe bien sûr une troisième position : considérer qu’il n’y a pas antisémitisme, mais qu’il y a faute stratégique. Très bien. Mais dans ce cas, pourquoi centrer votre billet sur la faute de celui qui parle plutôt que sur la mécanique qui transforme cette séquence en accusation morale ? Parce qu’il est plus simple de corriger un acteur identifiable que de contester un cadre médiatique diffus? Parce qu’il est plus confortable d’exiger de la discipline interne que d’affronter frontalement le régime du soupçon? Parce qu’il est plus sûr, politiquement, de se démarquer d’une parole polémique que de s’exposer en contestant la logique qui l’amplifie????
Car votre pas de côté n’est pas neutre. Un billet d’humeur comme le votre fixe un centre de gravité, il distribue les responsabilités. Et puisque vous jugez légitime d’exiger d’un responsable politique qu’il assume la portée symbolique de ses mots, il est tout aussi légitime d’interroger le cadre que vous choisissez d’activer, non?
Votre texte combat-il rĂ©ellement le soupçon que vous dĂ©crivez, ou contribue-t-il Ă renforcer l’accusation en dĂ©plaçant la charge vers celui qui en est la cible ?
C’est cette cohérence-là que je vous demande d’assumer!
« A gauche » comme vous dites , on est avant toutes choses anti fasciste. le fascisme étant la forme extrême que prend le capitalisme quand la « fabrique du consentement ne fonctionne plus ». Être antifasciste c’est être antiraciste , il n’y a aucune ambiguïté, aucun malentendu possible. Ceux qui nous joue la petite musique du malentendu, de l’ambiguïté sont ceux que la radicalité antifasciste dérange. Ceux qui parmi nous se laisse bercer par cette petite musique , par calcul politique ou par fragilité, auront des réveils douloureux.
Le malentendu, l’ambiguïté ce sont les arguments d’autorité de ceux qui n’en n’ont pas . Faute de pouvoir démontrer ils sous entendent qui il y a quelque part, quelque chose de cacher , derrière les mots, derrière les faits. Il est très difficile de se défendre contre cela , car l’objectif est d’installer le doute et quand le doute est là , de tout faire pour qu’il devienne une vérité. Or la vérité est un enjeu de lutte . La vérité concernant l’homme JL Mélenchon , sa position dans le champ de la gauche, est un enjeu de lutte . Le nier , l’ignorer, ou faire comme si cela n’existe pas , est une faute politique. Pour les dominants il est l’homme à abattre au sens figuré pour certains , au sens propre pour d’autres. De quel côté êtes-vous ?