đź”´ ABJECTION DU JOUR
Permis de tuer pour les policiers : victoire mortelle et post-mortem de Jean-Marie Le Pen grâce aux macronistes
C’Ă©tait l’une des revendications historiques de Jean-Marie Le Pen : instaurer une prĂ©somption de lĂ©gitime dĂ©fense pour les forces de l’ordre. Près de quarante ans plus tard, l’AssemblĂ©e nationale vient d’en reprendre l’esprit. Soutenue par le gouvernement, la proposition de loi a Ă©tĂ© adoptĂ©e grâce aux voix du bloc macroniste, de la droite et de l’extrĂŞme droite. Derrière un amendement prĂ©sentĂ© comme une simple clarification juridique, le message politique est clair : lorsqu’un policier ou un gendarme ouvre le feu, la prĂ©somption joue dĂ©sormais d’abord en sa faveur. Associations de dĂ©fense des droits humains, syndicats de magistrats et Ă©lus de gauche dĂ©noncent un texte qui affaiblit le contrĂ´le de l’usage de la force par l’État et constitue une nouvelle victoire de l’extrĂŞme droite, avec le concours des dĂ©putĂ©s macronistes. Avant toute victoire dans les urnes du RN, la droite et le centre lui pavent le chemin. En foulant aux pieds un des principes de notre Etat de droit, cette loi inscrit dans le rĂ©el un ordre policier. De Gabriel Attal Ă Michel Barnier, ceux qui ont votĂ© ce texte sont de tristes sires, collaborateurs, dès aujourd’hui, de l’ordre politique que l’extrĂŞme droite espère imposer demain.