PS : la crise jamais résolue

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Derrière les affrontements sur les alliances avec LFI, le PS reste prisonnier de débats jamais tranchés : bilan du quinquennat Hollande, projet et ligne stratégique. À l’approche de 2027, ces non-dits continuent de les paralyser.

Sur l’échelle du congrès de Rennes, instrument de mesure du niveau d’engueulades au sein du PS, la tension est au plus haut. Tous s’y mettent. L’ancien président de la République, le président du groupe PS à l’Assemblée nationale, les vieux chevaux et les jeunes élus font claquer les portes et arpentent les rédactions pour exiger le départ d’Olivier Faure ou la tenue d’un congrès.


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Depuis des mois, les débats se structurent, en apparence, autour de la grande question, de l’unique question : pour ou contre des alliances avec la formation de Jean-Luc Mélenchon. On ne vous refait pas le film, il est connu. À première vue, tout se passe comme si le Parti socialiste était arc-bouté sur un anti-mélenchonisme devenu réflexe, comme si toute sa ligne se résumait à ce rejet. Mais en vérité, cet affrontement est le symptôme de clivages plus profonds : il masque l’absence de discussion sur le bilan Hollande et occulte le manque d’un projet.

On se souvient qu’après le désastre de 2017 où François Hollande n’avait pas même pu se présenter pour un second mandat, Olivier Faure avait été porté à la tête du parti à la rose fanée. Celui-ci avait été le président de groupe des députés socialistes et avait mené le combat contre les députés PS qu’on appelait « frondeurs » et qui, pour la plupart, sont aujourd’hui loin du PS. Pourtant, c’est lui, Olivier Faure, qui a perçu à l’époque l’ampleur de la défiance du « peuple de gauche » et a compris que le PS était asphyxié hors de cet espace. Il a donc tout fait pour replacer le PS dans la gauche, notamment en se rendant bravement dans les manifs, parfois sous les huées. Sa conviction n’a pas changé depuis.

Mais celle des tenants de la ligne Hollande non plus. Pour eux, les bases de la gauche sont dépassées. François Hollande en a récemment formulé les contours : l’enjeu social et politique ne réside plus essentiellement dans la redistribution, dans « l’autre politique », mais dans la reconnaissance de chacun dans sa dignité. Déjà, leur critique de la réforme des retraites d’Emmanuel Macron relevait de cette approche : elle était trop brutale mais pas sans fondement. Ils ne croient pas aux « vieilles lunes » portées par l’autre flanc de la gauche. Ne leur parlez pas salaires, droits sociaux ou planification. Ils sont du côté de la raison dominante et entendent mettre un terme à l’anomalie d’une prédominance de la gauche de gauche représentée par les insoumis. Cette obsession est défendue au nom d’une leçon politique qu’ils pensent éternelle : en 1981, le PS a pris le pouvoir grâce à l’affaiblissement du Parti communiste. Il faut reproduire l’opération avec LFI.

Olivier Faure se montre convaincu qu’une aventure en solitaire de l’équipée Jadot-Hollande-Glucksmann est promise aux mêmes résultats que celle d’Anne Hidalgo. Il veut donc maintenir le lien avec le reste de la gauche et trouver une solution pour 2027 avec cet espace qu’il nomme « la gauche non-mélenchoniste ».

Ils ont quand même la mémoire courte. Certes, dans les années 70, on se disait volontiers de la « gauche non-communiste » comme aujourd’hui on serait de la « gauche non-mélenchoniste ». Et il est vrai que l’épouvantail communiste fonctionnait à plein. Jean-Luc Mélenchon, qui hier s’était laissé convaincre par cet effet repoussoir, se trouve aujourd’hui au cœur de cette même stigmatisation. Mais le PS de Mitterrand n’a pas joué que de cette corde. Il a pris la première place à gauche, d’une part en donnant les clés du programme à Jean-Pierre Chevènement qui était alors l’aile la plus à gauche du PS, d’autre part en nouant des liens avec les mouvements sociaux émergents, l’écologie, l’autogestion, le féminisme. C’est sur cette base de profond renouvellement de l’identité et du projet socialiste que la bataille contre un PCF ankylosé fut gagnée. Et Lionel Jospin était chargé de porter la contradiction à Georges Marchais : il choisit la polémique argumentée, plutôt que le dénigrement.

Aujourd’hui, ce grand travail de renouvellement attend les socialistes tant les échecs de la social-démocratie sont patents en France comme partout dans le monde. La rapide accélération des enjeux existentiels pour l’humanité doit les y encourager. Or ils ne l’ont pas fait. Ni les uns, ni les autres. Olivier Faure annonce la publication dans les prochaines semaines des travaux pilotés par Chloé Ridel, eurodéputée PS en charge du projet. Ils devraient doter le PS d’un programme. On verra et on y reviendra. D’ici là, Olivier Faure réaffirme sa conviction : l’espace du PS n’existe pas en dehors de la gauche et le centre de gravité de la gauche est bien à gauche. Il se montre convaincu qu’une aventure en solitaire de l’équipée Jadot-Hollande-Glucksmann est promise aux mêmes résultats que celle d’Anne Hidalgo. Il veut donc maintenir le lien avec le reste de la gauche et trouver une solution de rassemblement pour 2027 avec cet espace qu’il nomme « la gauche non-mélenchoniste ».

Derrière ce qui peut apparaître comme une bataille de congrès se joue le périmètre et le nombre des candidatures à gauche en 2027. Et au-delà s’esquisse la structuration politique de la gauche : renouvelée ou non ; conciliable ou pas ; fracturée ou fédérée.

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1 commentaire

  1. Michel Davesnes le 13 avril 2026 à 13:48

    La vocation du parti prétendument socialiste est de trahir. Toute son histoire le montre. Je ne pense pas que cette bataille de congrès influera sur le nombre de candidats. Il y aura un candidat « Jadot-Hollande-Glucksmann », un autre de la tendance Delga-Mayer Rossignol et un autre de la primaire croupion (Clémentine Autain, Marine Tondelier et Ruffin ont tellement envie d’y aller).

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