Villes communistes : entre craintes de défaites et espoir de victoires — par Roger Martelli
Dernière semaine avant les élections municipales. L’historien se penche sur le PCF : entre déclin historique et reconquêtes possibles.
Les prochaines municipales vont-elles interrompre le déclin du nombre de municipalités communistes ? Les communistes l’espèrent. Ils peuvent même envisager raisonnablement quelques reconquêtes notables, comme celle du Havre gagnée par la droite en 1995, celle de Nîmes perdue en 2001 ou celle de Champigny-sur-Marne, qui avait symbolisé en 2020 le déclin du communisme val-de-marnais.
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Mais les possibles succès peuvent être contrebalancés par de nouvelles pertes. Il n’y a plus de bastions et la « ceinture rouge », dont le PCF s’enorgueillissait dès 1925, s’est délabrée au fil des scrutins. La sociabilité ouvrière qui constituait le socle de l’implantation communiste s’est défaite. L’espoir dans les lendemains qui chantent s’est altéré. La singularité de la gestion communiste est moins lisible.
Enfin, si l’on se fie aux consultations nationales, de 2022 à 2024, le PC se voit durement concurrencé. Dans la banlieue rouge, les insoumis ont obtenu des résultats qui rappellent ceux du PC de la grande époque. En dehors de l’espace francilien, dans de nombreuses villes à direction communiste, c’est le RN qui dépasse la majorité absolue ou flirte avec elle. Les insoumis, qui veulent accéder aux responsabilités locales, comptent conquérir des villes où le PCF a longtemps incarné la radicalité populaire. Quant au RN, il cible depuis longtemps les espaces de tradition ouvrière que les dernières décennies ont voués à la désindustrialisation, à la déstabilisation sociale, au sentiment d’abandon et au ressentiment qui en résulte.
Un nouveau recul serait un coup dur pour les communistes. Mais il serait d’autant plus douloureux qu’il pourrait être alors principalement le fait de victoires du RN.
Au total, depuis 1977, le PCF a perdu plus de la moitié des 1500 communes qu’il dirigeait alors et la population qu’il administre est passée de 8,6 millions à environ 2,5 millions. Certes, les communistes ont pris l’habitude de combiner des résultats nationaux désastreux et des positions locales encore solides. Mais, en 2026, ils savent qu’ils jouent très gros.
Depuis 1962, lors des scrutins municipaux, les communistes recherchent une union de toute la gauche dès le premier tour. Entre 1965 et 1977, ils ont peu à peu imposé ce modèle, au départ refusé par les socialistes. Globalement, la méthode continue d’être suivie ; elle est efficace pour protéger les municipalités acquises ou pour en gagner d’autres.
Mais, désormais, la guerre des gauches fait rage… même dans des villes où la menace de l’extrême droite est plus forte que jamais. Au bout du compte, dans les villes les plus peuplées, alors qu’elle était la norme en 1977, l’union de la gauche est devenue une exception. Le PCF réussit souvent à maintenir de larges unions dans ses municipalités, mais pas partout, notamment en région parisienne.
Un nouveau recul serait un coup dur pour les communistes. Mais il serait d’autant plus douloureux qu’il pourrait être alors principalement le fait de victoires du RN. Cela affecterait la gauche dans son ensemble, à un moment plus que délicat de l’histoire démocratique de la France.
Le communisme municipal fut une composante originale de l’histoire française. Les municipalités gérées par le PCF en longue durée furent un lieu d’unification et de valorisation du monde populaire, une manière de rapprocher les gauches, une façon de raccorder la radicalité et le rassemblement majoritaire. Ces traits originaux ont certes besoin d’être repensés en profondeur, mais il serait regrettable que cet héritage ne soit plus qu’une pièce annexe de notre mémoire nationale.
Je souhaite que les communistes remportent un maximum de municipalités, sauf à Saint-Amand les eaux (à condition que la commune reste à gauche toutefois). Que Roussel, le dirigeant de gauche préféré de la droite, soit débarqué de son poste de secrétaire général serait la meilleure nouvelle qui soit pour le parti.
En déclarant « La gauche doit défendre le travail. Elle ne doit pas être la gauche des allocations et des minima sociaux » (cf https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-billet-politique/le-billet-politique-par-jean-leymarie-du-lundi-12-septembre-2022-8751420) a fait acte de candidature pour participer à un gouvernement de droite. Comment est-il possible et pensable qu’il soit encore à la tête du PC ?
Vous, au moins, vous pensez d’abord aux habitants qui subiront l’extrême droite. Bravo !
Vous êtes vraiment imbuvable. Vos propos vis à vis de Fabien Roussel sont delà pure diffamation. Pourquoi pas le comparer à Jacques Doriot, comme l’avait fait madame Chikirou (qui s’est pris une belle claque à Paris aloès que Fabien Roussel à été, comme l’avait été Alain Bocquet, élu des le premier tour, ne vous déplaise).
Le PCF se maintiendra probablement dans certaines communes, mais il perdra encore d’autres positions ce qui affaiblira son maillage territorial. Il appartiendra à l’organisation d’analyser les résultats. Pour autant le déclin historique du PCF suppose d’autres explications que l’anathème sur tel ou tel secrétaire général. Après le score historique de 21,5 % de Jacques Duclos à l’élection présidentielle en 1969, le PCF pour des raisons trop longues à expliquer ici, perd petit à petit, son électorat populaire, au niveau national plus rapidement qu’au niveau municipal. En 2017, Marie-Georges Buffet enregistre le score le plus bas du PCF dans une présidentielle avec moins de 2% et 700 000 voix. Les chiffres sont implacables et montrent le déclin d’un parti dont l’histoire constitue indéniablement un pan important de la mémoire républicaine française. De ce pont de vue, le PCF mérite le respect mais il ne peut pas refonder une force politique de premier plan pour l’avenir du pays.
Dans le même esprit, on peut souhaiter la défaite de la gauch-i-asse d’E. Grégoire et Y. Brossat à Paris où le soutien à l’Ukraine de Zelenski et aux armées israéliennes et américaines en Iran occupent le terrain euro otano atlantique pour préparer la guerre générale contre la Russie puis la Chine. Sans dire mot sur Maduro ni Cuba!