NUPES : 7 raisons d’y croire

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Mélenchon et la NUPES ont réussi leur pari. Malgré une abstention record, la gauche et les écologistes contrarient les plans d’Emmanuel Macron qui pourrait n’avoir qu’une majorité relative dimanche prochain. Mais ça, c’est le scénario pessimiste. Parce qu’il reste un scénario sur la table et qui fait trembler l’Élysée : cette hypothèse, c’est Mélenchon à Matignon. Ça n’est pas le plus probable. Mais la tortue s’agace n’a pas dit son dernier mot. Et les raisons d’y croire sont nombreuses.

 

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D’abord, parce que le rassemblement de la gauche et des écologistes a réussi à imposer ses thèmes de campagne dans le débat public. Exit l’islamisation, le grand remplacement, les étrangers qui menacent, tout ça tout ça. Exit Zemmour et ses amis éliminés dès le premier tour. Mélenchon et la NUPES ont réussi à mettre la question sociale et la question écologique au cœur des enjeux de ces élections. Un travail largement amorcé par la dynamique de Mélenchon lors de la présidentielle. C’est un premier point notable.

Deuxième point significatif. La présence de la gauche et des écologistes au second tour des législatives dans 412 circonscriptions. C’était inimaginable il y a encore quelques semaines. La stratégie d’union est donc gagnante. Et si elle ne réussit pas à créer une dynamique en termes de voix – elle ne gagne que 60.000 voix par rapport à 2017 – elle lui permet de mener bataille et d’obtenir un maximum de sièges dimanche prochain – ce qu’une dispersion des candidatures n’aurait pas permis.

Et c’est là que la troisième raison d’y croire prend tout son sens. La NUPES va pouvoir mener une campagne de second tour – et on peut compter sur le savoir-faire et la présence médiatique de Mélenchon et de ses alliés pour marquer les esprits et surtout faire émerger les enjeux de ce second tour : 5 ans de plus pour Macron ou une majorité alternative de gauche à Matignon ? Il va être difficile pour la majorité présidentielle d’échapper à un débat public et compliqué pour elle d’avancer masquée avec pour unique point marquant de son programme : la retraite à 65 ans.

Quatrième raison d’y croire : si on est lucide, les reports de voix de la gauche sont très faibles par rapport aux réserves de voix de la droite. En revanche, c’est du côté des abstentionnistes que Mélenchon et la NUPES peuvent espérer obtenir des majorités. 69% des 18-24 ans et 71% des 25-34 ne sont pas allés voter. Plus de 50% d’entre eux voteraient pour la NUPES si l’on on croit les sondeurs. Nul doute que la coalition de gauche et des écologistes saura mener campagne en direction des jeunes et des quartiers populaires – qui s’étaient massivement mobilisés pour Mélenchon lors de la présidentielle.

Enfin, cinquième raison d’y croire : si la droite constitue une réserve de voix importante pour la macronie, il n’est pas certain que son électorat ait envie de se mobiliser après l’éviction de leur candidat dès le premier tour. En sommes, les jeux ne sont pas faits.

Les sondeurs affichent avec prudence des projections en sièges de l’Assemblée nationale. En réalité, ces projections sont à prendre avec des pincettes. Près de cent circonscriptions donnent une victoire à l’un des deux blocs à seulement un ou deux points. Donc dans la marge d’erreur. Comme une sixième raison d’y croire finalement.

Et allez… j’ajoute une septième raison d’y croire. L’absolue nécessité de déprésidentialiser notre système politique. Mélenchon à Matignon, c’est la garantie d’un Parlement fort et donc d’une démocratie qui respire.

Il reste une semaine pour faire campagne. Une semaine pour convaincre. Matignon n’a jamais été aussi proche de la gauche. Et la gauche jamais aussi proche de Matignon.

 

Pierre Jacquemain

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