Municipales : et maintenant, le second tour

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Dimanche soir s’achèvent les élections municipales. Quand bien même ce deuxième tour ne concerne qu’une minorité de Français, c’est ce dimanche que se jouera la leçon politique définitive du scrutin.

Dimanche dernier, à l’issue du premier tour des élections municipales, les écologistes ont plutôt mieux résisté qu’attendu ; mais ce qui sera retenu est le nombre de villes qu’ils continueront de diriger. Les listes de rassemblement à gauche sans LFI ont bien fonctionné et ont placé leur candidat en tête des gauches dans la plupart des villes. Vont-elles transformer l’essai ? L’avenir de Paris, Marseille, Nîmes ou Le Havre sera déterminant pour juger de leur capacité à entraîner toute la gauche et à remporter l’élection.


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À Toulouse et Limoges, ce sont les listes LFI qui sont arrivées en tête et qui bénéficient de la fusion avec les autres listes de gauche. Est-ce que cela permettra de remporter la mairie ? Sur le papier, oui. Qu’en sera-t-il dimanche ? Les électeurs de gauche vont-ils massivement se reporter sur la nouvelle liste ? Il le faut, pour gagner. 

La France insoumise sera-t-elle suivie quand elle se maintient face au reste de la gauche ? Dimanche soir, les analystes vont examiner les comportements de ses électeurs. À Paris, vont-ils réitérer leur vote LFI du premier tour et confirmer la constitution d’un noyau solide autour de 10% ? Ou vont-ils faire le choix du vote Grégoire pour bloquer Rachida Dati ? Même chose à Villejuif, où la liste du maire sortant communiste n’est pas parvenue à un accord avec LFI malgré la pression de la droite. La question du comportement des électeurs insoumis se posera également dans toutes les villes où il n’existe pas un danger de droite. Sur 51 candidatures estampillées LFI présentes au second tour, 46 affronteront au moins une autre liste de gauche (dont 18 en région parisienne).

Si, par malheur, pour cause de divisions, des villes normalement gagnables ne le sont pas, voire si des villes sont perdues pour cause de désunion, les cicatrices seront longues à résorber.

À Marseille, en revanche, on peut s’attendre au report massif des électeurs sur le maire sortant, Benoît Payan, pour empêcher que la ville tombe dans les mains du RN.

Si, par malheur, pour cause de divisions, des villes normalement gagnables ne le sont pas, voire si des villes sont perdues pour cause de désunion, les cicatrices seront longues à résorber. À un an d’une bataille que tout le monde perçoit comme décisive pour la France, affaiblir, meurtrir la gauche n’est vraiment pas une bonne idée. 

Le premier tour a montré une bonne tenue de la gauche au-delà même des grandes villes et des listes des partis de gauche. Partout en France, de très nombreuses listes citoyennes relèvent aussi de cette culture écologique et humaniste. En face, l’extrême droite a confirmé son ancrage territorial mais n’a pas cassé l’opprobre qui l’entoure : une majorité d’électeurs ne veut pas d’elle au pouvoir, ni à la mairie, ni à l’Élysée après lui avoir fermé Matignon. La droite macroniste a disparu, les LR sont divisés, déboussolés et en capilotade. Si la gauche ne se déchire pas, elle n’aura donc pas dit son dernier mot. Dimanche, il ne faut pas aggraver les blessures.

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2 commentaires

  1. Lucien Matron le 20 mars 2026 à 14:23

    « Dimanche, il ne faut pas aggraver les blessures » …Il est à craindre, hélas, que les blessures soient trop profondes pour cicatriser. L’enjeu est essentiel pour la suite. Les premières leçons des municipales 2026 confirment en partie les législatives de 2024 : les françaises et les français ne veulent plus de Macron, ils ne veulent pas davantage donner le pouvoir à l’extrême droite. Pour autant, toutes les forces de gauche restent, le plus souvent divisées pour pouvoir l’emporter largement. Personne ne refera l’histoire, mais si un accord clair de désistement en faveur du candidat de la gauche plurielle le mieux placé avait été acté entre les forces de l’ancienne NUPES, le paysage municipal en serait éclairci. C’est une évidence. Il appartient aux électeurs de gauche de se montrer responsables et de faire, par leur vote de dimanche, ce qui n’a pas été fait par les directions des organisations politiques : le rassemblement dans les urnes contre l’extrême droite et contre l’union des droites.

  2. Lemarchal le 20 mars 2026 à 14:51

    Les fusions des insoumis avec le PS nuisent à la crédibilité de LFI auprès de larges couches de la population qui détestent le PS et les « partis de gouvernement » en général. C’est une erreur qui risque de se payer à la présidentielle. Hors en 2027 se sera LFI contre le RN. LFI ne gagnera que si elle rompt clairement avec la  » gauche  » bourgeoise.

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