La gauche, au secours !

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En votant hier, les socialistes ont mis un dernier clou dans le cercueil de la convergence des gauches et des écologistes. Un plongeon dans la mer ou la piscine devrait rafraîchir tout ce beau monde et le ramener à la raison.

Pour une part, les socialistes ont de la chance. Le vote des militants d’hier soir est passé totalement inaperçu à côté des buts de Mbappé et Dembélé. On va davantage commenter le penalty raté du capitaine des Bleus que ce triste résultat. Dans un genre de référendum « pour ou contre la primaire de toutes les gauches hors LFI et hors PCF » (les deux partis sont déjà lancés avec leurs héros en tête), ils ont dit non à 55% et choisi la voie proposée par Boris Vallaud et Nicolas Mayer-Rossignol, soit l’option la plus resserrée d’une « désignation d’un candidat par les militants du Parti socialiste et des organisations politiques se reconnaissant comme faisant partie du pôle socialiste ».


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Pour une autre part, les socialistes n’ont pas de chance. Ils viennent de faire ce choix deux jours après l’entrée en campagne de Marine Le Pen. Leur vote jette une lumière crue et sévère sur le délire qui s’est emparé de la gauche. Le niveau d’irresponsabilité général est stupéfiant. Passons pudiquement sur le nombre de votants : à peine 13 000. On retiendra surtout, qu’alors que les urgences imposent un large rassemblement, ce sont des logiques identitaires qui gagnent partout. « Le peuple de gauche» n’est plus dans les partis, mais il est laissée à la porte des « grandes décisions ». Le voilà spectateur désolé et angoissé mais impuissant devant le désastre qui s’avance.

Cette gauche est désespérante ; la question n’est pas seulement de savoir qui est le plus fort, mais comment empêcher le pire alors que tout menace. Qui finira troisième, qui finira second ? On s’en fout, comme dirait l’autre. 

Faute d’avoir tiré les leçons des historiques défaites de la social-démocratie et du communisme du 20ème siècle, la « gauche classique » se prépare une déroute mémorable. Mais cette fois ce sera pour laisser place à l’extrême droite. Et la « nouvelle gauche » plus jeune et plus radicale ne gagnera pas seule et encore moins contre le reste de la gauche.

En bref, franchement, cette gauche est désespérante ; la question n’est pas seulement de savoir qui a les faveurs des uns et des autres, qui est le plus fort, mais comment empêcher le pire alors que tout menace. Qui finira troisième, qui finira second ? On s’en fout, comme dirait l’autre. 

On va laisser tous nos super-chefs de gauche partir en vacances, refroidir leurs esprits bouillonnants. On leur donne l’automne pour réfléchir. Réfléchir au fait que la gauche a toujours été en désaccord avec elle-même mais qu’il n’y a aucune raison qu’aujourd’hui elle rassemble moins de diversité politique, sociologique, de générations, de régions, de propositions… que le RN. On lui donne jusqu’en janvier, mais pas plus. En janvier, on attend une solution, une vraie, c’est-à-dire à gauche, ouverte, rassembleuse, imaginative. 

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3 commentaires

  1. Marc le 10 juillet 2026 à 13:17

    Bonjour,
    Bon, alors, si on veut voter pour une gauche écologiste un tant soit peu radicale, entre Marine Tondelier, Clémentine Autain, François Ruffin, Fabien Roussel et Jean Luc Melenchon, on doit voter pour qui ?
    Et puis, tant qu’à faire, 5 candidats, c’est peut-être un peu juste comme choix. Y-en a pas d’autres de ce côté ci qui veulent y aller ?
    Plus on est de fous, plus on rigole (jaune et de désespoir).
    PS : sans compter l’extrême gauche, qui va, elle aussi se présenter à plusieurs candidats.
    Alors, oui, Catherine, bonjour l’espérance, les illusions et les lendemains qui (dé)chantent…

  2. Lemarchal le 10 juillet 2026 à 13:56

    Pfff … Pendant que vous chouinez continuellement nous on bosse et on va gagner !
    « le peuple de gauche», « la gauche classique ». Ha! Ha! Ridicule !

  3. lemasseur le 10 juillet 2026 à 13:59

    On ne peut pas faire l’union entre syndics de copropriété, c’est tout.
    PS, PCF et EELV n’ambitionnent qu’une chose, c’est d’être encore vivants après la présidentielle. Ils savent tous et toutes que seul LFI est en position d’accès au pouvoir, il n’y a d’ailleurs pas besoin d’avoir fait science-po pour établir le constat tant l’écart est grand entre la force de proposition et l’organigramme de ce mouvement et ses concurrents.

    Je ne suis pas « mélenchoniste », dans un monde idéal je voterai pour un parti écologiste aussi radical que l’est la situation, un parti qui ouvrirait d’autres horizons que la croissance extractiviste, l’adaptation, la résilience et autres foutaises. La fin de la société de consommation, du travail, le bonheur et l’épanouissement dans une société dé-marchandisée du sol au plafond, où l’Etat serait considéré pour ce qu’il est: Une obscénité.
    Mais le monde n’est pas idéal et ce parti écologiste n’existe pas.

    Face au chaos qui vient, politique et environnemental, l’heure n’est pas à faire la fine-bouche et je vais voter pour le candidat de ce parti à peine suffisamment à gauche pour susciter un petit espoir de mieux, tout simplement parce qu’il n’y a pas le choix, qu’il s’agit d’une question de survie. Il sera toujours temps de faire le tri ensuite, et si le PCF et EELV se mettait finalement à travailler ses propositions au lieu de jouer placé au quinté et à draguer l’approbation dans les médias des milliardaires soutiens du fascisme, il n’y a a pas de raison pour que les équilibres ne changent pas et que les arbitrages tournent en leur faveur.

    En attendant, voter LFI est un impératif, et on peut triturer les choses dans tous les sens en espérant les mettre droites que cela ne changera rien: LFI est seul à gauche en position hégémonique capable d’accéder au second tour quand ses concurrents ne peuvent que viser le remboursement de leurs frais et encore.
    Surtout que je les entends déjà au soir du premier tour les Roussel et les Tondelier dire avec des vibratos dans la voix qu’ils en appellent à voter E Philippe face à le Pen « pour éviter le pire », secrètement contents d’exister encore un peu alors que l’on aura tout perdu à cause d’eux.

    Je vais voter sans aucune hésitation Mélenchon pour éviter le pire et à défaut d’autre chose. Tout autre choix est irresponsable lorsque l’on se dit « de gauche » et soucieux du bien commun. Lorsque l’on est capable de voter Macron face au RN au second tour, glisser un bulletin LFI au premier ne devrait pas être au dessus de ses forces, non? Ou alors c’est que l’on a un léger problème de cohérence intellectuelle et politique.

    J’aurais vraiment aimé voter pour un parti dans lequel je me reconnaitrai: Il n’y en a pas donc je vais au moins pire. Ce calcul, il est si compliqué à comprendre et à mettre en oeuvre ou bien le problème est qu’en fait vous n’avez pas envie d’une alternance, quelle qu’elle soit et que le statu-quo vous agréé de par votre position de classe?
    Vous savez ce que cela signifierait pour les plus pauvres, les plus racisés, les plus exclus cinq années de turbo-macronisme qui couche avec le RN, ou cela vous est indifférent?

    Le choix est là, choisis ton camps camarade.

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