Trump menace le monde
En kidnappant le président vénézuélien, Donald Trump ne défend ni la démocratie ni le droit, mais impose la loi brutale des intérêts américains. Sa puissance s’affiche sans masque et menace le monde entier.
Après des mois de piraterie aux larges des côtes vénézuéliennes, l’armada américaine a kidnappé en pleine nuit le président vénézuélien Nicolas Maduro et sa femme. Il n’a jamais été question pour Donald Trump de rétablir la démocratie là où elle est malmenée depuis des années. Le mot n’a même pas été prononcé une fois lors de sa conférence de presse fleuve. Trump ne se présente pas comme un bushiste néo-conservateur ou comme le continuateur de Truman : il ne prétend pas faire la guerre au nom de valeurs mais au nom des intérêts des grands groupes américains, à commencer ce jour pour les compagnies pétrolières. Il met en œuvre son programme, réaffirmé il y a un mois dans la stratégie de sécurité nationale : America First.
Trump entend sécuriser à un haut niveau les approvisionnements en énergie. Le pétrole est là et il entend faire respecter son « droit pétrolier ». Il ne fut question que de cela ce samedi à Mar-a-Lago : le premier producteur de pétrole fait main basse sur les plus grandes réserves de pétrole. « Nous allons investir des milliards de dollars au Venezuela et tirer une extrême richesse du sol vénézuélien ». Point.
Il convient de bien comprendre : au-delà du coup de force contre le régime vénézuélien, Donald Trump lance une menace et un défi au monde.
Un défi aux règles de droit américain qui veut que son Congrès soit consulté avant une opération de guerre. Il n’en a rien été.
Un défi à l’Organisation des Nations Unies. Les États-Unis sont un membre permanent du conseil de sécurité et, à ce titre, ils sont censés faire respecter les bases de l’institution. Or il enfreint de façon délibérée et sans aucun masque le droit international et les principe de l’ONU. Il ne joue même plus le jeu des apparences. C’est l’expression de sa force et de son droit.
Enfin, Donald Trump lance un défi au monde : il défend les intérêts américains et le fera partout où ceux-ci seront engagés. Il dirigera donc le Venezuela.
Il menace aussi. Très explicitement, il annonce vouloir s’occuper de Cuba et de la Colombie. Il maintient l’Iran dans son viseur. Insistant, le secrétaire d’État Marco Rubio prévient : « Il faut prendre les propos de Trump au sérieux ». Le président américain réaffirme que la doctrine Monroe de 1823 sera appliquée et étendue : elle considère comme pré-carré des États-Unis l’ensemble du continent américain, du nord au sud. Le droit cède à la force.
Donald Trump a prévenu : personne, aucun pays, aucun dirigeant n’est à l’abri. La menace s’adresse au monde entier.
Il jouit de la puissance de son armée. Mais surtout, Donald Trump bénéficie de la couardise d’une grande partie du monde. Peu ont soutenu ouvertement le coup de force contre le droit, la paix et la stabilité du monde. Seuls se sont réjouis l’Argentin, Javier Milei, le Chilien José Antonio Kast, l’israélien Benjamin Netanyahu et l’italienne Georgia Meloni : tous veulent un monde où la force fait office de loi. La Chine et la Russie, également membres du conseil de sécurité, ont vivement dénoncé. On attend leurs initiatives.
L’Europe, elle, se tient informée ! La France, elle aussi membre permanent du conseil de sécurité, ne dit rien. Par la voix de son président, elle prend acte. Suprême humiliation nationale, le post sur X (ex-Twitter) d’Emmanuel Macron est même repris par Donald Trump sur son réseau social Truth Social. Les Européens ont peur. Ils se taisent et se terrent. Ce faisant, ils font grossir l’ogre qui nous menace tous. Il faut arrêter de se voiler la face : Donald Trump est devenu la première menace de ce monde. Un nouvel ordre mondial doit être bâti, en rassemblant largement au Nord et au Sud, à l’Est et à l’Ouest. Mais Emmanuel Macron a abdiqué.
Bonjour,
J’ai une question candide : où va-t-on ?
Que faut-il faire ?
Ou encore : à quoi bon ?
Plus ça va et moins ça va.
Dire qu’on s’echine, à gauche, en France, à s’acheminer vers une candidature unique (ce à quoi je ne crois pas du tout), plus les jours, les semaines et les mois passent, plus le monde part en c…
Ukraine, Gaza…
Ce week-end, le Venezuela.
C’est quoi la prochaine étape ?
J’ai 63 ans. A une époque (c’était la préhistoire, ou presque), existaient une ou plusieurs oppositions, à gauche (même si on pouvait leur reprocher beaucoup de choses), en France, qui arrivaient à tenir le pavé et à organiser des manifs, des mouvements, des initiatives pour au moins « dire non ». (Je suis en train de lire 2 gros bouquins d’Alain Ruscio sur le PC et la guerre d’Indochine et la guerre d’Algérie).
Maintenant, on n’a plus rien !
Même au niveau international, plus personne, plus aucun Etat ne peut (ou ne veut) faire quelque chose pour essayer d’arrêter cette machine infernale.