Bernie Sanders : la critique d’Israël made in America

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Dans deux publications, Bernie Sanders, le sénateur leader de la gauche américaine, condamne la guerre menée par le gouvernement de Benjamin Netanyahou et l’escalade régionale qui l’accompagne. Mais il ne le dit pas avec les mêmes mots que la gauche de gauche française, lui qui représente la gauche de gauche américaine…

Ainsi sur X Bernie Sanders écrit,

« Le gouvernement américain doit défendre les intérêts de son peuple, pas ceux de Netanyahou.

Après plus de deux ans de bombardements sur Gaza, après plus de 72 000 victimes pour la plupart des femmes, des enfants et des personnes âgées, après la destruction d’hôpitaux et d’écoles, après l’utilisation de la famine comme une arme de guerre, Benjamin Netanyahou n’en avait pas assez.

Grâce au soutien militaire et politique des États-Unis, le premier ministre israélien a étendu sa guerre en Iran et au Liban, au moyen de frappes qui ont touché des écoles élémentaires, des bâtiements de santé et des infrastructures civiles.

Selon les Nations unies, 700 000 personnes, 10 % de la population du Liban, ont dû quitter leur domicile. Pendant ce temps, l’administration Trump a invoqué une situation d’urgence afin de contourner le Congrès pour fournir des milliers de bombes supplémentaires à Israël, enfonçant notre pays dans une guerre sans fin et sans objectif clair.

Oui, Israël avait le droit de se défendre face aux attaques terroristes. Oui, le régime iranien était corrompu, violent et autoritaire. Tout cela ne justifie en rien ce qui se passe actuellement.

Le peuple américain veut un gouvernement qui défend ses intérêts, pas ceux de Netanyahou, un gouvernement qui respecte le droit international et non qui alimente des guerres de plus en plus étendues et dangereuses. »

Et sur Instagram :

« Les attaques menées par les États-Unis et Israël sur l’Iran vont à l’encontre du droit international, de la Convention de Genève et de la légitimité des Nations Unies. Cela met en péril l’avenir de la planète et de l’humanité.

Si les États-Unis et Israël ont le droit d’attaquer unilatéralement l’Iran, aucun argument légal ou moral ne peut saurait être invoqué lorsque la Chine envahit Taïwan, lorsque la Russie attaque la Pologne ou lorsque la Corée du Nord lance des missiles sur la Corée du Sud. Dans le monde de Trump, chaque pays a le ‘droit’ de déclarer la guerre à un autre sans raison.

Après les horreurs de la Seconde guerre mondiale, la communauté internationale a mis en place des lois et des règles afin d’empêcher toute guerre d’agression et de tenir pour responsable tout pays qui violerait les droits humains fondamentaux. Trump et Netanyahou piétinent cet héritage et plongent la communauté internationale dans le chaos.

Nous ne pouvons pas revenir dans un monde où la puissance l’emporte sur le droit, où un pays peut envahir, bombarder ou déstabiliser un autre pays sans raison, un monde où le danger s’installe pour nous et pour les générations futures. »

Traduction assurée par Baptiste Orliange

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3 commentaires

  1. carlos_H le 16 mars 2026 à 09:45

    J’avoue que je bute sur une idée : cette formule selon laquelle nous “reviendrions” dans un monde où la puissance prime sur le droit. Revenir ? À quel moment en est-on vraiment sortis ?

    Depuis 1945, le droit international existe mais son application a toujours été… disons à géométrie très variable! Quand la Cour internationale de justice condamne les États-Unis dans l’affaire du Nicaragua en 1986, Washington ignore la décision. Ou quand l’Irak est envahie en 2003 sans mandat clair de l’ONU, on parle quand même d’“ordre international”… Autrement dit, le droit est là dans les textes, mais la hiérarchie réelle reste simple : quand une grande puissance décide, le droit suit… ou est écarté.

    Et quand on regarde les faits matériels, c’est encore plus difficile d’imaginer la fable d’un âge d’or juridique du droit international! Quelques ordres de grandeur liés directement ou indirectement à la politique de puissance américaine depuis 1945 :
    > guerre de Corée : ~2,5 millions de morts
    > guerre du Vietnam : ~ 3 à 3,5 millions
    > Indonésie 1965 (massacres anticommunistes soutenus dans le contexte de la guerre froide) : ~ 500 000
    > Guatemala (guerre civile après le coup d’État soutenu par Washington) : ~ 200 000
    > Timor oriental (invasion indonésienne soutenue par les États-Unis) : ~ 180 000
    > guerres post-11 septembre (Irak, Afghanistan, etc.) : au moins 4,5 millions morts directs et indirects selon le projet « Costs of War »…
    Même en restant prudent et en ne comptant que ces grandes séquences, on dépasse déjà les 11 millions de morts rien que sur le dossier américain…

    Alors oui, Bernie Sanders a raison de rappeler le droit international. Mais présenter la situation actuelle comme un passage soudain d’un “monde du droit” vers un “monde de la force”, c’est un peu oublier l’histoire réelle : depuis 1945, la puissance et le droit cohabitent mais la plus part du temps c’est la première qui écrit les règles du second!

    Et quand on élargit le regard, le tableau devient encore plus parlant. Si on applique le même exercice de comptage aux politiques de puissance menées par les autres États se revendiquant démocratiques, on arrive déjà, en restant très prudents, à près de 20 millions de morts depuis 1945 (Congo, soudan, etc.. ). Alors an ajoutant les autres qui ne s’en revendiquent pas!!!

    Donc le problème ne se réduit peut-être pas à la bonne ou mauvaise volonté de tel gouvernement. Il touche peut-être à quelque chose de plus profond : la conception même de la démocratie.
    Une démocratie purement « procédurale », avec des élections, une majorité, une compétition politique, peut très bien fonctionner à l’intérieur tout en laissant se déployer à l’extérieur une politique de puissance classique. Les citoyens votent, les institutions tournent… mais les rapports de force internationaux continuent d’écrire les règles.
    Une démocratie « substantielle », en revanche, suppose des limites réelles : protection des minorités, primauté du droit, normes qui s’imposent aussi aux plus puissants…

    Bref, la sortie définitive de ce monde qui fait la part belle à la loi du plus fort ne passerait peut-être pas seulement par la question « qui gouverne? », mais par celle de la réelle limite du pouvoir, y compris celui des démocraties elles-mêmes. Parce que si l’Histoire nous montre quelque chose, c’est que la règle majoritaire ne protège pas les plus faibles (à l’intérieur comme à l’extérieur) mais qu’elle finit assez vite par servir surtout les plus forts!

    • lemasseur le 17 mars 2026 à 09:06

      Bien que globalement d’accord avec vous, il n’empêche que l’enlèvement de Maduro et l’assassinat de Khamenei et des autres cadres iraniens marquent un précédent. En ce sens nous ne changerions pas de nature des relations internationales, mais d’intensité dans les violations du droit. En particulier avec le fait que les USA se sont servi des négociations avec l’Iran pour temporiser (avec même des communiqués optimistes sur la suite des évènements) avant le moment où Israël avait choisi d’attaquer. Je crois qu’il n’y a pas de précédents.
      Ce qui rendra problématique toute démarche de négociation avec ce pays, sachant que l’on peut discuter avec des représentants étasuniens tandis que se prépare ailleurs l’assassinat des négociateurs. Il ne peut en sortir que d’avantage de violence et de difficulté pour arrêter les conflits.

      • carlos_H le 18 mars 2026 à 08:39

        assez d’accord avec votre reformulation sur l’intensité….

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