đŽ DĂCĂS DU JOUR
Mort de Jospin et d’une certaine idĂ©e de la gauche
La disparition de Lionel Jospin referme une page singuliĂšre de la gauche française. Artisan de la « gauche plurielle », il aura tentĂ©, Ă rebours de la vague libĂ©rale qui submergeait alors la social-dĂ©mocratie, de maintenir une ligne encore ancrĂ©e Ă gauche. Son bilan est ambivalent. Premier ministre, il crĂ©e la CMU et le Pacs, impulse les 35 heures dont les effets restent dĂ©battus. Mais il poursuit le mouvement de privatisation et amorce un tournant sĂ©curitaire. Comme la plupart des autres socialistes, il ne comprit pas l’Ă©chec qui s’ensuivit Ă la prĂ©sidentielle de 2002. Lionel Jospin a aussi fait Ă©merger une gĂ©nĂ©ration socialiste â Hollande, Aubry, Strauss-Kahn â qui portera ses propres contradictions au pouvoir. Entre rĂ©sistance partielle et adaptation au social-libĂ©ralisme, Lionel Jospin incarne une certaine droiture intellectuelle et des impasses politiques dont une partie de la gauche hĂ©site encore Ă se dĂ©partir.Â