Le doute gagne les militants communistes

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Du 3 au 5 juillet, le Parti communiste réunissait son 40ème congrès et a fait un pas de plus vers une candidature de Fabien Roussel. Le scepticisme affleurait pourtant.

C’est à domicile que jouait le maire de Saint-Amand-les-Eaux. Il en avait besoin tant son bilan est chancelant et son pari de nouvelle candidature risqué. Réélu avec près de 70% des suffrages des délégués, Fabien Roussel l’est aussi par défaut. Ses opposants, plus nombreux mais divisés, n’ont pas su proposer une alternative qui embarque les près de 40 000 adhérents. Élu contre la direction sortante en 2018 pour redonner tonus et fierté au corps communiste, le groupe dirigeant actuel n’est pas parvenu à enrayer la chute des effectifs (près d’un quart en moins, en moins de dix ans) ni celle des électeurs. Le PCF n’a depuis dépassé la barre des 3% dans aucune des trois consultations nationales où il courait sous ses couleurs : européennes de 2019 et 2024, présidentielle de 2022.


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En ce début juillet, c’est dans une sorte d’impasse que se trouve le PCF. Il dresse le constat que la gauche ne peut se répartir et se diviser entre Glucksmann et Mélenchon. Ils espèrent incarner une solution. Ulcérée par le candidat insoumis, la majorité des militants communistes cherche une issue, sans pourtant l’avoir préparée. Côté impréparation, on relèvera que le Parti communiste n’a pris aucune part au processus initié à Bagneux l’an passé en vue d’une primaire de toute la gauche. Le PCF ne s’est rendu à aucun des rendez-vous de Lucie Castets. Ce faisant, il affaiblissait l’initiative et la déséquilibrait : ce n’était plus la réunion de toutes les forces du NFP. Et il laissait une place prépondérante au PS pour décider de la suite de cette proposition d’union. Et on voit ce que le parti à la rose en fit : pas grand-chose.

Le Parti communiste est certes bien affaibli mais porteur d’une histoire et d’une culture qui peut contribuer à surmonter les étroitesses partisanes. Nous rappelions qu’à plusieurs reprises il sut se retirer au profit d’autres candidatures plus rassembleuses, Mitterrand en 1965 et 1974 ; Mélenchon en 2012 et 2017. Contrairement aux années 30 ou aux années 60 quand le PCF initia une proposition de rassemblement (Front populaire, programme commun), il ne fait rien. Tout juste participe-t-il du bout des lèvres à la Nupes et au NFP. La logique de fierté identitaire enferme le PCF et lui interdit toute initiative politique qui lui donnerait une utilité.

Le PCF pétri de rancœur joue à gauche comme les Paraguayens jouent au football. L’antijeu domine, les tacles destructeurs se substituent aux intuitions créatrices. Faute d’avoir quelque chose d’audible à proposer, il défonce les autres partis de gauche.

Le PCF pétri de rancœur joue à gauche comme les Paraguayens jouent au football. L’antijeu domine, les tacles destructeurs se substituent aux intuitions créatrices. L’inscription dans le texte du congrès d’accusations ravageuses contre l’allié d’hier – LFI, qui domine dans les territoires qui furent ceux de la force communiste – est consternante. Faute d’avoir quelque chose d’audible à proposer, le texte défonce les autres partis de gauche. Ainsi, il dénonce « le flirt avec l’antisémitisme et le racisme » de LFI. Les désaccords peuvent se dire, pas la mise au pilori.

Le désarroi transpirait de ce congrès. Chacun l’a vu dans le très faible soutien apporté au discours d’ouverture de Fabien Roussel. Il n’a pas eu droit à l’attendue standing ovation pour porter celui qui venait lancer sa candidature présidentielle. Malgré cela, la direction s’entête et refuse la proposition portée par sa minorité : un rendez-vous de réexamen en janvier pour dire « stop ou encore » à la candidature communiste solo. Ce faisant, le groupe central prend le risque de provoquer une crise majeure s’il persiste dans une candidature qui divise et ne prouve rien, alors que les communistes ont chevillé au corps l’idée d’unité face au péril d’extrême droite. Comme quoi la valorisation identitaire peut écraser l’histoire et un pan de l’identité communiste, unitaire et antifasciste.

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