Groenland : alerte rouge sur les réponses européennes aux menaces de Trump
Dans son offensive pour s’approprier le Groenland, Donald Trump a dégainé le 17 janvier son arme fétiche : les droits de douanes dont il menace les huit pays européens qui ont osé y envoyer quelques dizaines de militaires, à savoir le Danemark, la Finlande, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et le Royaume-Uni.
La réponse des Européens a d’abord semblé ferme. Les huit pays concernés par la hausse des droits de douane ont également publié le lendemain un communiqué commun dimanche 18 : « Les menaces douanières sapent les relations transatlantiques et risquent de conduire à un dangereux engrenage. Nous continuerons à rester unis et coordonnés dans notre réponse. Nous sommes déterminés à défendre notre souveraineté. »
Mais dès lundi cela se délite : « Nous cherchons des accords », a déclaré le premier ministre du Royaume-Uni, Keir Starmer, qui a « exclu des mesures de rétorsion du Royaume-Uni contre les États-Unis sur le Groenland ». Et le chancelier allemand Friedrich Merz a affirmé qu’il souhaitait « éviter une escalade douanière » et qu’il voulait rencontrer Donald Trump mercredi à Davos (Suisse). Tout seul comme un grand, avant un sommet européen annoncé pour le lendemain. Mais, sans attendre, il tient à souligner son opposition à d’éventuelles mesures de rétorsions européennes. L’Allemagne n’est pas la France, elle a des voitures à vendre outre-Atlantique, a-t-il tenu à préciser.
Il serait bien entendu extrêmement souhaitable et urgent de ne pas laisser ces dirigeants européens agir à leur guise. Mais la citoyenneté et la vie politique européenne sont si peu actives qu’il est vain d’espérer une initiative commune faisant appel à des mobilisations citoyennes et populaires en Europe le 12 janvier.
Pourtant, c’est bien l’avenir de l’Europe qui se joue. Il faudra hélas se contenter de beaucoup moins : alerter sur la menace et prévenir. En fait, il n’y a rien à négocier avec Donald Trump sur le Groenland, ni sa souveraineté, ni la mainmise sur ses richesses.
Si vous ne le pensez pas, voyez ce que raconte Gideon Rachman, commentateur en chef pour les affaires internationales du Financial Times, à chaud le 18 janvier : « En capitulant à nouveau, l’UE et le Royaume-Uni signaleraient désormais que nous sommes désormais irrévocablement dans un monde où la force fait la justice […] Pour elle-même – et pour le bien du monde – l’Europe doit rester ferme sur le Groenland. »