#ASAP. Motion de censure : alerte Marine

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Quels enseignements tirer du vote des députés du Rassemblement national pour la motion de censure déposée par la NUPES ? Le point avec Pablo Pillaud-Vivien.

 

Hier, lundi 25 octobre, ont été rejetées trois motions de censure différentes : deux qui avaient été déposées par la NUPES, et la troisième par le Rassemblement national. Il y a une qui a un peu plus fait parler d’elle : c’est une motion qui avait été déposée par la NUPES et qui a été votée – ça a un peu été un coup de théâtre en fin d’après-midi – par les députés du RN. Ça n’a néanmoins pas suffi parce qu’il n’y a eu que 239 députés qui ont voté pour alors qu’il en fallait 289 pour aller jusqu’au bout.

 

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J’en tire néanmoins deux enseignements principaux. Le premier, c’est que cela prolonge la stratégie de faux pragmatisme affiché et prôné par Marine Le Pen depuis quelques temps déjà, qui serait de montrer qu’elle est capable d’aller prendre le meilleur chez ses adversaires, voire d’aller dialoguer avec eux, et que cela démontrerait sa capacité à diriger le pays. C’est un jeu dangereux et il faut que la gauche y soit particulièrement vigilante… mais elle l’est déjà, notamment quand elle rappelle, à longueurs de réseaux sociaux et dans les médias, le passé et le présent racistes du Rassemblement national, mais aussi ses positions antisociales – lorsqu’il s’agit de voter, par exemple, pour la hausse du SMIC ou pour le rétablissement de l’ISF.

Le deuxième enseignement que j’en tire, c’est celui d’un danger. Un danger pour la gauche : celui de la construction, bon an, mal an, parfois de façon inconsciente, d’une sorte de majorité alternative à celle qui tient actuellement les rênes du pouvoir. Je sais bien qu’il n’y a absolument aucune accointance idéologique entre, d’une part, la gauche, et, d’autre part, l’extrême droite, mais je tenais tout de même à rappeler à quel point il faut se méfier des concordances stratégiques même hyper circonstancielles – comme ça a été le cas hier sur la motion de censure – entre la gauche et l’extrême droite. Parce que le danger, c’est que dans le moment qui est le nôtre aujourd’hui, où l’extrême droite est si puissante, c’est qu’à la fin, ce soit elle qui rafle la mise.

 

Pablo Pillaud-Vivien

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