Même la mort n’arrête pas Lecornu dans sa croisade contre « l’ultragauche »

Depuis le début du mouvement lycéen, il y a eu deux morts à Paris. Deux décès totalement invisibilisés dans la bouche des commentateurs et des ministres, comme s’ils n’avaient pas existé. Pis, le premier ministre peut déclarer sans que ça lui écorche la langue : « Il n’y a pas eu de personnes tuées et c’est un miracle. » Belle mise en application de la « vérité alternative » chère à Donald Trump. Puis il y a eu l’attentat de Trappes ayant fait une victime de 26 ans, Pengo Bossio Wangi. Mais Sébastien Lecornu a plus d’une pirouette dans son sac. À l’Assemblée, il lance : « Dans la République, le combat pour ses valeurs, il ne se fait pas à la carte. Et c’est le message que j’essaie de déployer depuis que je suis Premier ministre, y compris dans cette Assemblée, lorsqu’on était tous bouleversés par cet affrontement entre ultragauche et ultradroite avec la mort de Quentin [Deranque] et dans lequel j’avais rappelé qu’on ne peut opposer un mort à un autre mort ». Pour l’exécutif, il faut, en toute circonstance, mettre dos à dos « les extrêmes », quand bien même ces deux morts ont eu lieu dans des circonstances incomparables. Quand « l’ultragauche » tombe sous les coups de la police, silence. Quand « l’ultradroite » commet un attentat, parlons de « l’ultragauche ». Abject.

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