Primaire socialiste : Mélenchon n’est plus seul

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Parti le 3 mai en campagne, avec un programme actualisé et une force militante constituée, Jean-Luc Mélenchon fait la course en tête, à gauche, des sondages et des mobilisations. Et de loin. Avec le lancement de la primaire social-démocrate, on revient à une forme de normalité de la gauche française.

La gauche française a historiquement deux pôles. Depuis les années 80-90 (du siècle précédent), son versant radical n’est plus porté par le Parti communiste. Depuis près de 15 ans, Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise ont su investir et relever cet espace. Le pôle socialiste a, quant à lui, été effacé de la carte nationale par la faillite du quinquennat Hollande. Est-ce qu’il n’y avait plus qu’une gauche en France, sous leadership insoumis ? Les effets déformants des accords nationaux (Nupes puis NFP) et l’impact du vote utile en faveur de Jean-Luc Mélenchon lors des deux scrutins présidentiels précédents ont pu le laisser penser.


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Mais la renaissance d’une histoire peut prendre du temps. Défaut de l’urbaniste que je suis, je crois à l’impact long des structures historiques – le territoire comme la politique. L’histoire de notre pays a façonné deux façons dominantes de porter le combat de la gauche en faveur de la justice et de l’égalité. La lutte politique entre ces deux pôles de gauche a été rude et elle a forcé chacun à gauche à bouger, à affiner ses idées et propositions. C’est peut-être ce qui est en train de se passer. 

Car les socialistes vont choisir un candidat. La demande de rupture avec la politique macroniste porte l’extrême droite et la gauche. Globalement, la gauche semble reprendre quelques couleurs à mesure que le bloc central se déporte toujours plus vers la droite et se trouve confronté au calamiteux bilan de ces dix ans de présidence Macron. D’une certaine façon, le désastre de la politique de l’offre entraîne aussi François Hollande. Les socialistes sont sur le point de se débarrasser de l’encombrant ancien président qui d’une part ne participera pas à cette primaire et d’autre part n’inscrit plus son action présente dans la gauche. A Sens (Yonne) ce samedi, François Hollande a précisé sa pensée : pour lui, il convient de « sauver la démocratie ». En France, celle-ci serait menacée autant par le RN que par LFI. Il propose donc une grande alliance sur un programme de gouvernement précis qu’il esquisse – et dont il prend soin que la droite y retrouve ses petits.

Le pôle que promeut Jean-Luc Mélenchon a le mérite de s’ancrer dans la radicalité nécessaire. Mais cette radicalité devra encore préciser la méthode durable qui la rendra possible, dans les rapports de forces sociaux et européens actuels. Le pôle socialiste devra prouver qu’il ne va pas déserter en rase campagne, retourner sa veste et axer ses alliances vers « le centre ».

Donc revenons à gauche. La primaire des socialistes va occuper largement l’espace médiatique. Mais ce serait illusoire de ne croire qu’à un effet conjoncturel. Lors de leurs premières interviews comme lors de l’université d’été du PS, les candidats à la primaire ont fait entendre leurs idées, des idées. Et elles ne se limitent pas à l’important débat sur l’alliance ou non avec LFI. Un socialiste, de carte ou de cœur, les portera en avril prochain. Le bon niveau de débat ne peut être celui – vain – de l’excommunication : il (ou elle) n’est pas de gauche. Il faudra faire mieux.

Le pôle que promeut Jean-Luc Mélenchon a le mérite de s’ancrer dans la radicalité nécessaire pour nous sortir du marasme que nous connaissons depuis trop longtemps. Mais cette radicalité devra encore préciser la méthode durable qui la rendra possible, dans les rapports de forces sociaux et européens actuels et sans que le prix soit payé par le plus grand nombre. Le pôle socialiste devra prouver qu’il ne va pas déserter en rase campagne, retourner sa veste et axer ses alliances vers « le centre ». Jurer que son ennemi, c’est la finance ne suffira pas. Il devra rassurer sur les tentations bellicistes, guerrières du leader de Place publique. Il devra dire aussi comment réunir les conditions politiques de son élection et de ses promesses s’il entend se passer des insoumis. 

On attend cette confrontation, qui doit renforcer la gauche. Alors, elle pourra gagner.

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21 commentaires

  1. Berthelot Jacques le 31 août 2026 à 13:35

    Le candidat qui sortira de cette primaire peut-il ou elle clairement être considéré de gauche ?
    Le PS en ne censurant pas le gouvernement Lecornu a fait le choix de prolonger sa durée de vie , et lui permettre de mener sa politique de droite.
    Et si c’est Glucksmann ? Porte parole de l’OTAN , défenseur de l’occident , guerrier brandissant l’arme nucléaire à la face des peuples du monde . Pas clair du tout sur les questions des salaires , des retraites , de la taxation des grosses fortunes et l’immigration : son projet « arrêter l’immigration incontrôlée en donnant la parole aux Français par référendum. »
    Pas grand chose à attendre de cette primaire pour celles et ceux qui soutiennent une gauche de rupture.

  2. Lemarchal le 31 août 2026 à 13:56

    Ha! Ha! Vous êtes hors sol. Vous avez quand même compris que vous allez voter Mélenchon le 2 mai ?

  3. Catalan le 31 août 2026 à 14:13

    Militant AS et L’Apres

  4. Catalan le 31 août 2026 à 14:15

    No comment t

  5. trintignac le 31 août 2026 à 17:06

    Comment ça, Mélenchon n’est plus le seul à gauche ? L’ouverture officielle de la primaire socialiste ouvre t’elle une vraie concurrence réaliste à gauche ?

  6. Lafleur le 31 août 2026 à 17:45

    Cher Catherine,

    Je pense que ton analyse décrit bien les déplacements de l’espace politique, mais qu’elle en reste prisonnière. Tu distingues un pôle social-libéral, un pôle social-démocrate et un pôle radical-socialiste. Mais, du point de vue des rapports de production, ne s’agit-il pas plutôt de trois variantes d’un même espace réformiste ?

    En 2008, ils étaient d’ailleurs tous au PS.

    Leurs différences sont réelles, mais aucune de ces trois orientations ne fait du dépassement des rapports capitalistes et de la conquête durable de pouvoirs par le monde du travail sa stratégie.

    La radicalité de Mélenchon est réelle dans le discours et certaines propositions, mais la radicalité politique ne devient pas par elle-même stratégie révolutionnaire. La question décisive reste : quelle classe s’organise, autour de quel projet, et pour conquérir quels pouvoirs ?

    C’est là que le PCF ne devrait pas être pensé comme un simple « quatrième pôle ». Avec le « communisme de conquête » adopté au 40ᵉ Congrès et la candidature probable en septembre de Fabien Roussel pour 2027, ce dernier peut porter autre chose : un véritable pôle de classe, visant à reconstruire l’organisation du monde du travail et à transformer le rapport de forces.

    À partir de ce front de classe peut alors se construire un rassemblement populaire, non comme préalable électoral, mais comme produit d’un rapport de forces. Et le socialisme retrouve ici son contenu concret : planification démocratique, planification écologique et énergétique, réindustrialisation productive, reconquête des services publics, maîtrise du crédit et confrontation avec le capital financier.

    La question n’est donc peut-être plus de savoir quel pôle socialisant dominera la gauche, mais si nous voulons encore penser la politique à partir de la gauche constituée ou à partir de la classe et du processus de transformation sociale. Dans ce cas, l’option du PCF n’est pas que réformiste contrairement au radical-socialisme de LFI.

    Fraternellement,

    • Ahmed ZAKI le 1 septembre 2026 à 14:05

      Le PCF très grand parti historique de la calasse ouvrière et des intellectuels n’est plus ce qu’il était. Son déclin résulte du fait qu’il n’a pas su intégrer rapidement les changements brutaux des années 60 et 70, en particulier la question écologique , parce qu’il s’est coupé du monde intellectuel en restant aligné sur le communisme bureaucratique de l’URSS (bilan globalement positif de Georges Marchais). Il aurait pu évoluer positivement s’il était resté fidèle au Front de gauche.

      • Lafleur le 3 septembre 2026 à 12:03

        Cher Ahmed ZAKI,

        Je partage volontiers avec toi la nécessité d’un regard lucide sur l’histoire du PCF. Son affaiblissement est une réalité et nous devons être capables d’en analyser les causes sans nostalgie ni complaisance. Mais je pense justement que ton commentaire donne une image trop figée du PCF.

        En effet, le PCF n’est plus celui des années 1970 ou 1980. Depuis plusieurs années, il a profondément renouvelé son projet et ses élaborations. Dès 2016-2017, « La France en commun » plaçait déjà au cœur du projet la prise de pouvoir sur la finance, la transformation productive, l’écologie, les services publics et l’égalité femmes-hommes. Depuis, le travail s’est poursuivi avec « Empreinte 2050 », qui articule transition climatique, réindustrialisation, emploi, formation, recherche, services publics et transformation de notre système énergétique. Ce n’est pas une écologie d’accompagnement : c’est une réflexion sur la transformation de la production elle-même.

        Tu oublies que par exemple sur la question écologique, le PCF a été la première force politique a créer un mouvement qui existe toujours : le MNLE. Le mouvement national de lutte pour l’environnement. Le travail de la commission écologie piloté par Amar Bellal a le projet le plus crédible et opérationnel :
        https://ecologie.pcf.fr/plan-climat/

        Même chose sur le féminisme : le PCF porte aujourd’hui explicitement un féminisme de classe et matérialiste, en liant égalité, travail, services publics, lutte contre les violences sexistes et sexuelles et transformation des rapports sociaux. Sans polémiquer sur la ligne maximaliste de LFI qui s’est émoussée avec l’affaire Quatennens, entre autres, le violentomètre est un outil de sensibilisation conçu fin 2018 pour mesurer le degré de violence dans un couple. Il a été cocréée par l’élue communiste (PCF) Hélène Bidard, alors adjointe à la Mairie de Paris en charge de l’égalité femmes-hommes : https://www.pcf.fr/violentometre.

        Je ne parlerai pas de communisme bureaucratique de l’URSS. En effet, l’URSS a rompu malheureusement avec Nikita Khrouchtchev avec ce que tu perçois comme bureaucratique. Cela n’a pas contribué à redresser l’URSS. Cet affaiblissement s’est traduit par le révisionnisme et puis la liquidation par Mikhael Gorbatchev. Le peuple voulait le maintien de l’URSS. La direction du PCUS a liquidé l’URSS contre la volonté des peuples et a affaibli par des thérapies de choc libérales ces pays. Le bilan de la restauration du capitalisme est manifestement un bilan globalement négatif. Ce n’est pas le PCF qui a rompu le Front de gauche ; c’est Jean-Luc Mélenchon. Il a lancé le mouvement pour une 6ème république. Il a essayé de casser la Gauche Unitaire, qui a fini par adhéré au PCF en 2015 car ce parti respectait le Front de gauche, et la FASE, qui est devenu Ensemble, qui s’est elle-même divisée comme organisation en Ensemble et Ensemble insoumise, devenu la GES. Cette dernière est aujourd’hui divisée. Henrik Davi est GES-L’Après, Marianne Maximimi est GES-RESI (LFI). Pierre Laurent à la suite de Marie-Georges Buffet a voulu sauver le Front de gauche. Il a été tué définitivement, tout le monde le sait, par la création fin 2016 de la France Insoumise au nom d’une orientation populiste pour la candidature de Mélenchon en 2017. Ce dernier a d’ailleurs quasiment dévitalisé le PG à partir de cette date. Ce parti n’a plus d’association de financement propre. Le POI l’a remplacé comme colonne vertébral. Le front de gauche était un pôle de radicalité qui devait incarné un front de classe pour dépasser le pôle réformiste (PS et EELV). Depuis 2022, Jean-Luc Mélenchon, ayant déjà fait une inflexion en 2019 en choisissant Manon Aubry au lieu de Charlotte Girard, joue la tactique de l’union privilégiée avec les réformistes. C’est un bon coup tactique. Mais, c’est une stratégie suicidaire qui renforce le RN comme opposant. Il a tourné le dos à une perspective révolutionnaire et socialiste.

        Et la question est donc peut-être moins de savoir si le PCF a « changé » que de savoir ce que nous faisons de ces évolutions. Car le véritable enjeu n’est pas de moderniser indéfiniment l’image du Parti : c’est de reconstruire une force sociale organisée capable de transformer les rapports de production et de propriété. C’est là que je diverge avec ton retour au Front de gauche. Il a été une expérience utile à un moment donné, mais il n’a pas permis de reconstruire durablement une force radicale autonome dans le monde du travail et des courants réformistes. La dynamique a finalement davantage profité à Mélenchon qu’à la reconstruction du PCF. Et je pense qu’il faut regarder cette question à partir du rapport de forces capital/travail. L’affaiblissement du PCF n’est pas seulement un problème électoral pour les communistes, voire pour les démocrates progressistes : c’est aussi l’affaiblissement historique d’une organisation qui avait contribué à structurer politiquement et culturellement une partie importante du monde du travail. Dans un rapport de forces déjà très défavorable au salariat, cela a des conséquences pour toute la société.

        C’est aussi pourquoi je me méfie de l’idée selon laquelle le populisme constituerait une réponse suffisante. Il peut exprimer une colère populaire parfaitement légitime, mais il risque de transformer une contradiction de classe (celle entre ceux qui produisent et ceux qui possèdent et décident), en une opposition plus floue entre « le peuple » et « les élites ». Il mobilise, mais ne construit pas nécessairement la puissance collective permettant de conquérir durablement les pouvoirs économiques. L’identification de Jean-Luc Mélenchon comme islamo-gauchiste a été un jeu avec l’extrême centre gouvernemental. Les deux jouant une polarisation, comme pour le 7 octobre 2023 par des hyperboles. Mais, in fine, cela profite surtout au rassemblement national. Il faut avoir le courage d’ouvrir les yeux et de pointer ce sujet.

        À mes yeux, le défi du PCF aujourd’hui est donc précisément de sortir de cette alternative entre un réformisme gestionnaire qui accepte les contraintes du capital et un radicalisme protestataire qui les dénonce sans toujours construire les moyens sociaux de les dépasser. En effet, le « communisme de conquêtes » cherche une autre voie : reconstruire la conscience de classe, organiser le monde du travail, conquérir des pouvoirs sur le crédit, la production, la propriété, les services publics et la planification, et articuler cette force de classe à un rassemblement populaire beaucoup plus large. Ce n’est ni un retour au passé, ni un refus des transformations de la société. C’est au contraire essayer de répondre à une question très actuelle : comment faire en sorte que la colère et les aspirations populaires deviennent une force organisée capable de transformer réellement la société ? C’est sur ce terrain que je crois que nous devons poursuivre fraternellement le débat.

    • Gramsci le 2 septembre 2026 à 02:04

      Je suis revenu au PCF en 2002 en réaction à la présence de Lepen au 2e tour. J’y suis encore. Mais force est de constater que le PCF parti de 20% avant 81 et y restant à peu près a brusquement chuté à 9% 10% à partir de 84 puis a moins de 4% en 2002 et n’a pas dépassé3% àaucun type d’élection depuis . Et la gauche n’a pu gagner avec des réformes significatives que par la reunio6 des deux gauches soit disant irreconciliables du moins quand la gauche social-democrate l’était redevenue au vrai sens du terme et non plus soocial libérale. Et 1981 allait beaucoup plus loin que le programme qualifié d’ irréaliste de la LFI

      • Lafleur le 3 septembre 2026 à 12:29

        Cher Gramsci,

        Puisque tu as choisi ce nom, permets moi de te répondre sur un terrain qui devrait justement nous être commun : celui de Gramsci. Je comprends ton raisonnement sur l’union des deux gauches et je partage l’idée qu’une gauche capable de gouverner et de transformer doit être suffisamment large.

        Mais je crois que la question gramscienne est précisément de savoir qui construit cette unité, autour de quel projet et à partir de quel rapport de forces social. C’est là que je vois une différence assez profonde entre la démarche que le PCF cherche aujourd’hui à reconstruire et la démarche populiste de LFI. Chez Gramsci, la conquête du pouvoir ne consiste pas seulement à conquérir l’État. Il faut construire une hégémonie : une force sociale organisée, capable de mener la bataille des idées, de gagner des alliances, de s’enraciner dans la société civile et de transformer progressivement le rapport de forces jusqu’à devenir capable de diriger la société.

        Autrement dit, le « peuple » ne préexiste pas politiquement à cette construction. Il se constitue autour d’un projet, d’une classe capable de devenir force dirigeante et d’un bloc social et culturel susceptible de porter cette transformation. C’est pourquoi je trouve intéressante l’évolution actuelle du PCF. Le « communisme de conquêtes » adopté en juillet 2026, après un processus interne de réflexion qui a débuté comme LFI principalement fin 2016, ne consiste pas seulement à avoir un meilleur programme électoral. Il cherche à reconstruire surtout une organisation dans les entreprises, les territoires et les lieux de vie, à développer la conscience de classe, à conquérir des pouvoirs économiques, à mener la bataille culturelle et à construire un rassemblement populaire à partir de cette force organisée.

        Cela me paraît finalement beaucoup plus proche d’une démarche gramscienne que la logique populiste.

        Le populisme peut partir d’une colère populaire réelle et construire une opposition efficace entre « le peuple » et « les élites ». Il peut donc produire une dynamique électorale puissante. Mais il tend à substituer à la structuration de la contradiction capital/travail une opposition plus générale entre un peuple et ses adversaires, avec le risque que la construction politique se concentre davantage autour d’une direction et d’une polarisation électorale que dans l’organisation autonome et durable des forces sociales. Ce n’est pas une condamnation de LFI : c’est une différence stratégique.

        Et je crois que cela permet aussi de relire notre débat sur le Front de gauche. Une alliance électorale peut être utile. Mais dans une perspective gramscienne, elle ne peut pas être le point d’arrivée. Il faut construire la force sociale et culturelle capable de rendre cette alliance transformatrice. C’est pourquoi je ne crois pas qu’il faille opposer « classe » et « rassemblement ». Il faut partir de la classe pour construire le rassemblement. Le front de classe des travailleurs n’est pas l’alternative au rassemblement populaire : il en constitue le socle et peut lui donner une direction transformatrice. Et c’est peut-être là que notre débat rejoint finalement ton propre pseudo : si nous voulons réellement construire une hégémonie nouvelle face au capital, nous avons besoin d’autre chose que d’une addition de forces électorales. Nous avons besoin d’une classe qui retrouve conscience d’elle-même, s’organise, produit ses propres intellectuels, ses propres représentations du monde et conquiert progressivement les pouvoirs nécessaires pour transformer la société. C’est précisément ce que je vois aujourd’hui comme l’enjeu du renouveau communiste.

        Fraternellement.

  7. Renaud Bernard le 31 août 2026 à 20:58

    Ainsi la gauche peut avoir une aile radicale. Alors la droite peut en avoir une également. A tant faire que de regarder les radicaux de tous bords comme des partenaires acceptables, il serait étonnant que le bloc central n’ait pas les siens.

    Toutes les alliances étant possibles, et comme on ne saurait interdire à autrui ce qu’on se permet à soi, on en revient au clivage gauche/droite, ce qui est encore le schéma le plus sain dans une démocratie.

    • Lionel MLutzenberg le 2 septembre 2026 à 09:55

      Une nouvelle trahison de la classe ouvrière ! Point !

  8. Gorda le 1 septembre 2026 à 06:50

    Mais heureusement la gauche est à ce jour disqualifiée et c’est heureux. Car après l’ère macron, l’ère Hollande, l’ère Sarkozy, on a besoin (je pense) d’un retour à la vraie vie.

  9. Lionel MLutzenberg le 1 septembre 2026 à 09:54

    Ben si, a écouter les représentants de la fausse gauche, Jean Luc Mélenchon est bien seul en tête, avec toute la vraie gauche, il est vrai.
    Mais bon, à quelques mois de l’élection présidentielle nous allons en entendre des retours à des,  » Plus à gauche que moi tu meurs ! » qui seront vite oublié dès l’élection passée, quarante années de références.
    Je pense que les français, eux, n’ont rien oublié, surtout pas cette décision de nos ex socialistes de laisser le gouvernement Lecornu en place, et le vote, par lâcheté, des budgets Macron.
    Et cette association avec Raphaël Glucksmann, dont on sait aujourd’hui d’où il vient ; dites ce ne serait pas un piège pour faire croire aux électeurs et électrices que, Olivier Faure serait de gauche, comme Marine Le Pen s’est servit de Zemmour et aujourd’hui, Bardella, pour faire croire à sa dédiabolisation ?
    Le socialisme rose est mort….sauf pour l’électorat de droite, l’extrème centre s’est enfin dévoilé, tiens ça c’est marrant, enfin si j’ose dire, certainement pas pour les classes populaires et moyennes !
    Je n’écoute plus ces branquignoles de la politique au service de leurs propres carrière.

  10. lemasseur le 1 septembre 2026 à 11:00

    Je trouve que vous évacuez un peu rapidement Hollande de l’échiquier.
    D’accord Glucksman a poussé son premier pion et déclaré sa candidature, OK l’ensemble des médias aimerait beaucoup que le jeu en soit plié en même temps que Mélenchon, mais pour autant rien n’est fait.
    Tout d’abord, rien ne dit que l’élection censitaire dite de primaire de la gauche non mélenchoniste du cercle de la raison et de gouvernement réunie mette Glucksman en tête, ou suffisamment pour que sa désignation soit indiscutable.
    Ensuite, rien ne dit que sa candidature aille au bout, on a déjà vu des candidatures débranchées une fois déclarée, parce que ouvertement trop catastrophique. Avec R Glucksman, rien n’est à exclure de ce coté là.
    C’est d’ailleurs le calcul de cette boule de vice de Hollande qui n’est fort que par la faiblesse des autres. Cela fait des semaines qu’il travaille le PS pour s’imposer et il fera tout, lui et ses sbires, pour exploiter la moindre des faiblesses de Glucksman et le dégager. N’oubliez pas que le PS ne se tient jamais pour prisonnier de sa parole et des règles qu’il édicte. Et Hollande en a été longtemps le N°1.
    Je ne serai pas plus étonné que cela si un bon gros dossier sortait sur Glucksman opportunément après son éventuelle victoire à la primaire. Au hasard, sur la Géorgie.

    Le PS est un nid de vipère au sein duquel Glucksman est une toute petite couleuvre, bien inoffensive. Perso, je mets un (petit) billet sur la victoire de Hollande dans ce matche au sommet.

    • Lionel MLutzenberg le 1 septembre 2026 à 15:33

      François Hollande, dont la candidate en 2022 à recueilli 1.75% des suffrages exprimés, après le naufrage de Benoit Hamon en 2017 ? François Hollande, qui a soutenu la candidature de Raphaël Glucksmann lors des élection européennes de 2024, arrivé en tête de la fausse gauche grâce aux voix de la droite, et des défroqués du PS ? François Hollande qui a porté à 43 années de travail le droit à la retraite, fait reculer le droit du travail, envoyé la police contre les manifestants, financé les plus riches, et violé ses engagements électoraux envers les électeurs et électrices qui l’avaient élu ?
      François Hollande qui a fait élire Emmanuel Macron en 2017, réélire en 2022, champion de la fausse gauche aujourd’hui ?
      Dites, pour faire quoi, François Hollande ? Faire perdre la gauche en 2027, en récompense de sa prise en charge, tout frais compris, par les français, jusqu’au jour de sa disparition.
      Dites, vous n’avez pas une très grande confiance en la conscience de vos compatriotes ; Des veaux, des moutons, et aujourd’hui, des c…. !

  11. Jupiter le 1 septembre 2026 à 13:12

    Triste Tricot, incorrigible sponsor du PS néolibéral, l’usine à perdre !

  12. Gramsci le 2 septembre 2026 à 02:40

    Après la déconvenue de 2002 avec toutefois une gauche à 42% et un PCF à moind de 4% le PCF n’a jamais dépassé 3% à aucune élection malgré la tentative d’un pôle anticapitaliste coulé par le sectarisme trotzkiste puis le Front de gauche qui n’a jamais complètement décollé. Il nous reste un PCF réduit à rien mais avec un programme solide et la LFI pari réussi de Melenchon. Malgré tout ce que l’on peut lui reprocher si comme moi l’on est au PCF (,son mépris et même ses insultes et son sectarisme souvent, sans parler de son tropisme antinucleaire) il est la seule chance d,’une présence véritablement de gauche au 2eme tour . Avec Glucksman c’est les fusées sur Moscou. Avec Hollande ou Glucksman le triomphe du social liberalisme

    • Lafleur le 3 septembre 2026 à 12:43

      Cher Gramsci,

      Je comprends ton raisonnement, et je partage évidemment l’inquiétude devant Glucksmann, Hollande ou toute nouvelle version du social-libéralisme, comme devant une politique européenne qui enfermerait encore davantage nos choix. Mais justement, si nous voulons être gramsciens, il faut distinguer hégémonie et performance électorale.

      Dire que Mélenchon est aujourd’hui la « seule chance » d’être au second tour, c’est raisonner à partir du rapport de forces électoral existant. Construire une force capable de transformer la société, c’est chercher à modifier ce rapport de forces lui-même.

      Et c’est là que je ne partage pas ton diagnostic : le PCF n’est pas « réduit à rien ». Il est affaibli électoralement, incontestablement, mais il conserve une implantation militante, des élus, une histoire, une capacité d’organisation et surtout désormais un projet solide qui cherche précisément à reconstruire une force de classe.

      LFI a réussi son pari électoral et Mélenchon a construit une formidable dynamique de mobilisation. En quittant le PS, il ne pouvait le faire sans le PCF. Mais la question reste entière : qui organise durablement le monde du travail, qui reconstruit sa conscience de classe, qui conquiert les pouvoirs sur la production, le crédit et la propriété ?

      C’est là que je vois la différence entre le populisme et une stratégie gramscienne : le premier cherche à agréger le « peuple » pour conquérir le pouvoir ; la seconde cherche à construire une force sociale capable de devenir hégémonique et de transformer durablement les rapports sociaux. Alors oui, ne soyons ni sectaires ni naïfs : discutons, rassemblons quand c’est nécessaire, combattons le social-libéralisme et l’extrême droite. Mais ne transformons pas le vote utile en horizon stratégique.

      Antonio Gramsci nous apprend justement que l’hégémonie ne se demande pas : elle se construit.

      Fraternellement.

  13. Berthelot Jacques le 2 septembre 2026 à 11:14

    Les critiques du PS , du PC , des Ecologistes contre LFI sont insupportables parce qu’elles excluent LFI de la gauche.
    Celles de Poutou sont recevables parce qu’il est pour l’union avec LFI et contrairement au PS , pour lui l’objectif principal c’est clairement de battre le RN.

  14. Lafleur le 3 septembre 2026 à 12:59

    Cher Jacques,

    Il faut distinguer exclure LFI de la gauche et critiquer sa stratégie.

    Dire : Fabien Roussel est Doriot par la compagne de Jean-Luc Mélenchon. Et le OK du compte de Jean-Luc Mélenchon n’élève pas le débat et ne favorise pas le dialogue. Nous savons que Jean-Luc Mélenchon défend un réformisme de répartition (son soutient au RMI de Rocard et au RSA de Hirsch) et nous une rupture par le travail face au capital.

    On peut par conséquent considérer LFI comme une composante de la gauche, vouloir avec elle battre le RN lorsque c’est nécessaire à travers un rassemblement populaire démocratiques aux élections législatives de 2027, et néanmoins considérer que son orientation populiste ne constitue pas une perspective suffisante de transformation sociale.

    L’union peut être nécessaire pour battre l’extrême droite ; elle ne doit pas devenir un renoncement à l’autonomie stratégique communiste et, dans cette bataille de position aurait dit Gramsci, à proposer un front de classe opérationnel et la perspective de jours heureux et non la sobriété comme horizon indépassable pour le prolétariat par exemple. Sinon, on confond l’objectif tactique — gagner une élection — avec l’objectif stratégique : transformer durablement le rapport de forces capital/travail et aller vers le socialisme.

    C’est justement pourquoi la critique de LFI n’est pas une exclusion : c’est notre responsabilité de dire ce qui nous distingue.

    Fraternellement.

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