sedition macron

Des maires noirs élus et… une déferlante raciste. Quant à Emmanuel Macron, loin de défendre les principes républicains, il alimente le vil.

Ce week-end, de nombreux conseils municipaux ont élu leur maire et installé le bureau municipal. Comme lors des soirées électorales, ces moments ont été l’occasion de manifestations politiques. Les populations présentes en masse dans les mairies ont applaudi les nouveaux maires, chanté la Marseillaise, repris parfois des slogans, quelquefois dit leur vérité aux maires battus. Nulle part, il n’y eut de violence physique. Partout, les maires ont joué la carte de la retenue et de l’unité. Hier encore exceptionnelle, l’émergence de maires – le plus souvent des hommes – issus de l’immigration dans plusieurs villes de banlieue, devient ordinaire, notamment en Seine-Saint-Denis. Marie-Hélène Bacqué en retrace ici l’histoire récente et ses contours.


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Depuis l’élection de tous ces maires, élus parmi les plus respectés, on assiste à un déferlement raciste suffocant. Après la déformation des propos du nouveau maire de Saint-Denis, révélatrice du racisme crasse de ceux qui l’auraient mal entendu, ce fut un harcèlement ininterrompu contre Bally Bagayoko : accusations d’être aux mains des dealers, soupçons de vouloir évincer des fonctionnaires pour délit d’opinion… et désormais stéréotypes des plus ignominieux déblatérés sur CNews. Seuls des élus de gauche se sont élevés et ont décidé de porter le sujet devant l’Arcom et la justice. L’absence de réactions au sommet de l’État est stupéfiante. En fait, non, il y a eu une réaction d’Emmanuel Macron, mais ce fut à propos des quelques charivaris lors des réunions d’installations : « Il n’y a pas de sédition possible », a-t-il déclaré. Le président est le garant de la République. Or il accuse sans fondement et laisse déchirer les principes républicains. Il cible ceux qui sont visés par cette boue. Loin d’apaiser, Emmanuel Macron alimente l’amertume d’une partie des Français. La sédition, c’est lui.

Cette haine de l’ouvrier, du pauvre, de l’immigré est aussi ancienne que la banlieue. L’historienne Annie Fourcaut, dans Banlieue rouge, citait le romancier xénophobe Jean Damase qui évoquait dans les années 30 un meeting tenu en banlieue avec Maurice Thorez : « Une odeur d’internationalisme vous agaçait la gorge avec le relent de sueur musquée du nègre, l’haleine suffocante des Sarrois, le dégagement huileux des Annamites ».

La France est plus forte quand ses élus la représentent, quand ils sont davantage féminisés, davantage populaires, davantage semblables à la mosaïque des cultures qui fabriquent notre pays. Un petit pas à été franchi ce week-end. Il reste tant à faire. Y compris à gauche.

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