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Pourquoi Emmanuel Macron sonne le branle-bas de combat ? Son message est simple : la Russie menace, la guerre guette, il faut se serrer la ceinture pour s’y préparer. 

Ce 18 septembre, Emmanuel Macron a réuni les chefs de partis et les candidats à l’élection présidentielle – il s’adressera également à la nation dans une allocution télévisée ce jeudi. Avec le chef d’état-major des armées et celui de la DGSE, la mise en scène se voulait limpide et Marine Tondelier la résume : « La Russie semble prête à mener des actions sur le territoire européen et à y faire des victimes civiles. […] Nous avons basculé vers une logique de terrorisme d’État de la part de Vladimir Poutine envers nos démocraties. S’il y en avait encore quelques-uns qui en doutaient parmi la classe politique française, le sujet de la Russie n’est pas juste l’Ukraine. Mais la démocratie et la sécurité sur tout le continent européen. Ça suffit, donc, de jouer la cinquième colonne au cœur de l’élection française, en se faisant passer pour des patriotes mais en étant soutenus par celles et ceux qui, dans le monde, cherchent à affaiblir et à vassaliser la France pour déstabiliser l’Europe. » Marine Tondelier confirme et valide tout ce qui lui a été dit et, au passage, insulte ceux qui s’interrogent sur le sens de cette réunion.


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Depuis l’Élysée, tout converge vers la justification d’investissements supplémentaires en matière militaire alors même que le gouvernement annonce un budget cruel pour chacun et pour la cohésion sociale : les retraités, les fonctionnaires, les services publics, la transition écologique vont être sacrifiés : 54 milliards d’euros en moins. Mais…  aux 60 milliards annuels déjà programmés pour l’armée, il faudra en ajouter 36 de plus. 

Ce rendez-vous de vendredi comme l’émission de jeudi sont des moments d’un exercice d’intoxication massive. L’argument de la dette ne suffit plus pour faire tout avaler – et même, leur revient comme un boomerang. Bien sûr, on doit s’opposer à la Russie dans sa guerre contre l’Ukraine. Et oui, la Russie teste les pays européens par de multiples actions de déstabilisation. Pourtant, on peut encore réfléchir et s’interroger, même quant à la nature des investissements militaires. Des chars ? Des drones ? Des informaticiens ? Le complexe militaro-industriel (grand exportateur français) n’est pas la seule boussole. Georges Malbrunot, grand reporter au Figaro, rapporte les propos d’un agent français selon lequel « la menace hybride russe existe, mais Emmanuel Macron la surestime […] on assiste à une offensive des services de renseignement auprès des médias pour alimenter le récit porté par l’Élysée ».

L’objectif d’Emmanuel Macron est clair : comme en 2022, faire de la menace russe l’alpha et l’oméga de la campagne électorale. Cette logique de guerre est sans issue et sans perspective. Sauf une : nourrir encore les politiques de rigueur qui alimentent partout un vote de rejet et de colère.

Sur le plan militaire, rien ne change fondamentalement. La Russie, confrontée à de lourdes pertes en Ukraine et à des difficultés logistiques et politiques intérieures, multiplie les opérations de déstabilisation sur le flanc Est de l’Europe. Aux dires mêmes des participants de ce vendredi, aucun épisode nouveau n’aurait été détecté par les services ces dernières semaines. La mise au premier plan de ces événements relève d’une stratégie de politique destinée à peser sur les choix des députés face au budget et d’une intimidation des Français à l’approche de 2027.

L’objectif d’Emmanuel Macron est clair : comme en 2022, faire de la menace russe l’alpha et l’oméga de la campagne électorale. Cette logique de guerre est sans issue et sans perspective. Sauf une : nourrir encore et encore les politiques de rigueur qui alimentent partout un vote de rejet et de colère.

Combien faudra-t-il de votes en faveur de l’AfD en Allemagne, de l’Ukip de Nigel Farage en Angleterre, de Marine Le Pen en France, de Vox en Espagne pour prendre la mesure que ce qui menace nos sociétés, ce sont les ingérences russes, les intimidations souvent violentes et décomplexées des Américains, mais aussi la misère des étudiants, les difficultés des familles, l’inquiétude de tous devant l’avenir ? Il y a une guerre que nous ne pouvons pas éluder, celle du réchauffement climatique. Il y a une page qu’il faut tourner, celle du néo-libéralisme. Cette politique est en train de nous conduire dans le mur de façon certaine. Il fera trop chaud dans un monde de fachos.

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10 commentaires

  1. lionel Mutzenberg le 21 septembre 2026 à 16:39

    Nous sommes d’accord, quand nous n’avons pas d’ennemis, il suffit d’en créer un; la guerre Russie/ Ukraine que nous avons encouragé avec nos alliés, le drame Palestinien, l’agression des USA contre le Venezuela, d’israël et des USA contre l’Iran, et la bordélisation du monde… n’ont pas convaincus ces crétins de français, alors, un ennemi à nos portes, bien qu’il n’arrive pas à vaincre un pays comme l’Ukraine, ça devrait faire l’affaire, et nous faire marcher au pas de l’oie !
    Provocations ! hurlent ils en chœur, mais qui provoque qui depuis des mois, et pourquoi ?
    Les dirigeants des pays malades de leurs démocraties, qu’ils ont ruiné en fabriquant des milliardaires et multi millionnaires, qui croulent sous l’argent qu’ils ont volé à leurs peuples, qu’ils ne veulent pas investir dans l’économie de leur propres pays, par peur du bonheur, leur pire cauchemar.
    Tout agresseur de la France trouvera sur sa route les français, mais la ficelle est un peu grosse, si laissera prendre, qui le voudra.
    Il est vrai que la sanction approche, avril 2027, c’est demain, le capitalisme a déjà démontré qu’il était capable du pire pour conserver ses privilèges, nés d’une révolution jamais terminée…

  2. lemasseur le 21 septembre 2026 à 18:01

    Vous sous-estimez grandement à mon sens, la volonté de Macron, de Mercks et des autres potentats d’extrême centre d’aboutir à une vraie guerre avec la Russie.

    Leur projet de dérégulation massive, de marché unique est non seulement un échec cuisant, total mais pire: Ça se voit.
    Pour éviter d’avoir à rendre des comptes et surtout pour que rien ne change dans la distribution des richesses alors que le peuple berné commence à gronder sourdement, rien de tel qu’une bonne guerre avec fanatisation des peuples avant qu’il ne soit trop tard. Au passage, ce n’est pas pour rien que ces mêmes potentats soutiennent à bout de bras B Netanyaou: Ils sont très précisément de la même famille.

    « Oui mais ce serait la fin de l’Europe, peut être même celle de l’Humanité » pourrait-on objecter, mais est ce que de telles considérations ont empêché les pouvoirs oligarchiques européens de 1914 de purger les populations de plusieurs dizaines de millions de personnes pour s’éviter le danger bolchévik et remplir les carnets de commande des maitres de forge?

    Ne sous-estimez ni leur manque de scrupule ni la profondeur de leur médiocrité: Ce cocktail est mortel pour les peuples, notre histoire en témoigne.

  3. lemasseur le 21 septembre 2026 à 18:08

    J’oubliais: Croyez-vous que Macron prépare l’avenir pour le faire le plus vivable possible pour la population en sabrant les budgets consacrés à la climatisation, ou bien est-il cohérent en considérant qu’il est inutile d’investir dans des climatiseurs lorsque l’on projette de sacrifier « nos enfants » dans les tranchées? Quand le budget de la sécurité civile est pulvérisé et que celui de la Défense (titre provisoire) explose en volume, cela raconte plus qu’une tendance: C’est un projet.

  4. Leclerc le 21 septembre 2026 à 20:39

    J’abonde en votre sens :
    1) Le dérèglement climatique est réel et certain. Macron a-t-il sonné le tocsin et réuni les partis politiques ? Non. Pourtant, en la matière, une fois certains seuils franchis, plus aucune action humaine ne pourra agir.
    2) On peut ne pas être naïf par rapport à Poutine, accepter et même souhaiter JUSQU’À UN CERTAIN POINT un accroissement des dépenses militaires mais là, quelles que soient les informations classifiées dont Macron dispose, il en fait vraiment beaucoup si l’on compare son agitation militariste à son inaction contre le dérèglement du climat.
    3) Il en fait beaucoup non seulement dans l’intox mais aussi dans la militarisation de la société française. Après le fiasco de feu le SNU, il est revenu à la charge avec un nouveau SN et avec une militarisation de l’Éducation Nationale, sous couvert d’hommages aux poilus à l’occasion du 11 novembre.
    4) Il s’agit bien sûr de tout faire pour couper dans la couverture sociale, tout comme sa mise en évidence de l’accroissement de la dette alors que ses cadeaux fiscaux aux plus riches perdurent et sont considérés comme allant de soi.

    • lionel Mutzenberg le 15 octobre 2026 à 19:11

      J’ai bien peur que le dérèglement climatique ait une cause naturel, comme l’histoire de notre terre le démontre.
      Reste que le pillage de nos ressources naturelles, augmenté par un capitalisme sans aucune retenue, guidé par l’appât du gain exclusivement, n’a, bien évidemment, rien arrangé.
      Mais cette terre qui tourne sur son orbite autour du soleil, sans cesse attirer par celui ci, pourrait avoir comme conséquence, avec le temps, de modifier la rotation sur son axe et ainsi déplacer les zones les plus chaudes du sud vers le nord, comme nous le constatons depuis quelques été.
      La vitesse de la terre sur elle même, la vitesse de la terre autour du soleil, la vitesse de la voie lactée… je me demande souvent : Mais comment ça peut tenir pendant encore des siècles ?

  5. Chris le 21 septembre 2026 à 21:44

    J’adore vos articles. Mais l’IA en illustration, ce n’est pas possible.

    • lemasseur le 22 septembre 2026 à 07:32

      Pareil que vous, j’y rajoute l’incompréhension: Ces illustrations éthiquement douteuses n’apportant strictement rien au propos, sauf à aimer l’iconographie soviétique des années 50.

  6. F Breton le 21 septembre 2026 à 22:44

    Bon, je suis à peu près d’accord, mais c’est un peu de l’eau tiède. La Russie n’est pas capable de conquérir l’est de l’Ukraine en quatre ans. A ce rythme, ils seront à Strasbourg en l’an 2350. Les « ingérences russes » c’est du pipi de chat comparées à la surveillance massive des communications mondiales par les services secrets américains, via les géants d’internet ( on a déjà oublié Snowden), les multiples ingérences américaines (sans parler des coups d’état), le pilotage de nos réseaux sociaux par les big tech américaines (aujourd’hui alliées de Trump), lae vol et la revente de nos données privées à des fins commerciales et idéologiques, l’exploitation de nos savoirs par les propriétaires des entreprises de l’IA. Franchement, la menace de l’ingérence russe en comparaison est une plaisanterie.

  7. Matron Lucien le 22 septembre 2026 à 15:05

    Les dangers sont multiples et ne concernent pas seulement le terrorisme. La menace russe en terme de guerre conventionnelle se réduit de mois en mois, la Russie montrant son incapacité à remporter une victoire militaire en Ukraine…Macron à beau vouloir imposer l’idée d’un futur conflit avec la Russie, la réalité de terrain rend cette hypothèse de moins en moins crédible. Par contre, compte tenu des résultats électoraux en Allemagne avec une forte poussée de l’extrême droite, et la volonté du gouvernement allemand de renforcer considérablement son arsenal militaire, il faudrait être bien naïf pour considérer qu’il n’y a pas danger . Les alliances d’hier ne seront pas celles de demain. Il serait sans doute beaucoup plus sage de promouvoir et d’agir pour la Paix , en Europe, au Moyen Orient et partout dans le monde. Ce serait un honneur pour la France d’afficher un pacifisme universel.

  8. lionel Mutzenberg le 23 septembre 2026 à 16:40

    Le capitalisme qui étouffe de son extrème richesse, cherche une porte de sortie en utilisant l’extrème droite, les peurs, le risque de la guerre.
    2027 approche, et le danger de la vraie gauche au pouvoir avec un programme réaliste, sans lendemains qui chantent, fait peur au delà de nos frontières.
    Les bourgeoisies seront toujours les pires ennemis de leurs propres compatriotes.
    Le problème, ils sont minoritaires, donc, si nous gagnons la majorité, toutes les courroies de transmissions du néolibéralisme qui règne en maître sur le monde vont devoir mériter les salaires, et avantages exorbitants, ces privilèges d’un autre siècle, qui leurs ont été donnés, en retour de leur soumission au système capitaliste.
    Mais ils en ont trop fait, ça se voit, ça se sait, et ça ne passe plus.
    Il suffit de regarder la télé pour penser le contraire de ce qu’il y est dit.
    Dommage que la fausse gauche se soit fourvoyée, reste que l’électorat n’a pas d’élites pour la détourner de ses propres intérêts.
    Sans pour autant mettre tout le monde dans le même sac, si j’ose dire.

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