Prêts pour une nouvelle coupe du monde de la honte ?

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Les coupes du monde de football se suivent et les raisons de désespérer s’accumulent.

Ce mercredi 11 juin donne le coup d’envoi de la coupe du monde de football. Un mois, 104 matchs répartis entre le Canada, les États-Unis et le Mexique. Pour cette compétition majeure du premier sport planétaire, faut-il tout accepter sans broncher ?

En 2022, la dernière coupe, nous avions eu le Qatar mafieux, ses milliers d’esclaves morts sur les chantiers de stades climatisés et son homophobie en bandoulière ; pour l’édition 2026, nous aurons les États-Unis de Donald Trump avec pour thème principal la xénophobie. Washington avait annoncé la couleur fin 2025 en publiant une liste de pays « blacklistés » dont certains participent à la compétition ! C’est le cas d’Haïti, de l’Iran, du Sénégal et de la Côte d’Ivoire… Une liste que ressemble à s’y méprendre aux « pays de merde » dont parlait déjà le président américain en 2018.


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Un homme a payé cash les frais de cette politique ségrégationniste : l’arbitre international somalien Omar Abdulkadir Artan, élu meilleur arbitre masculin africain 2025. Son pays fait partie de la liste de Trump. Aussi s’est-il fait refoulé à la frontière – malgré son visa diplomatique –, placé en détention plusieurs heures et a subi 11 heures d’interrogatoire. Le tout sans aucune raison autre que sa nationalité – « Je ne peux pas entrer dans les détails, mais ce que je peux vous dire, c’est que c’était pour une très bonne raison », a assuré le très servile Andrew Giuliani, chargé de l’organisation de la Coupe du monde auprès de la Maison-Blanche. Omar Abdulkadir Artan devait être le premier Somalien à arbitrer en coupe du monde. Deux Irakiens, le footballeur Aymen Hussein et le photographe officiel de la sélection, ont eux aussi été retenus de longues heures à l’aéroport. Le photographe s’est fait refouler, malgré un visa valide ainsi qu’une accréditation officielle délivrée par la FIFA.

D’autres scènes ont été particulièrement choquantes. L’arrivée des délégations sénégalaises et ouzbèkes avec fouilles au corps poussées sur le tarmac de l’aéroport. L’équipe nationale d’Iran a encaissé le pire. « Nous ne laisserons pas l’Iran abuser du système pour faire entrer clandestinement des terroristes dans notre pays », osait un membre de l’administration américaine. Du coup, les Iraniens doivent être protégés par la garde nationale mexicaine dans la ville de Tijuana (Mexique) où ils résident ; entraînements fermés au public et à la presse ; suppression de tous les billets auxquels le pays a droit, ce qui rend quasi impossible aux supporters iraniens d’assister aux matchs. Les joueurs ont aussi mis du temps pour obtenir les visas… ce qui n’a pas été le cas de tous les membres du staff. Les joueurs n’ont pas le droit de rester plus de 48 heures sur le sol américain. Or les Iraniens jouent leurs trois matchs de poule à Los Angeles et Seattle. Ils devront donc à chaque fois faire l’aller-retour avec leur camp de base situé à la frontière. N’auraient-ils pas pu jouer au Mexique ? L’Iran en a fait la demande, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a dit « Pas de problème », la FIFA a refusé…

Dans toutes ces affaires, la FIFA a baissé les yeux et baisé les pieds de Donald Trump, indiquant qu’elle n’intervenait pas dans les « procédures d’immigration du pays hôte ». Coupe du monde après coupe du monde, on commence à comprendre que la FIFA ne défend aucune valeur autre que celle de l’argent. Son président Gianni Infantino vient de lancer un « appel à la paix ». On rappelle qu’il a également créé de toute-pièce un « prix de la paix FIFA » dont le premier lauréat est Donald Trump.

Voilà les bases sur lesquelles ces mêmes États-Unis accueilleront les Jeux olympiques l’année prochaine…

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