CHALEUR DU JOUR

Gaz à effet de serre : sauvez la planète, faites la guerre

La France devrait réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 2,8% en 2026, par rapport à 2025 – l’objectif était à -3,1%. C’est ce qu’avance le Citepa, l’association chargée de calculer les émissions nationales. Une baisse « encourageante » à en croire la ministre de la transition écologique Monique Barbut. Sauf que cette baisse est conjoncturelle : la guerre en Iran a provoqué une hausse des prix du carburant et celle en Ukraine impacte les prix du gaz. Question : est-ce qu’à l’échelle planétaire, la guerre est bonne pour le climat ? Grâce à ces « événements extérieurs », les secteurs des transports et du bâtiment ont été moins énergivores cette année. Les Français roulent et se chauffent moins parce qu’ils n’en ont pas les moyens. En tout cas, au niveau structurel national, l’effort est toujours insuffisant. Les objectifs sont à -5,7% en 2027 et -6,1% en 2028, toujours par rapport à l’année précédente. Or la France décroche de plus en plus, rendant illusoire d’atteindre les -50% en 2030 par rapport à 1990. Ajoutez à cela que les feux de forêt, très émetteurs de carbone, ne sont pas pris en compte dans les calculs… Doit-on souhaiter des guerres, la baisse du pouvoir d’achat ou la récession pour décarboner la France ?

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1 commentaire

  1. Lafleur le 13 octobre 2026 à 14:18

    Le paradoxe est bien posé, mais il faut pousser le raisonnement jusqu’au bout.

    Une baisse des émissions provoquée par la hausse des prix de l’énergie, la précarité énergétique ou la contraction de l’activité économique n’est pas une victoire écologique. Quand les ménages se privent de chauffage et que les salariés réduisent leurs déplacements faute de moyens, ce n’est pas la transition écologique : c’est une régression sociale. Les partis sociaux-démocrates libéraux ou populistes sont favorables à la régression sociale une fois qu’ils auront réussi à revenir au pouvoir car ils préfèrent regarder le doigt et ne pas pousser le raisonnement jusqu’au bout ; afin d’avoir les médias avec eux pour la guerre des deux roses et maintenir le système capitaliste sous couvent d’anti ou d’alter. Mais une autre contradiction mérite d’être soulignée. Comment prétendre défendre le climat tout en soutenant des orientations qui prolongent les conflits, comme le fait Glucksmann et Mélenchon qui a proposé un front commun à Gabriel Attal et à Sébastien Lecornu contre l’imaginaire menace que constituerait la Fédération Russe en ignorant les ingérences des USA, favorisent l’escalade militaire et mobilisent des ressources industrielles, énergétiques et financières considérables au détriment d’autres besoins collectifs ?

    La guerre ne constitue évidemment pas une politique climatique.

    Elle détruit des vies, des infrastructures et des capacités productives, tout en générant elle-même des émissions considérables. Et si l’on veut réindustrialiser le pays, moderniser les transports, rénover les logements et développer les services publics, il faut pouvoir planifier les investissements dans la durée.

    Une politique de l’écologie doit articuler décarbonation, réindustrialisation, maîtrise publique de l’énergie et progrès social. Elle doit réduire les émissions en transformant la production, et non en organisant la pénurie pour les classes populaires. On ne sauvera pas la planète en demandant aux travailleurs de se chauffer moins tout en acceptant que les rivalités de puissance et la logique de guerre désorganisent l’économie mondiale; comme le propose les deux sociaux-démocrates Glucksmann et Mélenchon produits du vieux PS. La transition écologique doit être une politique de transformation sociale et de coopération entre les peuples, pas une écologie de la récession et des sacrifices imposés.

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