2027 : rien n’est gagné mais tout n’est pas perdu — par Roger Martelli

zer

Contrairement à la musique ambiante, la présidentielle à venir n’est pas jouée d’avance. Si les Français conservent des appartenances partisanes bien ancrées, leurs votes restent incertains. Analyse de Roger Martelli.

La crise politique se lit dans la multiplication des candidatures, mais elle n’implique pas la disparition de tous les repères. C’est ce que vient de renseigner et confirmer l’institut de sondages Cluster17 ici et là. Huit personnes interrogées sur dix se rattachent à un univers partisan identifiable. Mais cela n’implique pas nécessairement un choix électoral unique. Ils ne sont que trois sur dix à le faire dont 10% pour le RN et 10% pour LFI. 47% hésitent encore entre plusieurs votes possibles, mais toujours parmi les univers les plus proches : personne n’hésite entre Retailleau et Mélenchon.


TOUS LES JOURS, RETROUVEZ L’ESSENTIEL DE L’ACTU POLITIQUE DANS NOTRE NEWSLETTER

👉 C’EST ICI ET C’EST GRATUIT


La « géographie des valeurs » n’a donc pas disparu avec l’éclatement politique. Les hésitations se font d’abord à l’intérieur d’espaces idéologiques proches : on change plus facilement de candidat que de famille politique. C’est ce qui explique qu’une opinion très fragmentée puisse malgré tout conserver des pôles relativement solides. Si le chemin de l’opinion au vote n’est pas tout tracé, la tendance est pourtant nette en cette fin juillet (date de l’enquête). Au premier tour, la dynamique la plus forte va vers les forces qui ont le noyau le plus solide : la gauche radicale avec Jean-Luc Mélenchon et la droite nationaliste avec Marine Le Pen.

À lire les données de Cluster17, après bien des sondages récents, les chances de voir reproduits les mécanismes de 2017 et de 2022 semblent minces : on ne reverra sans doute pas la domination d’un leader par pôle : Mélenchon, Macron, Le Pen. Du côté de la droite et du centre, les héritiers du macronisme peinent à convaincre et ceux de la droite libérale et autoritaire sont tiraillés entre le centre et l’extrême droite. Du côté de la gauche, les sondages actuels confirment les résultats de 2022 et, plus encore, de 2024 : la force insoumise demeure, appuyée sur la cohérence d’un noyau bien ancré à la gauche de la gauche. Mais l’espace de la gauche sociale et écologiste n’a pas disparu et s’appuie sur un socle quantitativement aussi grand que celui de la gauche radicale (17% contre 18%). Cette gauche-là reste toutefois fragilisée par le manque de fermeté de son noyau (3% contre 10% pour LFI).

Chez Cluster17, aussi, Marine Le Pen est en tête quelle que soit la configuration et les adversaires. Le classement à l’issue du premier tour garde pourtant toute son incertitude, la seconde place étant aujourd’hui disputée entre Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe. Pour le premier, qui est le plus cohérent, l’enjeu est d’élargir son influence sur la gauche ; pour le second, doté a priori d’une aire d’influence plus étendue, le problème est de solidifier son noyau et de conforter, dans la perspective d’un second tour, un vote utile face à Marine Le Pen.

Tout n’est pas gagné pour une extrême droite qui voit les difficultés s’épaissir au fur et à mesure que se précise l’hypothèse de son arrivée au pouvoir. Mais si la gauche veut la battre, elle ne devra pas oublier qu’elle est LA gauche et qu’elle ne peut gagner qu’en étant rassemblée.

À gauche, le sondage nous replace devant le constat maintes fois exposé dans ces colonnes. La gauche s’est éparpillée et a théorisé sa division en camps irréconciliables. Ce faisant, elle a fait de sa diversité la base d’un clivage. Elle installe une logique d’exclusion réciproque. Dès lors, comment se rassembler, quand cela sera nécessaire ? Du coup, elle perd un argument et l’hypothèse de sa présence au second tour est plus aléatoire que pour une droite classique qui peut encore se rassembler. De plus, dans un second tour où le gagnant est le moins répulsif, Jean-Luc Mélenchon part avec un handicap. Il est rejeté par 67% des sondés quand tous les autres candidats oscillent autour de 50%. 

Certes, tout n’est pas gagné pour une extrême droite qui voit les difficultés s’épaissir au fur et à mesure que se précise l’hypothèse de son arrivée au pouvoir. Mais si la gauche veut la battre, elle ne devra pas oublier qu’elle est LA gauche et qu’elle ne peut gagner qu’en étant rassemblée. Jean-Luc Mélenchon devra démontrer que sa proposition de rupture ne relève pas d’un volontarisme incantatoire. De son côté, Raphaël Glucksmann devra montrer qu’il n’est pas le simple continuateur des recettes qui ont conduit la gauche au désastre. Quant à la droite hors RN, elle devra convaincre de ce qu’elle n’est ni la continuatrice des solutions passées, ni la vassale des valeurs portées par l’extrême droite.

Au fond, tout reste ouvert. Il ne sert à rien de cacher que la dynamique est pour l’instant du côté du pire. Mais l’extrême droite n’est pas majoritaire et les limites entre espaces restent tangibles. Marine Le Pen n’a pas partie gagnée. Il faudrait, rêvons, qu’à gauche, l’esprit de responsabilité ne soit pas anéanti par la frénésie de la différence.

[Le lecteur trouvera sur le site de regards.fr une analyse approfondie des données fournies par Cluster17]

Partager cet article

Abonnez-vous
à notre NEWSLETTER
quotidienne et gratuite

20 commentaires

  1. Lionel MLutzenberg le 4 septembre 2026 à 17:02

    La gauche ne peut être rassemblée que sur un projet commun qui donne confiance à l’électorat.
    L’expérience du mandat de François Hollande, de la NUPES, puis du NFP, a créé plus de doute que de confiance, même si les dernières élections législatives démontrent une prise de conscience chez nos compatriotes.
    Nous devons voter en conscience sur ce que nous pensons juste, en nous méfiant des appareils, et surtout de leurs élites, qui ne défendent que des intérêts de boutiques, de carrières, pour dire les choses, ces carrières qui permettent de vivre très confortablement dans l’opposition.
    Ces dix dernières année, le macronisme, et ses godillots, n’ont réglé aucun problème des français des classes populaires, et moyennes; LR, les centristes , non plus, bien au contraire, le chômage, disparition des des emplois, et des services publics, le tout au secteur privé, la régression de nos droits dans tous les domaines de notre vie de citoyens….La fausse gauche a été au pouvoir, elle fut incapable de représenter son candidat sortant, nous imposant le candidat de la finance, avec la complicité des médias. Quand au RN, inutile de lire leur programme, il ne vise que le pouvoir, après, ce sera le boulevard de la Ve République, c’est à dire, cinq années de pouvoir absolu.
    Nous pouvons changer l’ordre des choses, la rupture, ou pas la rupture, ce sera notre responsabilité collective, après il sera trop tard, Macron a montré au RN comment l’on pouvait se passer de la démocratie, en contournant la constitution.
    Alors, les grands discours c’est chouette, les envolés révolutionnaires des partis minoritaires aussi, moi je me fie au bilan de ces trente dernières années, et à mon strict ressentie, le bilan il est loin d’être globalement positif, si j’ose dire.
    Pas pour tout le monde, je vous en donne acte, et, à écouter autour de moi, je ne suis pas seul, de toutes convictions politiques, ou pas.
    Ce ne sera pas toujours les autres qui seront responsables.
    Le pire, ce sont les personnes qui font le jeu de nos adversaires, ces adversaires qui ne rêvent, pour certains, que de nous traiter en ennemis.
    Mettre à bas la « Gueuse », si ma mémoire est bonne, toujours d’actualité.
    L’Histoire ne repasse pas deux fois les plats.

  2. Lafleur le 4 septembre 2026 à 18:41

    Roger Martelli a raison sur un point essentiel : rien n’est joué et il serait irresponsable de considérer la victoire du RN comme acquise. Il a également raison de souligner que la gauche ne pourra pas combattre efficacement l’extrême droite en approfondissant indéfiniment ses divisions.

    Mais il me semble que son analyse reste trop enfermée dans la géographie électorale.

    Les « espaces » décrits par les sondages sont bien l’expression d’un état du rapport de forces idéologique, mais ils ne constituent pas encore, en eux-mêmes, une force politique. Une analyse matérialiste doit donc partir des rapports sociaux et des contradictions qui contribuent à produire ces consciences, puis regarder comment les organisations, les luttes et les stratégies politiques transforment — ou ne transforment pas — ces contradictions en rapport de forces.

    Dire que « la gauche doit être rassemblée » est donc nécessaire, mais insuffisant. La question décisive est : rassemblée autour de quels intérêts de classe, de quel projet et de quel pouvoir ? Il est important aussi de ne pas considérer le second tour comme un premier tour (cf. l’erreur de Jospin) et aussi de garantir des dynamiques positives de second tour.

    Personne ne peut croire qu’un candidat de gauche pourra avoir 50,01% au soir du premier tour. Chaque force politique doit donc convaincre le maximum de nos concitoyens sur un programme cohérent et lisible. Pour le PCF à partir de communisme de conquête et d’un front de classe rassemblant les productrices et producteurs, soit le monde du travail.

    Depuis 2017, nous avons connu plusieurs séquences de barrage au RN, puis la NUPES et le NFP. Ces expériences ont démontré qu’une dynamique unitaire pouvait exister. Mais, objectivement, elles n’ont pas réussi à transformer durablement l’unité électorale en force populaire organisée, capable de construire une opposition de classe au macronisme et une alternative crédible au capital. Bien au contraire. Le problème n’est donc pas d’avoir voulu battre Le Pen ; c’est de ne pas avoir suffisamment transformé le front défensif contre l’extrême droite en construction d’une force populaire offensive contre les rapports sociaux et politiques qui permettent à celle-ci de progresser.

    Il faut aussi regarder lucidement les divisions entretenues à gauche.

    Lorsque le PCF est assimilé à Doriot par une partie de LFI, on ne mène pas seulement une querelle d’appareils : on contribue à disqualifier une tradition d’organisation du monde du travail et de conquête du pouvoir économique, au moment même où l’extrême droite cherche à apparaître comme la seule force capable de porter une rupture. Le mépris de classe à l’égard de Roussel est choquant. Car le RN propose bien une rupture, mais une fausse rupture du point de vue de la transformation des rapports de classe : il transforme des contradictions sociales réelles en affrontements identitaires et nationaux sans remettre fondamentalement en cause les rapports de propriété et le pouvoir du capital. Il donne ainsi une traduction réactionnaire à une colère populaire réelle que la gauche ne parvient plus suffisamment à transformer en conscience de classe et en action collective.

    C’est là que la lutte contre la fascisation doit être pensée dialectiquement et historiquement. Elle ne commence pas avec une éventuelle victoire électorale du RN. Elle se construit dans un processus où, sur fond de crise sociale et politique, les contradictions de classe peuvent être déplacées vers l’identité, les solutions autoritaires se banaliser, les organisations populaires s’affaiblir et une force réactionnaire parvenir à imposer progressivement sa lecture du monde comme une forme de « sens commun ».

    Alors oui, il faut l’unité pour battre l’extrême droite.

    Mais l’unité ne peut être une simple addition de candidatures ou un rassemblement de second tour fondé sur la seule répulsion envers le RN. Elle doit devenir une force sociale et politique autour du travail, des salaires, de l’industrie, des services publics, du logement, de la paix, de la souveraineté démocratique et de la reprise du pouvoir sur l’économie. Autrement dit, la question de 2027 n’est pas seulement : « comment empêcher Le Pen de gagner ? » Elle est : comment reconstruire une force populaire suffisamment organisée et consciente de ses intérêts de classe pour battre la fascisation et ouvrir enfin une perspective de transformation sociale ? C’est à cette condition que le rassemblement cessera d’être seulement électoral pour devenir réellement politique et populaire : non pas une juxtaposition de forces, mais la construction progressive d’un bloc populaire capable de modifier le rapport de forces et de reprendre prise sur les conditions matérielles de son existence. Les difficultés en cas de victoire de la gauche sont réelles pour ne pas décevoir.

  3. Renaud Bernard le 4 septembre 2026 à 19:32

    Que Roger Martelli apprenne a appeler un chat un chat : la gauche de la gauche, c’est l’extrême-gauche. Mais chez lui, après des années de carrière au PCF, la langue de bois est devenue une seconde nature. Il est incapable de s’en affranchir.

    • Matron Lucien le 7 septembre 2026 à 12:55

      Cet avis est totalement inapproprié. Renaud Bernard, un pseudo, se caractérise par son anticommunisme viscéral et dogmatique, comme si un élu, un journaliste ou un citoyen ne pouvait pas évoluer. Une chose est certaine, les analyses de Roger Martelli, sont largement plus pertinents, subtiles et intelligentes que celles exprimées par les éditorialistes macronistes ou nationalistes.

      • Renaud Bernard le 8 septembre 2026 à 15:24

        Pourquoi viscéral ? Je suis anticommuniste tout court, comme je suis antifasciste et antinazi, tout court aussi. Je suis pour la démocratie, c’est à dire le régime parlementaire, incompatible avec le régime socialiste.

        • Lafleur le 8 septembre 2026 à 18:08

          Bonjour Renaud Bernard,

          J’entends votre position, mais je crois qu’il faut discuter ce que nous entendons par « démocratie ».

          Vous écrivez : « Je suis pour la démocratie, c’est-à-dire le régime parlementaire, incompatible avec le régime socialiste. »

          Il me semble qu’il faut distinguer deux choses : le parlementarisme est une forme historique de représentation politique ; la démocratie est une question de pouvoir. Confondre les deux revient à considérer que la procédure de désignation des gouvernants suffit à déterminer qui exerce réellement le pouvoir dans la société. Luciano Canfora nous invite précisément à regarder derrière les formes institutionnelles : qui gouverne réellement, dans quels rapports de classes, avec quels pouvoirs économiques et sociaux ? Le Parlement est évidemment une conquête démocratique réelle, tout comme le suffrage universel, le pluralisme, les libertés publiques et syndicales. Les communistes n’ont aucune raison de les nier. Et justement, ils l’ont défendu en Italie, en Espagne etc. face aux fascismes, y compris l’hitlérien. Le prétexte de l’incendie du Reichstag, l’interdiction du KPD, la création du camp d’Oranienburg… Jusqu’à la victoire.

          C’est le mieux vaut Hitler que le Front populaire (Thorez, Politzer, Vaillant-Couturier, etc.) qui devrait vous rappeler que la barricade n’a que deux côtés. Le discours de Prosper Môquet (père de Guy Môquet) député des ouvriers de Peugeot, quai de javelle, contre les accords de Munich de 1938 est parlant. Les traites ne pardonneront pas au PCF leur anti fascisme par France Navigation, les brigades internationales, les comités antifascistes etc. etc.

          Mais pourquoi la démocratie devrait elle s’arrêter à la porte de l’entreprise ?

          C’est le sujet du quart état. Ce sujet était déjà celui de la Révolution française. Les girondins pour le suffrage masculins censitaires de la législatives et les accapareurs versus les jacobins (montagnards) pour le maxima et des mesures de réglementation de l’économie pour que le bonheur soit pour toutes et tous. Ces derniers ont lutté pour la démocratie pour qu’elle aille jusqu’au bout et pour tous et justement qu’elle ne soit pas bornée par la cupidité de la propriété.

          Un salarié peut voter pour ses représentants politiques sans disposer du moindre pouvoir sur la fermeture de son usine, la délocalisation de sa production, l’utilisation des bénéfices, le crédit ou l’investissement. Pourquoi considérer comme démocratique par nature le pouvoir économique qui s’exerce dans l’entreprise, et comme antidémocratique par nature le pouvoir collectif qui chercherait à le soumettre au contrôle de la société ?

          C’est ici qu’Antonio Gramsci apporte quelque chose d’essentiel. Le consentement n’est pas simplement une « illusion ». Il est réel. Mais il se forme dans des rapports sociaux déterminés : une classe peut parvenir à faire apparaître ses intérêts particuliers comme relevant de l’intérêt général. La défense du droit de propriété des moyens de production et d’échange stratégique et ceux qui conditionnent la reproduction de la vie. C’est le problème de l’hégémonie.

          La question démocratique devient alors : qui organise le consentement, qui possède les moyens matériels de peser sur les choix collectifs, et surtout qui dispose des moyens de transformer réellement la société ?

          Il faut distinguer le « peuple » comme agrégat électoral et le peuple comme force organisée, d’où les rapports de classe : les rentiers, les spéculateurs, les capitalistes particulièrement le capital financier prédateur et le peuple producteur, les travailleuses et les travailleurs : agricoles, industriels ou tertiaires. Autrement dit, les élections sont aussi un terrain réel de lutte de classes, qu’il faut investir sans croire qu’elles suffisent à transformer les rapports sociaux.

          Et c’est là que je ne vous suivrais pas lorsque vous affirmez que socialisme et démocratie sont « incompatibles ». L’histoire soviétique doit évidemment être discutée avec ses réussites, ses contraintes, ses contradictions, sa bureaucratisation et ses atteintes à des libertés. Dominico Losurdo est justement utile parce qu’il nous oblige à replacer cette histoire dans ses conditions matérielles et internationales, sans tomber ni dans l’hagiographie ni dans la « légende noire ».

          Mais cela ne permet pas davantage de définir le socialisme par la dictature que de définir la démocratie par le seul parlementarisme.

          La vraie question est peut-être beaucoup plus simple : qui possède ? Qui décide ? Qui contrôle ? Et quels pouvoirs réels la majorité sociale possède-t-elle pour transformer ce qui détermine sa vie ? En effet, certaines démocraties ne sont en réalité matérielle que des oligarchies, voire des ploutocraties. Les démocratie libérale comme la République de Weimar a engendré l’hitlérisme ; comme l’Italie capitaliste et monarchie parlementaire a engendré le fascisme. Des démocraties parlementaires ont également violé les libertés individuelles et collectives : colonisation, esclavage, guerre d’agression, famine etc. etc. Le régime parlementaire du Royaume-Uni ou celui des Etats-Unis d’Amérique sont des exemples parlant. Ce dernier a même utilisé 2 fois la bombe atomique et a engendré le maccarthysme et cohabité avec un système de ségrégation ; comme le régime parlementaire d’Afrique du Sud pendant l’apartheid.

          Si le socialisme prétend précisément étendre la démocratie à la production, au crédit, à l’investissement, au travail et aux grands choix économiques, alors le débat sérieux n’est pas de décréter qu’il est « incompatible » avec la démocratie. Il est de savoir quelle démocratie nous voulons construire et comment empêcher que le pouvoir populaire, quel que soit le régime, se bureaucratise ou se concentre. C’est précisément là que le débat entre libéraux, sociaux-démocrates et communistes devient intéressant : non pas « démocratie ou socialisme », mais comment faire de la majorité sociale une puissance politique réellement capable de décider de son propre avenir. La dictature de la bourgeoisie peut passer par un régime parlementaire ; il peut passer aussi par le terrorisme. Aucune révolution pour l’instant n’a pu prospérer sans dictature du prolétariat, forme sociale plus démocratique que celle de la bourgeoisie; le meilleur exemple est Cuba. Ce dernier pays subit par des régimes parlementaires un blocus et des lois d’application extraterritoriale contre sa souveraineté.



  4. lemasseur le 6 septembre 2026 à 14:42

    « Il faudrait, rêvons, qu’à gauche, l’esprit de responsabilité ne soit pas anéanti par la frénésie de la différence. »

    En ne reconnaissant pas l’évidence, à savoir qu’à gauche tout autre choix que LFI est stupide si l’on veut la voir ou second tour, vous participez vous même de cette « frénésie de la différence irresponsable ».
    Vous n’aimez pas Mélenchon, pas de soucis, mais vous préférez E Philippe?
    Si ce n’est pas le cas, arrêtez d’entretenir l’illusion d’une alternative à LFI à gauche, on gagnera du temps, précieux pour taper sur le RN et ses clones de droite.

    • jojo le 7 septembre 2026 à 13:42

      Il faut donc miser sur le mauvais cheval… pour la 4ème fois ! « Une table, une chaise, une chèvre se fait élire face à lui ».

    • Renaud Bernard le 8 septembre 2026 à 17:24

      Au second tour, Philippe a ses chances face à Le Pen. Mélenchon lui est écrasé.

      • lionel Mutzenberg le 10 septembre 2026 à 16:47

        Ben oui, tout se passe si bien dans les communes dirigées par le RN, et puis, leur programme qu’est-ce que ça peut faire, c’est juste pour se faire élire, après, ce sera comme avant !
        Le changement dans la continuité, avec le label Macroniste qui aura ouvert la route !

        • Lafleur le 11 septembre 2026 à 13:48

          Cher Lionel Mutzenberg,

          Renaud Bernard fait comme toi. Il utilise un argument d’autorité : les sondages.

          Le problème est que les personnes ne lisent plus les programmes. Ils n’analysent plus. La démocratie est donc vider de sa substance par les injonctions des sondages. Comme si les sondages pourraient, vu les déficits, remplacer la tenue réelle du scrutin.

          Je fais le vœu que les insoumis ne défendent pas leur boutique par sondage et qu’ils dénoncent la campagne sociale traitresse et anticommuniste de leur mouvement. Je fais aussi le vœu que les électeurs du RN fassent de même vu la campagne sociale fascisante et tout aussi anticommuniste. Evidemment, ce sont aux têtes dures insoumises d’appeler au retrait de Jean-Luc Mélenchon et d’appuyer le front de classe proposé par le PCF. Vous devriez montrer l’exemple aux électeurs qui sont contraints par le système médiatique pour contester leur situation concrète de voter pour le RN, par fausse conscience.

          En tout cas bonne campagne à tous et défendez vos idées et vos propositions au lieu de commenter par sondages.



    • Lafleur le 23 septembre 2026 à 17:17

      Le problème de votre raisonnement, cher lemasseur insoumis, c’est que vous transformez une hypothèse électorale en évidence politique.

      Que Mélenchon soit aujourd’hui le mieux placé à gauche dans les sondages, produits par et pour la bourgeoisie pour contraindre le vote, est un fait ; que toute autre candidature à gauche soit « stupide » ne l’est pas.

      Et surtout, votre raisonnement s’arrête au premier tour. Supposons même que Mélenchon soit au second : avec quelle gauche construit-il alors le rassemblement majoritaire ?

      Avec le PS, les écologistes, les communistes, les électeurs du centre et de droite républicaine qui ne veulent pas de LFI ? Vous ne pouvez pas demander aux autres de disparaître au premier tour, en les insultants, au nom d’un rassemblement autoritaire obligeant au ralliement, tout en laissant ouverte la question du rassemblement après le premier tour.

      Dire « si vous n’êtes pas pour Mélenchon, vous préférez Philippe » est d’ailleurs une fausse alternative. On peut refuser à la fois le macronisme, la droite et la stratégie de LFI, et défendre une candidature communiste autonome.

      Si Edouard Philippe est 3ème derrière Mélenchon et Le Pen : que fera Mélenchon pour avoir les voix des électeurs sociaux conservateurs contre le prolétariat révolté qui aura voté selon les sondages que vous appréciez massivement en faveur du RN pour renverser la table ?

      La vraie question n’est donc pas de savoir qui doit s’effacer devant qui, mais quelle orientation peut rassembler durablement les classes populaires et construire une majorité politique. Le vote utile ne peut pas tenir lieu de projet politique. L’autonomie au premier tour n’est pas antinomique avec le rassemblement populaire au second tour.

      Le respect des valeurs démocratiques, selon Mélenchon lui-même en 2010, n’est pas de contraindre les électeurs à un vote utile. Il est de concourir pour chaque formation à l’expression du suffrage en fonction des programmes. Débattons de cela.

  5. Toto le 6 septembre 2026 à 15:02

    « Il ne sert à rien de cacher que la dynamique est pour l’instant du côté du pire.  »

    Et oui la presse est d’accord avec vous !! Le pire pour la bourgeoisie.
    https://www.youtube.com/watch?v=oBhM8aauL10

  6. Sylvie le 6 septembre 2026 à 17:39

    La France est entrain de devenir une colonie américaine. Il faut sortir du pacte atlantique et travailler à la formation d’une Europe socialiste.

    • lionel Mutzenberg le 10 septembre 2026 à 16:50

      Mais l’Europe est socialiste, ce socialisme qui a si bien réussit sous Hollande, puis, sous Macron, héritier du premier cité !
      Ni de gauche, ni de gauche !

      • Lafleur le 11 septembre 2026 à 12:46

        Cher Lionel Mutzenberg,

        C’est pour cela que le parti communiste doit être autonome du PS ou de ses satellites ou de ses rameaux mitterrandiens. Il propose un front de classe pour 2027 pour unir les révolutionnaires vraiment de gauche et ne pas réitérer les erreurs et les illusions du réformisme social-démocrate, même populiste et radical.

        Les insoumis antiunitaires qui traitent Fabien Roussel de Dubosc car il passe ses congés en camping expriment juste de la morgue de classe et du mépris petit-bourgeois. Présenter Jean-Luc Mélenchon est un droit, comme pour le NPA-R ou LO ou encore le Pôle Socialiste etc. Mais, insulter et dénigrer est une faute grave.

        Fabien Roussel a bien fait apparaître sur le plateau de LCI les propositions du PCF pour 2027. En parlant de paix, d’énergie, d’école, d’hôpital, de production et du pouvoir des salariés dans l’entreprise, il ramène le débat à l’essentiel : qui produit, qui possède et qui décide ? Ceux qui font fonctionner la société restent privés d’une grande partie du pouvoir sur ses choix fondamentaux. Mais cette réalité contient aussi sa possibilité de dépassement : ceux qui la subissent peuvent s’organiser pour la combattre et conquérir de nouveaux pouvoirs. C’est là que se rejoignent tant Clouscard que Pasolini et le projet communiste du PCF : comprendre l’aliénation pour mieux agir sur les conditions qui la produisent. Le communisme de conquêtes, c’est faire des travailleurs non plus les objets des décisions du capital, mais les sujets conscients de la transformation sociale ; pas juste des supporteurs obnubilés par les sondages commandés et financés par les officines pour créer du consentement.

        En effet, l’intervention de Fabien Roussel n’était pas ni de gauche, ni de gauche. Elle n’était pas un compromis avec le réformisme, même populiste et radical, rameau du parti socialiste hégémonique de 1981 à 2014. Nous devons justement rompre avec la gauche non communiste qui donne le tempo idéologique. Fabien Roussel n’a pas cherché à rendre le communisme acceptable en l’édulcorant. Dans un tel format où tout pousse à transformer la politique en spectacle, en petites phrases et en affrontements de personnalités, il a remis au centre ce qui devrait être le cœur d’une politique communiste : les rapports de classe, le travail et le pouvoir.

        L’échange avec le milliardaire Paolo fut révélateur. Roussel ne s’est pas contenté de réclamer une meilleure redistribution des richesses, comme LFI. Il a posé la question beaucoup plus fondamentale de la propriété et du pouvoir dans l’entreprise : qui décide de l’investissement, de l’emploi, des salaires et de l’avenir de la production ? Sa proposition de parité sociale dans les conseils d’administration ouvre précisément cette brèche : faire entrer le pouvoir des producteurs dans des lieux aujourd’hui dominés par le capital. C’est à mes yeux la différence entre un discours simplement populiste et une politique communiste.

        Le marxisme ne consiste pas à opposer abstraitement le peuple aux élites, mais à partir de la contradiction fondamentale entre Travail et Capital pour construire les conditions de la conquête du pouvoir par ceux qui produisent les richesses. Fabien Roussel a aussi assumé de parler des salaires, des services publics, de l’école, de la souveraineté populaire et de la République sans abandonner le terrain aux démagogues. Tout n’est évidemment pas réglé par une émission de télévision.

        Essayons de tourner définitivement la page des illusions de l’idéalisme réformiste anti prolo et petite bourgeoise en renforçant la conscience de classe du prolétariat.

        • lionel Mutzenberg le 14 septembre 2026 à 09:36

          Si le PC maintient son candidat, le PC est mort !
          Pas besoin d’avoir fait l’ENA pour comprendre cela.



        • Lafleur le 14 septembre 2026 à 13:17

          [lionel Mutzenberg le 14 septembre 2026 à 09:36
          Si le PC maintient son candidat, le PC est mort !
          Pas besoin d’avoir fait l’ENA pour comprendre cela.]

          Cher Lionel Mutzenberg,

          Oui, je n’ai pas fait l’ENA. Excuse moi. Fabien Roussel n’a pas fait l’ENA. Tu devrais déconstruire ton mépris de classe.

          Nous ne sommes pas des partisans des classes intermédiaires qui sont solidaires des sociaux-libéraux et de la bourgeoisie. C’est vrai. Nous sommes différents et aux antipodes. Tu affirmes donc de manière péremptoire et un peu puérile que si le PCF maintient son candidat, « le PC est mort ».

          Mais cette affirmation n’a rien d’une analyse matérialiste : c’est une prédiction électorale dont tu ne démontres nullement les mécanismes. Le PCF aurait été mort en 2017 s’il était passé sous les fourches caudines de Jean-Luc Mélenchon : siéger au groupe LFI et apporter son financement parlementaire à la FI. La ficelle était grosse. Il est étonnant qu’elle n’ait pas analysée et critiquée. Le PCF ne s’est pas dilué dans un Izquierda Unida-Podemos-Sumar ou un Die Linke.

          La question de la survie et du renforcement du PCF ne peut pas se réduire au score d’une présidentielle.

          Elle dépend de son implantation dans les entreprises et les territoires, de son organisation militante, de sa capacité à former des cadres, à intervenir dans les luttes, à produire une analyse autonome et surtout à construire un rapport de forces durable avec les classes populaires. Et il y a une contradiction assez curieuse à nous accuser d’électoralisme tout en faisant de la présence ou de l’absence d’un candidat communiste à la présidentielle le critère déterminant de l’avenir du Parti. Notre position est justement inverse : l’autonomie communiste ne se réduit pas à l’autonomie électorale, mais elle commence par l’autonomie politique. Nous refusons que le PCF soit condamné à reprendre le calendrier, les catégories et les orientations d’une gauche non communiste, qu’elle soit social-démocrate ou populiste. Présenter Fabien Roussel en 2027 ne signifie évidemment pas que la présidentielle serait l’horizon du communisme déjà là des opportunistes droitiers pro LFI, bien au contraire. Elle doit être l’occasion de porter une orientation communiste autonome, de remettre au centre le travail, la production, les salaires, les services publics, la souveraineté populaire et surtout le pouvoir des travailleurs sur l’économie.

          Et cela n’empêche nullement de construire ensuite, pour les législatives, le rassemblement populaire le plus large permettant de battre la droite et l’extrême droite et de conquérir des positions permettant de transformer concrètement les rapports de force.

          C’est justement ce qui distingue une stratégie communiste d’un simple réflexe identitaire : il ne s’agit ni de présenter un candidat pour exister médiatiquement, ni de renoncer à notre autonomie pour obtenir quelques pourcentages de plus. Il s’agit de construire un rapport de forces. Fabien Roussel a été plus concret que Jean-Luc Mélenchon, qui a enchaîné les belles phrases, et a parlé lui du comment faire et de la nécessaire mobilisation populaire pour modifier le rapport de force social. Mélenchon avait déjà décliné la proposition de Fabien Roussel en 2023. Mélenchon dit votez pour moi on verra après !

          Tu réduis finalement le problème à une équation : candidat communiste = disparition du Parti. Le matérialisme historique consiste précisément à rechercher les causes réelles dans les rapports sociaux, les rapports de classe, les conditions d’organisation et les rapports de forces, plutôt qu’à transformer une hypothèse électorale en loi historique. Le véritable enjeu est beaucoup plus simple : voulons-nous un PCF autonome, capable de penser et d’agir par lui-même, ou un PCF dont l’orientation politique serait déterminée par les forces qui occupent déjà l’espace de la gauche centriste ou social-démocrate ?

          Celle qui refuse de s’attaquer au capitalisme mais le dénonce de manière tonitruante et radicale. Mitterrand en 1971 disait déjà que tout membre du parti socialiste était contre le capitalisme et en creux il disait déjà que le PS ne défendait plus le socialisme. Cela s’est confirmé le 25 mars 1983 et ensuite.

          Après belotte avec Mitterrand, puis rebelotte avec Hollande, vous voulez faire le dix de der avec Jean-Luc Mélenchon et tout détruire à sa gauche en liquidant le PCF. C’était le projet de 2017. Il n’a pas varié avec à chaque fois l’objectif d’empêcher un groupe communiste à l’assemblée nationale. Vous avez plus de critique puérile comme saucisson pinard etc. qu’une défense de votre projet réformiste. Ce n’est pas constructif et vouloir tuer son voisin n’élargira pas la gauche. Je tiens à vous rappeler qu’il y a un second tour. Et que votre primaire à ciel ouvert permette et vos dénigrements ne vont pas vers le rassemblement.

          Pour ma part, je préfère la première option. Non pour conserver un sigle ou un réflexe de boutique, mais parce que je considère qu’une société capitaliste a besoin d’une force communiste organisée, autonome et capable de transformer la colère sociale en conscience de classe, puis la conscience de classe en pouvoir. En parapghant Ernesto Che Guevara, rappelons qu’un Parti ou un homme ne se confond jamais avec l’idée qu’il porte. LFI tuera peut-être un jour le PCF si celui-ci renonce à son autonomie politique et se dissout dans un populisme qui n’est pas le sien ; mais cela ne tuera évidemment pas le communisme. Le PCI s’est liquidée comme le PDS : cela n’a pas été la garantie d’un horizon radieux avec la social-démocratie et le communisme devra y renaître. Notre responsabilité est d’empêcher que le PCF disparaisse faute d’avoir voulu être lui-même. Le communisme ne survivra pas comme une relique, mais comme une force organisée, consciente de ses buts, enracinée dans le monde du travail et capable de transformer les contradictions du capitalisme en conquêtes politiques et sociales. L’évolution du monde prouve que la lueur venue de l’Est ne sait pas éteinte dans les années 90. Ludo Martens avait raison.

          C’est pourquoi défendre la candidature autonome de Fabien Roussel n’est pas défendre un homme contre l’intérêt du Parti : c’est défendre la possibilité pour le Parti de porter à nouveau une politique communiste autonome. Ceux qui contestent ou sabotent la décision collective du Parti luttent contre lui à mort.



  7. lionel Mutzenberg le 17 septembre 2026 à 12:03

    Réponse le 18 avril 2027 à 20 heures.
    Vous n’avez pas fait l’ENA, c e qui ne démontre pas que vous soyez très proche de la classe ouvrière, cette classe populaire, et même moyenne, si l’on considère leurs niveaux de rémunérations.
    Ce qui ne veut pas tout dire, bien évidemment, 43 ans salarié, dont presque 33 ans dans une entreprise de travaux publics, et des prolos à bas salaires contre la CGT, moi, j’en ai rencontré, ils votaient contre moi, et mes camarades syndicalistes, sans pour autant refuser les quelques avancées que nous avons gagné, contre cette soumission au paternalisme si difficile à combattre.
    Mépris de classe …sacré farceur ! tu sais écrire mais, apparemment, les choses de la vie ça te dépasse un peu.
    Bon préparez vous à Faure barrage au RN au second tour, comme en 2022.

    • Lafleur le 23 septembre 2026 à 17:29

      Cher Lionel, Cher militant insoumis,

      Justement, votre raisonnement mérite qu’on regarde un peu plus loin que le prochain « barrage ».

      En 2007, le traumatisme du 21 avril 2002 pesait encore lourdement dans le paysage politique. Marie-George Buffet a pourtant obtenu 1,93 % des voix au premier tour et Nicolas Sarkozy a été élu au second avec 53,06 %.

      En 2012, François Hollande a ensuite été élu face à Sarkozy, mais son quinquennat a profondément déçu une partie de ceux qui avaient voté pour lui au nom du rejet de la droite. Puis Macron s’est à son tour présenté comme le rempart contre l’extrême droite, avec le résultat politique que nous connaissons : le RN n’a pas disparu, loin de là.

      Cela devrait au moins nous conduire à une question simple : est-ce que le « barrage » peut constituer à lui seul une stratégie politique de gauche ?

      Et puisque vous annoncez déjà « Faure barrage au RN », je vous pose la question franchement : vous préfèrez Glucksmann, social libéral très proche de Garbriel Attal ou de Clément Beaune ou encore d’Elisabeth Borne, à Faure ? Et si oui, pourquoi ? Car aujourd’hui les deux ne portent justement pas la même conception des rapports avec LFI.

      Olivier Faure revendique l’héritage de la NUPES de 2022 et du NFP de 2024 et ne ferme pas la porte à des discussions avec LFI.

      Glucksmann, lui, s’oppose à une alliance avec LFI. Ce n’est donc pas un détail : cela montre bien que derrière le mot « rassemblement », il existe plusieurs stratégies politiques.

      Et c’est précisément pourquoi je défends une candidature communiste autonome, celle de Fabien Roussel car notre projet n’est pas soluble avec les différentes nuances de la social-démocratie et en opposition réelle avec le social-libéralisme. Fabien est attaqué par Benjamin Duhamel. Ce dernier concède que LFI et le RN sont plus raisonnables. Ce n’est pas refuser le rassemblement. C’est refuser de considérer que le rassemblement doit nécessairement commencer par la disparition du Parti communiste derrière une autre force.

      Le vote de barrage peut répondre à une situation électorale au second tour. Il ne peut pas remplacer une stratégie de reconquête des classes populaires au premier tour.

      Sinon, à force de demander aux communistes de voter utile au premier tour (pour mémoire en 2012 et en 2017 face au social libéral Macron, gagnant) pour empêcher ceci ou cela au second, on finit par ne plus jamais poser la question essentielle : pourquoi une partie aussi importante des classes populaires ne se reconnaît-elle plus dans la gauche ?

      C’est cette question-là que devrait poser une candidature communiste. Et elle est autrement plus importante que de savoir aujourd’hui derrière qui il faudra éventuellement faire barrage dans huit mois. Sortez de l’électoralisme. Evoquer votre programme : en quoi le plan de sobriété énergétique de LFI est une bonne chose ? Que ferez vous à Mayotte ? Etc.

Laissez un commentaire