đź”´ NON DU JOUR

Les Islandais refusent de causer avec l’UE

Ils ont votĂ© non. Ce samedi 29 aoĂ»t, les Islandais ont Ă©tĂ© 52,8% (avec une participation de 82,5%) Ă  rejeter le rĂ©fĂ©rendum qui visait Ă  rouvrir les nĂ©gociations d’adhĂ©sion Ă  l’UE. Un rĂ©sultat significatif pour une Europe qui peine de plus en plus Ă  faire envie. La question de la souverainetĂ© de l’Ă®le, notamment via son secteur de la pĂŞche, a Ă©tĂ© l’argument massue : elle pèse pour 40% de leurs exportations et 7% du PIB. Dans un monde dangereux, oĂą les puissances bombent le torse, oĂą la violence devient la première des diplomaties, qu’un aussi petit pays prĂ©fère voguer seul qu’en banc a de quoi interroger. L’union fait la force, mais dans ce cas-lĂ , l’Union (avec une majuscule) apparaĂ®t comme une sangsue qui affaiblit plutĂ´t qu’elle ne protège. Un parfum de 2005 français et hollandais flotte dans ce vote : le « non » dit aussi la difficultĂ© croissante de l’Europe Ă  susciter l’adhĂ©sion des peuples autrement que par la crainte du dĂ©classement ou la nĂ©cessitĂ© Ă©conomique. Vingt et un ans après, le projet europĂ©en peine toujours Ă  redevenir un horizon politique dĂ©sirable. Ce nouvel Ă©pisode va-t-il ĂŞtre celui qui permettra, enfin, de questionner le fonctionnement et le but profond de l’Union europĂ©enne ? Rien n’est moins sĂ»r. En attendant, c’est bien cette Europe qui sort perdante.

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