đź”´ SONDAGE DU JOUR
Le pôle social-libéral enclin à la convergence
Odoxa a sorti, ce 16 juillet, un sondage pour Le Figaro sur la prĂ©sidentielle Ă venir. Sondage dans lequel on trouve un enseignement mineur… en apparence ! Voici la question : « Certains suggèrent que la gauche non-Insoumise (PS, Place Publique…) et le centre droit (Renaissance et le camp prĂ©sidentiel) devraient s’allier et former un ‘ticket’ dès le premier tour de la prĂ©sidentielle pour faire barrage au RN et Ă LFI. Vous personnellement pensez-vous que ce serait une bonne ou une mauvaise idĂ©e ? » Et devinez qui trouve que ce serait une bonne idĂ©e : les sympathisants Renaissance (73%), les socialistes (54%) et mĂŞme 49% des Ă©cologistes. Une ère post-Macron qui pourrait s’appeler « On prend les mĂŞmes et on recommence ». Ne manque qu’un candidat pour incarner ça. Du cĂ´tĂ© des Ă©lecteurs macronistes, on vante la candidature Lecornu : une grosse majoritĂ© prĂ©fère le premier ministre Ă Gabriel Attal (59%) et à Édouard Philippe (57%). Pas sĂ»r que le projet embarque les socialistes et les Ă©cologistes. Alors, comme on est sympa, on a une idĂ©e Ă suggĂ©rer : François Hollande.
La gauche hostile Ă LFI n’a qu’un souhait : exclure JLM du deuxième tour de l’Ă©lection prĂ©sidentielle.
Pour cela tout est bon : multiplier les candidatures bidon, se montrer très gentils avec Philippe et Attal.
De toute façon le PS a déja commencé le travail , en ne censurant pas le gouvernement Lecornu en lui permettant de poursuivre sa politique , très à gauche comme on sait, en jetant à la poubelle le NFP et la primaire à gauche.
La droite macroniste peut être reconnaissante pour ce parti dont la traitrise et la fourberie sont la marque de fabrique. Dignes héritiers de Guy Mollet.
Pourquoi omettez-vous de suggérer le chouchou de c.Tricot, le très droitier Glucksmann ?
J’apporte des alliĂ©s pour cette goche anti-LFI :
https://www.youtube.com/shorts/H5ypzqCNKdQ
Vous notez qu’ils applaudissent TOUS quand Faure, fait huer la gauche non-caviar !
Cher LoĂŻc,
La vraie question me semble ĂŞtre celle-ci : oĂą se situe le pouvoir ?
Si le pouvoir économique, le pouvoir médiatique et une grande partie du pouvoir culturel restent hostiles à toute rupture, alors imaginer qu’une victoire à l’Élysée suffirait à transformer la société relève d’une illusion dangereuse. On peut gagner une présidentielle et perdre immédiatement sur le terrain des rapports de force réels.
La question n’est pas seulement institutionnelle ; elle est politique et sociale. Une VIe République plus démocratique ne saurait être un simple habillage présidentiel de plus.
Nous sommes pour le socialisme, pas pour une social-dĂ©mocratie « de rupture » qui, depuis 1983, n’a cessĂ© de reculer devant le capitalisme au lieu de le combattre ; qui a cĂ©dĂ© au coup d’Ă©tat permanent et qui in fine utilisera la violence d’Etat en faveur du libĂ©ralisme Ă©conomique et les lubies du nĂ©o-capitalisme des loisirs contre les prolĂ©taires producteurs.
C’est prĂ©cisĂ©ment lĂ qu’intervient le « communisme de conquĂŞte » : non comme un slogan de conquĂŞte Ă©lectorale, mais comme un programme pour l’exercice du pouvoir. RĂ©industrialisation, services publics, maĂ®trise publique de l’énergie, planification dĂ©mocratique, relocalisation productive, souverainetĂ© populaire, droits nouveaux pour le travail, lutte contre le pouvoir du capital financier et mĂ©diatique : voilĂ ce qui donne un contenu marxiste, donc communiste, Ă la rupture avec l’ordre social et Ă©conomique existant.
Autrement dit, la question n’est pas seulement de savoir qui peut gagner une élection. Elle est de savoir quels pouvoirs concrets il faut conquérir pour transformer durablement la société. C’est là que se joue la différence entre une logique de captation électorale sociale-démocrate, y compris populiste, et une logique communiste de transformation sociale.
VoilĂ , je pense qu’il faut critiquer la personnalisation de la vie politique française. Je pense aussi qu’il est nĂ©cessaire de critiquer une stratĂ©gie qui tend Ă concentrer les espoirs de transformation sur l’Ă©lection prĂ©sidentielle, alors mĂŞme qu’elle revendique une VIᵉ RĂ©publique plus parlementaire et participative. Et une alternative existe proposĂ©e par le PCF.
Fraternellement,
Gagner une prĂ©sidentielle dans le cadre de la Vème ne peut se faire sans passer par une organisation strictement verticale avec un.e dirigeant.e clairement identifiĂ©.e et le parti derrière tout simplement parce que l’on ne joue pas au polo en maillot de bain mais Ă cheval.
D’oĂą le paradoxe apparent d’en appeler Ă une VIème dĂ©prĂ©sidentialisĂ©e tout en assumant une organisation pyramidale et identifiĂ©e Ă un individu. Paradoxe apparent parce que l’on oublie toujours que personne n’a le choix du cadre institutionnel et de ses contraintes, quand bien mĂŞme on milite pour les changer du tout au tout: Avant d’avoir le pouvoir, il convient de la conquĂ©rir et quand le pouvoir est par nature personnel, c’est une personne qui concourt.
Sinon, je suis preneur (sans aucune ironie) du programme dont vous esquissez les grandes lignes, issus des rangs du PCF semble t-il, et dont je n’ai pas encore entendu parler.
PCF par ailleurs bien connu pour son organisation horizontale et sa sainte horreur du culte du chef.
Cher Lemasseur,
Je comprends votre raisonnement : la Ve RĂ©publique impose une forte personnalisation de l’Ă©lection prĂ©sidentielle. Personne ne nie cette contrainte institutionnelle.
En revanche, je ne crois pas qu’il faille transformer une contrainte en stratĂ©gie politique permanente. C’est prĂ©cisĂ©ment lĂ que rĂ©side notre divergence. Les institutions produisent des effets ; elles ne dĂ©terminent pas mĂ©caniquement la manière dont un parti construit son rapport au peuple.
Marx dĂ©nonçait dĂ©jĂ le « crĂ©tinisme parlementaire », c’est-Ă -dire l’illusion selon laquelle les institutions rĂ©sumeraient Ă elles seules la vie politique. Aujourd’hui, nous pourrions parler d’un crĂ©tinisme prĂ©sidentialiste : croire que la transformation sociale dĂ©pend avant tout de l’Ă©lection d’un homme ou d’une femme Ă l’ÉlysĂ©e.
Or le pouvoir rĂ©el ne se rĂ©duit pas Ă la prĂ©sidence. Il y a le capital financier, les grands groupes industriels, les mĂ©dias, l’appareil d’État, les institutions europĂ©ennes, les rapports de production eux-mĂŞmes. Sans organisation populaire durable, sans majoritĂ© sociale, sans implantation dans le monde du travail, une victoire prĂ©sidentielle reste extrĂŞmement fragile (cf. Mitterrand et Hollande). C’est prĂ©cisĂ©ment pourquoi le communisme de conquĂŞte ne dĂ©signe pas seulement une conquĂŞte Ă©lectorale. Il vise la conquĂŞte progressive de pouvoirs Ă©conomiques, sociaux, culturels et politiques permettant de modifier durablement le rapport de forces.
Vous dites ne pas connaĂ®tre ce programme. Pourtant, le 40ᵉ congrès du PCF l’a largement dĂ©veloppĂ© : rĂ©industrialisation, planification Ă©cologique articulĂ©e au maintien d’une filière nuclĂ©aire publique, reconquĂŞte Ă©nergĂ©tique, pĂ´le public bancaire et financier, nouveaux pouvoirs des salariĂ©s dans les entreprises, dĂ©veloppement des services publics, sĂ©curitĂ© de l’emploi et de la formation, souverainetĂ© industrielle, paix et coopĂ©ration internationale. Ce n’est pas un simple catalogue de mesures : c’est une stratĂ©gie de transformation des rapports de production. Je vous invite Ă lire le Plan Climat (seul le PCF a produit un tel travail) : https://ecologie.pcf.fr/plan-climat/
C’est aussi ce qui distingue le PCF de LFI sur plusieurs points importants. LĂ oĂą LFI, comme force social-dĂ©mocrate populiste, met souvent l’accent sur la rupture institutionnelle et la dynamique prĂ©sidentielle, le PCF insiste davantage sur la reconstruction du monde du travail organisĂ©, la rĂ©industrialisation productive, l’ancrage territorial et l’intervention des salariĂ©s dans l’entreprise. Ces diffĂ©rences ne sont pas anecdotiques : elles renvoient Ă deux conceptions de la transformation sociale.
Enfin, vous concluez par : « Il faut surtout faire barrage Ă la fausse gauche. » Mais l’expĂ©rience des vingt dernières annĂ©es montre justement les limites de cette logique du « moindre mal ». Beaucoup des cadres de LFI auraient Ă©tĂ© au PS avant 2012. MĂ©lenchon a participĂ© Ă ce PS, de Mitterrand. Le rassemblement derrière le candidat rĂ©putĂ© le mieux placĂ© n’a ni empĂŞchĂ© la progression de l’extrĂŞme droite ni permis une transformation sociale durable. L’enjeu n’est donc pas de concentrer toujours davantage la gauche autour d’une personnalitĂ© ; il est d’Ă©largir son assise dans les catĂ©gories populaires, notamment parmi celles qui s’abstiennent massivement.
C’est pourquoi je pense qu’une candidature communiste ne divise pas mĂ©caniquement la gauche. Son absence engendrerait mĂŞme de l’abstention supplĂ©mentaire.
Elle peut au contraire contribuer Ă reconstruire une hĂ©gĂ©monie populaire en parlant Ă des travailleurs qui ne se reconnaissent plus dans l’offre politique actuelle. L’unitĂ© n’est pas l’effacement des communistes ; elle est le rĂ©sultat d’un projet capable de convaincre plus largement.
Fraternellement,
Il faut surtout faire barrage Ă la fausse gauche, et aux vraies droites, qui viennent bouffer jusqu’Ă dans les gamelles de nos enfants !
Cher Lionel,
Je partage ton refus de la droite et de l’extrême droite. Mais justement, il faut sortir du réflexe « tous derrière celui qui semble le mieux placé » : c’est le fameux « vote utile » qui nous transforme depuis des années en castors électoraux.
Ă€ force de barrages, on finit toujours par retrouver le mĂŞme fleuve !
La question matérialiste n’est pas seulement : « qui peut battre qui au second tour ? » Elle est : quelle stratégie reconstruit durablement la conscience de classe et le rapport de force populaire ? Or, LFI a manifestement échoué.
La NUPES puis le NFP ont montré les limites d’une addition électorale de forces dont les orientations restent contradictoires. Le PCF n’a pas besoin de devenir la force d’appoint d’une autre organisation : il doit reconstruire son autonomie, son implantation populaire et son projet socialiste.
Sinon, on peut gagner une élection sans changer le rapport de force avec le capital. Et c’est précisément cette illusion que l’expérience de 1981 devrait nous avoir appris à dépasser.
Le rassemblement, oui. Mais pas comme une fin en soi et surtout derrière « un chef », un rassemblement populaire autour d’un projet permettant au peuple de reprendre la maîtrise de son destin. C’est pour cela qu’il faut voter PCF!
Fraternellement
et les communistes et électeurs communistes y pensent quoi dans ce sondage ?????
hein bon ???
s’il s’agit d’un sondage ???? mais je comprends pas tout
merci fraternel