LFI : s’il faut périr…
À vouloir « faire bloc », coûte que coûte, sans jamais baisser les yeux ni se remettre en question, les insoumis ne jouent pas seulement leur survie : c’est l’affaiblissement de la gauche et l’existence d’une gauche radicale française qui est en jeu.
Depuis des mois, La France insoumise est sous le feu roulant des critiques. Elles sont souvent le fait de ses adversaires politiques de droite et d’extrême droite ; elles viennent aussi désormais, de façon plus forte, de la gauche. Ces critiques exercent une pression telle qu’elle conduit ses militants et ses sympathisants à faire bloc. C’est rarement quand « la citadelle est assiégée » que l’on prend le temps de se poser et de réfléchir. Il le faut pourtant, absolument.
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Inutile de revenir en détail sur les polémiques qui ont secoué le mouvement dirigé par Jean-Luc Mélenchon. Tout le monde les a en tête : Adrien Quatennens, Andy Kerbrat, purges, accusations d’antisémitisme, perquisitions… À chaque fois, Jean-Luc Mélenchon a repris la barre et l’a tenue fermement : on ne s’excuse pas, on ne recule pas ; ce n’est pas dans l’adversité qu’on réajuste ; on verra plus tard. Ça peut se comprendre. Sauf que le « plus tard » n’arrive pas. Non que LFI ne varie pas ; ses positions stratégiques évoluent au gré des analyses que l’on peut suivre sur les notes de blog ou lors des longues conférences appelées « moments politiques » de Jean-Luc Mélenchon. Intéressant, et pas banal, de voir la réflexion d’un homme politique se construire au fil des jours, devant tous.
Mais là, devant l’ampleur des questions, les fragilités qu’elles provoquent, ces débats doivent être construits et conduits au-delà du cercle des très, très proches de Jean-Luc Mélenchon. Ce qui va advenir de LFI concerne davantage que LFI.
L’enjeu est ni plus ni moins que le maintien d’un courant de gauche radicale en France. Ce courant est suffisamment profondément ancré dans le pays pour penser qu’il ne disparaîtra pas. Après une éclipse de vingt ans, il a survécu à l’effondrement du PCF ; il renaîtra sous la forme de LFI. L’effacement de ce courant avait fragilisé la gauche tout entière. Aujourd’hui, impatient de revanche et au risque de perdre de nombreuses villes, François Hollande assène : « La relation avec LFI est rompue ». Il veut qu’une social-démocratie qui n’a rien compris de ses échecs récents redevienne la force première à gauche. Ce serait un drôle de paradoxe.
La campagne est d’ampleur, massive. LFI ne peut s’en tenir à la contre-attaque. LFI doit impérativement produire des actes forts, lisibles par tous, qui la sortent – et sortent la gauche – de cet opprobre. LFI doit produire ces actes même dans l’adversité.
L’effacement de LFI est l’agenda explicite de la droite et du gouvernement. Au Figaro, la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet lance : « Aujourd’hui, je dirais qu’il faut un ‘ni-ni’. Ni LFI, ni RN ». Maud Bregeon, la porte-parole du gouvernement, issue des LR, déclare : « On a tous une responsabilité quand on glisse un bulletin LFI dans l’urne ». Elle réclame qu’il n’y ait « plus jamais un député LFI à l’Assemblée nationale ». Cet objectif politique est homogène au projet de Jordan Bardella : construire un cordon sanitaire autour de LFI. Après avoir renversé le stigmate de l’antisémitisme, le RN prétend incarner désormais la République. Il le fait en déroulant des propositions toutes plus liberticides les unes que les autres (contrôle des manifestations, interdiction des débats politiques à l’université, etc.).
La campagne est d’ampleur, massive. LFI ne peut s’en tenir à la contre-attaque : « Pourquoi la police n’était pas là ? », « Pourquoi a-t-on si peu parlé des crimes de l’extrême droite ? ». Elle ne peut excuser ce qui est advenu par l’existence d’un guet-apens tendu par les petites frappes de l’extrême droite. Elle ne peut éluder l’écart insupportable entre les valeurs humanistes et ce que les vidéos ont montré de sauvagerie. LFI doit impérativement produire des actes forts, lisibles par tous, qui la sortent – et sortent la gauche – de cet opprobre. On redoute que ce vœu soit pieux : on attend toujours la grande clarification promise qui la laverait des accusations d’antisémitisme, sans doute faute de temps calme pour le faire. Eh bien tant pis : LFI doit produire ces actes même dans l’adversité.
Et puisque LFI fête ses dix ans, revenir sur des questions fondamentales : ses rapports avec la gauche ; le fonctionnement démocratique du mouvement ; la relation entre les différents espaces de la société – syndicats, associations, médias… – qui ne peuvent de subordination ou d’absorption ; l’appréciation de la situation politique (sommes-nous dans un moment préfasciste ?). Mais une tribune émanant du mouvement de Jean-Luc Mélenchon, qui cherche encore des signatures auprès des intellectuels, n’augure pas la possibilité de ce dialogue : « Notre devoir n’est pas de crier avec les loups pour accabler le mouvement antifasciste ou La France insoumise. L’urgence est de faire bloc », écrivent ses initiateurs. Atterrant.
Le PCF est mort de n’avoir jamais écouté les critiques d’où qu’elles viennent de ses adversaires, de ses dissidents, de ses camarades de lutte, toutes récusées par l’accusation d’anti-communisme. On n’est pas obligé d’avoir la mémoire courte et on peut apprendre des bêtises de ses prédécesseurs. Que mille fleurs s’épanouissent et que les bouches s’ouvrent, selon votre goût.
Un mouvement gazeux dirigé par un leader infaillible (quoique à géométrie variable, évidemment), entouré d’un étroit groupe délibératif de quatre ou cinq courtisans-militant(e)s, une absence totale d’instance interne au mouvement représentative d’une base par ailleurs inévaluable (gazeux on vous dit) qui mènerait à intervalles réguliers des évaluations et prospectives avec votes à la clef, et voilà le travail.
Quand le leader avait écrit (seul) que Poutine avait bien raison d’envahir la Crimée en 2014, ça c’était noyé dans le bruit de fond, mais là c’est plus difficile de passer à autre chose.
Pour une gauche de transformation, de préférence anti-capitaliste, faire des économies aussi drastiques de démocratie interne se paie le prix fort.
Le Capital ne fait pas de cadeau.
Catherine, vous aviez, dans votre précédent article, une position que je trouvais juste et équilibrée : dénoncer l’emballement politico-médiatique tout en invitant LFI à réfléchir à sa stratégie. Il y avait là une tension intéressante.
Il semble donc qu’après avoir « grondé » hier… à mon sens injustement… vous ayez choisi aujourd’hui de vous enfoncer dans l’erreur en prodiguant la « fessée » en passant à une mise en cause beaucoup plus frontale du mouvement lui-même.
Vous parlez d’un « écart insupportable » entre les valeurs affichées et ce que les vidéos ont montré. Oui, oui… d’accord… mais à quel moment cet écart devient-il la preuve d’un problème structurel du mouvement plutôt qu’un épisode situé dans un contexte de confrontation politique tendue ? Vous basculez d’une analyse de séquence à une lecture morale globale.
Vous demandez des « actes forts, lisibles ». Oui, oui… d’accord… mais lisibles pour qui, exactement ? Pour les classes populaires ? Pour les électeurs hésitants ? Ou pour un espace médiatique qui a déjà acté l’idée d’une faute politique ? En posant cette exigence, vous semblez intégrer le cadre de ses adversaires : LFI serait en position d’accusée et devrait produire des gestes de clarification pour se réhabiliter. Dans un contexte de polarisation, vous êtes trop intelligente pour oublier que ce type d’injonction peut devenir un piège.
La comparaison avec le Parti communiste français est forte, mais elle simplifie l’histoire. Le déclin du PCF tient à des transformations profondes du salariat, à la fin d’un cycle géopolitique, à la désindustrialisation. Le refus d’entendre certaines critiques a compté, sans doute, mais ce n’est ni la seule ni la principale explication. Faire de cette fermeture la clé du problème revient à moraliser ce qui fut d’abord un bouleversement matériel et historique.
Plus largement, ce qui interroge, c’est que l’exigence de clarification pèse presque exclusivement sur la seule formation qui, qu’on partage ou non sa ligne, assume une rupture avec l’ordre socio-économique existant. Les autres forces de gauche, plus compatibles avec les équilibres institutionnels, ne sont jamais sommées de produire des « actes forts » pour rassurer sur leur capacité à transformer réellement les rapports sociaux.
Nous vivons dans une société qui hiérarchise toujours davantage… par le revenu, par l’origine, par l’accès aux droits, par le pouvoir réel de décider. Dans ce paysage, LFI incarne, pour beaucoup, une tentative de rupture plutôt qu’un simple ajustement. En concentrant sur elle l’exigence morale, on contribue… peut-être malgré soi… à déplacer le débat du terrain du projet d’émancipation vers celui de la respectabilité.
La question n’est pas de refuser toute critique. Elle est de savoir si la critique vise à renforcer une stratégie de transformation, ou si elle finit par intégrer les catégories de ceux qui cherchent précisément à neutraliser cette transformation.
À force de vouloir éviter le « périr », on peut en venir à préférer le « survivre », quitte à survivre enchaîné, au « vivre libre », forcément plus risqué. Pour un individu, on peut comprendre la difficulté à choisir. Pour un camp politique qui prétend transformer l’ordre social, c’est rédhibitoire. La survie à n’importe quel prix pout préserver une organisation ne porte plus un projet d’émancipation!
Et il y a un enjeu très concret derrière tout cela : la fatigue du militant de gauche. Cette fatigue née des défaites, des caricatures permanentes, des procès d’intention répétés. Quand on souffle le chaud et le froid, on entretient cette usure : on mobilise pour résister, puis on suggère de s’adapter ; on appelle à la fermeté, puis on intime de rassurer. À la longue, cela épuise. Les militants ont besoin d’une ligne claire, pas d’une oscillation permanente.
Alors au fond, Catherine, quel but poursuivez-vous ?
ce qui me fatigue, ce ne sont pas les déafite, les caricatures, les procès d’intention, ni les médias
Ce qui me fatigue, ce sont les victoires faciles qu’on donne à l’adversaire :
– les déclarations borderline qui ont ouvert la porte ( qu’on avait jusqu’ici réussit à laisser fermée ) à l’assimilation du soutien aux Palestinien à l’antisémitisme : une fois la porte entre-ouverte, le flot s’est déversé sans plus de limites
– l’image ridicule des député-es qui « font du bruit »
– les insultes permanentes aux communistes, aux syndicats, aux « traitres », à tous celles et ceux qui ne disent pas amen
– la confusion entre l’opposition au RN ( et au fascisme si vous voulez employer ce terme devenu bien confus) et la mise en couveuse de pseudo révolutionnaires qui se croient tout permis et ont dérapé si dramatiquement ( pour la personne décédée et ceux qui l’ont tué et dont la vie risque fort d’être gâchée)
– l’adulation du grand stratège ( bravo, bravo…)
– l’appel à faire bloc derrière les responsable de la débacle ( envie de vomir )
Fatigué
Mais merci Regards
Elija, je crois que vous partez de la fin pour reconstruire tout le raisonnement à l’envers… et c’est précisément là que ça coince.
Vous dites, en substance : on est fatigués des déclarations borderline, des images mal maîtrisées, des postures qui prêtent le flanc.
La fatigue, je la comprends… même si elle n’a pas la même origine que la votre… car personne n’aime voir son camp embarqué dans des polémiques en boucle. Là-dessus, aucun débat.
Là où je diverge, c’est sur la causalité: vous supposez que ce sont les “dérapages” qui produisent la disqualification. Or, historiquement et factuellement, c’est l’inverse : la disqualification est structurelle, et la polémique en est l’outil. On l’a vu avec Corbyn au Royaume-Uni, avec Podemos en Espagne et chez nous, avec le PCF quand il pesait réellement. À chaque fois, même mécanique…
on choisit un angle, on le martèle, on moralise le débat, et on transforme un désaccord politique en soupçon moral.
Quand vous dites que certaines déclarations “ouvrent la porte” au soupçon, vous ne décrivez pas simplement un mécanisme, vous choisissez un cadre stratégique en considérant que, puisque l’attaque existe, il faut réduire ce qui l’alimente. C’est une position cohérente… celle justement attendue par ceux là même qui abusent tactiquement de ce procédé… mais elle s’appuie sur un pari discutable : que le lissage affaiblit l’attaque alors que l’expérience montre souvent l’inverse!
Dans un champ médiatique manifestement hostile, qu’est-ce qui ne donne pas prise ?
Soutenir les Palestiniens ? = Antisémitisme;
Critiquer la police ? = Haine des forces de l’ordre; Refuser l’union « molle » ? = Division;
S’opposer frontalement au gouvernement ? = Radicalité irresponsable…. Si tout devient potentiellement disqualifiant, le problème n’est peut-être pas la phrase mal calibrée.
Je ne vous crois pas assez naïf en réalité pour croire réellement que c’est la phrase qui crée le soupçon alors que d’évidence, c’est le « soupçon » préalable qui cherche sa phrase…
Vous parlez d’image mais une stratégie politique ne peut pas être dictée par l’angoisse de l’image produite chez des éditorialistes qui, de toute façon, ne voteront jamais pour ce camp. La vraie question stratégique est simple : est-ce qu’on parle aux classes populaires, ou est-ce qu’on rassure les plateaux télé ?
Avec un auto-lissage permanent, on obtient quoi ? Une gauche plus présentable… car devenue politiquement inoffensive!!! Quelle victoire serait celle qui vaudrait qu’on dépense son énergie pour elle : celle d’être devenue respectable aux yeux de la droite ou celle de ne lui laisser aucun répit ?????
Évidemment qu’il existe des erreurs internes. Personne ne le nie, mais en faire la cause première de tous nos maux, c’est déplacer le centre du problème et oublier le rapport de force. Donc je vous retourne la question, très simplement : si on retire tout ce qui “fait polémique”, reste-t-il encore une force de rupture?
Fatigue quand tu nous tiens…
Bien sur n’importe quoi donne lieu à des assimilation du genre critiquer Israel = antisémitisme
Ça fait des années que ça dure. (je me souviens d’Edgar Morin attaqué en justice pour antisémitisme !)
Mais le problème des déclarations antisémites de Mélenchon, c’est qu’elles ont donné une CRÉDIBILITÉ à cette assimilation ignoble. Ils ont percé la cuirasse ! Mélenchon leur a donné une grande victoire.
Ce ne sont pas d’erreurs internes ( trop de répétitions) : c’est une stratégie de Mélenchon : fracturer la gauche pour ensuite se présenter comme le seul recours à la Présidentielle
Mélenchon n’est pas le seul coupable. Il y a tous ceux qui disent : c’est pas grave ! c’est pas de l’antisémitisme !
Il y a ceux qui rigolent et applaudissent à Lyon et Perpignan.
On n’est sur une très mauvaise pente
Il y aurait une solution .
Jean Luc Melenchon se retire, avec Chikirou, Pannot, Bompard,
LFI chande de nom, de direction. (Ex; Partie de Gauche, SuperNupes,France democratie de Gauche, etc)
Tout les partis de Gauche se réunissent pour un candicat unique;
Quelqu’un de stable, qui sache contenter la plupart des partis de Gauche et qui soit toléré par le Centre et la Droite. Pour barrage republicain anti RN second tour.
Exemples: Montebourg, Faure, De Villepin, etc ….
La gauche gagne les elections.
Vous êtes gentil, mais le profil que vous décrivez, c’est celui de Macron avant d’être élu.
Enfain de compte vous prônez de reprendre les vieilles mamites polotiques… Vous n’avez rien à faire Hollande resort du caniveau avec tous sa racaille en espérant nous en remettre une couche entre 2027 et 2023 avec Macron 1er ministre par exemple… Mais les milliardaires ont choisi Hollande ou Le Pen / Bardella. Vous êtes peux courageux et trop habitué à regarder les trains qui passe… Vous n’avez aucune notion de ce qu’est la résistance !!!
LFI c’est mal , pas bien : des antisémites , contre la laicité , pour le terrorisme.
CNEWS , BFM , le PS etc… nous bercent de cette petite musique.
Maintenant on nous dit même que les fascistes sont à LFI ( voir Marianne)
C’est pitoyable , qu’une certaine gauche nous serve ce discours est très clair :
Plutôt le RN que LFI , en d’autres temps c’était plutôt Hitler que Blum.
À la difference près que Blum ne pouvait pas être antisémite et que les juifs allemands n’ont pas élu Hitler. Demain dans leur grande majorité les juifs de France ne voteront pas LFI.
j’imagine que l’idée de faire des amalgames en écrivant ces derniers mots ne vous a pas une seconde traversé l’esprit. Voici donc que LFI, accusée de rechercher un vote communautaire antisémite, devrait donc s’inquiéter de devoir en rechercher un autre pour ne plus l’être… instrumentalisation quand tu nous tiens!
Vous vous en tenez à des généralités.
Mais les faits, c’est que oui, Mélenchon use de manière répétée, de propos antisémites, pour ( je suppose ) fracturer la gauche, provoquer l’indignation et une campagne médiatique, se présenter en victime, resserrer le mouvement ( je ne fait que le supposer, parce que je trouve cela débile)
Peu importe la stratégie derrière : l’important, c’est que c’est une stratégie, avec des moyens assez ignobles.
Ce ne sont pas des dérapages, ni des détails sans importance. C’est destructeur, moralement et politiquement.
Je pense qu’il ne faut pas les accepter.
Ce ne sont pas des inventions des médias (malheureusement)
Voyez où vous conduit votre suivisme : on n’est pas d’accord avec Mélenchon, donc on préfère le RN à LFI, Hitler à Blum
Dites le: nous sommes des fascistes. Les seuls vrais bons antifascistes, c’est vous !
En vérité, j’aimerais une LFI moins suiviste et qui freine son chef.
L’autre aspect effrayant de vos propos, c’est qu’on voit bien que vous désignez par avance les coupables de la cata qui s’annonce : cette gauche qui préfère Hitler à Blum.
Je préfèrerais ( sans plus y croire ) le Mélenchon des campagnes présidentielles au POI-ste sans morale.
Dans quel monde vit-on ?
D’un coté, Regards et la gauche de » Primaire » en profitent, mine de rien, de régler ses comptes avec LFI.
De l’autre coté le chiraquien Dominique de Villepin qui écrit :
» Le parti social- démocrate allemand, grande force républicaine de gauche à l’époque,a eu sa part de responsabilité dans la montée du nazisme en maintenant l $’illusion d’une posture d’équivalence qui a conduit à son propre écrasement
Aujourd’hui entendre en France des responsables de centre gauches saisir l’opportunité de régler ses comptes et de se débarrasser d’ adversaires encombrants pour s’ imposer dans les sondages, me paraît une faiblesse politique et une facilité d’ estrade.
Quant à la droite qui y voit l’occasion d’un apaisement de façade pour pouvoir s’allier à l’extrême droite sans faire de cauchemars la nuit, je ne reconnais plus rien en elle de la vigilance chiraquienne.
Et qu’on se comprenne : ce tir croisé sur LFI, par d, par repositionnement, par opportunisme, a un effet mécanique. Il détourne l’attention du danger principal et contribue à normaliser l’extrême droite en la dispensant d’être interrogée comme elle devrait l’être . »
Pas merci Regards, un grand merci Monsieur de Villepin
La vigilance chiraquienne…Chirac ou comment ne rien faire pendant 12 années…Dominique Galouzeau de Villepin un beau dsiscours à l’ONU qui n’a rien changé..il vit la-dessus depuis et passe son temps a vendre son carnet d’adresses du Qatar…et des Pays du Golfe.
En quoi tenir se faire applaudir en tenant des propos antisémites fait il avancer la cause antifasciste ?
Je n’ai rien à gagner à hurler avec tous ceux qui pensent que c’est une voie moralement et politiquement mortifère.
Qui est opportuniste : ceux qui s’étranglent en entendant Mélenchon ? ou Melenchon qui utilise l’antisémitisme par provocation.
Qui détourne l’attention ? ceux qui dénoncent ces propos ou ceux qui les utilisent pour « faire bloc »
Mais bon sang, en quoi l’antifascisme a t il progressé depuis 10 jours !
Bon… On va arrêter deux minutes avec les accusations lourdes balancées comme des slogans.
Parler de « déclarations antisémites répétées », c’est une accusation pénale et morale extrêmement grave. Soit vous citez précisément les propos, vous démontrez en quoi ils visent des Juifs en tant que tels, soit vous restez dans l’interprétation politique. À ce stade, vous êtes dans l’interprétation.
Critiquer le gouvernement israélien, le CRIF, une ligne diplomatique géostratégique qui n’a rien à voir (la russification des coupables avec la prononciation d’Epstein) ou un traitement médiatique, ce n’est pas viser une religion ou un peuple! Confondre les deux, c’est précisément faire le glissement que vous prétendez dénoncer. On peut juger le ton, la stratégie, la formule maladroite mais transformer une polémique politique en propos antisémite, ça demande des faits solides…
Ensuite, votre inversion est confortable : ce ne serait pas l’instrumentalisation médiatique qui pose problème, mais celui qui « ouvre la porte ». Donc si l’adversaire amalgame, la faute revient à celui qui parle ? À ce compte-là, toute opposition ferme devient suspecte dès qu’elle dérange…
Vous parlez de stratégie de polarisation. Oui, il y a polarisation: Sur le social, sur l’économie, sur la rupture institutionnelle… C’est le cœur du conflit politique!!! Où est le corpus antisémite cohérent ? Où est la ligne programmatique ? Où sont les actes ? Vous postulez l’intention, vous ne la démontrez en rien! Et pour cause, ça va franchement être compliqué pour vous de trouver…
Enfin, l’argument moral : « fatigué », « envie de vomir », remplace l’argumentation. Si l’émotion dit quelque chose de votre position, comme de la mienne lorsque je manque d’énergie, elle ne prouve rien!
Donc une question simple : pouvez-vous citer précisément des propos qui visent les Juifs comme groupe, et non un État, une organisation ou une ligne politique ? Parce que sans ça, vous êtes dans le procès d’intention. Maintenant la justice en France protège votre droit de dire que la France Insoumise est « passionnément antisémite » ; après, reconnaître la liberté d’expression ne transformera pas votre opinion polémique en vérité factuelle…
LFI c’est Melenchon, un déjà vieil homme qui a quitté le Parti Socialiste quand il a compris qu’il n’en serait jamais le Premier Secrétaire et donc jamais un candidat à la magistrature finale, la Présidence de la République. LFI n’est pas un parti politique mais un cheuf entouré de courtisants qui savent qu’opposition veut dire éviction, la fin de la carrière politique, la fin de la vie confortable sous les ors de la République. La destruction de ce machin sera rapide dès que le Conducator ne sera plus là.
Que d’errances…parler avec Poutine, être un homme de la paix, le non-alignement, la créolisation et dernièrement l’incapacité de reconnaître les massacres en Iran par un régime odieux qui pend 1000 personnes année après année, les gadgets comme Madame Rima Hassan ou Madame Obono qui descend des tribunes quand on y chante l’hymne national, demandant aux Français de faire repentence.
Trop c’est trop….LFI est le meilleur allié du Rassemblement National pas son antidote.
Merci pour la tragédie antique : le vieil homme, les courtisans, le Conducator… On frôle Racine, mais on cherche encore l’analyse.
Réduire La France insoumise à Jean-Luc Mélenchon, c’est élégant : on remplace un débat social par un portrait psychologique. Si le mouvement n’était qu’un ego hypertrophié, il se serait dissous à la première crise interne… pas de pot, il dure… Les faits sont manifestement moins romanesques que la fable!
Parler à Vladimir Poutine serait une « errance » ? La diplomatie consiste précisément à parler à ses adversaires. Contester une doctrine géopolitique est légitime ; la caricaturer n’est pas une réfutation.
Quand à l’argument final… “allié du Rassemblement National”… ça mériterait mieux qu’un slogan! Soit toute critique sociale fabrique l’extrême droite, soit l’extrême droite prospère là où les fractures matérielles restent sans réponse structurelle. J’ai le regret de vous informer que es cartes électorales penchent vers la seconde hypothèse.
J’imagine qu’on peut préférer les personnages aux rapports de force, c’est tout à fait votre droit, mais la politique ne se résume pas à l’âge d’un homme : elle commence là où l’analyse cesse de n’être que du théâtre…