Canicule : le grand affrontement qui vient

Image1

Cette canicule marque un avant et un après. Elle nous fait peur. Elle doit devenir le point de départ d’une mobilisation pour imposer des transformations structurelles.

C’est le soulagement. Le retour de la fraîcheur nocturne va permettre de dormir et de revivre. Provisoirement ? On le craint. À l’image du covid, cet événement caniculaire va constituer une rupture dans notre façon d’envisager l’avenir. Désormais, nous savons ce qui se prépare si nous continuons nos offrandes au dieu pétrole et à la déesse croissance. Cette peur et cette colère doivent devenir une force politique.


TOUS LES JOURS, RETROUVEZ L’ESSENTIEL DE L’ACTU POLITIQUE DANS NOTRE NEWSLETTER

👉 C’EST ICI ET C’EST GRATUIT


Pendant plusieurs jours, le débat public s’est enlisé dans de vaines polémiques sur la clim’. Nous savons désormais que le réchauffement climatique nous fait souffrir et détruit notre environnement. La clim’ ne pourra rien pour les oisillons qui meurent dans leurs nids, pour les forêts qui brûlent, pour les plantations qui dépérissent. Elle ne permettra pas les promenades et les soirées aux terrasses de café, pas plus que les manifs et les festivals. C’est la vie et ses plaisirs qui sont menacés. La clim’ n’y changera rien. Et on sait aussi que la situation est tellement dégradée qu’il faut de la clim’ pour protéger les plus fragiles. On redoute le bilan des morts de chaud – 1000 morts sont déjà recensés. 

On a enfin compris que les blagounettes sur les plans verts à deux milliards – réduits du tiers – ne sont là que pour amuser la galerie. Les besoins pour l’adaptation s’évaluent entre 2500 milliards et 3000 milliards. Ceux pour atteindre nos objectifs de baisse des émissions de CO2 sont d’une radicalité plus grande encore. Beaucoup de notre façon de vivre doit changer : du travail aux loisirs, de l’alimentation au logement, des transports à l’organisation des villes…

Les besoins pour l’adaptation s’évaluent entre 2500 milliards et 3000 milliards. Où trouver l’argent ? Comment relever ce défi d’une ampleur comparable à la reconstruction d’après-guerre ?

Où trouver l’argent ? Comment relever ce défi d’une ampleur comparable à la reconstruction d’après-guerre ? La société ne peut être tenue à l’écart et la perspective d’un vote dans un an ne suffit pas. Rien ne se fera sans nous tous. D’abord parce qu’il s’agit de faire des choix politiques déterminants. Va-t-on refermer le dossier, trop compliqué, trop cher et nous gratifier de mesurettes ? Va-t-on dépecer les protections sociales pour financer ces chantiers ? Va-t-on simplifier et tout ramener à quelques formules magiques ? C’est l’enjeu du débat, des propositions politiques et des luttes. 

Peut-on tenter de nous unir aux autres sociétés européennes qui, elles aussi, souffrent ? Au lieu de tout céder à l’alliance droite-extrême droite, à Paris comme à Bruxelles, il faut reprendre l’agenda des accords de Paris. Et cesser d’être pleutres face à la puissance destructrice américaine et aux grandes entreprises du pétrole, dont TotalEnergies. L’argent des épargnants, celui des banques et de la BCE doivent être mobilisés pour ces chantiers. Pour payer l’extension en cours du métro parisien, on a emprunté sur 70 ans : c’est l’ordre de grandeur qu’il faut pour les emprunts stratégiques. 

J’ai fait un rêve : celui d’une gauche qui cesserait de s’étriper sur tout et n’importe quoi et qui se mobiliserait pour nous permettre de nous faire entendre. C’est la lutte finale ? On a peur et on est en colère. On peut être une force.

Partager cet article

Abonnez-vous
à notre NEWSLETTER
quotidienne et gratuite

6 commentaires

  1. Renaud Bernard le 29 juin 2026 à 15:05

    Les questions environnementales ne sont pas la chasse gardée de la gauche et de l’extrême-gauche. Non plus que de la droite et de l’extrême-droite. Agiter des épouvantails politiques ou, pire encore, rêver est une paresse intellectuelle. Nous sommes tous écologistes, quelle que soit par ailleurs nos choix partisans.

    Nous avons fait quelques progrès sur le plan scientifique et technique en produisant une électricité quasiment décarbonée, grâce à la filière nucléaire. C’est déjà quelque chose. Mais pour des raisons idéologiques, c’est à dire stupides, la centrale de Fessenheim a été fermée sous la pression de LE, le parti qui prétend détenir les clés de l’écologie. C’est ce genre de bêtises qu’il faut d’abord éviter.

  2. Pettelot Jaillon le 29 juin 2026 à 15:57

    Bien

  3. gb26100 le 29 juin 2026 à 21:32

    Le débat sur la climatisation, avec de l’électricité fortement décarbonée, est dérisoire si nous continuons à ignorer la chaleur dégagée par les moteurs thermiques des véhicules. Il faut rappeler que le rendement d’un moteur thermique est de seulement 40 %. Le reste part en chaleur pour l’essentiel. Passons vite à la mobilité électrique ! Et nationalisons TOTAL énergies et ENGIE.

  4. Lionel Mutzenberg le 30 juin 2026 à 10:44

    Le problème est peut être plus grave que l’on veut nous le dire, nous sommes en parti responsables, nous dit on; possible, mais avant il ni avait pas d’industries poluantes, et le climat a changé plusieurs fois, si j’ai bien lu, dans la chaleur, et le froid, d’une intensité à faire peur.
    Notre terre aurait elle bougé de son axe, cause de la chaleur à l’équateur, du fait de son angle précis par rapport au soleil ? Enfin, c’est ce que j’ai appris à l’école primaire, peut être pas suffisant pour comprendre les mécanismes de nos ondes, lumineuses, de chaleur, et d’électro magnétisme porteuses de nos ondes sonores ?
    La couche d’ozone, bon d’accord; mais avant, la couche d’ozone était intacte, enfin, il me semble ?
    Repenser demain devient incontournable, et si nous laissons nos riches milliardaires, et autres castes de nantis, gérer cette question, nous sommes morts !
    Dites, nos dirigeants du monde veulent à tout prix aller dans l’espace, sauver l’élite, pas vraiment une nouveauté, la réponse à nos questions, peut être ?

  5. Desbois Christian le 30 juin 2026 à 19:17

    Mais de quelle gauche parles-tu à la fin de ton papier, chère camarade ?
    De celle qui prétend vouloir rompre avec le système ? Ou de celle des éternelles « primaires de la gauche », du sempiternel « Big Bang », de la gauche « unitaire »… à condition surtout que LFI et Mélenchon n’en soient pas ? Au fond, c’est toujours le même feuilleton : on change le titre, pas le scénario.
    À ton avis, il est où, le projet ? Où est le programme qui s’attaque réellement aux causes plutôt qu’aux symptômes ? Celui qui va chercher l’argent là où il est, en réorientant les budgets et en faisant enfin contribuer les grands spéculateurs et les profiteurs de tous bords, au lieu de demander toujours les mêmes efforts aux mêmes ?
    Parce que, pendant que certains rivalisent de grandes déclarations martiales, les va-t-en-guerre de droite, d’extrême droite, et même ceux qui se découvrent soudain une âme de stratèges à gauche, n’ont eu aucun mal à s’entendre lorsqu’il s’est agi de pousser un budget d’« économie de guerre » de plus de 400 milliards d’euros.
    Étonnant, non ? Quand il s’agit de financer les canons, les désaccords idéologiques fondent plus vite que neige au soleil. En revanche, pour financer les hôpitaux, l’école, les retraites ou les services publics, là, soudain, les caisses sont désespérément vides et la rigueur redevient une vertu cardinale.
    Alors, puisque l’argent existe manifestement quand on décide qu’il existe, pourquoi ne pas en ponctionner une bonne partie pour répondre aux urgences sociales et écologiques ? À moins que la véritable économie de guerre consiste surtout à déclarer la guerre… aux budgets sociaux.
    Fraternité

  6. Lucien Matron le 1 juillet 2026 à 15:14

    Le changement climatique semble s’accélérer. Il ne concerne pas seulement la France mais le.ensemble de l’humanité quelque soit le continent. Il est difficile d’imaginer que même si la France était vertueuse dans tous les domaines ( industriel, agricole, domestique, etc…), ça ne suffirait pas. La France est un confetti à l’échelle planétaire et le dérèglement climatique est global. Ce n’est bien évidemment pas une raison pour ne rien faire mais une voie globale doit être recherchée

Laissez un commentaire