Villepin, le meilleur d’entre (pas) nous
Dominique de Villepin multiplie les longs entretiens à la radio, à la télé : l’actualité internationale lui offre une place de choix. Mais le 27 mars à la Sorbonne, il a déroulé un projet et un programme sur le « moment France » et, assurément, installé sa candidature à la présidence de la République.
Ce vendredi, Dominique de Villepin quitte la question internationale pour se concentrer sur la France. Dans le grand amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne, Dominique de Villepin a livré un discours fleuve d’1h30. Le cadre lui convient. Devant une foule étudiante dense, il peut faire chanter la langue française, convoquer les références littéraires et intellectuelles – Nerval et Michelet –, évoquer la grande histoire de France, appeler les figures longilignes de Giacometti. L’homme est heureux se présente en authentique héritier du gaullisme. Il n’hésite pas à parler de ses erreurs (le CPE, les révoltes en banlieue) ou de sa traversée du désert : il reprend les figures obligées du candidat qui, forcément, a souffert et a tout surmonté. Villepin inscrit ses pas dans ceux « des grands chênes » de la République, aujourd’hui « abattus » : Richelieu, Clemenceau, Blum, de Gaulle, Mitterrand, Chirac. Il y a de la gauche et il y a de la droite, mêlées dans le service de l’État et de la France. Pour la grandiloquence on est rassasié. C’est son style et comme chacun sait, le style, c’est l’homme.
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Il est « venu [nous]parler de la France, pas de la nouvelle France, je n’y crois pas ; pas de la France de souche. Non, de la France tout court. Universelle et humaniste. Que nous voulons défendre et protéger ». Il se veut « fidèle aux mémoires et ouvert à l’avenir ». Pour Dominique de Villepin, c’est le sens de son engagement mais, il le croit, c’est surtout ce que les Français attendent. Pour lui, ce qui compte et comptera, ce qui nous unit, c’est la France, son passé et son avenir. À la toute fin seulement de son intervention, il consentira à parler un peu du « concret » tout en moquant cette exigence de journalistes qui en « oublient l’essentiel ».
Mais avant, Villepin aura dépeint une France qui « s’efface chaque jour un peu plus ». Il évoque dans une litanie de petits riens, cet essentiel qui s’est perdu, « le bonheur commun », celui qui s’inscrivait dans « le premier article, de la première constitution de la première république ». L’ancien premier ministre identifie ce qui, selon lui, constitue les principaux enjeux du temps : le réchauffement climatique, « la guerre qui s’étend parce que la force supplante le droit », le populisme identitaire, l’emprise sur les esprits des réseaux sociaux et de l’IA. Il est grave : « Si la France laïque et républicaine tombe, c’est une idée universelle qui recule ». Dans ces alertes, on retrouve le Villepin de 2003.
Dominique de Villepin fait de la politique. Il est rosse avec ses adversaires. Il étrille Gabriel Attal au sujet du droit international ; il récuse Bruno Retailleau et son dénigrement de l’État de droit ; il renvoie Édouard Philippe, jamais nommé mais bien visé, au bilan du macronisme.
Il se découvre quand il énonce les « nœuds gordiens » qu’il faut couper pour affronter les défis : stagnation économique, refus de réformer vraiment (ce qui, faute de précision, sonne très à droite), stagnation de l’État. Il dit : « L’État est partout dans les procédures et de moins en moins dans la vie réelle ». Il nous voit prisonniers de fantômes, du passé colonial qui pèse dans le regard porté sur la jeunesse. Il veut sortir de « la société des colères » et son cortège de ceux qui pensent ne pouvoir être entendus que dans la violence. Enfin, il évoque le défi des déficits.
Pour Dominique de Villepin, notre histoire est celle « d’un blocage social lié à l’effondrement du droit, de la sécurité sociale, de l’école », les piliers de notre République. Son action, il pense l’organiser autour de la dignité (comme Hollande), de l’unité et de la souveraineté. Il les décline avec dextérité et imagination. Mais il reste très évasif dans les mises en œuvre. Par exemple, il revient sur les retraites en parlant de la nécessité de construire un consensus mais, plus loin, au sujet des moyens de sa politique, il évoque la création d’un fonds de pension souverain. On peut en déduire qu’il propose de revenir sur la retraite par capitalisation. À ce stade, rien n’est précisé. C’est en sortant de l’ambiguïté que Villepin s’exposera.
Dominique de Villepin fait de la politique. Il est rosse avec ses adversaires. Il étrille Gabriel Attal au sujet du droit international ; il récuse Bruno Retailleau et son dénigrement de l’État de droit ; il renvoie Édouard Philippe, jamais nommé mais bien visé, au bilan du macronisme qui subit les plus terribles saillies : « Échec de la ruse, du dogmatisme et du paternalisme ; échec de la gesticulation en politique étrangère ». Il ne faut pas en douter, Villepin se situe à droite et c’est à ce camp qu’il s’adresse en premier. Une droite qu’on avait oubliée, celle d’avant sa sortie progressive de la République, d’avant Sarkozy – son ennemi de toujours Son discours peut porter au-delà de la droite. Il fait un pari, celui de parler depuis les hauteurs à un peuple démoralisé. Il entend lui redonner confiance en évoquant son lointain et proche passé. Dominique de Villepin a du talent et cette fois il se sent prêt. Jean-Luc Mélenchon n’est plus seul à pouvoir parler grand – quand il le veut.
Dominique de Villepin, très certainement le candidat de droite le plus plus dangereux pour la gauche. C’est un homme d’état dont la compétence n’est pas discutable.
Reste qu’il est de droite, et ne le cache pas, de cette droite profiteuse qui vit sur le dos de la majorité des français, un discours inoubliable contre la guerre en Irak sous Jacques Chirac, qui a redonné à la France sa place dans le monde, une décision de privatisation des autoroutes dont nous payons encore l’infinie dépendance, pour aller vite.
Jean Luc Mélenchon – Dominique de Villepin, la gauche contre la droite, des programmes, des bilans, une histoire, des idéologies opposées, que nous devrons choisir en regardant notre passé.
Le bilan des droites est globalement négatif pour la grande majorité des français, nous avons des réfrigérateurs, des lave-linges, des lave-vaisselles…mais les assiettes ont tendances à être de moins en moins pleines, et un niveau de vie tiré de plus en plus vers le bas.
Reste aussi, bien évidemment, qu’il suffisait de bien traiter une minorité de la majorité, et de compter sur défection de quelques uns des mieux traités, pour rester au pouvoir.
Mais est on certain que le vent n’a pas tourné, le socialisme du PS a ouvert les consciences de la gauche, et même bien au delà, si l’on en croit les sondages sur les solutions à nos problèmes de la vie de tous les jours.
Mais un candidat de droite qui ne nous ferait plus passer pour des imbéciles, ce serait bien pour notre pays.
Pour arriver au second tour, ce n’est pas de l’adversaire qu’il faut être le favori, mais de son propre camp. Et si il y a une personne de droite copieusement détestée dans les états majors de droite, c’est bien lui (certains rancuneux ont encore des remontées d’acide par rapport à la dissolution de 98, sans parler des atlantistes qui ont le discours à l’ONU définitivement coincé en travers de la glotte).
Je pense au contraire que la gauche qui travaille a tout intérêt à la présence de de Villepin au premier tour tant ce dernier ringardise ses commensaux et leur vulgarité managériale tandis qu’il ridiculiserait par son talent -indéniable- la gauche qui ne travaille pas.
Ce serait plutôt Glucksman qui serait gêné par une candidature Villepin, mais étant donné qu’il n’a besoin de personne pour se ratatiner et que le festival ne fait que commencer..
La gauche qui ne travaille pas, ne travaille pas par la faute des politiques de droites portés par notre ancien premier ministre, soutien indéfectible de notre patronat anti social depuis sa naissance, qui n’a toujours pas digéré la République, le Front Populaire de 1936 et ses congés payés… l’égalité ce n’est pas son truc, qui a bradé nos entreprises, nos emplois, notre système de protection social, notre souveraineté, tout en restant républicain, je reparle de Monsieur De Villepin , bien évidement, depuis, nos politicards sont tombés bien bas.
Remise en cause du premier mai, quel symbole, après travail-famille-patrie, qui revient à la mode, des arrêts de travail, de l’indemnisation du chômage, de la baisse de nos salaires et pensions…
Vous allez rire, le programme de LFI, c’est justement de donner du travail à tout le monde, de payer les gens correctement, de garantir leurs droits, de renforcer nos services publics, nos sauver nos hôpitaux, notre école… en se donnant les moyens du financement, ce qui a provoqué la colère de nos oligarchies, et de leurs courroies de transmissions, qui ne cessent de baver contre ce qui devient un idéal commun.
Pour notre bourgeoisie, le bonheur du plus grand nombre, c’est là le danger, la misère, la colère, étant bien plus faciles à réprimer.
Dominique de Villepin est capable de recul et de hauteur par rapport aux événements, par rapport à la situation réelle du pays, par rapport à la droite, à l’extrême droite et à l’extrême centre. Il joue sa partition pour 2027. Il reste un homme de la droite républicaine, de la droite sociale, de la droite non atlantiste…mais de droite quand même. Le temps venu, il saura adapter son discours à la situation pour éviter la politique de rupture dont le pays a besoin.
Ce n’est pas d’adaptation au discours dont nous avons besoin, c’est d’actions concrètes qui agissent sur le niveau de vie de toutes celles et ceux qui en ont besoin.
Pour les discours et l’adaptation au néolibéralisme, quarante années de socialisme rose, pour terminer en larbins du macronisme; plus jamais cette clique !
En 2027 ce sera Jean Mélenchon, LFI, et leur programme, avec leurs véritables alliés, pour la rupture vers » Changer la vie , » engagement solennel de François Mitterrand, et de ses godillots profiteurs ; Comment l’a si bien dit Mélenchon : » Pas vu une goutte de socialisme ! »
Les autres candidats ne changeront rien, ils vivent trop bien. Mais après tout, si les français décident de ne rien changer, c’est leu droit, mais les pleurnicheries, après, ne seront plus recevables.
Tiens, donnez donc à Jean Luc Mélenchon l’accès aux médias publics dans les mêmes temps de paroles, que tous les complices, pas du tout désintéressés, de nos oligarques qui derrière les rideaux, de la bonne mine de leur représentant à l’Élysée, tirent les ficelle de leurs milliards qui ne tombent pas du ciel.
Parait que nous sommes trop c… pour comprendre.
Peut être…faut voir !