đź”´ RETOUR DU JOUR
Raphaël Arnault : le silence était sage, le débat est nécessaire
Le silence de Raphaël Arnault après la mort de Quentin Deranque aura donc été, de son propre aveu, un choix politique : ne pas jeter d’huile sur un feu dont il redoutait l’embrasement. Son retour dans le débat public s’est fait dans un entretien à Blast : il affirme ne pas être impliqué dans les événements et ne saurait donc en porter la responsabilité. Sur ce point, il a raison – mais c’est moins sa responsabilité juridique que sa responsabilité politique qui sera interrogée. Reste enfin sa définition de l’antifascisme. Derrière les soutiens affichés affleure une question : l’antifascisme est-il l’affaire de quelques centaines de militants organisés ou celle d’une majorité sociale ? Doit-il se penser comme une pratique militante, parfois violente, ou comme une stratégie qui irrigue la société ? Et quel est son bilan réel à l’heure où l’extrême droite continue de gagner du terrain ? C’est là que devrait s’ouvrir le débat.
« l’antifascisme est-il l’affaire de quelques centaines de militants organisés ou celle d’une majorité sociale ? » dites-vous.
La rĂ©ponse pourrait ĂŞtre qu’en l’absence d’une majoritĂ© sociale, après dĂ©sertion de la quasi totalitĂ© du monde mĂ©diatico-artistique (lorsqu’il ne verse pas carrĂ©ment dans la propagande fasciste), celle Ă peine moins massive d’un monde intellectuel aux abonnĂ©.es absents, la discrĂ©tion pour ne pas parler de lâchetĂ© de la gauche non LFI et extrĂŞme gauche sur le sujet, si l’on y rajoute le fait que par dessus le marchĂ© que les droites ont abandonnĂ© toute retenue pour se vautrer dans la collaboration avec l’extrĂŞme droite, pour rĂ©sumer, dans une sociĂ©tĂ© qui se partage entre acceptation du fascisme, paresse dĂ©mocratique et collaboration, y a t-il d’autre choix possible pour maintenir la lumière allumĂ©e que l’auto-dĂ©fense?
Pourquoi l’anti-fascisme en France en 2026 n’est-il le fait que de ces groupes militants, sinon parce qu’ils sont les derniers Ă lutter contre?