Macron : des mots de paix, un pied dans la guerre
Ce mardi, Emmanuel Macron a appelé à la désescalade au Moyen-Orient tout en annonçant l’envoi du porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée. Entre condamnation des frappes illégales et préparation militaire, la position française reste ambivalente.
L’allocution du président de la République, était sensiblement moins martiale que celle de la veille sur l’Ile Longue face au sous-marin nucléaire : sur son bureau un certain désordre, un livre de poésie de Neruda, une caméra placée de biais.
L’intervention d’Emmanuel Macron a fait baisser la tension qui était montée dans le pays après l’annonce de sa prise de parole. Depuis des mois, l’appel à se préparer à la guerre a instillé une inquiétude qui s’est bien ressentie hier.
Les mots du président de la République n’ont guère éclairé les objectifs de cette guerre. Il veut croire que son enjeu est la question nucléaire. Ce point ne fait pas consensus même parmi les autorités américaines et israéliennes.
Emmanuel Macron a considéré que « La République islamique d’Iran porte la responsabilité première de cette situation ». Contre les dires des médiateurs d’Oman, il assure : « Compte tenu (…) des négociations qui ne progressaient plus, les États-Unis d’Amérique et Israël ont décidé de lancer des opérations militaires, elles ont été conduites en dehors du droit international, ce que nous ne pouvons pas approuver. » Enfin, les mots sont dits. « Avec l’Allemagne et le Royaume-Uni nous avons clairement dit qu’un arrêt au plus vite des frappes est souhaitable, et qu’une paix durable dans la région ne se fera que par la reprise de négociations diplomatiques. »
L’intervention d’Israël au Liban est qualifiée d’« erreur stratégique ». Ce point aussi se discute. Il se pourrait que cela fasse partie de la stratégie du gouvernement d’extrême droite israélien qui rêve à voix haute d’un grand Israël. Emmanuel Macron ajoute : « Le Hezbollah doit impérativement cesser toute frappe. Et j’appelle Israël à respecter le territoire libanais et son intégrité. » Fin des explications et des vœux.
Le reste de l’allocution porte sur la protection des personnes, le respect des accords de défense et la préservation des intérêts du pays. Insensiblement pourtant, Emmanuel Macron met un pied dans le conflit : « Nous sommes à l’initiative pour bâtir une coalition afin de réunir les moyens, y compris militaires, pour reprendre et sécuriser le trafic dans ces voies maritimes essentielles à l’économie mondiale ». Il précise : « Face à cette situation instable et aux incertitudes des jours à venir, j’ai donné ordre au porte-avions Charles de Gaulle, à ses moyens aériens et à son escorte de frégates de faire route vers la Méditerranée. »
Il conclut par ces mots : « La France demeure une puissance qui protège les siens, une puissance attachée à la paix, fiable, prévisible et déterminée ». Un mot semble exagéré dans ce discours : celui de puissance. Emmanuel Macron n’avance aucune action en faveur de la paix. Il explique peu, il agit peu. Il commente.